Récit de la course : Ultra Tour des 4 Massifs - Challenge 160 km 2017, par L Espadon

L'auteur : L Espadon

La course : Ultra Tour des 4 Massifs - Challenge 160 km

Date : 16/8/2017

Lieu : Grenoble (Isère)

Affichage : 637 vues

Distance : 160km

Objectif : Terminer

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Beaucoup de hauts, et quelques bas

Ultra Tour des 4 Massifs Challenge – 169km en 4 étapes – 11000D+ – Beaucoup de hauts et quelques bas

 

Contexte

 

J'avais déjà participé à l'UT4M 90 Master deux ans avant, et j'avais abandonné à Saint-Nazaire les Eymes pour cause de gros ras-le-bol. Cette fois-ci je me suis inscrit au 160 Challenge : une version en 4 étapes (de 40 à 50 km par jour), avec des portions chronométrées sur chaque étape pour déterminer les meilleurs grimpeur et sprinter.

Cette année je n'ai pas pu m'entraîner très régulièrement à cause du boulot. J'ai fait quelques trails de préparation, surtout pour me rassurer, notamment :

  • le Marathon de l'Hortus en Mai : 42km, 1600D+, 6h15

  • le Monte Rosa Walser Trail en Juillet : 50km, 4000D+, 11h00

J'ai aussi fait une semaine de rando-course dans les Pyrénées début Juillet. Pour le reste j'ai réussi à faire au moins une sortie par semaine (c'est pas beaucoup!), et à défaut d'avoir pu faire une vraie prépa, j'ai misé sur la fraîcheur physique :-)

 

Objectif

 

J'espère mettre moins de 40 heures en cumulé. Mais l'objectif principal c'est de finir et de prendre le plus de plaisir possible. Abandonner ne serait pas dramatique : je sais que ma prépa n'est pas au top et puis je vais faire une semaine de rando dans les dolomites avec ma chérie et des potes juste après... je ne peux pas y aller en étant tout cassé. En résumé : du plaisir et pas de prise de tête ; on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a et on essaie de s'amuser.

 

1ère étape – le Vercors

 

Départ un peu trop rapide malgré mon intention de mettre le frein à main au début. Difficile de ne pas se faire happer par le flux...

Le début de parcours est peu plaisant : pas mal de bitume pour sortir de la ville, puis des pistes assez larges et inintéressantes. Les pittoresques escaliers du tremplin olympique, assez courts, n'ont pas suffit à changer mon opinion sur ce début de parcours.

Je fais connaissance avec un autre coureur sur cette portion : le gars est très intéressant et me raconte en détail son premier job dans le secteur de l'automobile (avec une foule de précisions techniques) – il était probablement trop rapide pour moi et je me suis mis dans le rouge sans m'en rendre compte, pris par la discussion.

Une fois passé le ravito de Saint-Nizier le tracé est plus sympa : j'ai cependant commencé à ressentir les conséquence d'une allure trop vive pour mon niveau. Je l'ai senti dans la descente vers Lans en Vercors, qui a toutefois été assez rapide. La chaleur commence par ailleurs à se faire pesante. Je suis heureux de me faire arroser par un bénévole à Lans !

Vient ensuite la montée vers le Pic St Michel : premier coup de mou, je suis au ralenti. Je me fais beaucoup doubler mais j'applique ma stratégie : je m'en fou et je vais au rythme qui convient à ma forme du moment. Je croise un coureur qui ne va pas bien du tout : il semble déshydraté et sur le point de perdre connaissance ; il a déjà deux personnes avec lui en train d'appeler les secours ; je propose quand même mon aide, mais on me confirme qu'ils sont assez de deux pour gérer ça.

Arrivé au Pic St Michel je suis heureux à l'idée d'entamer une longue descente... 20 minutes plus tard ça n'est plus mon état d'esprit du tout. Cette descente me fera très mal et s'avérera interminable : j'ai chaud et mal aux quadris, je trébuche. Heureusement nous croisons un ruisseau (le seul de tout le parcours – le Vercors est connu pour être un massif très sec : l'eau ruisselle à l'intérieur mais pas en surface) et je m'asperge d'eau. L'arrivée à Saint-Paul de Varce est une délivrance. Les bénévoles y sont adorables et la fontaine est une bénédiction. Je m'y attarde un peu, puis je repart pour la dernière « petite bosse » de la journée : elle fait seulement 400D+ et pourtant je fais du sur-place en montée. A ce moment deux évidences s'imposent à moi :

  1. je mettrais plus que les 8 heures envisagées pour cette 1ère étape.

  2. Si la journée du lendemain est aussi difficile à encaisser pour moi, je risque fort de ne pas terminer cet UT4M 160 Challenge.

Arrivé au sommet de la « petite bosse », je me sens pousser des ailes et je décide (contre toute raison, sachant qu'il reste encore 3 jours après ça) d'envoyer du gros dans la dernière descente. Je suis au taquet et je double pas mal de monde. Même si je sais bien que je n'ai pas le niveau pour jouer le classement du meilleur sprinter, je fais comme si ! Cette descente à fond les ballons me permettra finalement de terminer cette première étape en 8h et quelques dizaines de secondes.

Sur le chemin du retour à Meylan (chez mes beaux-parents), je me dis qu'il va être difficile de terminer ce Challenge. Je prévois de faire la 2e étape au super-ralenti avec pour but :

  1. de profiter du massif de l'Oisan (celui que je connais le moins bien des 4).

  2. de me préserver.

Au fond de moi je me dis que si je fini la 2e journée en bon état, alors ça pourrait bien être gagné. In fine je suis assez déçu par cette 1ère étape du Vercors. D'abord par l'étape elle-même : à part la belle vue sur Grenoble depuis les deux sommets (Moucherotte et Pic Saint-Michel) je lui ai trouvé peu d'intérêt. Ensuite par mes sensations, malgré le chrono plutôt satisfaisant pour mon niveau : j'ai beaucoup trop souffert sur la 2e moitié du parcours, à partir de Lans en Vercors.

Je note que, comme sur le Monte Rosa Walser Trail que j'avais fait en préparation, ma boisson isotonique est trop sucrée et m'écoeure. Je décide de m'en passer le lendemain, et de manger exclusivement du salé sur les ravitos, ce qui s'avèrera payant.

 

2ème étape – l'Oisan

 

Au départ je retrouve mon copain qui bosse dans l'industrie automobile. On papote encore un peu mais je sais déjà qu'il va me semer : il a mis environ 6 heures pour terminer la première étape et il a l'air très en forme.

On entame la première montée d'environ 1000D+. J'y vais tout doux et me laisse doubler sans en prendre ombrage. Pendant la montée je parle un peu avec un autre challenger qui a couru la première étape avec sa sœur (alignée seulement sur le 40 la veille). On parle un moment puis je le laisse partir devant. Une fois au col, la courte descente sur Laffrey est sympa, mais je fais quand même attention de ne pas trop envoyer comme un sale : cette étape est longue.

Pendant cette descente je croise un danois bien sympa, qui est veu en famille dans la région pour faire ce trail. Au ravito de Laffrey je me gave de salé, comme prévu, mais je ne résiste pas à prendre un ourson en chocolat (ceux avec de la gimauve à l'intérieur : j'adorais ça quand j'étais gamin et ça me fait bien marrer d'en boulotter un sur un ravito).

Au moment d'écrire ce compte-rendu je réalise que je n'ai pas vraiment de souvenir des 10km qui séparent Laffrey de la Morte. Je me souviens avoir vu un panneau routier indiquant « Sappey 4km » quand j'étais à Laffrey, et que ça m'a fait marrer parce qu'il y a aussi le Sappey dans la Chartreuse, puis j'ai suivi un bon bout de temps une féminine qui a fini par me semer. Oh, voilà que ça me revient : j'ai aussi pas mal discuté avec une suédoise (ou alors elle était danoise et le danois était en fait suédois). Je l'ai recroisée à plusieurs reprises et nos conversations commençaient invariablement de la même manière : moi qui dit un truc en français, et elle qui répond « english please ». Je sais qu'on vit différemment un trail quand on ne parle pas la langue du coin ; je l'ai expérimenté sur Monte Rosa Walser Trail en Juillet : c'est une expérience différente, plus solitaire (j'avais croisé peu de coureurs qui parlaient anglais ou français, ce qui avait diminué les possibilités de papotage en course).

Le ravito de la Morte était top : à bloc de charcuterie et du frometon. Je m'en suis mis plein la gueule, j'ai bu un verre de coca, et je suis reparti. J'ai marqué le pas au début de la montée vers le pas de la vache (sans mauvais jeu de mot). Je me suis alors bien fait doubler (j'ai l'habitude dans les montées). Mais ensuite, quand la pente s'est accentuée et que les lacets se sont fait plus nombreux et serrés, j'ai repris du poil de la bête et j'ai pu tenir un bon rythme (une fois encore, pour mon niveau), doublant même des gens qui commençaient à fatiguer. La technique cul-en-arrière-et-petits-pas, peu élégante, s'est avérée efficace et économe en énergie:-)). La descente sur le lac du Poursolet est passée comme une lettre à la poste (j'ai en particulier envoyé comme un porc sur la section chronométrée, casse-gueule à souhait mais c'est ce que j'aime, ici encore en jouant à faire comme si j'étais dans la course pour le classement du meilleur sprinter).

J'ai en revanche énormément souffert lors de la dernière montée vers le pas de l'Enviou : la chaleur et une certaine fatigue générale ont eu raison de moi. La fin de la montée a été animée par une partie de yoyo (je te double tu me doubles) avec un groupe de coureur très sympa, dont un pyrénéen que j'ai ravi en lui disant que j'avais découvert, et adoré, les Pyrénnées pour la première fois en m'y entraînant au début de l'été. La souffrance a été récompensée par un paysage superbe une fois sur le plateau des lacs : c'était magique.

On a eu droit à une dernière petite montée puis nous avons commencé la longue descente vers Rioupéroux, pendant laquelle j'ai commencé à semer mes copains. Après un court arrêt au Chalet de la barrière, dernier ravito, où des bénévoles adorables étaient désolés, à tort, de n'avoir « que » de l'eau et du fromage à nous proposer (alors qu'il était bien annoncé qu'il s'agissait d'un ravito liquide), je repars pour une descente de 1200D-. M'étant économisé une bonne partie de la journée, j'envoie du gros et je double un paquet de coureurs (la plupart descendent en marchant).

Je passe le ligne d'arrivée de cette 2e étape au bout de 11h45. C'est pas brillant côté chrono, mais quel pied j'ai pris sur cette étape !!! A ce moment là je suis absolument certain d'être finisher de cet UT4M 160 Challenge. Je suis ravi. En plus ma chérie est une fois de plus à l'arrivée pour m'accueillir.

 

3ème étape – Belledonne

 

Trois heures du mat', je suis réveillé par une terrible migraine. Migraineux depuis presque 20 ans, ce que je craignais par dessus tout me tombe finalement dessus pour la 3e étape. Ce 3e jour n'est pas le bon : la veille ma chérie n'a pas lavé mes affaires du premier jour (on s'était mal compris)... qui ne sont donc pas encore sèche ce matin. La tête en vrac et tout humide, je tremble et je claque des dents en me dirigeant vers le départ de la troisième étape : je suis dans un piteux état et je doute désormais fortement d'être finisher le lendemain. Pour couronner le tout, j'ai oublié de recharger mon sac en gels et barres... j'ai pas de bouffe pour LA montée qui tue, au départ de Rioupéroux. A ce stade je me raccroche à deux bouées :

  1. mes migraines durent en général une douzaine d'heures (rarement 24 heures, mais je préfère ne pas envisager cette hypothèse), avec un peu de chance j'irai mieux en arrivant à la Croix de Chamrousse...

  2. les risques d'orages ont poussé l'organisation à activer un parcours de repli, qui est moins beau mais plus court (1ère erreur) : on ne passera pas par le col de la Pra et le grand Colon (dont la montée est difficile). Une fois arrivé à la Croix de Chamrousse le plus dur sera fait et il ne restera que de la descente (deuxième erreur).

Après une petite boucle pour étirer le peloton et permettre à ceux qui jouent le chrono/classement de se placer devant, nous attaquons le KV qui nous mène de la Salinière au plateau de l'Arselle. Malgré la migraine, j'arrive à tenir le rythme du groupe. Je m'agace contre les abrutis qui doublent dans cette montée raide en lacets où nous sommes à la queue leu leu... pour quelques places et quelques dizaines de secondes, ils mettent en danger les autres. S'ils étaient si pressés, ils n'avaient qu'à se placer devant lors de la boucle dans le village, qui était prévue pour ça.

Si je me permets de qualifier ces trailleurs d'abrutis c'est que ça a failli très mal se terminer à cause de leur comportement : une pierre grosse comme ma tête s'est écrasée à un centimètre de mon pied (après avoir frôlé la dite tête)... cette pierre arrivait d'une dizaine de mètres plus haut et a été expédiée dans le vide par le pied d'un inconscient qui doublait de manière cavalière à un endroit indiqué comme «zone dangeureuse » par l'organisation... et ce alors que quelques minutes plus tard nous étions sur le plateau de l'Arselle où chacun avait tout le loisir de doubler confortablement.

Cet incident m'a mis un bon coup de stress et a relancé ma migraine : sur le plateau de l'Arselle, chaque pas résonne dans mon crâne. Une coureuse me double et me demande comment ça va alors que je joue un remake de « The Walking Dead »... je lui explique et elle m'offre un doliprane. J'en ai pris un plus de 6 heures avant, j'accepte donc avec grand plaisir. En arrivant au ravito je croise le regard de la médecin qui me demande immédiatement si ça va. Je lui dit mon mal de crâne et elle me propose de m'amener du doliprane au ravito suivant. Je lui annonce que je viens d'en prendre un et qu'il faut donc attendre 6 heures (et j'espère bien rejoindre le ravito suivant en moins de temps que ça!!!). Rassurée par ma lucidité, elle me souhaite bon courage. C'est peu de choses mais ça me réconforte de constater qu'on veille sur nous.

La montée de l'Arselle à la Croix de Chamrousse fut un cauchemar : chaque pas me faisait mal à la tête et il faisait très chaud. Je me suis fait rattraper par une joëlette et j'ai fleurté avec la barrière horaire (à un quart d'heure près). J'ai mis 2h15 pour faire 600D+... Ma chérie, nos enfants et mes beaux-parents étaient venus sur le parcours m'encourager. J'ai juste eu la force de leur adresser un sourire et un merci, et j'ai continuer de zombifier jusqu'à la Croix. Mais leur présence m'a fait du bien. Au ravito de la Croix je ne m'attarde pas : je ne me sens pas bien, je trouve l'endroit exigu, et j'ai hâte de descendre.

On s'engage donc sur l'itinéraire de repli, qui descend sur le Recoin. Pas super motivant pour les concurrents de l'UT4M100 Master qui y passent déjà à la montée. Personnellement je suis ravi : j'aurais abandonné à la Croix s'il n'y avait pas eu le parcours de repli. Au-delà de mon cas je pense que l'organisation a été très responsable. Beaucoup de coureurs étaient déçus de ne pas découvrir les magnifiques lacs de Belledonne et le grand Colon : je les comprends mais les organisateurs ont fait au mieux avec les prévisions météo ; c'était une décision courageuse et responsable.

En descendant sur le Recoin un autre Challenger s'inquiète du fait que le parcours de repli est plus long : je le rassure en lui disant que c'est l'inverse... je réaliserai plus tard que c'est moi qui est dans l'erreur ! Mais pour le moment la migraine diminue et le fait de croire que la descente va être très courte y contribue. Après quelques kilomètres de descente la migraine a totalement disparu (vers 13h30-14h00, comme prévu). Petit à petit j'accélère, je double, et commence aussi à me faire doubler par des relayeurs et les premiers coureurs de l'UT4M100 Master. C'est bénéfique car je m'aperçois que je suis capable de tenir leur allure en descente : je vais par exemple suivre la 1ère de l'UT4M100 Master pendant 2 km, jusqu'à un ravito liquide improvisé. A ce stade je sais maintenant que le parcours de repli est plus long mais ça n'est plus un problème car la migraine est partie et je tiens une forme du tonnerre (tu parles, je me suis économisé toute la montée!!!).

Une fois aux Séglières on remonte de 300D+ avant de redescendre sur Freydière. Sur cette portion je croise un relayeur super sympa avec qui je vais rester un moment ; jusqu'au ravito en fait, où, contrairement à lui, je ne m'attarde pas. Lui et un autre relayeur me rattrapent dans la seconde partie de la descente, du coup je les suis et je réalise que j'ai le jus pour envoyer. On avance bien et on atteint le dernier ravito du jour, où une fois de plus je ne m'attarde pas et j'attaque la traversée de la vallée afin de rejoindre l'arrivée à Saint-Nazaire les Eymes. Je suis assez heureux de constater que je suis encore capable de courir dans sur le plat... et même dans les petites montées. L'orage a finalement pointé son nez, pour mon plus grand plaisir car j'ai pu faire les derniers km sans souffrir de la chaleur.

Je ne reverrai mon copain relayeur qu'à quelques mètres de l'arrivée, où le coquin m'a doublé en passant comme une balle (me laissant sur place). J'aurais bien tapé la discute avec lui à l'arrivée, mais j'étais trop content d'avoir surmonté cette journée tout en contraste, désormais convaincu d'être finisher le lendemain soir à Grenoble. Je termine cette 3e étape en 9h45, ce qui est plutôt satisfaisant vu comme elle avait commencé.

 

4ème étape – la Chartreuse

 

Je me rends au départ de cette 4ème et dernière étape avec la banane. A moins d'une grosse tuile, je vais boucler cet UT4M 160 Challenge.

On est samedi : il y a logiquement beaucoup plus de coureur alignés sur le 40 uniquement que les trois autres jours. Et puis il paraît que le ravito du Habert de Chamechaude est réputé pour son ambiance. Je gère tranquillement la première longue montée : je me mets dans un bon rythme sans pour autant me cramer. On croise pas mal de concurrent du 160 Xtrem, qui sortent d'une nuit orageuse. Bravo à eux.

Ca descend un peu avant de remonter vers le Habert : le ravito est blindé de monde. Les bénévoles sont adorables mais certains coureurs ne sont pas cool du tout. Alors que je fais la queue tranquillement pour récupérer à manger et à boire, un autre concurrent me bouscule en maugréant, passe devant moi et se jette sur la boustifaille en bousculant d'autres gens... incroyable. Je lui dit qu'on est là pour le plaisir mais il s'en tape et repart. Je l'ai doublé un peu plus tard en me dirigeant vers l'ascension de Chamechaude et j'avoue avoir souhaité qu'il se torde la cheville.

La montée à Chamechaude a été difficile au début, puis j'ai trouvé un rythme correct. Je suis arrivé en haut à midi, après 4 heures de course. Je me suis amusé comme un fou dans la descente boueuse vers le Sappey. Sur la fin j'ai un peu parlé avec un coureur du 40 très cool... absorbés par la discussion on s'est trompés de chemin !

Ravito du Sappey excellent !!! La soupe était parfaite et m'a bien donné la pêche pour monter jusqu'au Saint-Eynard. A la montée j'ai fait connaissance avec un coureur du 40, australien, qui était dans la région pour son mariage avec une française. J'ai aussi un peu discuté avec une féminine bien sympa que j'avais déjà croisée les jours d'avant. On a fait le yoyo dans la montée. Puis je l'ai doublée dans la descente sur le Col de Vence : descente faite assez vite avec un autre coureur qui avait comme moi envie de se dégourdir les jambes et de dérouler. In fine j'ai réalisé plus tard que cette descente m'avait un peu attaqué les quadris : en effet, la descente du Mont Jala à la Bastille a été difficile et j'avais mal aux cuisses. La féminine m'a doublé une dernière fois (je ne l'ai revue qu'à l'arrivée).

Une fois à la Bastille, on sent que l'arrivée est proche. A peine la descente de la Bastille entamée, j'entends quelqu'un derrière moi dire « ben lui il avance pas très vite »... quoi !?... oh mais je connais cette voix... grosse grosse surprise !!!! Je retrouve un couple d'ami grenoblois (Christophe et Mélanie) et leur fille, qui étaient venus se ballader. Les voir me redonne du peps, en plus ils décident de courir avec moi une partie de la descente : ça me relance complètement. Cette surprise (pour eux aussi : ils ne savaient pas que je participais à l'UT4M) a été un de mes meilleurs moments de ce trail (avec la découverte du plateau des lacs le 2e jour, et la descente-sans-mal-de-tête depuis Chamrousse le 3e).

La fin du parcours longe l'Isère. J'ai fait cette partie avec un concurrent du 160 Xtrem que j'avais doublé dans la descente de la Bastille. Un gars bien détendu et tout tatoué. On voulait terminé ensemble mais il a fini par marcher alors que j'avais encore l'énergie de courir. La vue du palais des sports m'a donné des ailes : j'ai terminé en courant assez vite, bouclant cette dernière étape en 8h30.

A l'arrivée m'attendaient ma chérie, et aussi Christophe, Mélanie et leur fille, qui sont ensuite venus prendre un apéro improvisé chez mes beaux-parents. Je termine cet UT4M 160 Challenge en 38 heures, et en compagnie de gens que j'aime. Je suis sur un nuage. En plus ils servaient des ravioles à l'arrivée !!!!!

Je pense cependant déjà au lendemain : il va falloir faire 8 heures de bagnole pour se rendre dans les dolomites... ben oui, on avait prévu une semaine de rando avec un groupe de copains : une bonne manière de récupérer:-)

 

Bilan

 

Extrêmement positif.

Tout d'abord je trouve la formule Challenge assez géniale : récupérer après chaque étape est un luxe. Ca convient bien aux coureurs « hédonistes » qui cherchent plus le plaisir que le chrono. Et puis c'est peut-être une bonne entrée en matière avant de se lancer sur un « vrai » ultra.

Ensuite, je suis vraiment ravi de l'organisation. Les ravitos sont bien fournis et variés, l'ambiance est top, et les bénévoles sont particulièrement enthousiastes et sympas. Le pied.

Enfin, je suis content de moi. J'ai réussi à passer un gros cap difficile (la migraine le matin du 3e jour). Je suis allé puiser dans des ressources que je ne soupçonnais pas.

Je vais faire une pause de quelques mois sur les trails orrganisés et me concentrer sur des sorties rando-course pour découvrir des nouveaux coins en solo. Mais je pense revenir sur l'UT4M l'an prochain, probablement pour me venger de mon abandon sur le 90 et tenter l'UT4M100 Master :-)

1 commentaire

Commentaire de Noruas posté le 01-09-2017 à 21:26:13

Belle gestion de course malgré tout!

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