Récit de la course : Ultra Tour des 4 Massifs - 100 Master 2018, par alfredyoyo

L'auteur : alfredyoyo

La course : Ultra Tour des 4 Massifs - 100 Master

Date : 25/8/2018

Lieu : Uriage Les Bains (Isère)

Affichage : 390 vues

Distance : 95km

Objectif : Terminer

4 commentaires

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UT4M 100 : Ne jamais se fier aux apparences !

Après plusieurs saintélyon et surtout un premier UT4M 100 2017 plutôt réussi à mon humble niveau, la mouche de l'ultra a clairement piqué. Dès la fin de la course de 2017, je me tâte... Partir sur le grand tour grenoblois ? Retourner sur une cécécé qui m'a laissé de mauvais souvenir ? Aborder une TDS avec un format intéressant et un parcours réputé plutôt sexy, ou tout simplement revenir sur la même course… ?

 C’est ce dernier choix qui aura été fait pour de simples raisons : la proximité géographique, l’organisation impeccable, les bénévoles au petit soin, le nombre « léger » de participants faisant que l’on n’a pas le nez dans les fesses du monsieur ou de la madame devant, et puis aussi l’envie de voir en course le vrai parcours de Belledonne.

 Mon choix est donc fait, je reviendrai confirmer mes capacités sur la même course.

 Projet « Recherche UT4M »

 Cette année, le CHU de Grenoble a lancé, en partenariat avec l’UT4M, un projet de recherche médicale nécessitant des « cobayes » pour évaluer l’impact des efforts d’ultra trail sur l’organisme. Scientifique de mon état, et donc un peu curieux, je me dis que ce peut être le bon moyen d’assouvir ma soif de « données » mais surtout, surtout, surtout, de contribuer, un tout petit, à ma manière, à rendre tout l’investissement que des centaines de gens portent à la course : organisation, bénévoles, etc… en offrant « mon corps à la science », j’espère pourvoir participer à ma manière et aider humblement.

 Ce projet consiste en 6 visites : la première est un test d’effort type VO2Max/VMA, puis 5 visites identiques comprenant différents tests (efforts max cuisse / mollet, échocardiographie, variabilité de la FC, glycémie et lactate).

 Une semaine avant la course, je suis heureux de voir que depuis 2013, ma VMA est passée de 15 à 16,5 km/h et ma VO2Max de 50 à 65 ml/kg/min. C’est modeste, mais ça progresse !

 Nota Bene pour nos copains les docteurs : pour le traileur lambda, le vélo est une abomination, en tout cas moi je ne suis clairement pas fait pour pédaler comme un dératé sur un test d’effort, ça fait trop mal 😊

 L’avant course

 Au niveau de l’entrainement, cette année fut un peu différente. Un changement de travail m’a obligé à réduire quelque peu la course à pied (globalement de 15-20% sur la distance et le D+), mais m’a donné l’occasion de beaucoup me mettre au squash, principalement, et également au tennis. Ce qui m’occasionne à contrario +20% de temps de sport global sur l’année. Et je me dis que finalement ce n’est pas si mal d’avoir varié les plaisirs, en alternant endurance et cardio. Je ne me mets sérieusement à la montagne qu’à partir de fin Juin jusqu’au mi-aout. C’est tard, ça ressemble un peu à du sauvetage, mais plusieurs grosses sorties dont un A/R Croix de Belledonne depuis Domène me rassurent, entre guillemet. Pour le reste, je connais le parcours, ce qui est un avantage indéniable.

 J-1, retrait du dossard comme d’habitude dans une super fluidité, on prendra évidemment tout le matos obligatoire. Je vais faire la première batterie d’examen médical qui donnera toutes les valeurs « références » d’avant course : capacité musculaire, mollet et cuisse, poids, masse grasse (ouf, je suis pas mal sur ces deux points là malgré un été un peu catastrophique et peu sérieux 😊).

 Petit bémol sur la pasta party, que je n’ai jamais trouvé après avoir erré 1h vers le Parc Paul Mistral. J’avoue qu’à choisir, le point d’arrivée de 2017 était quand même mieux foutu que la nouvelle localisation sur les quais (surtout quand on sait le cinéma de l’arrivée avec le détour dans Grenoble, on en reparlera ^^).

 Uriage – Le Recoin

 Allez top départ à 6h, après que l’arche ait eu un bon petit coup de mou, espérons que ce ne soit pas un signe. Bien que la météo soit encore une interrogation, nous n’avons pas encore trop froid à Uriage. Comme à mon habitude, je pars très lentement, sur la toute fin du peloton. On commence par la petite boucle autour du parc avec montée au château. Premier fait marquant, on voit des frontales nous débouler dessus, ça ressemble fort à un soucis de parcours. Bref, petit cafouillage, le peloton est divisé et fini par se reconstruire un peu plus loin. Honnêtement, impossible de savoir qui avait raison, il y avait de la rubalise partout d’après les différents concurrents. Bref, ça doit jouer sur 200m, on ne fait pas de cas et on enchaine. Après avoir refait un tour de parc, le bloc de 1200+ jusqu’au Recoin arrive.

 Comme l’an dernier, j’appréhende cette montée excessivement pénible dans les bois. J’ai hâte de vite retrouver le Recoin pour avoir un bout de montagne, et surtout une vue dégagée (naïf). Ce premier bloc n’a pas beaucoup d’intérêt, si ce n’est celui de gagner en altitude. On sent la météo un peu humide, mais pour le moment rien de plus. Rien à dire sur les terrains qui sont faciles, certains coups de cul en montée se gèrent tranquillement. Je pense être finalement déjà revenu dans le gros du peloton. Il va falloir prendre son mal en patience.

 Le Recoin – Chamrousse via l’Arselle

 A partir du Recoin, je croise un collègue un peu par hasard. Avec sa femme, ils suivent une amie qui se trouvera être toujours à un petit quart d’heure devant moi. Nous nous verrons donc toute la course, ladite amie quittant les ravitos quand j’y arriverai. Mine de rien, cela fera une vraie différence morale, d’autant plus que ce petit couple à suivi du matin jusqu’à l’arrivée à 3h du matin. Merci à eux. Respect à eux.

 Ravito express, je refais les niveaux Coca et Saint-Yorre, Pain saucisson fromage. Ce sera mon mantra tout le long.

 Il commence à cailler, là où je pensais avoir une vue dégagée, on rentre dans cette brume pas jojo et on commence à ne plus rien y voir. On passe les fameux petits tunnels des pistes de ski pour attaquer la remontée vers l’Arselle. On rejoint le parcours de l’Xtrem, et donc je me fais allégrement doubler par des maillots du challenge. Aucun dossard rouge en vue. Le fait d’être parti plus tôt que l’an dernier (6h au lieu de 10h) fait qu’on arrive sur un créneau où ce sont les très bons que l’on croise, avec donc une densité beaucoup plus faible. Je félicite les challengers, les mecs ont 90km cumulés dans les jambes, chapeau à eux.

 Par rapport au même endroit l’année d’avant, je n’ai pas une pêche d’enfer. Ce brouillard qui devient de plus en plus froid dans la montée me gêne et me casse le moral, c’est pénible. Finalement, c’est une montée de 2200+ en 23 km à s’enchainer, et pour moi la course ne commence vraiment que à la Croix. Donc il faut être patient et psychologiquement c’est un peu long avant qu’il se passe quelque chose.

 Après un dernier coup de cul et après avoir laissé ce qu’on imagine être le Lac Achard, je pense deviner la dernière montée, mais on n’y voit plus rien à 10 m, c’est vraiment dommage, et démoralisant. Je finis par arriver à la Croix, vraiment pas content de moi. J’étais tellement frais ici en 2017, que je me suis mis beaucoup de pression pour arriver dans le même état. Sauf que cette météo est vraiment pénible, et qu’au final je suis monté 30 min plus vite que l’an dernier. Ça aussi c’est contre ma gestion de course qui se veut prudente, mais l’ennui m’a tué et m’a fait courir plus que prévu !

 Je retrouve mon petit couple d’accompagnateurs en grosse doudoune… effectivement il caille. Je mets la veste, les gants et l’orga file des buffs en complément de ce que j’ai déjà. Je me pose 15min pour bien refaire le plein de nourriture. En effet, pendant les 23km sans ravito solide je me suis bien alimenté avec mes barres persos mais besoin de sel ce coup-là. J’ai vraiment le moral à bloc. J’appelle ma femme en lui faisant part de mes inquiétudes et de mon « ras le bol » du manque d’intérêt de la course pour le moment. Elle me remotive, me rappelle mes engagements pour le projet de recherche médicale, et me dit être « certaine que tu as mal nulle part ». Elle a bien raison, c’est dans la tête. A ce stade, je décide de repartir pour quand même faire une belle sortie et finalement très probablement arrêter à Saint Nazaire. En complément je commence à avoir un mal de crâne assez carabiné, je ne comprends pas pourquoi. Un peu dépité, je fais même un petit message à mon pote qui est censé faire la chartreuse avec moi « Te prends pas trop la tête, arrêt très probable à Saint Nazaire ». Cette montée n’avait aucun intérêt, je soupçonne une nuit glaciale en chartreuse. Vraiment, à ce stade, je ne rêve pas.

 

 Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences.

 

 Chamrousse – La Pra

 Habillé en petit bonhomme de neige, sans toutefois enfiler de pantalon que je n’arbore qu’une fois par an, à la saintélyon, me voilà reparti sur un tracé jamais reconnu. A ce stade j’ai vraiment froid, le moral dans les chaussettes, et ne pense pas que cette mini descente va nous réchauffer de quelconque manière. La jonction vers la Pra est plus technique que ce que je pensais. De belles caillasses, on alterne montée et descente, et montons en parallèle d’une petite cascade. Le brouillard se lève un peu même si ça reste frisquet. Je suis content car on récupère un peu de vue dans ces beaux paysages belledoniens.  La vitesse de progression est relativement lente, on ne peut pas vraiment courir. Je fois en effet le chrono défiler, je mettrai 1h30 pour faire cette jonction un peu technique, où on fait les montagnes russes. Pour autant je n’ai pas l’impression de trainer par rapport à mes petits copains du peloton.

 On arrive donc au refuge où un point d’eau avec un débit d’eau légèrement gréviste nous attend. Je me pose sur les petits escaliers en ferrailles, qui sont bien frais aussi. J’ai la tête qui commence à vraiment me faire souffrir, ça ne passe pas du tout. Il va falloir régler ça mais avant Freydières je peux m’asseoir sur un coup de main médical.

 Idem, on ne traine pas. Un gros morceau nous attend, et je suis vraiment heureux de pouvoir le faire aussi celui-là : Le Grand Colon. Je sais qu’une fois cette bête passée, je récupère un tracé que je connais par cœur jusqu’en bas, et surtout qu’on passera sur une portion de presque 2200 D- qu’il faudra aussi bien gérer pour s’épargner les cuissots.

 La Pra – Freydières via le Grand Colon

 Le Grand Colon, c’est un machin qui me résiste de tous les côtés. En trois tentatives, je n’ai jamais réussi à aller au bout du bout, systématiquement à cause de la météo combinée à mon tempérament parfois trop raisonnable (est ce que ca a bien un sens d’être « trop raisonnable » ?). La première fois, un orage très intense grondais sévèrement, j’ai préféré faire demi-tour. La seconde fois, une chute dans la montée (oui il faut le faire…) avec choc sur le genou m’avait obligé à stopper l’ascension, et la dernière fois, à 100m+ du sommet et après 1h de crachin de vent et de pluie, je m’étais résigné car j’étais complétement frigorifié. J’ai donc une revanche à prendre sur ce gros loulou.

 Je l’aborde sereinement, en sachant que la pente est raidasse, et en ayant pas trop d’espoir quant au point de vue là-haut.

 En repartant de la Pra, on passe vers le Lac Merlat après un passage un peu roulant, et c’est la qu’on rentre dans le dur. La pente est effectivement bien raide, avec de la bonne caillasse. Certains blocs roulent un peu, on essaie de tous faire attention pour ne rien se prendre sur la tête. On arrive à une petite zone un chouille moins pentue, et on réattaque. Un dernier effort et je vois Le MichMich de l’orga nous crier « Sommet du grand coloooooooooon ». Ouf. Avant le dernier pas, je fais un demi-tour et regarde le versant d’en face. C’est hyper stylé, très Belledonnien, et assez sublime. Je vois que c’est très dégagé et finalement j’ai espoir qu’en faisant un petit 180° en haut du sommet, la vue soit jolie sur Grenoble.

 BINGO. Franchement, ça valait le coup. Mamma Mia, quelle vue sur Grenoble et sur la Chartreuse, c’est absolument magnifique. Vraiment mon coup de cœur de la course. Cette vue à 360° est tout bonnement somptueuse : la croix de Chamrousse complétement dégagée à ma gauche (grrr), Grenoble en bas, Chamechaude en face, et la Croix de Belledonne derrière moi. Je suis un peu reboosté niveau moral, ce que j’indique à ma femme par message. Elle me dit qu’elle y croit. Cependant, ma tête va maintenant littéralement exploser, je sonde mes comparses, et une adorable compagnonne mastérienne me fait don d’un Ibuprofène qui va (spoil) me sauver la vie. Merci infiniment à toi si tu passes par la ! Tu as sauvé ma course.

 Je profite de la vue encore 5 min, et j’attaque cette descente. Dans 100D-, je serai à la maison, et mine de rien c’est bon pour le moral. Je gère cette descente tranquillement. La première partie est un peu technique, je la sors du mieux possible en faisant attention de ne pas se faire une cheville. On arrive à la cabane du Grand Colon, qui m’a plusieurs fois servi de refuge. La météo va mieux, le moral aussi. On arrive en sous-bois. J’alterne marche et course pour gérer au mieux cette descente et ne pas me casser les quadris.

 Les lacets nous mènent tranquillement vers la partie bitumée qui nous envoie vers Freydières, avec son ambiance mythique. Ça fait vraiment du bien. Mon petit couple est toujours là, posté aux ravitos. J’ai le droit à un remplissage de gourde sous-traité, ça fait plaisir ! (même si un peu illégal 😊 ?)

 Je me pose 5 min. Comme à mon habitude, je ne mange quasiment pas aux ravitos, et fait plutôt du stock dans mon sac plastique pour pouvoir manger au fur et à mesure. Mes excuses donc aux autres coureurs qui me voyaient prendre des poignées de pain et de fromage pour plus tard, c’est mon mode de fonctionnement !

 A ce stade, la course a beaucoup changé dans ma tête : j’ai un collègue qui doit faire Villard Bonnot – Saint Nazaire avec son petit et moi, ça va faire plaisir. Et surtout, mon pote qui m’attend à Saint Nazaire pour envoyer la chartreuse. La météo va mieux, le moral va mieux. On fera un check intégral à Saint Naz, mais ça y est, je suis prêt à repartir pour la suite.

 Freydières – Saint Nazaire via Villard Bonnot

 La fin de la descente est la même que l’an dernier, modulo le fait que l’on atterri plus au Versoud mais à Villard Bonnot. En sortant de Freydières, une petite montée passe assez vite, puis on enchaine sur des descentes parfois un peu raides. Ça se gère toujours en mode économie des quadris. La Combe de Lancey est annoncée finalement assez vite. Je préviens donc le collègue que Villard Bonnot ne va pas tarder. Ces 2200D- seront finalement avalés en 2h20 + 10’ de ravito à Freydières.

 On rentre dans le parc, petit ravito bien gentillet, bonne ambiance également. Je retrouve le collègue, ce qui va faire bien plaisir et qui va être un bon coup de main car bon, tout le monde le sait, la jonction jusqu’à Saint Nazaire s’annonce quand même longue et pas hyper sexy. On se balade dans les lotissements, traversées successives de la voie de chemin de fer (cette année par une passerelle et non plus au milieu de la barrière au sol), de l’Isère et de l’autoroute. Ça sent bon l’écurie de mi-course. On rentre à Saint Naz, un coup de cul et le ravito est là. J’arrive au milieu des 40 et des challenges qui en terminent, ce qui me vaut un petit mot du speaker pour le côté « Ahahah, ils ont tous fini et toi il te reste 45 km ». Il est vrai qu’on va virer une grosse proportion du peloton, et rester entre Masterien et Xtremiens !

 Allez la douche, je refais les niveaux, et je récupère mon poto, ce qui me rebooste. Je lui ai dit qu’il va falloir que je serre les dents les fesses et tout ce qui reste pour monter à Chamechaude. Mais si j’arrive là-haut, après c’est plié normalement. Boosté, lavé, changé, je repars motivé et heureux pour attaquer le massif chartreux.

 Chrono en main, j’aurais mis 30 min de plus sur tout Belledonne par rapport à 2017, avec un parcours que je considère bien moins roulant que les Seiglières, donc c’est plutôt pas mal, à mon petit niveau !

 Saint Nazaire – Habert de Chamechaude

 Mon angoisse de la matinée.

 Allez, en avant. 1400+, de la pastèque, 500+. Bim. Simple. Efficace.

 On se cale dans les pas d’un mec au rythme impeccable pour moi. Je le vois de dos, jusqu’au moment où je comprends que cette horloge est un mec du 160, et surtout qu’à ce niveau il est 30ème au classement. Bravo mec, je n’ai pas noté ton numéro de dossard, mais j’espère que tu as tenu le rang.

Je suis sur un petit nuage, notre groupetto Xtrem-Master-Accompagnant avance bien, de manière hyper régulière, on ne s’arrête jamais, on a un rythme vraiment constant. Ça me fait plaisir. Les lacets sont réguliers. J’avais peu de souvenir de cette zone l’an dernier, il y faisait nuit avec beaucoup de pluie, j’en avais gardé un bon souvenir d’un groupetto constitué aussi pour l’occasion pour se monter tous en haut.

 A mi grimpette, on voit une espèce de fusée qui nous rattrape « ah fait chier, j’ai été obligé de m’arrêter 3h à Saint Nazaire, j’ai perdu du temps ». Le dossard rouge nous plante littéralement sur place, c’est un monstre 😊 Je ne vous dit pas le niveau du mec s’il était encore 3h devant sur le Xtrem. Son rythme avec 130km dans les pattes parle pour lui…

 Comme l’an dernier, la fin du col de la Faïta se fait clairement attendre. Le fait de faire cette montée de jour est quand même clairement un plus, on profite mieux, et l’absence d’orage est sympathique aussi. On termine lentement les 675 lacets restants jusqu’au col, où nous attendent notre petit couple. Ça fait plaisir de les voir, toujours aussi motivés. Ils nous indiquent qu’ils auraient coupés Chamechaude, sans ce que soit officiel. Je ne prends donc pas cette information comme acquise, nous verrons bien. On arrive donc à la Faïta, je sais qu’après une petite descente dans les prés, la remontée vers le Habert est encore un peu costaud.

 Arrivée dans le pré au pied de la montagna, quelques gouttes et la nuit qui commence à bien tomber. La pluie ne durera pas. La nuit, si 😊 On s’équipe donc des frontales pour pouvoir finir la jonction jusqu’au Habert. Dédicace aux différents petits panneaux qui sont venus agrémenter tout le parcours. Allez, on lève la tête, on voit les fanions à la verticale, on serre les fesses et on va finir par y arriver. Cette deuxième bosse chartreuse est quand même marquée.

 Cette fois on y est, le Habert ! Ce dernier ne déroge pas à sa réputation, une ambiance hyper amicale, il y avait même une coureuse qui faisait aussi bénévole en demandant à tous de quoi ils avaient besoin. Génial. Je mange bien, refais le plein. Contrairement au même endroit l’an dernier, je n’ai pas trop froid. On nous confirme effectivement qu’il caille trop sévère sur Chamechaude, et que ce sera shunté. J’en prends bonne note sans en faire plus de foin. J’indique donc à mon pote la suite du profil. Un peu de yoyo globalement descendant jusqu’au Sappey, cette ## !§§ù€@@ !!!! de Saint Eynard, Vence, le Rachais et tout droit jusqu’en bas.

 J’aurai fait Saint Nazaire -> Habert en 3h00 contre 3h20 l’an dernier. A mon humble niveau, je suis content de la progression !

 Habert – Sappey en Chartreuse


 Un jour, un grand poète a dit dans son œuvre « Sappey Comme Jamais »

 

Balmain, Balmain

Sarouel façon Aladdin

Passe avant minuit (Passe avant minuit)

 

Cette douce littérature donne des préceptes extrêmement clairs : « Passe avant minuit ». Bon, ça marche.

 L’an dernier, c’est à partir de la que tout avait été plus difficile. Malgré des jambes en excellent état, la caisse commence à faire un peu la gueule, les articulations aussi. N’étant pas DU TOUT dans l’optique de finir à vomir sur la ligne, je reste en mode gestion, sans avoir peur de marcher et d’aller à un rythme tranquille. Rien de bien particulier à dire sur cette section, on passe le col de porte, on alterne du roulant avec du plus caillouteux. On peut quand même noter que le peloton est hyper étiré, et que depuis Saint Nazaire, j’ai dû doubler 3 personnes, me faire doubler par 2, et être vraiment « seul » sur de très longues portions.

 Arrivée au Sappey, non mais alors c’est vraiment trop classe. L’an dernier j’y était arrivé en plein milieu de la nuit, le truc avait l’air d’un mouroir. Cette année, il est 23h passé, superbe ambiance. Le ravito est dingue, 10 sortes de charcuterie, du fromage, il y a même des cornichons. Manque plus que l’appareil à raclette et on aurait été vraiment bien ! Je discute un peu avec mes accompagnateurs du jour, et hop on repart.

 J’aurai fait le tronçon Habert->Sappey en 2h au lieu de 2h30 en 2017. Idem, content de moi, même si c’est pas rapide !

 Sappey – Col de Vence par Saint Eynard

 Ma plus grosse angoisse de la course. L’an dernier ça avait été un calvaire abominable, plus de souffle plus rien. J’appréhende donc beaucoup. Je me promets cette année, contrairement à l’an dernier, d’essayer de ne pas m’arrêter, en étant très régulier, quitte à être très lent. Mon pote me booste bien, me force à y aller doucement, un pas devant l’autre. Après avoir fini la partie de descente, on attaque le vrai mur. Je suis donc mon mantra à la lettre, en soufflant bien, en étant lent mais en avançant, c’est tout ce qui compte. Il me glisse que j’avais raison, elle n’est quand même pas évidente même si elle ne fait qu’un petit 500+. Dernier virage sur la gauche, le dernier gros raidard et on rejoint la route. J’entend magic system au loin, c’est toujours notre petit couple qui vient mettre l’ambiance, ce sont des fous furieux ces deux-là !

 Le Saint Eynard montée, check ! Reste le Saint Eynard descente. Je commence à avoir les cuisses un peu chargées, la descente se fait donc très tranquillement. J’ai compté 65435468 lacets différents, il faudra me dire ce que vous aviez ? C’est absolument interminable avant d’avoir l’altimètre qui pointe sous les 800 m. Finalement, je ne sais pas si la montée n’était pas mieux que la descente ! L’avantage de ce poste, c’est de pouvoir profiter d’une super vue nocturne sur Grenoble. Ça vaut quand même le coup d’œil !

 Allez, Vence arrive, le petit ravito, le dernier checkpoint. A partir de la faut serrer les dents, gérer les petites nausées qui commencent à arriver, mais y’a du mal de fait.  J'aurai fait Sappey-Vence en 1h55 contre 2h20 en 2018, le Saint Eynard aura été bien mieux géré !

Col de Vence – Grenoble

 Tout comme l’an dernier, je ne me fais pas mal dans cette section, mais je me surprends à être en mesure de trottiner + de partie que d’accoutumée. Je suis quand même pas mal attaqué, et il faut avouer que le réveil à 3h du matin la veille, en complément d’une grosse fatigue générale d’avant course, fait que j’ai quelques petites étoiles devant les yeux.

 La montée vers le Rachais se fait via une marche nordique raisonnable. Je prends mon mal en patience pour atteindre la Bastille. Une fois cette dernière arrivée, la fin est proche, on descend de nombreux escaliers qui me reboostent le moral : en effet, ça nous fait perdre de l’altitude rapidement, et ca mine de rien ça fait plaisir ! On commence même à entendre le speaker. Ca sent bueno ! On enchaine course et marche, mais je ne suis pas en mesure de conserver un trot très longtemps.

 On arrive enfin sur les quais, depuis quelques minutes on voit l’arrivée, mais je sais qu’on a tour à la con à faire. Excusez cette aversion envers ce tracé final : autant je comprends grandement son intérêt pour la majorité des Xtrem, des challenge et des chartreuse le dimanche dans la journée, avec tout plein de gentils petits supporters grenoblois entrain de flâner, les enfants tapant dans les mains des coureurs. Mais à 3h du mat’, on se tape les restes de boites de nuit, qui, voyant des énergumènes à frontale et bâtons dans les rues de Grenoble, ne peuvent s’empêcher de nous alpaguer. Bref, c’est donc un peu long à cette heure-là et sans aucun intérêt. Mais comme je dis, je comprends la logique pour le dimanche !

 Epilogue, on arrive enfin à l’Arche, j’ai choppé un petit trot sur les derniers hectomètres. Notre petit couple de supporter est encore est toujours là. Je me fais bipper 30m avant l’arche, demande si j’ai quand même le droit d’y aller. J’en profite donc, dans une ambiance relativement calme !

 Bingo, j’ai fini mon deuxième UT4M Master ! Après un énorme coup de moi Croix-Chamroussien, j’aurai su me botter les fesses et continuer sur cette belle course, préparée et attendue !

 Epilogue

 En bilan, j’aurais mis 30’ de plus sur Belledonne avec un parcours plus complexe, et 1h15 de moins sur la Chartreuse pour le même parcours et les mêmes conditions météo. Ce qui me permet de gagner 45’ min sur le total !

 Côté Météo, il ne fallait pas se fier aux 5 premières heures. Ça c’est vite dégagé, et sur le global on peut même considérer que les conditions étaient quasi idéales. Pas d’orage, pas de pluie, une météo parfaite pour la nuitée en chartreuse. Une fois oublié le froid Belledonnien, on peut difficilement faire mieux.

 L’après course

 Dès l’arrivée, j’ai l’honneur d’être accueilli par Guillaume Millet, un mec d’expérience du trail, qui a écrit plusieurs livres et fait des chronos dingues sur l’UTMB. Il participe en effet au projet de recherche de santé. Il m’accueille avec un grand sourire, un petit regard sadique d’ailleurs en mode « ahah, tu en as chié maintenant on va te balancer des courants électriques dans les mollets, j’adore ! ». C’est avec plaisir que je rejoins toute la bande de joyeux lurons qui, eux aussi, doivent en baver à attendre tout le monde. Rebelotte, tous les tests directement après course, pour mesurer l’impact de la course. On réitérera ces tests à J+2, +5 et +10. Je suis étonné de voir que j’ai pris 1kg pendant la course, et que malgré 7 litres de coca ingurgité je finis limite en hypo, comme quoi 😊

 Côté récupération, je suis fidèle à moi-même avec une récupération absolument parfaite, peu de fatigue. Le test UT4M recherche à J+2 révèlera d’ailleurs que j’ai déjà récupéré 100% des mes capacités musculaires mollet et cuisse (contre 60% du max à l’arrivée). Je finis donc cet UT4M en continuant les tests à l’hôpital, ce qui permet de discuter avec les jeunes médecins et étudiants, et de savoir un peu la portée de ce « bénévolat médical ». Je suis heureux de m’être porté volontaire et d’apporter à ma manière quelque chose. Pour recevoir il faut savoir donner !

 Enfin, on le dit toujours mais on le pense vraiment, un merci infini aux organisateurs, aux bénévoles, aux traceurs et ou ouvreurs. Sans vous toute cette logistique n’existerait pas, et on ne serait pas en mesure d’avoir toutes les parfaites conditions d’organisation et de sécurité pour faire ses folies pour le communs des mortels, qui nous permettent de nous dépasser. Merci, vraiment merci.

 Déjà, j’ai la tête tournée vers l’an prochain. Je suis toujours frileux d’un 160 km qui me semble surement. Peut être une TDS… ?

4 commentaires

Commentaire de DavidSMFC posté le 30-08-2018 à 15:15:11

Bravo, belle gestion de course avec une Chartreuse parcourue de façon impeccable, semble-t-il. Félicitations pour la progression d'une année sur l'autre ;-)

Commentaire de Mazouth posté le 30-08-2018 à 15:26:07

Bravo ! Belle gestion et belle progression depuis l'an dernier !

Commentaire de Fanfan38 posté le 31-08-2018 à 11:32:57

Bravo en effet c'est très bien géré !
Je fais partie aussi du protocole, en effet une équipe très sympa, comme tous les bénévoles de l'ut4m.
Moi j'ai eu la chance de faire chamechaude (le dernier) mais sinon c'est la même course, j'ai adoré, à mon arrivée à minuit c'était le feu dans gre !

Commentaire de alfredyoyo posté le 31-08-2018 à 15:39:29

Merci pour vos commentaires, et bravo aux différents kikous du 100, il y globalement un gros niveaux chez les autres ! A titre perso, je suis content de m'être amélioré et d'avoir une fois encore soigné la gestion. Je préfère finir plus tranquillement mais en ayant eu l'impression de gérer correctement, plutôt que de gagner 30' en étant mal ou en prenant le risque de calancher. La satisfaction étant finalement plutôt dans la gestion que dans la performance.

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