Récit de la course : Ultra Tour des 4 Massifs - 100 Master 2021, par tikili974

L'auteur : tikili974

La course : Ultra Tour des 4 Massifs - 100 Master

Date : 17/7/2021

Lieu : Uriage Les Bains (Isère)

Affichage : 235 vues

Distance : 95km

Matos : sac Oxitis 16l
batons Salomon
chaussures Dynafit Feline

Objectif : Terminer

4 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

80 autres récits :

L’UT4M 100 ou MASTER – 17 juillet 2021 par Tikili

Une date et un événement qui resteront marqués dans ma « carrière » de trailleuse amateur.

 Je me suis inscrite à cet événement dés le début de l’année 2021 tant en raison de la proximité de mon domicile que par la connaissance des 2 massifs traversant la course (Belledonne et la Chartreuse), mais surtout en vue de course préparatoire pour l’UTMB fin aout.

 

J’ai pris soin de faire plusieurs reconnaissances, petits bouts par petits bouts,  en commençant par la partie Chartreuse, massif où la neige a fondu en premier… et comme ce sera la 2ème partie de course, autant bien connaître la fin, une des reconnaissance de cette partie sera aussi la « fin » de la traversée de la Chartreuse en UNE journée (Chambéry à Grenoble,  réalisée fin mai avec un groupe de trailleur(e)s.

 

Le sac est prêt, le corps est reposé, l’esprit est en effervescence…..

Mon entourage proche me rappelle d’y aller « mollo » : c’est une course PREPARATRICE, donc sans recherche de performance… et surtout ne pas se blesser (pour l’UTMB un mois plus tard)

Habituelle à moi-même, dès que la liste des partantes est publiée sur Live Trail, je joue au jeu des pronostics…. Je suis la 12ème femme en termes de classement ITRA,  mais je ne me fais pas de grandes illusions… il y a parfois des femmes qui se classent devant moi avec un ITRA plus faible que le mien…. Si je termine dans les 20 premières sur les 81 inscrites, ce sera bien (même si je rêve secrètement de faire mieux).

 

Autre info : je suis dans la première vague de départ, pour 4 vagues au total, et les femmes ont été gratifiées de100 points de plus ITRA pour homogénéiser les vagues ….ben oui, mais du coup, on va partir avec des bêtes de courses dans cette 1ere vague….

Il va falloir donc ne pas s’escrimer à suivre le peloton dans la montée, au risque de se cramer dès le début.

 

La montée depuis Uriage jusqu’à la Croix de Chamrousse se passe bien, rien à signaler sinon qu’à ce stade moult courses sont mélangées, les 20km de Belledonne, les 40, les Challengeurs et les XTREM, bref, on n’est pas tout seul, je croise notre Nathalie Mauclair nationale que j’encourage bien fort (qui est sur le format Challenge : Un massif par jour soit environ 40km par jour pendant 4jours d’affilés et que j’ai moi même fait en 2016, c’était  très très dur).

J’arrive avec un poil d’avance à la Croix de Chamrousse (pk 24) sur mon timing, fait une pause au ravito et discute brièvement avec Jean Baptiste qui est 2ème sur le XTREM (170km d’un coup !) avec qui j’ai fait un stage trail il y a 2 mois, je lui souhaite bonne chance. 

Dans la descente après le ravito de la Croix, Thibaud Cahez m’interpelle, je ne l’avais pas vu ; il attend son fils qui est aussi sur l’Xtrem et qui était 1ersur la première partie de la course…. Mais aurait eu un coup de moins bien…. Je m’en inquiète.

Arrive la partie de Belledonne fidèle à sa renommée : des cailloux, des cailloux et encore des cailloux…. On voit à peine les lacs tant il y a de la brume, j’avance comme je peux, je sens que je bloque parfois les TGV derrière moi, mais je n’entends jamais un « pardon, à gauche » ou autre formule de politesse… donc je m’écarte rarement…. Bon ça c’est en descente, dès que ça remonte un chouia, y’ a plus personne derrière !!! (bon, j’exagère un peu…. Mais à peine…à qu’à suivre mon classement général pour preuve que je n’ai pas tort, 186e  à la Croix, et 144è à mi parcours).

 

Je double Nathalie, discute un peu, elle me dit qu’elle manque d’entrainement, je l’encourage et lui explique la suite du parcours….et lui demande de m’accorder un selfie auquel elle se prête très gentiment.

 

J’arrive au Col de la Pra (pk 32), là je fais super gaffe, car je me suis pris un gadin dans les cailloux en m’écorchant bien un genou il y a 15 jours….

Remontée au col du loup, j’ai beau savoir ce qui m’attend, j’ai du mal …. Je mange des barres énergétiques, j’avance comme je peux, c’est à dire pas très vite … arrivée au col je double Mélanie Tétu (V1F comme moi) avec qui je fais le yoyo depuis le départ…. Je comprends pas puisque je la double… et je me demande comment elle fait pour être devant moi…. Elle me dira bien plus tard (au kilomètre 70)  que c’est parce que elle est plus rapide que moi au ravito….

 

Ca y est, le col du Loup est passé, je files dans la descente, je glisse sur les fesses sur le névé (c’est plus rapide et moins casse cou), je commence à la connaître cette descente pour l’avoir fait 2 fois en 15 jours.

Arrêt express au refuge/ ravito au pk 38, et je repars cette fois ci avant Mélanie…

Je file dans la descente, je double plusieurs filles, donc je progresse dans mon classement, super !

La descente est bien longue, plus de 2 000m de dénivelé négatif, mais ça va, au détour d’un village Thibaud me prend en photo et m’encourage, ça fait un bien fou.

 

Arrivée presque en bas, j’appelle Francis pour lui dire que je devrais être à la base de vie dans une heure, il est presque sur place. 

S’ensuit la longue, très longue traversée de la vallée du Grésivaudan, entre zone industrielle, voie ferrée, autoroute et autres découvertes touristiques des plus intéressantes du parcours…à mourir d’ennui, surtout en pleine chaleur, j’essaie de trottiner pour que ça passe plus vite….

 

Base de vie St Nazaire les Eymes, pk 56,8, 15h23

Repos, changement de chaussettes, « nokage « des pieds (ils sont tout fripés suite aux torrents traversés), remplissage de la poche à eau et de la flasque, j’essaie de manger du riz… mais c’est dur, j’ai du mal à manger…., passage au petit coin (ben oui, c’est naturel ,non ?)

Total de la pause : 26 minutes… c’est court et long à la fois… difficile à optimiser….mais je vois pas comment faire moins…)

 

Je repars pour le 2ème massif : La Chartreuse, sous une grosse chaleur.

La montée au col de la Faïta est une horreur : de la gadoue épaisse, collante et glissante…..du coup, ça rend cette montée vraiment difficile. Nombreux coureurs font un pause ou la sieste au bord du chemin. On est beaucoup moins sur cette portion puisqu’il ne reste que nous, les Master et quelques Xtrem (Jean Basptiste est toujours 2ème et on fait un petit bout ensemble, il va bien plus vite que moi…).

Je croise un couple, qui me dit que je suis 12ème femme, ils sont sûrs, ils ont compté. Bon, et bien, je suis dans les « clous » de ma côte ITRA, ça va.

 

Au ravito qui se trouve peu après le Col de la Faïta, je retrouve Mélanie (c’est là qu’elle me dit que je suis trop longue au ravito, elle à dû s’arrêter 10 minutes  de moins que moi à St Nazaire), on est ensemble… quand elle a besoin de faire une pause « technique » (c’est dommage, c’était pratique ma pause technique à St Nazaire !!), et à partir de là, je ne le reverrai plus (je veux dire qu’elle restera derrière moi).

 

Malgré cela, j’ai des douleurs, aux pieds (surtout sur la route), aux genoux… mais c’est sûrement un peu normal.

Je m’inquiètes surtout pour mes pieds car j’ai « nokké » et enfilé tout de suite les chaussettes alors que la peau était toute fripée…je n’ose même pas imaginer ce qu’il advient si la peau s’est fissurée….en tout cas, c’est une douleur « nouvelle » qui s’invite alors que je ne l’avais pas commandée, je lui demande de retourner d’où elle vient, elle a dû m’entendre, parfois elle se calme, parfois elle me rappelle à son bon souvenir…

 

Le contournement de Chamechaude est une bavante, ça glisse tant il y a de boue et c’est en devers…. Et après, la gadoue arrivent  les cailloux de la montée finale vers Chamechaude… 

 Je m’élève tout doucement, mais les autres ne vont pas plus vite, en tout cas, ce qui est  bien c’est qu’il fait encore jour, et je ferais cette difficile descente dans les cailloux roulant de jour (c’était un peu ma hantise de devoir faire cette portion de nuit).

 

J’arrive à un point où un bénévole me « bippe », et m’indique la descente : je le remercie chaleureusement, je pensais qu’on allait monter plus haut : je suis au pk 73 et il est 19h45.

 

A partir de là, je suis confiante, je déroule comme je peux dans la descente, je vois plusieurs filles, avec qui je discute un peu, et que je finis par dépasser….ça me donne du baume au cœur. Je ne suis donc pas partie si vite que cela, puisque j’arrive  à garder un bon rythme.

 

J’arrive au ravito du Sappey, arrêt express, je mets la frontales en marche, il est 21h10, ensuite montée difficile  (parce que c’est la fin !) vers le Fort St Eynard, puis descente assez roulante vers le Col de Vence.

En arrivant au col de Vence, un bénévole me dit que je suis 6ème femme…. Je le fais répéter…. Je n’y crois pas…..quelques centaines de mètres plus loin, le ravito : une fille assise sur une chaise, et une que j’ai doublée il y a peu. Je ne m’éternise pas…. Je file.

 

Je suis à une dizaine de kilomètres de l’arrivée, je dois rester vigilante, le sentier est parfois un peu technique avec des cailloux et c’est humide, ça glisse un peu, je double une fille qui n’est pas à l’aise dans ce type de terrain….

 

Enfin la Bastille, c’est presque la délivrance….

 

J’arrive en bas de la Bastille, le parcours nous fait traverser les ruelles animées de Grenoble, et il faut dire qu’un samedi soir, à près de minuit, ce n’est pas l’ambiance qui fait défaut, mon passage est salué d’un hourra général à chaque terrasse de café, restaurant dès que j’agite les bâtons, ça me donne le sourire banane, un véritable bain de foule euphorisant, c’est magique. C’est à coup sur le meilleur moment de toute cette course !!!

 

Bref cette arrivée avec la superbe vue sur Grenoble illuminée et les acclamations des noctambules: c'était magique !!

L’autre super souvenir, c'est une fois passé la ligne d'arrivée quand je découvre sur l'écran des classements: 4ème FEMME, 2e V1 !!! (et 82e au scratch). Là, je peux dire, "le lieu où se produit la magie" !!!

 

NB : UT4M 100 : 100km / 6204+, en 17h40, départ 6h20 de Uriage les Baines, arrivée à minuit pile à Grenoble, 82è/740 inscrits, 4ème F / 81 femme.

J'avoue que je n'en reviens pas....je suis arrivée avant des filles plus costaud que moi... la différence (peut-être) c'est que j'avais fait un paquet de reconnaissances et de gros blocs d'entrainements avec parfois 6000+ dans une semaine.....

 

Je suis vidée, je ne m’étais jamais donné autant à fond sur une si longue distance.

 

Je n’ai pas d’ampoules ni de fissures sous les pieds (ouf !) , pas tellement de courbatures, mais une très grosse fatigue dûe à une perte de poids :  la balance m’indique le lendemain presque 3kg de moins que mon poids habituel. J’ai mis une petite semaine à retrouver un semblant de forme, mais il me faudra encore quelques jours pour récupérer complètement.

 

Merci à tous, amis, famille , proches, kikous pour le suivi (que je verrais après la course !), organisateurs, et surtout bénévoles sans qui cet événement n’aurait pas pu avoir lieu.

4 commentaires

Commentaire de Twi posté le 28-07-2021 à 08:17:41

Bravo, une belle course époustouflante.
Pour moi qui ai mis quelques (bof, une dizaine) heures de plus sur le même parcours, ça relève du surnaturel.

Commentaire de truklimb posté le 28-07-2021 à 10:30:43

Bravo, très belle perf' !!
Bonne fin de prépa pour l'UTMB...

Commentaire de PIERRICK_07130 posté le 02-08-2021 à 23:55:15

Ah quand même ! Respect Tikili... J'aurai pas pu tenir le rythme en reconnaissance UTMB !

Commentaire de tikili974 posté le 03-08-2021 à 07:20:21

Je te rassures: moi non plus Pierrick !!!

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.16 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !