Récit de la course : Ultra Tour des 4 Massifs - XTrem 160 km 2021, par L Espadon

L'auteur : L Espadon

La course : Ultra Tour des 4 Massifs - XTrem 160 km

Date : 16/7/2021

Lieu : Grenoble (Isère)

Affichage : 517 vues

Distance : 169km

Objectif : Terminer

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Ultra-boueux

Précédentes inscriptions sur l’UT4M : 160 Challenge en 2017 (finisher en 38h), 100 Master en 2018 (finisher en 19h15) et le 80 Master lors de la toute 1ère édition de l’UT4M (abandon à mi-course – je débutais en trail, trop ambitieux pour moi à l’époque).

Participation cette année avec un pote, Gaël. Même situation pour nous deux : une prépa pas idéale, mais une bonne forme générale.

Rencontre avec deux coureurs belges très sympas un peu avant le départ.

Départ en vagues, par ordre croissant de côte ITRA (les plus lents d’abord). Inhabituel, mais plutôt sympa pour les coureurs de fin de peloton comme moi, qui ont alors l’occasion de voir passer les meilleurs. Les chemins étant larges au début, ça n’est pas si embêtant que ça pour doubler.

Montée au tremplin olympique en maitrise : bon rythme mais sans forcer. Tous les voyants sont au vert. Au 1er ravito, à Saint-Nizier du Moucherotte, il y a du monde (normal). Il se met à pleuvoir, on enfile la veste (et on pisse un coup). Au Moucherotte (sommet de la 1ère ascension) je mets ma chevillière et on entame la descente sur Lans-en-Vercors. Gaël avance plutôt vite ; je le laisse galoper puis petit à petit les jambes se détendent et je le rattrape.

2ème ravito à Lans-en-Vercors, toujours pas mal de monde. Tout est toujours OK. Avec Gaël on est contents d’avoir réussi à rester ensemble, et d’être dans des temps raisonnables (3h50 de course pour 20km et 1800D+) tout en s’étant préservés.

J’enlève la chevillière et on attaque la 2ème ascension vers le Pic Saint Michel. Rapidement je remarque que Gaël va plus vite en montée et qu’il faut que je me trouve mon propre rythme si je ne veux pas me griller. Je ralentis donc et me mets dans ma bulle (la pluie qui tapote sur la capuche de ma veste m’y aide). Passé ce premier coup de mou (plutôt relatif puisque j’ai toujours le copain en vue) je reprends du poil de la bête (exactement au même endroit que lors du Challenge il y a 4 ans). Je double un militaire qui chantonne et avec qui je papote 2 minutes, puis je rejoins Gaël au sommet. J’enfile la chevillière et c’est parti pour la descente. Arrivés au Col de L’arc on met la frontale et on repart.

La descente est boueuse et grasse, les gens galèrent, dérapent, tombent, etc… alors que moi je m’amuse comme un fou. Je vais doubler un paquet de monde dans cette descente, en mode ski sur boue. Au bout d’un certain temps on rejoint une piste forestière. J’y attends Gaël un moment ; ne le voyant pas arriver je reprends la descente mais à un rythme cool histoire de ne pas me refroidir. Le copain finit par me reprendre et on passe le point chrono du Peuil ensemble.

Petite parenthèse : le terrain étant particulièrement difficile, l’orga a décidé d’activer un parcours de repli (la 2nde partie de la descente étant parait-il pire que la 1ère). Ça ajoute 8km et un peu de D+ à la partie Vercors, qui nous seront « restitués » en fin de parcours dans la Chartreuse (si on y arrive). Bizarrement cette descente moins technique va me faire mal (aux jambes et au moral) : je l’ai trouvée interminable. J’y ai semé Gaël, qui me rejoindra avec quelques minutes de retard au ravito de Saint-Paul-de-Varces, où on s’attarde quelques temps. Quand il m’a vu au ravito en arrivant, le copain avait l’air vraiment content.

On repart pour la dernière bosse du Vercors (grosso modo 400 D+&-). Comme à l’habitude, Gaël prend de l’avance en montée et je creuse un peu l’écart en descente ; mais on arrive à la 1ère base de vie à Vif avec moins de 5 minutes de différence.

Je resterai une heure à la base de vie : entrée à 2h10 du mat’ et sortie à 3h07. J’ai eu un peu de mal à manger, et je sens venir les difficultés. Je repars avant Gaël, et très vite je me rends compte qu’en montée je souffre du dos (une sorte de contracture musculaire). Je commence à broyer du noir. Quand le copain me rattrape il comprend que je ne suis pas au top ; il reste un moment avec moi mais je finis par insister pour qu’il avance à son rythme. A cet instant je pense que je vais arrêter au ravito suivant à Laffrey : la douleur au dos est trop forte. Mais petit à petit je trouve une position moins douloureuse, et je retrouve un rythme correct pour la fin de la montée. Je réussis même à m’alimenter de nouveau correctement. La petite descente vers Laffrey se gère bien : le jour pointe le bout de son nez, il y a du brouillard, et je fais le choix d’éteindre la frontale malgré l’obscurité (frontale + brouillard = éblouissement). 

Les bénévoles du ravito de Laffrey sont au top, et il y a des ravioles (le pied !!!). Manger du chaud, parler avec des gens qui ont le sourire, voir le jour se lever… tout ça me fait un bien fou. Je croise même un des deux belges qui me dit que Gaël est là ; je l’imaginais déjà reparti, mais non, il était effectivement dans le coin. Grosse satisfaction de repartir encore une fois du ravito avec le copain. Le moral est de nouveau au top !

La montée à La Morte est plus longue et difficile que dans mon souvenir (mais en fait j’avais un peu éclipsé cette partie-là lors du Challenge). Pendant la petite redescente vers le ravito suivant Gaël peine à-nouveau en descente (mal au genou). On commence à craindre un peu pour les barrières horaires : celles-ci ont été adaptées (à cause des 8km en plus en début de parcours) mais ça reste serré ; la boue omniprésente, la pluie, et l’absence de soleil depuis le début du parcours, ça pèse.

Du coup à la Morte je fais un ravito express. Passage éclaire aux chiottes pour poser une pêche, et je repars au moment où Gaël arrive. Il me rattrapera dans la montée au Pas de la Vache. Pendant les deux premiers tiers de la montée j’ai un très bon rythme (je double des gens !). A un moment quelqu’un m’annonce qu’il ne reste que 200D+… totalement erroné, c’était en fait un gros 400 et du coup je vais souffrir un peu sur la fin de la montée (pourtant je le sais, faut pas écouter ce qui se dit et rester concentré sur son effort). Au moment d’arriver au sommet, j’aperçois le copain Gaël 2 lacets plus bas. Génial : il est midi du 2ème jour, on voit le soleil (et une belle mer de nuage) pour la 1ère fois du parcours, et on est encore ensemble !

Le mal au genou de Gaël ne s’améliore pas. Il a plus ou moins déjà décidé d’arrêter à la 2ème base de vie, à Rioupéroux. Je repars donc devant dans la descente. A ce moment-là je pense avoir les réserves pour aller au bout de cette course. Dans mon esprit, à Rioupéroux on aura fait le plus gros (ce qui est vrai, mais bon, la suite n’est tout de même pas rien). J’arrive au Ravito du Lac du Poursolet à 13h35, après m’être gamellé dans la boue en descente. Je ne le sais pas encore mais Gaël y arrivera 35 minutes plus tard et abandonnera.

Je passe 10 minutes au ravito, dis bonjour au bénévole croisé au même endroit pendant la semaine lors d’une petite balade. Comme pour le Challenge, je souffre dans la montée au plateau des lacs : plus d’énergie. Je croise des randonneurs et à chaque fois je prends le temps de discuter avec eux (sympa, mais mauvais signe, je ne suis plus dans la course). La barrière horaire pour quitter la base de vie de Rioupéroux est 17h30 : je me dis que j’y serai à 17h00 et n’aurai que 30 minutes avant de repartir… et je commence à douter. Bon, en vrai, même là j’étais très optimiste.

En fait j’arrive au ravito de la Barrière (juste avant les 1300D- vers Rioupéroux) à 16h15… et très vite je comprends que la descente va prendre du temps. L’ongle de mon gros orteil gauche commence à bouger et à faire mal : j’ai un hématome sous l’ongle et chaque pas est une souffrance. Je croise un gars sympa qui me file du sparadrap ; ça me permet de fixer l’ongle et d’atténuer la douleur. Pas de miracle néanmoins : j’arrive à Rioupéroux à 18h30. Je suis logiquement mis hors course.

Cette édition de l’UT4M 160 XTrem a été un vrai carnage : 1/3 de finishers seulement (contre 2/3 habituellement).

De mon côté, un peu de regret quand même de ne pas avoir assuré sur un truc élémentaire en ultra : prendre soin de ses pieds. L’avant-veille de la course je me suis dit que cet ongle était mal coupé et qu’il faudrait y revenir ; puis j’ai procrastiné et je me suis dit « pas grave ». Tu parles ! 😊

Sinon pour la prépa c’était presque bon. Néanmoins, même un travail sérieux en côtes ne remplace pas les sorties montagnes avec gros D-. Il va falloir changer quelques trucs si je veux un jour terminer une course de ce calibre.

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