Récit de la course : Saintélyon 2009, par FURYAN

L'auteur : FURYAN

La course : Saintélyon

Date : 6/12/2009

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1308 vues

Distance : 69km

Objectif : Terminer

7 commentaires

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Ma première Sainté...

 Ma première nuit en luciole, ma première Saintélyon…

 

Faut-il du courage ou bien une certaine dose d’inconscience avant de se lancer dans ce genre d’événement ? La réponse, je l’ai eue en passant sous ce magnifique boudin noir vers 8 heures du matin, ce dimanche de fête des lumières.

 

Un beau challenge, c’était il y a quelques mois, si l’on en juge par le numéro de mon dossard, le 363. Inscription précoce sûrement et non classement national.

Là dessus, 13 semaines d’entraînement, juste comme ça pour bien me rassurer. Orienté vers du spécifique AS42 (pour les initiés), plutôt, un coup je vais vite, un coup je ralentis et tout cela, ponctué de fractionnés, footing lent et la fameuse sortie longue.

 

Achat de matériel, accord familial, eh oui quoi qu’on en dise, l’entraînement, c’est un peu chronophage. Planning tendu, partout la sortie longue c’est le dimanche, mince, pour moi c’est le boulot… Bref, pas plus de tracas ; Je sortirai quand je pourrai.

 

Et puis, il y a eu la rencontre avec Kikourou. 2 minutes pour comprendre le jeu de mot,

( La course ça fatigue…). Le site m’a plu, vous m’avez tous plu, chacun de sa phrase, de son vécu, de ses entraînements. Une source quasi inépuisable de renseignements. Merci beaucoup. Au début, j’avoue, il faut presque un GPS Garmin ou Suunto, (j’n’ai pas encore choisi) pour se balader dans le site et puis on y arrive enfin presque.

 

Alors, tout doucement, je me suis préparé à cette Sainté, cette respectable course de nuit. 69 kilomètres pour les puristes, 69 bornes pour les autres. De la boue, de la sueur, de la neige, mais c’est quoi ce truc ? Je reviens à ma première question, du courage ou de l’inconscience ?

 

En tout état de cause, l’humain ne peut vivre dans l’immobilité, la vie c’est le mouvement.

Je suis heureux, de faire partie de ces joyeux trotteurs qui toute l’année avalent du kilométrage à s’en faire péter la panse. J’aurai à dire sur ce sujet d’ici peu et venons en à « ma course ».

 

Je me suis mis dans ma bulle, il y a 13 semaines. Je ne cherchais pas à faire un temps, juste être en forme pendant et après la course. Mais hélas, on se prend vite au jeu et tout doucement, un chrono venait poindre son nez : 7H40 soit 9 Km/h de moyenne.

Quelle prétention de vouloir faire un temps avant même d’être sûr de terminer cette course. Un peu d’humilité mon garçon, c’est ta première longue course. Mais bon, il n’y avait rien à faire. Plus les jours passaient, plus ma future nuit « Stéphanolyonnaise » se dessinait ainsi.

 

Grâce aux récits de tous les « Kikouriens (habitants de Kikourou) », le doute et l’angoisse montaient, des OVNIS autour de 6H30, des moments d’égarements, des blessures, toujours du respect et des valeurs, merci les gars. Pas besoin de plus pour prendre des doses homéopathiques de Cofféa pour s’endormir le soir.

 

Bref, samedi soir, 40 minutes de TER, 10 minutes de marche, un sac digne du trésor d’Ali Baba et un RDV au Flore grâce à la générosité de BLOB et MAMANPAT. Au fait, j’ai mis quelques jours à comprendre ce qu’était l’AAB.

 

Un repas de pâtes avec un certain gourou et une certaine teamraidlight dont je n’ai pas retenu le numéro. Des conseils avisés avant la course. Une ambiance décontractée et feutrés au regard du hall du Parc des expos. J’ai trouvé le salon de la génisse aux abords de l’entrée du hall assez comique, je suis sûr que certaines d’entre-elles avaient plus de place que moi pour me détendre. A peine une demi-fesse et encore pour s’asseoir.

 

Peut-être l’avez-vous remarqué, étant de tendance légèrement angoissée, (13 semaines d’entraînement je vous le rappelle), j’ai déposé mon sac dans le car à 22H10.

Vous allez me dire, et pourquoi pas à 8H ! N’empêche, que je suis allé sur le départ à 23H20 et que devant ces cars bondés, je dis bien bondés jusqu’au plafond de sacs, il y avait encore des dizaines de gugusses angoissés qui ne savaient où mettre les leurs.

Une pensée au mien (de sac) avec tout ce qu’il a dû prendre sur la tête (il était sur une banquette). Mais qu’est-ce que j’avais dedans ?

 

Je suis prêt, bonnet, gants, collant, slip, chaussettes, chaussures, haut longues manches, coupe-vent, serre-tête, 3 tonnes de gel, sac chameau (je trouve cela mieux en français),

2 litres, matériel recommandé en cas de dysfonctionnement gastrique (hé oui, n’étant pas du tout un pro, j’avais omis ce genre de détail, merci les Kikouriens), musique, casque et puis je crois que c’est tout. Vous ne trouvez pas qu’il manque quelque chose ?

La lumière, non, je ne l’avais pas oubliée, une, pour le front d’où lampe frontale et une autre sur le ventre, d’où son nom de lampe … Frontale. J’ai eu beau demander dans les magasins, une lampe ventrale, cela n’existe pas.

 

Départ. Rien à dire, une émotion incroyable, l’égrégore dans son entier. Une force magique, rien que pour cela je ne voudrais faire que des départs (pourquoi n’ai-je pas choisi le 100m comme discipline ?)

On s’élance, je me sens hyper bien.

1, 2, 3, 4 KM et puis comme une apparition soudaine, des douleurs aigues du sternum jusqu’au bas-ventre. Tiens, connais pas ! La moindre vibration, un vrai délice, comment dire, une envie d’aller aux toilettes dans la seconde, en étant entouré de milliers, des crampes lancinantes, un questionnement insensé. « Retourne au départ puisque tu aimes ça, tu continues… »

Faisant je crois un peu comme vous tous partie des« bourins, killers, warriors, terminators ou autres dénominatifs affublés par d’autres lorsqu’ils voient des barges éclairés » ou bien plus clairement partie des passionnés et volontaires, j’ai décidé de continuer, emporté par la foule comme qui dirait la môme…

Les ravitos se sont avérés très légers, ne pouvant rien avaler. Avant St Catherine, j’ai participé au grenelle de l’environnement en mettant un peu d’engrais dans un champ là-haut. Non pas la peine de me remercier, nous étions plein d’extrêmement généreux ce soir-là.

J’avais avec moi, une petite fiche avec les temps de chaque passage et je ne vous le cache pas, une photo de ma femme et de mes enfants. Sérieusement, un article scientifique que je venais de lire prouvait que la vue de personnes aimées dans des instants de douleurs (images, photos), atténuait celle-ci. Étant curieux de nature, j’ai essayé… Je suis arrivé au bout, alors pourquoi pas.

Niveau timing, il fallait que je m’accroche à toutes les branches possibles, 1H37 au premier ravito, 2H22 au deuxième, 3H04 au troisième. Au son des divers pétarades, « gauche ou droite » des relayeurs, des bâtons de randonneurs,  cette course prend sa dimension, ce cortège de lucioles est magnifique, il faut se retourner tout simplement et oublier ce « putain » de chrono.

La suite, une longue et douce torture, 4H17 à St Genoux. La course est dense, les ravitos aussi, je ne peux toujours rien avaler. Mes jambes sont OK, Le ventre un peu mieux.

J’ai l’impression que le plus dur est passé. Il suffisait d’être patient. J’encourage les « crampeux, les souffreteux des genoux, les nauséeux, les frileux », nous passons tous par ces états et pourtant nous continuons. Les 11km vers Soucieux sont faits en 1H09, les 12 autres en 1H27. La nuit devient très dure pour beaucoup. Je double beaucoup de monde, un coureur sous une couverture dorée attend une assistance. Des joies et des peines, c’est la Sainté.

Mon corps va mieux. Je sens que les 13 semaines sont présentes. L’entraînement a du bon.

Les 6 derniers Km sont effectués en 30 minutes.

Tout ça je ne le sens pas. Ce sont les puces qui me le diront. Oui, une ligne droite sur les quais difficile, mais j’avoue avoir encore trop d’images pour décortiquer sagement cet effort.

Je n’ai jamais autant aimé le chiffre 75 pour 75 m avant le boudin noir (J’aime aussi).

 

Voilà comme ça sur le papier, ma première Saintélyon. Je plains ce qui n’ont eu que 4H51 de bonheur, pour moi ce fut 8H11 et pour les chanceux plus de 12H. Quand on aime…

Encore bravo, et je sais aujourd’hui qu’il n’y a aucune inconscience, seulement un immense courage.

 

Merci aux Bénévoles.

 

 

 

 

 

 

 

 

7 commentaires

Commentaire de tophenbave posté le 09-12-2009 à 22:33:00

bravo pour cette course bien gèrèe et synonyme de bonheur.

Commentaire de vial posté le 09-12-2009 à 23:26:00

une première bien gérée malgré un démarage difficile
mais finir mieux est l'essentiel
michel

Commentaire de Mustang posté le 09-12-2009 à 23:36:00

beaucoup de modestie dans ton récit! une bien belle aventure! je suis juste devant toi!

Commentaire de Belet posté le 10-12-2009 à 02:09:00

Bravo, beau récit, et belle première.

Arnaud.

Commentaire de LudoH posté le 10-12-2009 à 15:03:00

Bravo!

Joli recit ...

D'accord a 100% avec la conclusion malgre la galere que j'ai vecu!

Commentaire de golum posté le 10-12-2009 à 23:27:00

Merci pour ce CR et bravo pour ta course, jolie premiére.. Pas évident un départ à minuit dans le froid et alternant montées, descentes, j'ai eu à peu prés le meme début de course que toi. Encore bravo et à l'année pochaine pour ta deuxiéme STL ;o)

Commentaire de l'ourson posté le 12-12-2009 à 23:24:00

Bienvenu au club des Finishers de la Sainté et j'espère pour toi que ce s'est le début d'une longue série :-)

L'Ourson_fan_de_la_Sainté_;-)

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