Récit de la course : Roscoff to Roscoff 2010, par Mustang

L'auteur : Mustang

La course : Roscoff to Roscoff

Date : 29/5/2010

Lieu : Roscoff (Finistère)

Affichage : 1038 vues

Distance : 57km

Objectif : Pas d'objectif

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Rosko et c'est frais!

Rosko et c’est frais !

Préambule

Toujours  à  l’affut des  nouveautés,  j’avais  vu en  novembre dernier  un nouveau concept de trail : Roscoff to Roscoff, un trail  marin en trois étapes dont  une de  nuit durant  un week-end. Voilà qui  promettait quelque chose de ….ludique ! La Bretagne se sait  être généreuse en espace pour  offrir des trails mémorables. Je  relayais aussitôt  l’information auprès des traileurs d’Alençon et réussissais  à convaincre Riah50 et surtout  le Lutin  à venir  malgré  une  nuit  à  passer en bivouac ! Jusqu’au dernier  moment,  le site internet de  l’épreuve  est resté chiche en informations si bien que ce samedi 29 mai, vers  6 h du  matin, c’est  un vrai départ vers  l’aventure.  Y sont embarqués Riah50 et sa Béa, Le Lutin et sa Josette, et  moi-même en solo.  La route est tranquille  sous  un temps chagrin. Ce samedi, la  météo ne sera pas au rendez-vous mais  peut-être qu’en bord de  mer  une  bonne brise chassera  les  nuages.

 

                                                  La  marée  n'a  pas encore vidé  le  port

 

Vers  10 h 30, nous arrivons  à bon  port. Nous trouvons facilement  le  lieu de  l’action grâce à un fléchage à bon escient ! Pas de fébrilité, les  coureurs et  les accompagnants  vaquent tranquillement devant  les différents  stands. Nous retirons  nos dossards puis  nous  nous dirigeons vers  un buffet bien garni offert  à l’appétit des coureurs. Un  peu tendu,  je  me contente de café et  palets  bretons. Mais des sandwichs sont  proposés, également des fruits et quelques autres bonnes choses.  Je suis  un peu  impressionné  par  la  jeunesse de  la plupart des concurrents  présents ! Loin de  l’Orne   cependant je repère quelques têtes connues : G.G.O et sa Zabou sont descendus de Dammarie-lès -Lys   pour venir respirer  l’air breton en compagnie d’un ami rencontré au Off de Fontainebleau en janvier dernier, Fabrice, qui finira  deuxième !! Et  puis, Paul, l’organisateur d’Alençon-Médavy, est  là. Il devait courir en duo avec son fils Julien  mais ce dernier  a  préféré courir avec  un copain ! Nous retrouvons également Olycos et Karine venus  pour  une reprise. Un bagad breton donne  l’ambiance  musicale.

 

 

Sur  le  podium, François  le grand  manitou de ce week-end sportif,  donne de  la voix pour  présenter  l’épreuve et saluer les coureurs, notamment un groupe de  belges et  une forte délégation d’Endurance 72 ! Etant  parti directement en tenue d’Alençon,  je  ne  perds  pas de temps  à  me changer. Je  pars  m’échauffer seul sur  le  port. Finalement,  je  n’ai  pas trop d’appréhension et  je  me sens  même en confiance. Je vais donc  prendre  le départ du  prologue de  18 km avec Josette et Béa, Riah50 et Le Lutin ne courant que  l’épreuve  nocturne et la spéciale du lendemain.

 

  (Photo: Riah50)

 

1ère étape

 

 

A  l’invitation de François,  nous  nous dirigeons vers  l’embarcadère de  l’Ile de Batz. J’ai revêtu  le  maillot rouge du  grand K.  Les  coureurs s’engagent sur le  ponton. Curieux,  j’attends  la suite. La caméra de FR3 filme  les  opérations  (Moi itou !! Si, si  je me suis vu  sur le reportage sur  le site  internet de FR3 Bretagne  mais comme  il n’y a  pas de Kikou en Bretagne ou si peu !!!!!). Finalement,  à  mon tour,  je suis  le  mouvement dans  les derniers !

 

     (Photo: Riah50)

Mais  les derniers seront  les  premiers car, comme  je  le  prévoyais,  le départ se fait vers  le  port  si bien que, au  moment où  le départ est donné,  je  me retrouve dans  le groupe de tête ! Ça sent  le gaz, pas question de traîner, alors  on  y va, à fond sur  la  jetée,  puis  la cale  pour descendre dans  le  port.  Finaud, le Lutin s’est  posté    pour  immortaliser cet instant. Il  m’appelle,  je  mets cependant quelques secondes avant de  le  localiser au-dessus de  moi, si  peu  habitué  à le voir en spectateur. Juste  un coup d’œil vers  lui et direct dans  le  port que  l’on va consciencieusement arpenter. Certes, il  y a  un  peu d’eau mais  la vase est  ferme et  les appuis sont bons. Je boucle  ce  premier  kilo en  5mn et ce  n’est  pas fini ! Nous  nous dirigeons vers  la digue Est, toujours dans  la vase ! Les  plus véloces  me  passent ! Normal ! Nous grimpons sur la digue  par  un escalier. Je  prends  le temps  de faire quelques  photos.

 

 

Puis  à mon tour  je  m’élance sur  la digue  mais  je vois  que nous devons redescendre sur  la  plage    les appuis sont  nettement  moins bons dans  le sable ! Puis retour sur  la terre ferme  pour  un petit  tour. Nous nous dirigeons vers  une chapelle que j’ai vue tout  à  l’heure  lors de  mon échauffement. Les vaches ! Ils  nous font grimper autour et redescendre  par  des rochers. Nous empruntons ensuite  un sentier côtier au-dessus d’une  plage  puis c’est  le retour vers  le  port. A  nouveau,  je cours sur  la digue,  les escaliers et  je  me retrouve dans  le  port que, cette fois, je traverse en  ligne directe. Des  petits fanions plantés dans  la vase  nous guident.

 

 

Le Lutin  me tire encore  le  portrait  à cette  occasion. Je quitte  le  port  pour  un  petit  tour en ville.

 

     Photo: Paul Vannier

Les encouragements  des spectateurs fusent. Au bout d’une  place, j’oblique  à droite et  à  partir de  là commencent  les choses sérieuses. Je descends sur  la  plage que  je  ne quitterai  pas ou si  peu  jusqu’à  l’arrivée, c’est-à-dire pendant  13 km !

Sur  la plage, le sable sec ralentit sérieusement  ma  progression. Heureusement, cela  ne dure  pas et  je  me dirige vers  un promontoire rocheux qu’il me faut franchir en  mettant  les mains. Je  progresse ensuite sur  l’estran. Les appuis dans  le sable  mouillé sans être mauvais ne sont  pas terribles toutefois.  Là,  il s’agit de s’enfoncer dans  une anse  profonde vers Laber.  Le temps est frais, ce qui est  idéal  pour courir. J’ai  enfin  pris  mon rythme. Mes sensations sont bonnes.  Le  moral est  beau fixe. Je  tourne entre  11  et 12  au  kilo, ce qui  n’est pas si  mal sur ce terrain changeant. Tant que  je suis sur  l’estran, cela va sur  le sable  mouillé. Mais, parfois, nous sommes  obligés de remonter sur  la  plage dans  le sable. Un beau sable  blanc  mais  épuisant  pour  la foulée ! Enfin,  je sors de cette anse en contournant  la  pointe de Perharidy.

 

 

J’en suis  à  1 h de course et c’est  le  11e  km, c’est  une  moyenne  honorable vu le terrain.  Finalement, à choisir,  il aurait  mieux fallu rester dans cette anse, car,  la pointe passée,   nous sommes exposés au vent ! Et quel vent ! Au  moins  du  60 km/h ! Ce  n’est  pas  la tempête mais  ça souffle de face ! Sur  la  plage du Pouldu,  j’aperçois le Lutin et Riah50  postés  pour  photographier. Bien plaisir de  les voir ! Là, c’est  le ravito. Je  m’y arrête  pour boire  un verre d’eau.  Pour cette étape,  j’ai  juste  une gourde remplie d’Hydra Max et de  la Sportéine.  Ensuite,  il s’agit  de  passer  un cap rocheux. Cela veut dire remonter encore sur  la  plage dans  le sable sec fuyant, passer  des rochers et redescendre vers  une autre  plage. Je consulte de  plus en plus  mon GPS. J’en suis au  14e  km. Je ne suis  pas fatigué  mais j’ai  hâte d’arriver cependant.   Je quitte  la  plage  pour  passer  à nouveau  un cap rocheux.  Le  passage n’est pas évident. Les signaleurs nombreux  nous  indiquent  où passer car  bien sûr il  n’y a pas de rue-balise. Les rochers couverts de varech sont  glissants.  Un signaleur  m’indique  un petit chenal dans  l’eau  pour contourner  le cap. Effectivement,  à choisir,  mieux  vaut  patauger dans  l’eau que de crapahuter dans  le dédale rocheux. Voilà,  je sors de  l’eau  pour aborder  une superbe  plage. C’est  la dernière  ligne droite,  j’ai  le vent -fort- dans  le  nez. Je vois  un attroupement au loin. C’est  l’arrivée ?

 

       Photo X

Non ! Il me faut remonter sur  la  plage, emprunter  un chemin sableux et j’arrive derrière  la dune, sur  une  large esplanade  où se trouve la zone d’arrivée avec toute  l’infrastructure de  la course. J’en termine avec ces  18 km en 1h37mn,  95e et  9e VH2, ce qui donne  un  presque  11  à l’heure.  Au stand d’arrivée,  je  ne trouve que de  l’eau  à boire.  Cela  me suffit  pour  l’instant. Il faut dire que  je vais par  la suite zapper  le goûter  breton  offert. Je  ne savais  pas qu’il se situait  à ce  moment-là !

Premier  intermède

 Je repère  les  lieux et vais voir  la zone de bivouac. En fait, il s’agit d’un camping qui a été réquisitionné. L’installation est correcte. Peu de  monde encore. Je retourne  à l’entrée du camping  pour attendre le Lutin et Riah50. A  vrai dire,  je suis  un peu étonné de  ne  pas  les voir.  J’attends donc !! Mais je commence  à avoir  un  peu froid.  Il s’est écoulé bien  30 mn depuis  mon arrivée quand  je vois Oly arriver. Il  me dit que  le Lutin est  bloqué   par  un barrage à  400 m de  là.  Comment  ça ? Bon,  je pars en  petites foulées sur  la route, cela  me fait  une  bonne récup. J’arrive au carrefour  où se tient  le barrage. Les signaleurs  m’indiquent qu’ils  ne  laissent passer  personne sauf avec  un laissez-passer.  Et  je vois enfin mon Lutin chargé comme  un baudet ! Il  me dit qu’il  ne  peut  pas  passer avec  la voiture. Pour moi,  pas question de porter tout le barda de  la voiture. Je repars en petites foulées vers  le camping distant de  600 m où  j’ai aperçu François tout  à  l’heure. Je  le trouve et, après  une courte explication, celui-ci  me donne sans  problème  le  précieux sésame. Et  à nouveau,  je file vers le  parking. Et c’est tout triomphant que  je franchis  le barrage en arborant  ma  plaquette  « officiel ». On s’est trouvé  un endroit sympa  non  loin des sanitaires ! Le coffre est vite vidé et  je  monte rapidement  ma tente Vieux Campeur, vieille de  20 ans, indestructible, fabriquée à Vimoutiers, dans  l’Orne !!! Le Lutin, Riah et Oly auquel  j’ai refilé  mon  laissez-passer  ont  monté rapidement  leur tente.

 

 

Pour  le reste,  je vois  les autres coureurs  lancer à tout va  leur Quechua qui se déplie de  bonne grâce. Le  lendemain,  il s’agira d’une autre affaire  pour la replier ! Je finis  mon sandwich  à peine entamé du  midi. Je bois beaucoup. Ensuite,  c’est  la queue pour  la douche mais cela se fait dans  la bonne  humeur. J’y retrouve GGO, Zabou et Fabrice.  Une douche chaude  rapide  pour  ne pas faire attendre les autres et  je file  à  ma tente  pour  me faire  une séance de récup avec Compex ! Le vent souffle toujours autant. Le  moment est  à  la détente en attendant  19h pour  le repas. Alors  nous  partons faire  un tour sur la  plage où  les  chars  à voile s’en donnent  à cœur  joie de  même que  les  skysurf dans  l’eau. Une  halte de  bon aloi dans  un estaminet près de  la plage permet de se désaltérer avec du  houblon fermenté.  Les coureurs  n’ont  pas  attendu  19h  pour aller  manger  et la file d’attente est déjà conséquente quand  nous nous dirigeons vers  la chaumière  pour  nous sustenter. Le repas est  promotionné  par  la Pravda, étonnant ! Ah, j’ai  mal  lu, il s’agit de  Predva ! Suis toujours autant dyslexique ! L’attente se fait en  papotant,  les  bénévoles au service sont attentifs. Alors, qu’est-ce qu’on mange ?  J’avise  les différentes gamelles alignées : choux, carottes, navets,  une  mixture grisâtre qui est en fait  une sorte de semoule de  blé  noir, des tranches de saucisses et enfin une sorte de  jarret de  porc sans  os. Certes, certes, cela  paraît bien appétissant  mais  cela  me semble  peu adapté  à un repas de sportif entre deux courses. Cela dit, c’est très bon mais  la  portion est congrue. Une tartelette conclue ce repas frugal arrosé de cidre breton. Je  me contenterai de  l’eau.  Des chants bretons animent  le repas.

 

   Photo Paul Vannier

Retour au bivouac où chacun se retire  pour  un court repos avant  la deuxième épreuve à  22h30. Le vent souffle,  la toile de tente claque cependant  j’attends  un ronflement provenant de  la tente du Lutin. Je dormirais bien car  la  nuit dernière a été courte avec  un  lever  à 5 h et celle  à venir sera encore  plus courte ! Je  me suis  habillé pour  l’épreuve  de  nuit. J’ai  pris  le  maillot du club mais avec  un autre  t-shirt Odlo en dessous, une ceinture  porte-bidons.

L’étape de  nuit

 

 

 

Passé  22 h, nous  nous rendons sur  l’esplanade de départ. L’équipe d’Endurance  72 met  l’ambiance.  Au vu de  ma  place,  je n’ai pas  l’intention de  partir comme  je fais d’habitude, c’est-à-dire en fond de  peloton.  Là, je me poste devant.   Cette fois Riah50 et le Lutin sont  de  la  partie avec  les épouses. Ils devront courir et franchir ensemble  la  ligne d’arrivée. Les frontales sont allumées. François attend que  la  nuit soit bien tombée  pour donner  le départ vers  22h40. 

 

    Photo: le Lutin

C’est  le départ et  ça  part très vite direction  la  plage ! Et c’est quasiment  1 km dans  du sable  mou.  J’ai horreur du sable  mou ! On contourne  un  petit promontoire et  le sable se fait  plus ferme. Ça file  à gauche,  ça file  à droite ! Mais  la troupe se trouve quasiment stoppée par  un amas rocheux qui borde  un petit cours d’eau que  nous allons remonter sur  quelques dizaines de  mètres. Je  le passe  cependant assez rapidement puis  nous  obliquons vers la droite  pour franchir  le cours d’eau sur un pont sommaire. Nous remontons ensuite  un étroit chemin. En face, cela bouchonne  maintenant sérieusement au niveau  de  l’amas rocheux. Je  ne suis  pas  à  mon aise,  ça va vite, le chemin est du style single track et  je  ne vois  pas  où je  mets  les  pieds !!!! Enfin cela s’élargit pour déboucher dans  un  hameau. Nous  reprenons ensuite  un sentier en bord de  mer. Trop facile ! Et zou,  on va sur  l’estran  pour traverser  une anse. En face,  j’aperçois  les  lumières des coureurs qui  me devancent.  Je reprends  pied sur  la terre ferme. Le chemin est très tourmenté mais  il suffit de suivre celui qui est devant. Des signaleurs  de  place en place  indiquent  la direction  à suivre. Pas évident de doubler. Je contourne  une  petite  pointe et  je reviens  par  une  piste qui  domine  l’anse que  j’ai traversée tout  à  l’heure. J’ai  une  jolie vue sur le flux  lumineux en contrebas. Le vent souffle avec  insistance. Une  légère bruine  humidifie l’air.  Après  le  4e  km, nous redescendons sur la  plage mais  il  n’y a  pas que du sable ! Des rochers doivent requérir tout notre vigilance. Au  5e  km,  il s’agit de rebrousser chemin  par  un single track bien tourmenté. Mais  à un  moment, le coureur  qui  me précède s’éloigne. Je  n’ai pas ralenti, simplement  il a accéléré !  Mais  je  n’ai  plus  personne  pour  m’ouvrir  la route dans  le noir ! Certes,  ma myobelt xp éclaire très  bien, trop  bien  peut-être car  maintenant c’est  moi  qui  ouvre  la route  à tout  un groupe derrière  moi.  Il  me  presse. C’est  une grande tension que de courir vite sans trop voir  où on met les  pieds, dans  un mauvais sentier si tourmenté. Si bien qu’à un  moment,  je demande  à ce que quelqu’un  prenne  le relais. Macache ! Et  je  ne veux  pas ralentir ! Alors  je continue,   pas sympa  les suceurs de roue. Enfin,  je déboule dans  le hameau de tout  à  l’heure. La voie est  large et  tout  le groupe qui  m’a suivi  peinard  me  passe  à ce  moment  là ! Je repasse  la rivière  mais nous  obliquons  à droite  par  un chemin large qui  borde  un bois. Ce sont des allées  forestières que  nous empruntons  maintenant. Je  me fais remonter  par  pas  mal de concurrents. Mais  j’essaie de garder  ma cadence. J’entends  la voix du speaker  à  l’arrivée. C’est  bon signe.  Il reste  à gravir  une  méchante côte où je gratte  un concurrent et c’est  la descente rapide avers  l’esplanade de  l’arrivée !  Les  10 km ont été  parcourus en un  peu  plus de  53 mn. J’ai  glissé  à la  115e  place mais je suis toujours  9e VH2 !  Je  n’attends  pas  les autres. J’ai froid. Sur  l’estrade,  les  musiciens  vont faire  naufrage. Pas de soupe  à  l’oignon ! Juste un verre d’eau. Encore ! Je  file vers  ma tente. Une toilette rapide et  après avoir  préparé mes affaires  pour  le  lendemain, je  me glisse dans  mon duvet  pour  une  nuit réparatrice. Vite dit avec le vent qui souffle !

Deuxième  intermède

Le départ ayant  lieu finalement  à 10 h, je compte  me  lever vers  6h30. Le vent  a bien rythmé  ma  nuit. Je  m’attendais pourtant à un  matin  plus calme au vu de  la  météo consultée  le vendredi : larges éclaircies sur la Bretagne.  Rien de tout  ça ; le ciel est de  plomb ! Je file aux sanitaires  pour  une bonne douche et ensuite  je  m’habille. Problème,  je  n’ai  pas de tenue adaptée au climat. Il fait froid. Tant  pis, je  mets  un débardeur sous  mon nouveau  maillot rouge FSGT. J’enfile des  manchettes et   un coupe-vent noir. J’attends que  le reste du groupe soit  prêt et  nous partons petit-déjeuner. La queue est  plus conséquente qu’au  moment du dîner mais  on a  le temps !  Je suis  un  peu étonné de voir sur  le côté des cafetières familiales branchées en batterie. Ouh, ça va  être  léger  pour alimenter  les  600 ou 700 personnes  présentes ! A  l’entrée de  l’espace repas, un  « vigile » fixe  les règles : deux tranches de pain et  une petite brioche !  Oh ! Pour certains, ça va  être vraiment  léger ! Moi,  pas trop grave, toujours du  mal  à  manger  le  matin.  On se trouve  une table. Voilà ! Qu’est-ce que  je fais  de  mon pain ! J’arrive  à récupérer  un  pot de confiture et  un gobelet.  Pas de cuillère, tant  pis,  je racle  la confiture avec  le  pain. Par  miracle,  une  brique de  jus d’orange arrive sur  la table. J’en bois quelques verres.  Des  bénévoles font  leur  possible. Finalement,  le blocus doit  être brisé car ils distribuent des  petits  pains au  lait et des tartines, de  l’eau chaude  pour du thé. Mais  pas de café !! Sniff !! Mon café !!!! Et  bien,  il  n’y en aura  pas !! Si Béatrice réussit  pourtant à m’en obtenir  une  demi-tasse ! Retour  piteux  à  la tente que  je démonte. Je range  mes affaires.  Ensuite,  je  me réfugie dans  la voiture    je  me fait  une  petite séance de décontraction du  mollet gauche avec  le Compex suite  à une crampe au réveil ( c’est  le  mollet qui a eu  une crampe ! Mauvais esprits !).

 

            Photot: Riah50

Le spectacle est dehors : bon moment de rigolade  à regarder les coureurs essayant de  plier  les tentes  Quechua ! Y en a même  un qui ira  la  mettre  à  la  benne ! Un autre  plus débrouillard  ira  la récupérer ! Puis  je  pars  pour  un échauffement. Je suis frigorifié. J’ai  mis  mon bonnet  et  un buff ! Je croise Paul qui  me reconnaît  pourtant ! Bientôt  10 heures !

 

     Photo: Paul Vannier

 

Troisième étape

 


 

On  prend  les  mêmes et  on recommence ! Ah non,  les dames  Lutin et Riah seront spectatrices ! Soyons fou ! Je  me replace  près de  la  ligne de départ. Sachant qu’il  y aura deux ravitos et vu  le temps,  je  pars  léger : une simple ceinture avec  4 mini-gourdes remplies d’Hydra Max et de Carbo Max et deux  pâtes d’amande et la Sportéine. Le départ est donné,  ça  bouchonne  à  l’entrée de  la  plage et  nous reprenons  le  même chemin que pour la  nocturne ! La  même  plage avec  le même sable  mou,  le  même petit bouchon  à  l’amas de  pierre pour  moi. Mais,  une fois  franchie  la rivière, de  l’autre rive, je vois un gros  bouchon se former. J’ai bien fait de  partir devant. Cela  me  gêne toutefois de reprendre  le  même tracé que cette  nuit  même s’il se refait de  jour. Mais en définitive, après avoir contourné  le  petit  promontoire et au  lieu de revenir aussitôt, nous allons  nous enfoncer sur  près de  2 km en remontant  une ria. Le parcours est  malaisé dans  la vase parfois  profonde, sur  les rochers glissants, dans d’espèces de gros herbus ou des  plantes qui accrochent  les  jambes. 

 

    Photo: le Lutin

Il y avait  intérêt  à  bien faire ses  lacets. Mais les  organisateurs  ont bien fait  les choses : une traversée de rivière  pour rincer  les chaussures ! Et c’est reparti sur  l’autre rive de  la ria mais  là,  le terrain est  moins  ingrat. Je suis  moins vaillant qu’hier. Riah50 m’a passé ! Et  il n’est pas  le seul ! C’est dur ! J’arrive  à un  petit  port et  on repart  dans  le sens  inverse. Mais  nous allons  ici rester  à  longer  les terres agricoles qui bordent  la ria sans descendre sur la  plage, tout au  moins  pour  l’instant. Donc, ce sont  les  champs d’artichauts qui s’offrent  à  mon regard.

 

      photo: le Lutin

Maintenant,  les coureurs sont assez espacés. Je retrouve  la rivière  à traverser au fond de  l’aber.  C’est  pittoresque  et pas du tout déplaisant. Par contre  l’autre rive est toujours aussi rude  et  usante ! Les  kilomètres se succèdent,  12, 14, 15 et toujours  pas de  ravitos. Puis  maintenant,  j’ai chaud. Je  me débarrasserais bien de  mon coupe-vent, mais  le donner  à qui ? Je débouche sur  la grande  plage. De  l’autre côté du  petit cours d’eau qui s’y jette,  j’aperçois  les filles ; bonne occasion de  leur donner  mes affaires. Avant, encore  une trempette dans  l’eau.  Grand sourire, encouragement.

 

      Photo: Béatrice Lebosé

Je suis  mieux  mais j’ai soif ! Je suis  obligé de  me rationner car  j’ai trop  peu de  liquide avec  moi ! Au  16e  km, à l’endroit du départ de tout  à  l’heure,  j’avise  une  bénévole avec des  grandes  bouteilles sur  la  plage. Elle  n’a pas de gobelets. Tant  pis, je lui donne deux  mini-gourdes  à remplir et je saisis  une bouteille  pour boire au  goulot.

Maintenant c’est exactement  le  parcours du samedi dans  l’autre sens. Mais  on a  le vent dans  le dos ! Mon rythme est  moins fringant que celui d’hier  mais  j’essaie de  le conserver. Même si  le gris est de  mise  pour  l’eau et  le ciel,  je  profite de ce beau  paysage. J’ai baissé  mes  manchettes car  finalement  le temps se radoucit.  Des  passages rocheux succèdent au sable  mouillé.

 


     Photo: le Lutin

J’ai de  nouveau soif,  il  me reste  une  barre d’amande. Enfin, au  21e  km, sur  une  longue  plage,  j’aperçois  le ravitaillement. Frugal ! De  l’eau, du  jus d’orange (pas terrible du tout en course) et des raisins secs ! Je bois  plusieurs verres d’eau et c’est reparti.  Je cours au ras de  l'eau  montante. C'est grisant. A  nouveau,  je contourne  la  pointe de Perharidy et  la sinistre anse de Laber s’offre  à moi. Alors que Roscoff est  juste en face de  moi,  il va falloir  contourner  toute  l’anse profonde avant d’y arriver ! Alors, comme  je fais  d’habitude,  ne  pas  penser à ça, se contenter d’avancer. Après avoir  été tant  doublé,  je remonte quelques concurrents à  la dérive.  Roscoff se  profile. Un  promontoire  à passer, des rochers, du sable et  je  prends enfin  pied sur  la terre ferme ! Je  me sens tout ragaillardi.  Je traverse  la  place d’hier  puis m’engage dans  une longue rue. De rares spectateurs et des  bénévoles m’encouragent. C’est  mon dernier  kilomètre. Je songe  à  mon expression que  j’avais trouvée  lors du trail de Moyaux,  le sublime  kilomètre. Marguerite Duras  n’était  pas  loin aux Roches Noires. Il  y avait  bien longtemps que  je  n’avais savouré ce dernier  kilomètre – dernier  kilomètre ? Non ! Mais  un sublime  kilomètre ! Oui, vraiment !  Je  jubile,  heureux d’être allé au bout de ce  nouveau défi. Puis  j’oblique  à gauche  par  un passage étroit  pour  déboucher sur  un  grand  parking qui se  prolonge par une autre rue. Là,  les spectateurs se font  nombreux et pas avares d’acclamations.  Un gauche droite  puis c’est  l’arche d’arrivée. Je file  vers elle et tellement  heureux que  je  m’arrête  net sur  le tapis en  y sautant  à pieds  joints ! Paul saisira ce  moment étonnant.

 

      Photo: Paul Vannier

Voilà,  les  57 km des trois épreuves sont bouclés en  5 h 25 mn, 113e  sur  300 et 11e  VH2 sur  43.  Je  me  précipite vers  le ravito et  n’y trouve que de  l’eau et du  jus d’orange. Je  m’enfile  presque  une bouteille d’eau ! Je rejoins  les copains qui  m’attendent. Avant d’aller  boire  une  bonne  bière, je file  à  la voiture  me  laver  un peu et  me changer. Puis ce sera frites et  bière !  Un bien beau week-end malgré  les  imperfections ! Un  grand  merci  aux  bénévoles qui  ont bravé  les  intempéries : beaucoup de gentillesse et de disponibilité.

Kénavo !

16 commentaires

Commentaire de domi81 posté le 04-06-2010 à 18:06:00

super CR avec de belles photos !
félicitations pour avoir enchaîner les 3 courses et avec ce régime pain sec et eau, va être beau le Mustang sur la plage !! ;-)

Commentaire de RogerRunner13 posté le 04-06-2010 à 20:07:00

Merci pour ce magnifique CR, étonnante la dernière photo et encore un bien beau weekend sportif.

Commentaire de Dom 61 posté le 04-06-2010 à 21:37:00

Quel week-end, Philippe !
Belle épreuve mais il faut avoir une sacrée santé et na pas avoir peur de se ‘’ mouiller’’.
Bravo et à dimanche !

Commentaire de fulgurex posté le 04-06-2010 à 21:53:00

sacré épreuve! C'est plat, mais ça a l'air costaud quand même. Bravo pour le chrono pour ces sublimes 57 derniers kilomètres...

Commentaire de CROCS-MAN posté le 04-06-2010 à 23:15:00

Trop fort le Mustang. Merci pour la ballade russe.

Commentaire de Jay posté le 05-06-2010 à 00:11:00

un bon récit qui sent l'iode ;-D
merci pour tous ces détails et photos.
Bravo pour cette épopée sur les divers étapes..
c'est bizarre, mais j'ai envie d'huitre et de vin blanc...
Bonne récupération,
Jay

Commentaire de Klem posté le 05-06-2010 à 07:26:00

Merci pour ce récit très bien raconté, on s'y croyait. Bravo

Commentaire de francois 91410 posté le 05-06-2010 à 09:23:00

Merci pour ce beau récit de cette épreuve étonnante, à l'image de ses ravitos!

Commentaire de robin posté le 07-06-2010 à 12:33:00

Ah ah la Bretagne cela te gagne !

C'est vrai qu'il y a de beaux terrains de jeux en Bretagne souvent plus rude qu'on ne le pense !

quelques modifs sur les ravitos ( breizh cola .... )à prévoir si je comprends bien .

belle course une nouvelle fois malgé le regime eau et pain sec !

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 07-06-2010 à 13:20:00

Rien à dire, le Mustang, t'es un sacré percheron ! Quelle solidité !

La prochaine fois, trouve un trail avec plus de douches...

Commentaire de frankek posté le 07-06-2010 à 16:45:00

bravo pour ton triplé:)
sympa ton réçit et récupère bien.

Commentaire de la panthère posté le 07-06-2010 à 18:59:00

avec un peu de retard, et après vous avoir entendu en parler à Ecouves, j'ai dévoré ton récit avec appétit, et vu vos mines déconfites devant le frugal petit déjeuner!....
ça a l'air beau, mais rustique, cette affaire là, manque surtout la grande bolée de café!
merci pour le récit, t'as encore bien galopé!

Commentaire de caro.s91 posté le 08-06-2010 à 20:44:00

Whaou, ton récit me semble légèrement moins humide que celui du Lutin! ;-) mais toujours aussi frugal !!! ;-) Finalement c'était organisé par weight watchers !!! :-)
En tout cas, récit bien agréable à lire et une belle course!
Caro

Commentaire de titi61 posté le 11-06-2010 à 22:26:00

j'aime bien ton style sur la derniere photo.quel rebondissement le mustang.lol.bravo philippe.

Commentaire de Wallaby posté le 12-06-2010 à 13:49:00

Belle course que voilà et beau récit merci de l'avoir fait partager

Commentaire de Olycos posté le 15-06-2010 à 19:54:00

Content de t'avoir revu..
A bientot
oly

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