Récit de la course : 100 km de Steenwerck (Open) 2012, par Francois dArras

L'auteur : Francois dArras

La course : 100 km de Steenwerck (Open)

Date : 16/5/2012

Lieu : Steenwerck (Nord)

Affichage : 920 vues

Distance : 46km

Objectif : Pas d'objectif

13 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Good vibrations

Vous ne devriez pas lire ce récit. Puisque je ne devais pas faire cette course.
D'ailleurs je n'ai pas fait les 37e « 100 km à pied de Steenwerck », enfin pas vraiment. Enfin pas d'une façon qui mérite un récit.
Pourtant j'y étais et j'ai tout vu. Ça oui !
Et ça c'était prévu, depuis près d'un an, depuis la fin de la 36e édition.

D'ailleurs ceux qui n'ont pas lu le récit de mes 62 km de Steenwerck 2011 (et qui ont un peu de temps) feraient mieux de le lire avant de commencer celui-ci. Je pense qu'il est meilleur et surtout ce qui va suivre n'a d'intérêt qu'en tant que suite de ces élucubrations, et peut-être en tant que préambule du récit du jour où j'irais au bout.

Et je vous conseille aussi la lecture (avant ou après celle-ci) de ceux qui ont réellement fait cette course : Rag', ArkaLuc ou Shunga (pour ceux qui savent où le lire).

 

Si vous êtes toujours là, on peux y aller.

Bon je vous résume la situation : je suis un kikoureur moyen, curieux, impatient et peu courageux. J'aime courir pour le plaisir des distances moyennes, dans la nature, avec du rythme et un parcours en ligne droite. C'est à dire tout l'inverse des 100 km de Steenwrk. Et je me contrefout « d'être (ou pas) cent-bornard ».

Sauf que, attiré à Stwrk par amitié en 2010, cette épreuve m'a littéralement envoûtée.

 

Pour 2012, les grandes lignes se sont assez rapidement dessinées.

Le Rag' étant motivé pour aller au bout en marche nordique, je ME DEVAIS d'être là. Un compte à régler entre nous trois (lui, moi et Stwrk). Être là pour le voir aller au bout et si besoin y contribuer.

Comment ? C'est là que ça se corse.

Solution 1 : en l'accompagnant. Mmmh.... pas ce coup ci, trop de fantômes à affronter.

Solution 2 : en tentant moi aussi d'aller au bout. Unis dans l'effort mais à distance. Intéressant.

Néanmoins j'ai conclu en 2011 que pour finir cette course il me faudrait soit avoir trouvé une raison suffisante pour me faire violence (ce qui n'est pas encore le cas) soit faire une préparation en bonne et due forme. Mais mes envies pour 2012 sont plutôt ailleurs. Pas envie de m'astreindre à une préparation 100 km route alors que je désire gambader dans les bois.

Le début de saison est prometteur sans être à la hauteur de mes rêves de performance. Mais je prends un plaisir immense à boucler seul et tranquillement les 47 km du Trail des poilus. Un plaisir si grand qu'il comble une grande partie de mes envies d'évasion et m'incite indirectement à délaisser mes baskets dans les semaines qui suivent et à écorner le programme que je m'étais fixé. Un plaisir si personnel que je n'ai pas vu l'intérêt de partager le récit que j'ai écrit à son sujet. Un plaisir nouveau avec pas loin de 50% en marchant pour franchir les 1800D+ et compenser mon entraînement un peu limite. Des sensations qui me font envisager la marche sous un jour nouveau.

Mais pour le moment, il n'est toujours pas question de m'aligner à Stwrk car 3 semaines après je suis inscrits à la Translayon et je ne veux pas bousiller cette occasion (probablement unique) de prendre mon pied sur cette course atypique en me cramant lors d'un nouvel abandon à Stwrk.

Une solution 3 se dessine doucement : je fais le premier tour à Stwrk en marche nordique avec nos chères et tendres moitiés et après je vois si je peux me rendre utile en en faisant éventuellement un autre avec le Rag' (genre le 4e ou le 5e) ou avec Shunga (avec le défi supplémentaire d'échanger plus de 20 mots en 20 km... ...quoique non ça me semble trop difficile).

 

Et me voilà à la veille de la course.

- Au cours des 8 dernières semaines j'ai fais 9 entraînements très légers et j'ai pris 2 kg.
- Je dors mal depuis 2 semaines donc je suis fatigué (ce qui me rappelle étrangement les circonstances de 2011).
- Il fait un temps de merde qui ne donne pas spécialement envie de passer une nuit glaciale et humide dehors ni même d'ailleurs dans un gymnase à regarder tourner des sportifs en rond.

Avant de nous écrouler sur nos oreillers, nous convenons avec ma moitié (qui n'est pas dans un meilleur état et qui doit en plus travailler le jeudi matin de la course) qu'elle tentera une autre fois de repousser ses limites à la marche. Elle ne viendra pas à Stwrk. Moi si. Mais très franchement à ce moment là, ça me gonfle plus que ça m'excite et je me demande bien ce que je vais y foutre dans cet état. Marcher un tour puis comater dans ma voiture jusqu'au matin ? C'est avec cette interrogation que je sombre en quelques minutes dans un profond sommeil.

ll y eut un soir, il y eut un matin. Et Dieu vit que cela était bon.
Genèse 1

A la seconde où j'ouvre les yeux je réalise que je viens de faire une excellente nuit sans interruption. J'ai une pêche d'enfer (mais sans Pascal Sanchez). Dans la seconde suivante je pense à Stwrk comme si je n'avais cessé d'y songer de toute la nuit, et dans la troisième seconde une évidence : je dois prendre le départ de la course. Après quelques minutes je me dis même que ça aurait de la gueule d'aller au bout, comme ça, à l'improviste.

Good vibrations.
Beach boys 12, 6

C'est en totale contradiction avec mes sentiments des jours et des semaines précédentes. Mais n'est-ce pas cela la solution ? Tenter le coup de tête, sans prévenir mon corps ni mon esprit. Ma tentative de l'an dernier d'hyper pré-mentaliser ma course pour qu'elle se réalise s'était écroulée en quelques minutes. Je peux bien essayer l'inverse. Pour cela, une seule solution possible, retarder l'explosion en prenant le départ en marchant. C'est aussi une conclusion tirée de l'expérience passée : finir ce 100 km en marchant a autant de valeur qu'en courant. Seul le chrono est un critère d'évaluation objectif, le style lui est libre. Mieux vaux marcher avec panache que courir piteusement.

Lève toi et marche.
Saint Marc 2, 1-12

Et tu verras bien ce qui se passe après, mais n’oublies pas de prendre tes bâtons, c'est sûrement ce que Jésus aurait dit au paralytique s'il avait été initié à la marche nordique.

Mais moi je les ai oubliés, les bâtons. J'ai préparé mes affaires en 15 mn en enfournant dans mon coffre toutes les tenues imaginables, le contenu de mon placard à épicerie et un duvet au cas où ça tournerait mal. Mais je n'ai pas pensé aux bâtons de MN de ma femme qui sont planqués derrière le rideau et qui ne font pas partie de mon attirail habituel. Tant pis ce sera de la marche pas nordique.

A nos actes manqués.
Fredericks Goldman Jones 1, 8

Le reste de la journée se passe nickel, tous les feux restent au vert et je vois des signes positifs partout.

Arrivée à Steenwerck vers 17h30. Voiture garée sur le parcours à la sortie de la salle.

Rituels des bises : Rag', Hellebore, Shunga, Vivien, Chti Vincent et sa smala, ArkaLuc.

Inscription : je fais mine d'hésiter sur la case à cocher histoire de théâtraliser un peu le moment et de me faire pousser par l'Rag. C'est parti pour les 100 km open.

Pas beaucoup de paroles échangées mais des regards ou des gestes qui en disent d'avantage. Nous formons une communauté des 100 km, nous savons que les épreuves vont nous séparer mais nous œuvrons tous dans le même but.

Au moment de partir j'hésite un peu sur la tactique à suivre mais les choses se font naturellement.

Option 1 : j'écarte l'idée de tenir compagnie au Rag sur le premier tour :
1. il vaut mieux le laisser prendre son rythme sans le perturber,
2. il n'a pas besoin de moi pour le motiver à ce stade de la course,
3. tenter de le suivre me mènerait à coup sur à l'explosion précoce.

D'ailleurs il ne m'a rien demandé et je ne lui ai rien proposé ni promis. En ne prévoyant rien, on limite les risques que ça ne passe pas comme on avait prévu. Il sait que je serais là, c'est tout. J'espère pouvoir partager ce moment là avec lui d'une façon ou une autre, j'espère être cette fois ci à la hauteur s'il a besoin de moi pour aller au bout, on verra bien comment en temps voulu.

Option 2 : J'aurais pu aussi essayer d'accompagner Shunga sur les premiers km mais comme on dit « un troverti ça va , deux trovertis bonjour les dégâts ». Shunga court ou marche contre la terre entière lui compris, c'est un combat solitaire, une oeuvre ascétique qu'il me semble difficile de partager. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse pas l'aider dans sa quête et si j'en avais l'occasion ce serait avec plaisir.

Shunga je ne le connais pas bien. C'est la 4e fois qu'on se croise mais 99,99 % de nos paroles échangées se sont fait par écrit. 90 % étaient des vannes sur le chat. Les 10% restants étant des éloges ou des exégèses de ses écrits qui sont souvent remarquables et parfois obscurs, remuants, émouvants ou drôles. Rencontrer in real life quelqu'un qu'on a connu par écran interposé c'est toujours risqué et quand il s'agit d'un blue fucker, ça peut être vraiment être casse gueule car la FBBGT est un club de misanthropes. Toujours est-il que j'ai bien aimé mes rencontres avec Shunga qui me font penser à cette scène de Pulp Fiction, entre Uma Thurman ♥ et Travolta, que j'aime particulièrement :


Mia : Don't you hate that ? / Tu ne déteste pas ça ?

Vincent : What ? / Quoi ?

Mia : Uncomfortable silences. Why do we feel it's necessary to yak about bullshit in order to be comfortable ? / Les silences qui mettent mal à l'aise. Pourquoi est-ce qu'on se sent obligé de jacter des conneries pour se sentir à l'aise ?

Vincent : I don't know. That's a good question. / J’en sais rien. C'est une bonne question.

Mia  : That's when you know you've found somebody special. When you can just shut the fuck up for a minute and comfortably enjoy the silence. / C'est comme ça qu'on voit si on se plaît avec une personne. Quand on peut juste fermer sa gueule pendant une minute et profiter à l'aise du silence.

Bref, je ne sais pas si ce que je crois connaître de Shunga est juste ou pas mais j'aime bien ce type et j'aimerais bien qu'il fasse 100 km aujourd'hui, ne serait-ce que pour que cela lui inspire un récit qui me permettrait d'en découvrir un peu plus sur lui.

Mais si je peux l'aider ça sera probablement pas en marchant à ses côtés.

 

Option 3 : faire ce qui était prévu initialement. Partir avec Hellebore qui fait le premier tour avec Madame mère ragondin. Leur rythme me convient très bien pour démarrer en douceur et ça me permet de papoter un peu avant une nuit solitaire.

De retour dans le village après 3 km, les jambes commencent à être chaudes et elles démarrent toutes seules sans que je m'en aperçoive. Fin de la première séquence.

Bon et maintenant qu'est-ce qu'on fait ?

Il reste 97 km. Ai-je réellement une chance d'aller au bout ? Est-ce que j'y crois vraiment ?

J'ai appris que dans l'ultra ce qui n'est pas plausible sur le papier peut se révéler possible. Et cette nuit steenwerckoise va encore le prouver. Alors à ce moment là, oui, je crois que je peux le faire. Certes je ne miserais pas plus d'1 centime sur moi, mais je sais que c'est possible et je me plaît à en rêver. Mais je sais aussi qu'il ne faut pas s'emballer et que ma seule chance est de prendre les tours les uns après les autres.

Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien.
Noir désir 4, 6

Le coureur et le compétiteur qui flemmardent en moi prennent alors le dessus et je m'efforce de doubler un maximum de ces marcheurs d'un soir qui m'entourent. Dans la descente du 1er pont de TGV je ne peux m'empêcher de courir un peu, ça détend et ça fait avancer plus vite. Mais je n'ai pas besoin de me forcer à reprendre la marche arrivé en bas. Je ne suis décidément pas en mode course aujourd'hui.

Un peu plus loin je croise Shunga sur la portion à double sens. Je le vois arriver de loin et cherche quelque chose à dire qui soit plus qu'un sourire niais, plus a propos que « ça va ? » et plus original que « vas-y champion ! ». Il approche et toujours rien ne me vient. Il est là et soudain je repense au Shunga que j'ai vu furtivement galérer ici même il y a deux ans, j'ai à l'esprit l'image d'un pantin en panique au milieu de la nuit et je suis frappé par la différence avec le Shunga que j'ai sous les yeux : je lui trouve une superbe allure avec ses bâtons dans le soleil couchant, un sourire au visage et l'air fiers et confiant. Les mots sortent de ma bouche avant qu'il ne soit trop tard, un truc du genre : « tu es beau Vincent ! ». Ça peux paraître comique lorsque l'on parle de Shunga avec des bâtons sur une route paumée dans les Flandres mais c'était un véritable cri du coeur. C'est l'image que j'aurais de lui à chaque message envoyé ou reçu au cours de la nuit, et c'est encore l'image que j'ai retrouvé à son arrivée. Le sourire certes un peu plus crispé mais l'ensemble qui conserve une belle allure. C'est un peu en contradiction avec le récit qu'il fera de sa course où il a encore beaucoup souffert mais c'est l'image que je garderais.

Je découvre l'ambiance du fin fond du peloton des marcheurs d'un soir. La plupart n'ont pas de dossard et c'est vraiment étonnant de voir tous les âges et tous les styles se cotoyer. Les familles Quechua pique-nique, les clubs du 3e âge survoltés et les ados qui marchent avec le cubi de rosé en guise de camelbag et le joint aux lèvres.

Le reste du tour se passe tranquillement. J'ai pris un rythme de croisière à 10mn/km, ce qui me fait doubler du monde régulièrement et me maintient dans le tempo de quelques autres marcheurs, tout le jeu étant de savoir qui s'arrête à la fin du tour et qui a la prétention d'aller plus loin.

Il reste 4,5 km après le dernier ravito. Ils me semblent en faire le double. Non pas que je sois franchement fatigué même si les jambes commencent à s'alourdir, mais j'ai surtout hâte d'en finir avec ce premier tour pour passer à la suite. Cette impatience me rappelle les mauvais souvenirs de la fin de mon 3e tour de l'an dernier. Ces 4,5 km qui ont scellé trop profondément mon envie d'arrêter. A ce moment, je ne me vois pas m'infliger ces derniers km encore 4 fois. 1 oui, 2 peut-être mais pas 4.

Bad vibrations.
Moi 20e km

Stop ! Ne pas y penser. Attendre et voir.

Je termine ce tour et la fatigue me tombe dessus. C'est à regret que je passe devant la friterie sans m'y arrêter. C'est que dans mon plan initial j'étais censé faire un break frite-bière avant d'entamer une nuit de soutien et éventuellement repartir au petit matin. La seule chose que j'avais donc bien mentalisé c'était ces frites. Mais je ne faiblis pas.

Pas de nouvelles du Rag'. A ce stade pas de nouvelles = bonne nouvelle.

Shunga est reparti après avoir soigné une ampoule ce qui me donne l'idée de moi aussi examiner celles qui se sont formées sous mes talons. La marche prolongée, inhabituelle chez moi, a généré des frottements inusuels et je découvre deux belles ampoules symétriques. Si je veux préserver mes chances d'aller au bout mieux vaudrait les soigner. Sauf qu'avec mes préparatifs rapides je n'ai pas pris ce qu'il faut. Je passe donc à l'infirmerie où j'attends sagement 20 mn avant un soin complet. Au total avec le temps passé à enfiler quelques épaisseurs supplémentaires (qui ne seront pas superflues car en marchant on se réchauffe moins qu'en courant), à chercher une frontale dans ma voiture car je n'ai pas pensé à en prendre une, à manger un peu... je m'arrête près de 50 mn.

Mais je repars pour un 2e tour.

Rien de mémorable. Tout va bien même si je sens mes jambes durcir bien plus que l'an passé au même stade. Les heures passent.

Petite anecdote au passage, je décide de me booster un peu avec le podcast d'une émission consacrée à Rage against the machine. Ça devrait me pousser au cul ça ! Sauf qu'il y a erreur dans le descriptif, l’émission est sur Joao Gilberto et la bossa nova. Je bouge mon cul certes, mais de façon plus chaloupée et moins efficace.

Le Rag' est déjà en route pour son 3e tour. Son SMS ne trahit aucun signe de faiblesse. Tant mieux.

Shunga aussi mais il semble peiner un peu plus. Je tente de le distraire avec quelques messages. Pas facile d'être original.

J'en arrive au dernier ravito, je croise Vivien qui a toujours la pêche.

Pour écourter ces derniers km, tenter de rallier la salle en moins de 8h et tromper les douleurs qui me tétanisent maintenant les jambes, je me décide à courir. Et là, surprise, je déroule sans problème et sans douleur. Je cours, je vole ! J'avale les derniers km d'une bouchée. Alors que je traverse Stwrk endormi, la lecture aléatoire de mon mp3 m'envoie Final de Mlle K qui me donne chaque fois des frissons et dont les paroles scandent rageusement :

pourquoi vous êtes venus ici ?
pourquoi vous êtes resté ?
c'est qu'ça vous a plus !
est-ce-que ça vous a plût?
est-ce que vous reviendrez ?
Mademoiselle K 1, 12

Oh oui ça m'a plu ! Je reviendrez, je reste encore et je ne m'arrête pas maintenant !

Et le lecteur enchaîne avec Fuck U d'Archive, qui est pour moi un hymne de winner attitude :

So fuck you anyway !!!!!!!!!
Archive 5, 2

Oui Fuck you la raison qui voudrait que je m'arrête maintenant !

Je boucle ce 2e tour regonflé à bloc.

Mais je n'oublie pas que mes jambes sont bien fatiguées et je décide de m'octroyer une pause le temps de voir où en sont les autres. Le classement en temps réel défile en permanence dans la salle donnant les temps de chacun selon les 3 postes de pointage répartis sur le parcours. Très pratique.

Cool ! Le Rag' n'est pas très loin derrière moi. Si mes calculs sont bons et qu'il n'a pas faibli, il devrait être là d'ici 20 mn. Le temps que mon café refroidisse, que je boulotte quelques tartines et que je vérifie l'état de mes pieds et je me vois déjà repartir avec lui pour le mettre en piste pour son 4e tour. Qu'il terminera forcément, et on abandonne après le 4e tour donc il finira et ma mission sera accomplie !

Ne le voyant pas arriver je refais mes calculs et... merde. J'ai confondu le pointage du km 54,5 avec le ravito du km 57,2. A peine 3 km de différence mais ça fait quand même au minimum 25 mn de plus à attendre alors que je suis déjà assis depuis près de 30 mn. Mon euphorie a eu le temps de s'évaporer, j'ai eu le temps de me refroidir, de m'engourdir et je me sens lentement m'endormir (il est 3h30).

Lorsque je réalise mon erreur, je suis déstabilisé, je panique et me dit que si ça se trouve il mettra plus de temps à arriver et qu'il voudra se poser, se soigner, se changer... Or je sens que si je ne repars pas dans les 10 mn, je risque bien de ne pas repartir du tout. J'ai quand même un marathon dans les jambes et 8 heures d'effort au pied levé. Je me décide alors à repartir seul en me disant que le Rag' me rattrapera, mais je perds encore 10 mn dans ma voiture pour me mettre de la crème sur les pieds.

Lorsque je repars pour ce 3e tour cela fait bien 45 mn que j'ai terminé le 2e et j'ai sûrement déjà trop attendu.

Je me dis alors que ce tour va être long mais je ne me vois pas abandonner en cours de tour et me faire rapatrier piteusement.

J'envoie un SMS au Rag' et à Shunga comme un dernier coup de pompe au cul avant de sombrer : « J'entame un troisième comme ça vous êtes obligés d'en faire un de plus mais je vais le regretter ». Connaissant leur mental, je me dis qu'ils ne peuvent pas accepter de s'arrêter au même stade que moi alors qu'ils sont bien mieux préparés que moi. J'ai bon espoir que ce message puisse contribuer à leur faire franchir le Rubicond du 4e tour. J'aurais alors accompli ma mission divine et il me restera à comater jusqu'à leur arrivée. A partir de ce moment je ne me sens plus d'aucun secours pour eux et me concentre sur ma petite personne. Car il va falloir finir ce tour.

Je tente de me réchauffer en accélérant puis en courant mais les jambes ne l'entendent pas de la sorte et je reprend péniblement mon rythme de croisière. Mais je m'endors inexorablement. Je change trois fois de musique : du lourd qui pulse, du podcast qui me parle, de l'harmonieux censé me faire penser à autre chose... rien ne marche. Je ne me vois pas avancer.

Et là, aussi subitement que j'avais perdu ma motivation l'an dernier, l'idée qu'il est possible d'abandonner en cours de tour devient soudainement envisageable et je commence à penser à la meilleure façon de le faire : faire demi-tour, retirer mon dossard et shunter l'aller-retour jusqu'à Croix-du-bac pour raccourcir le tour, stopper à Croix-du-bac...

Je commence à me donner des objectifs ultra courts : je vais jusqu'au carrefour, jusqu'à la maison, jusqu'au poteau... Mauvais signe, je n'ai pas envie de jouer à ça pendant encore 3h.

Pour la première fois de la journée François le raisonnable prend le pas sur François l'impulsif. Je repense que l'an dernier j'ai fais un malaise vagal dans la journée car mon corps a eu du mal à gérer l'après-course, je repense à mon rythme cardiaque s'emballant de façon inhabituelle à chaque entraînement dans les semaines qui ont suivies... Autant de signes que malgré la modestie de mon parcours et le sentiment de n'avoir pas forcé, j'avais quand même tiré sur l'organisme.

Je me dis que je n'ai pas le droit de passer par la case pompiers une 2e fois d'affilé si je veux garder un minimum de crédibilité et pouvoir me lancer dans d'autres défis sans inquiéter mes proches. Prouver que je sais rester lucide dans l'effort et accepter mes limites.

Je pense aussi que, quitte à abandonner autant le faire tout de suite pour limiter les dégats et ne pas compromettre la suite de ma saison. Puisque je suis convaincu qu'avec mon SMS magique les deux loulous vont aller au bout quoi qu'il arrive, mon sacrifice est maintenant vain.

Je repense alors aussi à ce coureur à qui l'ont disait qu'il allait devoir attendre longtemps dans le froid pour se faire rapatrier car la voiture balais venait de repartir.

J'en suis à ce stade réflexion lorsque le ravito de Croix-du-bac arrive en vue.

Il a l'avantage d'être dans une salle chauffée, si je dois attendre une heure pour rentrer ce sera donc confortable et m'évitera les déboires post-course de l'an dernier.

Lorsque je rentre dans la salle ma décision est prise.

Je l'annonce d'emblée. J'ai un peu honte de demander à me faire ramener et annonce que je suis prêt à attendre. J'ai d'autant plus honte que je n'ai pas du tout l'air mal.

En y repensant une autre réplique de Pulp fiction me vient à l'esprit :


Marsellus Wallace : The night of the fight, you may feel a slight sting. That's pride fucking with you. Fuck pride. Pride only hurts. It never helps. You fight through that shit. / Le soir du combat, tu sentiras comme une piqûre d'insecte. C'est l'amour-propre qui te turlupinera. L'amour-propre tu l'emmerdes ! L'amour-propre fait mal, il ne sert jamais à rien.

Marsellus was right. La piqûre passe très vite.

L'occasion est trop belle de louer la qualité de l'organisation à tous points de vues. Après avoir tester la qualité de l'infirmerie (merci à la podologue de tout à l'heure et à la masseuse qui prendra bientôt soin de mes jambes), je peux témoigner que le service de rapatriement fonctionne bien. Un coup de cibie et une voiture vient spécialement me chercher ! A peine 10 mn à attendre, ça va vite. Très vite. Trop vite ? Au moment de monter dans la voiture je croise Arkaluc comme une fleur. Pas le temps de discuter. J'ai honte.

J'arrive à la salle et je jette un coup d'oeil discret avant d'y rentrer. J'ai bien fait, Shunga est là, prêt à repartir sur le 4e. Je ne veux pas qu'il me voit sinon mon plan machiavélique tombe à l'eau. Vu l'heure, il doit avoir peu d'espoirs de me rattraper, je cesserais donc de lui donner de mes nouvelles, je reprendrais mes encouragements plus tard, pour le dernier tour.

Par contre je constate avec dépit que j'ai vraiment raté le Rag' de peu tout à l'heure. Et je me dis qu'il n'est peut-être pas bon de le laisser espérer me rattraper. Si j'imagine que cela peut le motiver, j'imagine aussi sa frustration et les doutes de ne pas me voir poindre à l'horizon. Un SMS fera l'affaire.

Après lecture de son récit et analyse des temps de passage, je regrette d'avoir pris une décision aussi rapide. Si seulement j'avais su me servir de mon téléphone pour appeler, j'aurais pu m'informer de son avancée avant de jeter les armes. J'aurais pu l'attendre à Croix-du-Bac et repartir avec lui au moins jusqu'au ravito suivant voir plus. Je crois que cela m'aurait plu. Il faudra qu'on reviennent et qu'on se les fasse ces quelques km ensembles dans la nuit de Steenwerck. Pourquoi n'ai-je pas appelé ? Sûrement parce que j'aurais eu trop la trouille de le trouver en difficulté et de ne pas trouver les mots pour le relancer. Et la fatigue m'a fait cruellement manquer de lucidité.

Voilà mon seul regret. Mon abandon en lui-même ne me pose aucun soucis.

J'ai tenté le bluff, j'y ai cru moi-même mais ce n'était pas mon grand jour. Il ne suffit pas d'y croire, il faut le faire. Pourtant c'était possible, mais ce n'est pas moi l'ai prouvé, c'est ArkaLuc qui l'a fait en bouclant les 100 km contre tous les pronostics (bravo à lui).

 

La suite est simple : la torpeur de la salle en pleine nuit, une bière éventée offerte par un pochtron, un massage, une douche tiède, regarder les résultats défiler et y vérifier que tout le monde est bien toujours en train d'avancer.

Puis mon duvet dans la voiture pour tenter de me reposer sans réussir à dormir mais l'esprit serein.

Je me suis prouvé que je pouvais faire 46 km à 6km/h au pied levé et ça suffit à me satisfaire.

Le jour s'est levé. Les graines sont semées, il ne reste plus qu'à attendre les arrivées. Et vu de mon duvet ça paraît facile.

 

Les SMS tant attendus arrivent les uns après les autres :

Dernier tour pour le Rag'. Il doit être à quelques mètres de moi mais je n'ai pas le courage de m'extirper du duvet dans lequel je viens de m’emmitoufler.

Plus que 10 km. C'est peu mais long à la fois. Je décide de me lever pour être sur de ne rien rater.

Passage à la boulangerie. Énième café.

Plus que 3 km. Je n'en peux plus d'attendre, je pars doucement à sa rencontre quelques centaines de mètre avant la salle pour attendre à nouveau.

Et enfin il apparaît au coin de la rue. Bonheur.

Mais un troverti comme moi, qui plus est avec les jambes fatiguées et une nuit blanche, ce n'est pas très expansif. Alors je le rejoins sans bruit et sans me presser. Je cherche quelque chose de mémorable à dire genre « un petit pas pour l'homme, un grand pas pour le Rag' et tous ceux qui l'aiment » mais ce coup ci je ne trouve rien. Alors ce sera juste une accolade et quelques regards. Je savoure ses derniers mètres et je m'en approprie quelques miettes. Non pas que je m'en attribue quelque mérite que ce soit, mais simplement parce que je les attendais depuis deux ans. Probablement plus que mes propres hypothétiques derniers mètres. 


L'attente se poursuit.

C'est bientôt ArkaLuc qui arrive. Je le connais peu mais suffisamment pour savoir qu'il vient de faire un sacré coup. Il ne soupçonne certainement pas l'étendu de son potentiel qu'il découvre progressivement avec beaucoup de sagesse et de folie à la fois.

Quelques frites et bières plus tard c'est le Shung' qui s'annonce à son tour.

Là encore j'avance à sa rencontre car je veux le voir arriver. Yannick me rejoint en clodiquant.

Le voilà. Je l'observe et tente de lire en lui mais son récit sera plus instructif et je n'y lirais pas la même chose. Moi je n'ai vu que du beau.

 

D'autres coureurs continuent à arriver. Je les observe tous en cherchant derrière lequel je pourrais me trouver, sans grand succès.

- Les cadors de la course du matin qui enchaînent les tours plus vite que je ne bois ma bière me semblent totalement étrangers.

- Comme ce quinquagénaire dont la joie inondait l'infirmerie alors qu'on me soignait mes ampoules : trop heureux d'avoir fait deux tours en 3h45, 4 jours après avoir bouclé un marathon en 3h15. Il avait toujours la même énergie au bout de 100 km.

- Cette dame que j'ai suivie pendant le 1er tour, en écoutant les railleries que sa démarche de panzer battant des ailes provoquait sur son passage. En continuant à la suivre j'aurais pu terminer maintenant, mais cela me paraît de la science-fiction.

- Ce petit monsieur qui semble très âgé et qui cours de coin en ramant un peu avec les bras, que j'avais déjà repéré dans la nuit et qui fini quelques minutes avant Shunga. J'apprendrais après qu'il s'agit d'Henri Girault, 75 ans, plus de 600 100km terminés au compteur, le premier à 43 ans. Sans commentaires.

- Ce gars un peu plus jeune que moi et que j'ai vu au massage sauf que lui voulait repartir. Plusieurs abandons au 3e tour à son actif. Tiens, tiens... Cette année il veut aller au bout et à décider de dormir un peu dans la salle avant de repartir. Alors que midi approche il entre dans la salle sans joie, l'air absent. Coup d’œil au tableau : il lui reste encore un tour. J'ignore s'il y est arrivé mais à aucun moment je ne l'ai envié.

- Il y en a encore plein dans ma tête, certains sont beaux et fiers lorsqu'ils lèvent les bras en cherchant leurs proches des yeux. Mais beaucoup sont juste soulagés d'en finir, aucun signe d'exultation, ce n'est que les applaudissements des préposés au pointage qui nous indiquent qu'ils ont effectivement fini dans l'indifférence quasi générale.


Non, décidément en repartant de Steenwerck ce midi, je n'ai pas encore trouvé ce qui pourrait me pousser à finir cette course. Au contraire, je confirme le sentiment apparu au cours de la nuit : je crois que je ne terminerais jamais ces 100 km. Et cela ne m'attriste pas le moins de monde, mais alors pas du tout. Bien sur je reviendrais, probablement avec un dossard, mais quant à finir...

 

Une semaine est maintenant passée.

J'ai eu besoin de mettre mes sentiments par écrit. Et visiblement j'ai trouvé des choses à dire.

D'abord pour raconter au Rag et à Shunga (et à moi) ce que je ne leur ai pas dit et réagir à leur récit.

Et puis pour continuer à cogiter. J'aime bien ça. Je viens de passer presque plus de temps à écrire qu'à faire ma course.

Au moment de mettre en ligne ce texte je sens que ça travaille au fin fond de mon crâne.

J'ai lu des choses pleines de sagesse et qui semblent m'indiquer la voie mais j'ai encore du mal à me les approprier. Une raison de finir qui se dessine. Qui est parait-il la meilleure.

Humm...

Mouais...

Il est possible que j'envisage de terminer les 100 km de Steenwerck 2013.

Il est possible que vous ayez encore un CR interminable à lire l'an prochain.

Attendre et voir.

13 commentaires

Commentaire de Rag' posté le 23-05-2012 à 14:57:53

Allez, je me lance.
Tu tireras certainement beaucoup plus d'enseignement de cette édition (à tout point de vue) que de la précédente.
Je pense que tout a été bénéfique. Tu t'es rassuré sur tes capacités à marcher, même au pied levé (ah ah ah, jeu de mots). Tu as su t'arrêter à temps, souffrir ne fait pas partie du jeu. Et le plus important, tu as été là, tes SMS qui respiraient l'insouciance ont été d'un grand réconfort, surtout au départ du 3ème! J'avais envie de faire un bout de chemin avec toi, ce n'est que partie remise. En fait, j'ai fait un sacré bout de chemin avec toi (et Shunga): lors du troisième tour (cf mon CR) en particulier mais à chaque fois que passait un morceau de King of Leon. Je ne sais pas pourquoi mais j'avais une pensée pour toi. 'fin, si je sais...
Cette édition est un bon tremplin pour d'autres épreuves: Steenwerck ou autre. Comme tu le dis, marcher fièrement vaut mieux que courir piteusement.
On se donne RDV l'année prochaine. Pour marcher ensemble.

Commentaire de Francois dArras posté le 24-05-2012 à 00:52:19

Ça marche (pouet).

Commentaire de grandware posté le 23-05-2012 à 16:47:00

Bon ben je le lirai quand je serai à la retraite... Alors Bravo !!!
(Ceci dit, ça prouve que tu es fait pour le long...)
(Le Rag' va encore m'agacer...)

Commentaire de Francois dArras posté le 24-05-2012 à 00:54:01

Te force pas ça va pas te plaire. C'est plein de bon sentiments, ça dégouline et en plus je me suis encore arrêté.

Commentaire de shunga posté le 23-05-2012 à 16:51:11

Moi je suis ému... VAis intellectualiser un peu tout ça et je repasserai hein...

Commentaire de ArnaudP59 posté le 23-05-2012 à 17:01:24

Moi j'aime bien le concept de faire un récit sur une course que l'on avait pas forcément dans l'idée de la faire et/ou de la terminer.
Maintenant je pense qu'à moins de vouloir me prendre mon titre de meilleur non finisher de Steenwerck, il te faudra François aller au bout en 2013 !!!

Rendez-vous est pris ;)

Commentaire de Francois dArras posté le 24-05-2012 à 00:55:02

J'aurais besoin de toi aussi pour y arriver.

Commentaire de ArkaLuc posté le 23-05-2012 à 18:17:20

"Vous ne devriez pas lire ce récit", ben tiens, je vais me gêner! bonne stratégie pour qu'on lise jusqu'au bout, et comme toujours ta prose est un vrai plaisir.
Comme tu le dis on ne se connaît pas beaucoup, mais j'apprécie énormément ton style, et pas seulement celui de ta plume: pour t'avoir vu courir lorsque tu nous a relayés Baboune et moi sur ARett Toi Pour Courir je peux témoigner de tes capacités athlétiques.
Bon, tu as rempli ta mission steenwerckoise cette année, aider les copains, maintenant à toi de faire (with a little help from your friends?) ;)
Quoi qu'il en soit je me réjouis d'avance à l'idée de te lire l'an prochain :)

Commentaire de Francois dArras posté le 24-05-2012 à 00:58:07

Merci Luc, tu me fais rougir. Pour ce qui est de mes capacités athlétiques (c'est un bien grand mot quand même), c'est bien ce qui m'emmerde : je n'ai aucune raison physique de ne pas y arriver, donc pas d'excuse de ce côté là.

Commentaire de shunga posté le 23-05-2012 à 22:57:39

Pffff, c'est beau tout ce que t'as dit. Ca mériterait un second récit en réponse à tout ça ^^ Les gens vont probablement passer dessus vite fait parce que t'es pas une grande gueule du forum, parce que t'annonces direct que t'as pas terminé et que tu t'en fous, et il rateront l'essentiel, parce qu'il est là, partout dans ton récit ce foutu Essentiel.
J4avoue l'année dernière avoir eu du mal à saisir ton manque de motivation, d'ambition. Je le perçois mieux cette année. On n'est pas obligé de vouloir la terminer cette course. On peut juste être là, et prendre autant de plaisir, à marcher deux tours et passer le reste du temps à être là. Juste être là. C'est ça l'essentiel, à mon sens. Être là. Sans que personne n'ait rien demandé, ni nous, ni toi. Juste accompagner et donner. Et ça, on a beau me dire, je l'ai croisé nulle part ailleurs que sur ce genre d'épreuves. Exception faites peut-être des enterrements. Et encore... 10 minutes après en général on se tape sur la gueule ^^. Ouep.
Je le redis alors ici. Sans toi la course, la mienne comme celle du Rag' j'en suis certain, aurait pris une toute autre tournure. PAs forcément favorable.
D'un point de vue personnel et course, tu lis très bien, mes textes et en moi ^^. Et t'as tout compris, sans demander ni te gêner ni rien. Je marche seul par exemple^^ Goldman 2.45.72.48 Cela fait une semaine que je me demande ou t'avais bien pu passer entre le gymnase et la croix du bac sur le début de ma quatrième boucle. Maintenant je sais ^^. Là encore tu as parfaitement bien vu. Pour l'arrivée et la différence de perception, je pense que c'est du à une espèce d'empathie/sympathie. Quand je vous vois m'attendre en souriant, que je rentre dans le gymnase, que l'on m'applaudit 3 secondes et demi, je reçois tout direct. Je ne peux que tout oublier et passer en mode présent. Être heureux avec vous. Je m'arrête là.
MErci pour tout.

Commentaire de Francois dArras posté le 24-05-2012 à 01:02:16

Si tu me fais un récit pour me répondre, il me faudra à mon tour un autre récit pour te commenter. Ça va finir par être indécent.

Commentaire de ch'ti vincent posté le 26-05-2012 à 22:35:18

Putain que c'est long, et de plus je n'ai pas encore lu le CR de 2011.
Je reviendrai !

Commentaire de Francois dArras posté le 27-05-2012 à 12:34:13

Et oui les 100 km de Steenwerck c'est toujours long.
Mais t'es pas obligé de le lire, rassures-toi. (-;

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.18 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !