Récit de la course : Raid du Golfe du Morbihan - 87 km 2018, par neofoxy

L'auteur : neofoxy

La course : Raid du Golfe du Morbihan - 87 km

Date : 29/6/2018

Lieu : Vannes (Morbihan)

Affichage : 593 vues

Distance : 89.7km

Matos : Saucony Hurricane Iso
Bâtons guidetti Vents Des Fjords 70
tee Shirt WWA du trail du muguet
Short Run Dry gris Decathlon

Objectif : Terminer

3 commentaires

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Raid du Morbihan : Plein les yeux et canicule

Mi-janvier, j’attend le tirage au sort pour l’OCC avec mes maigres 4 points glanés sur 2 courses de 35km en 2 ans. Je ne me fais pas d’illusions et je sais qu’il va falloir aller rechercher les points en anticipant qu’il en faudra 5 la prochaine fois. J’ai donc recherché des courses à 3 points pour compléter en anticipant.

Il faut savoir que cette course est mon moteur, celle qui m’a fait me bouger, car la seule de cette semaine spéciale que j’estime possible pour moi dans cette ville qui pour des raisons personnelles m’est chère.

Comme prévu, je ne suis pas pris. J’attends donc les nouvelles conditions pour l’année prochaine…

Et c’est le choc, il faudra 6 points ce coup-ci et l’année prochaine les courses en rapporteront moins.

Oui, ça fait égocentré mais nous avons tous des motivations et pour moi c’est celle-là, du moins depuis le début.

Je pars donc en quête de courses jouables : le Raid du Morbihan s’impose rapidement à moi du fait de barrières suffisamment larges pour que je n’ai pas à courir tout le temps. Du fait de peu de temps pour me préparer, j’ai repoussé l’idée de l’écotrail 80km, et j’ai bien fais, pour ne tenter que le 45km.

J’ai aussi repoussé l’Ultra trail des Bries de Morins pour des raisons logistiques : je ne savais pas comment rentrer si tard, je ne voulais pas conduire après un tel effort et il allait falloir que je cravache sec pour finir en moins de 15h. J’ai néanmoins opté pour la marche du tacot briard de 33km pour me tester.

 

Mars : Ecotrail 45km : J’en chie avec la boue. Je choppe une crampe à force de patauger en montée mais je la gère pour finir coute que coute. Un temps horrible, mais la satisfaction de finir. Distance max faite au jour de la course. Je pense que cette course m’a forgé le mental pour la suite.

 

Avril : Marche du tacot Briard 33km : Je cale vers la fin mais choppe une bonne 10ème place en 4h45 environ.

Mi-mai : sortie test de 60km le long d’un canal avec quelques bonnes montées sur les cotés en 8h30. Je sens sur je suis limite à la fin en montée car j’ai du mal à respirer et mon rythme cardiaque part à la baisse pour ne plus dépasser les 130 bpm même en montant.

Début juin : trail de l’Ourcq en marche nordique où je fini finalement 3ème en 2h06 sur 16km.

Fin juin : ne pas se blesser, ne pas se blesser

 

27 Juin matin -> Jour J : Oh putain j’ai fait une connerie, je ne suis pas prêt.

Je mange mal, mal dormi. Je me prépare pour chopper mon train qui arrive à vannes vers 11h30. Je file au port depuis la gare. Prend le dossard, organise mes affaires et saute dans le bus de 12h30. Short timing.

Je m’attendais à une grosse chaleur alors je bois comme un trou de la boisson isotonique auquel je fini par ajouter une aspirine vu que je commence à avoir une migraine.

Je suis encore plus stressé qu’avant un premier marathon. Il fait chaud et la course est longue. Je ne veux pas avoir à changer les piles de la frontale dans le noir.

Arrivée de la navette à Arzon, presque pas d’ombre pour attendre le départ. Je me pose à coté d’un gars et on discute, ce qui me fais descendre la pression. Je me refugie après à la capitainerie pour rajouter une rasade de flotte et rester au frais.

14h45, il est temps de sortir. La chaleur est écrasante. J’installe mes morceaux de K-tape pour me protéger les doigts du frottement des bâtons de marche nordique. 15min de marche et 5min de course après 30min de course, tel est le plan….

Enfin était le plan. Après les protocoles de départ et le vrai départ. Je vois des balles partir devant alors que je me suis collé à la fin de peloton pour pas gêner. Un joli complexe comme quoi je ne me sens pas à ma place surtout en commençant en marche nordique.

En fin de peloton, certains ironisent en disant de ceux devant qu’il va y avoir des défaillances et qu’on verra bien qui arrive.

Je trouve mon rythme de croisière après un bouchon en bout de port en me calant entre 7 et 7,5km/h. Quelques coureurs décident de se caler sur moi, ce qui me fais bizarre.

Sur 2 descentes je trottine 200m et non… ce n’est pas possible. Je me fatigue trop pour le peu de gain en vitesse. Je change donc de stratégie et décide de faire tout en marche nordique. D’autres l’ont fait, pourquoi pas moi après tout 😉

Autour de moi, on pense tous qu’il faut serrer les dents et subir la course pour atteindre la nuit.

Au bout de 10km, je commence à doubler quelques coureurs. Je vois le courant dans le golfe qui va vers l’intérieur du Golfe. Bon, je le savais que la marée montait, mais je me méfiais des passages dans l’eau possibles.

Petit bonhomme de chemin tranquille jusqu’au ravito du 18ème km. Ma gourde est presque vide. Un peu d’attente pour remplir. On me propose à boire du Breizh Cola car l’eau n’est pas fraiche et grignotage de quelques tucs pour le sel. Je me cogne à une branche basse que je n’ai pas vue avec la casquette. Demande à un bénévole la confirmation de BH. On me dit 21h mais à la sortie du ravito.

J’ai perdu mes coureurs suiveurs 2km avant le ravito. Certains ont dû abandonner vu qu’ils ramaient et il y a déjà des abandons au 18eme km.

Départ du ravito au bout de 10 minutes. Il ne faut pas trainer. On passe par des petits chemins qui longent la cote puis un peu de bitume.

Rapidement, beaucoup ont du mal avec la chaleur et heureusement des riverains fournissent de l’eau pour remplir gourdes et se mouiller un peu. Il est presque 19h et la nuit tombe vers 22h. un seul mot d’ordre tenir….

Je sais que je vais passer la barrière, donc je commence à mettre le hola sur la vitesse pour m’établir juste en dessous de 7km/h et environ 140 bpm. Beaucoup commencent à marcher et peu courent encore au km25. Je commence à voir des abandons en pagaille et des attitudes qui traduisent l’abandon (sac en travers, arrêt à un rond-point avec le téléphone). Vers le 30eme km certains prennent un bain de mer pour se rafraichir, je m’isole un peu de cette morosité avec mon mp3 et chante un peu en avançant. Ça fait rigoler quelques personnes et je pense que ça a peut-être redonné le moral à 2 ou 3.

Arrivée au ravito de la barrière 45 minutes avant la barrière. Presque 10 minutes pour remplir la gourde. Encore des abandons. Je fais un mix avec de la Saint-Yore même si elle est chaude. De toute façon, tout est chaud. Je grignotte quelques ships et tucs et je passe la ligne de passage en discutant avec le bénévole en charge du pointage qui m’annonce qu’ils se demandent s’ils ne vont pas repousser les barrières horaires car il y a de la casse.

Je passe quelques coups de fils à la famille pour rassurer. On me dit que selon le live j’étais passé depuis 1heure là où je suis…. Bref ça merde. Finalement, sur cette partie je pensais avoir les pieds dans l’eau mais c’est passé. Je tombe sur 10km sur 2 gars avec qui on rigole et on propose de revenir prendre l’apéros aux riverains qui prennent le soleil. On remarque les supporters itinérants d’une Cindy qui fait le yoyo avec nous : elle nous dépasse en courant et on la rattrape quand elle marche. On fini par lui conseiller d’y aller mollo avant la nuit. Je trouverais son nom dans la liste des arrivants après la course 😉. Une longue ligne droite de bitume chaud nous décourage un peu mais on repart.

Vers le 42eme km je me retrouve de nouveau seul et je profite du paysage. Un excellent couché de soleil semble se profiler alors que je suis dans une sorte de réserve de nidifications d’oiseaux. C’est calme, je prends donc quelques photos de la beauté des lieux.

Le prochain ravito est vers le 48eme. Cette partie me parut extrêmement longue alors que l’obscurité arrive. A la fin je ne vois pas quelques racines et je trébuche un peu mais sans chute. Arrivée au ravito, de jeunes bénévoles me proposent des pâtes que j’accepte. Je remarque file devant le stand abandons et un nombre de dossards hallucinant dans les mains du pointeur. Je pose mon plat et remarque juste à coté le stand podologue. Je décide d’aller les voir pour mes doigts dont les protections ont sauté avec la transpiration et le contact des bâtons. Une fois mes explications comprises pour limiter les ampoules et le soin fait je retourne à ma place où mon assiette a disparue... bon bah retour pour reprendre des pâtes et reboire. Finalement, rien ne passe, un peu de pâtes, un demi tranche de saucisson et le tuc reste dans la bouche tellement elle est sèche. Je passe en mode nuit et retourne prendre de l’eau dehors avant de partir. Arrêt total de plus de 30 minutes et départ plus de 1h avant la barrière de minuit pour ce ravito. J’ai fais les plus durs, maintenant il n’y a plus qu’à finir.

Je repars dans la nuit sur la musique Rasputine pour me donner du baume au cœur. Je tombe rapidement sur un coureur qui ne fais plus que marcher et on cale notre rythme sur 6km/h. Nous sommes rejoints quelques kilomètres après par un autre qui restera avec nous. Je n’ai pas trop de souvenir de cette partie à part des broutilles de traversées de champs de paille et de lune rousse superbe. Mon rythme cardiaque ne semble plus vouloir lmonter au sessus de 115 même à 6km/h. Nous atteignons dans la nuit un point d’eau. On remplit mais on aurait été contents d’en avoir plutôt entre le 10ème et le 45eme km. Enfin bref après pas mal de virages nous arrivons au stade de Séné où l’on s’accorde un repos de plus de 45 minutes vu que l’on est larges. Le départ est compliqué pour se remettre en route. Plus que 20km et encore pas mal de temps. On espère terminer en 15h vu notre vitesse.

Nous passons sur des murets alors que le soleil se lève et nous permet de voir quelque chose. Arrivée au pointage du port Ana, nous commençons à nous faire doubler.

La fin fut pénible pour mes compagnons de routes avec des pieds qui brulent et des cuisses qui forcent à s’arrêter. Je regarde si l’on est dans les temps et je décide de rester avec eux car la fin seul me parait compliquée mentalement avec le nombre de détours qu’il y a.

Nous finiment par passer la ligne d’arrivée à 7h35 du mat après 16h35 de course. La ligne droite qui va vers le port est interminable. La fin est mémorable, j’entendais des gens qui remarquaient que j’avais les larmes aux yeux d’émotion. J’avais envie d’embrasser cette ligne.

Bilan : Je n’ai pas eu de difficultés particulières. Il a fallu vite s’adapter aux conditions, ce qui m’a fait mettre rapidement une croix sur le fait de courir. Mon seul coup de moins bien fût une impatience d’arriver à Séné pour me poser et la fin fut pénible mais pas trop dure car on savait qu’on arriverait. Seuls faits notables physiquement : forcement une fatigue qui m’a fait moins avancer sur la fin mais pas besoin de forcer non plus, mais surtout 2 énormes ampoules aux pieds que je découvrais sous la douche et qui ne m’ont pas gênées de la course. Le passage le plus dur fût finalement le traitement des ampoules à l’éosine. Ça fait un putain de mal de chien quand on l’injecte dans l’ampoule.

Dodo et retour à la gare pour retour en région parisienne. La montée vers la gare m’a abimée mon tee-shirt finisher ☹ avec mon sac.

 

Je repars avec le sentiment de l’accompli. Il fallait aller la chercher cette arrivée même si je n’étais pas sur le 177. J’ai fait presque le double de tout ce que j’avais fais à ce jour et j’ai assuré ma place pour l’OCC en 2019 ou 2020. Reste à garder la forme et ne pas se blesser.

Il est possible que je revienne dans 2-3 ans pour essayer de revivre des émotions… peut-être sur le 177, on verra bien.

Un merci aussi à la communauté qui partage ses experiences et ses conseils.

En particuliers a Bert et Trailaulongcourt qui ont prouvés que le trail long peut se faire sans trop courir.

Même si dans le cas present j'avais prevu de courir un peu...

3 commentaires

Commentaire de valdes posté le 03-07-2018 à 18:10:52

Sur le 177 km, j'ai vu des personnes qui faisaient tout de A à Z à la marche et qui marchaient vraiment mais vraiment vite (ce n'était pas de la marche athlétique, juste de la marche et sans bâton). J'ai un peu discuté avec eux, ils se divisaient en deux catégories : soit les marcheurs de 24H00', 100 km et plus, soit les audax. C'était vraiment impressionnant.
Bravo à toi et peut-être à bientôt
P.S. : ça me stressera ça un timing de ouf comme le tien, imagine, un retard du train ? ...

Commentaire de neofoxy posté le 03-07-2018 à 18:33:03

J'avoue que c'etait stressant quand j'ai vu navettes à 12h. J'ai fais un mail à l'orga car il avait été prevu debut aprem. On m'a fait comprendre que c'était bon jusqu'à 13h30 donc ca m'a moins mis la pression.
Merci. Je pense avoir moins de mérite que toi. Je ne me serais pas lancé dans un 177...en tout cas pas de suite vu le gap à franchir.

Commentaire de Shoto posté le 03-07-2018 à 18:25:26

Bravo à toi et merci pour ton CR.

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