Récit de la course : Sancy - Puy De Dôme - Sancy - 110 km 2018, par quichotte1976

L'auteur : quichotte1976

La course : Sancy - Puy De Dôme - Sancy - 110 km

Date : 22/9/2018

Lieu : Le Mont Dore (Puy-de-Dôme)

Affichage : 442 vues

Distance : 110km

Objectif : Terminer

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A l'assault du Sancy et du Puy de Dôme

Nouveau départ, nouvelle aventure : l’ultra trail du Sancy-Mont-Dore, un périple en Auvergne consistant à relier en un aller-retour le massif du Sancy et le puy de Dôme. Mais avant de conter ma course, il convient de faire un petit retour en arrière afin de bien comprendre mon état de forme avant ma course auvergnate. Remontons le temps de presque trois mois, nous sommes fin juin, je participe les 29 et 30 juin au grand raid du Morbihan, 177 km autour du golfe du même nom. J’ai déjà narré cette éprouvante aventure, je ne reviendrai donc pas sur la course mais bien davantage sur la suite. Cette épreuve, courue sous une chaleur étouffante m’a épuisé mentalement mais surtout m’a touché en profondeur physiquement. J’ai coupé complètement durant quinze jours, je pensais avoir correctement récupéré, mais mes premiers footings de reprise m’ont clairement indiqué la profondeur du mal… Une tendinite au genou gauche ainsi qu’une autre au tendon d’Achille du pied droit vont m’handicaper tout l’été, si bien que ma préparation pour l’ultra du Sancy Mont-Dore sera complètement chaotique. Je n’ai jamais pu réaliser le volume d’entrainement souhaité, j’ai dû renoncer ou écourter pas mal de séances à tel point que fin août je m’interrogeais sur ma participation à cette épreuve. Fort heureusement, en septembre, sur de bons conseils, j’ai pu réaliser deux séances de réflexologie menées par une thérapeute formidable qui m’ont fait grand bien ! J’ai toujours des douleurs à quelques jours du départ mais elles sont soutenables et mes dernières sorties me redonnent le sourire !

C’est donc méfiant mais confiant que je me rends en Auvergne le 21 septembre accompagné d'un ami qui, lui, s’apprête à s’élancer sur son premier trail de montagne pour une distance de 33 km et 2000 mètres de D+. Pour moi, ce sont 110 km et 4100 mètres de D+ qui m’attendent.

Nous arrivons donc au Mont-Dore en fin d’après-midi sous un temps chargé et pluvieux. Nous prenons nos quartiers dans un appartement fort agréable situé idéalement à cinq minutes du départ. Nous nous rendons au village départ pour récupérer nos dossards ce qui se fait somme toute assez rapidement. Le temps est préoccupant et bien que la météo soit optimiste pour le lendemain, j’ai du mal à croire que le ciel se dégagera…

De retour à l’appartement nous effectuons le traditionnel copieux repas d’avant course puis, de mon côté je ne tarde pas à gagner mon lit à 22h00 car il faudra que je me lève à 2h00 pour un départ prévu à 4h30. Mon ami pourra dormir un peu plus puisque son départ est prévu à 10h00. La nuit sera très courte, je n’arrive pas à trouver le sommeil et finalement je ne dormirai qu’un peu plus d’une heure…

Dès lors, je me lève un peu renfrogné, je sens que la fatigue va être difficile à gérer… Un bon petit déjeuner me remet les idées en place et le temps passe assez vite en faisant tous mes préparatifs. Je me rends sur site 45 minutes avant le départ, il fait très frais mais le ciel est dégagé, une belle journée s’annonce et j’en suis ravi !

Je me place comme à mon habitude en milieu de peloton. Environs 250 coureurs sont présents sur le 110 km et une centaine supplémentaire sur la course en relais (55km chacun). Le speaker joue à merveille son rôle de chauffeur d’ambiance ; la traditionnelle musique d’avant course est lancée et c’est parti pour une longue balade en montagne !

Je suis immédiatement surpris par le rythme soutenu alors que nous commençons rapidement à gravir les premières pentes tout juste en sortant du Mont-Dore. Mes camarades courent comme s’il s’agissait d’un semi-marathon ; cela me cueille à froid et me bouscule, néanmoins je tente de rester en contact avec la première partie de peloton. Je distingue les frontales de la tête de course qui commence à s’étirer sous l’effet de la pente qui se durcit. Mon souffle est court, j’ai du mal à suivre en ces premiers kilomètres de course, je suis attentif à mes sensations qui sont moyennes, en revanche je suis rassuré par mon genou qui ne me lance pas pour le moment. Le tendon d’Achille est un peu douloureux mais c’est supportable.

Nous empruntons une piste de ski assez large, le rythme est toujours élevé, je n’y comprends rien, mes cuisses commencent à brûler, je me dis alors qu’il va vraiment falloir me résoudre à descendre d’un cran au niveau vitesse sans quoi je risque de me carboniser très vite. Je me rends compte alors que je suis essentiellement environné de coureurs du relais… Pas étonnant qu’ils allument un peu plus que les participants au 110 km… De fait, je ralentis aussitôt et je prends un rythme plus confortable. Sage décision car je parviens sur des rampes à très fort dénivelé, nous montons sur le Sancy, je pousse très fort sur les bâtons, les écarts commencent à se faire et c’est une file indienne de coureurs qui se forment puis qui rompt à mesure que la pente fait son travail de sélection.

Peu avant le téléphérique nous bifurquons en direction du col de la cabane à 1781 mètres ; les dernières pentes sont vraiment éprouvantes mais l’effort produit à l’avantage de me réchauffer car il fait très frais là-haut. Je suis un petit groupe de coureurs sur des sentes pas trop techniques mais assez resserrées, il faut être vigilant sur l’endroit où poser les pieds. Le parcours emprunte une ligne de crête qui nous fait successivement longer le puy de Cacadogne à 1784 mètres avant de franchir le puy des Crebasses à 1762 mètres. Je me sens bien à ce moment, quelques alertes au genou, comme de petites aiguilles mais rien de méchant. Les descentes sont brèves et les montées s’enchainent ce qui confère au parcours un coté éreintant. C’est une montée sèche qui se présente maintenant : le Roc de Cuzeau, jugé à 1737 mètres. Cette ascension me sollicite beaucoup et je suis tout heureux d’en atteindre le sommet. A cet instant, je prends le temps de me retourner, le spectacle est féerique, je distingue en arrière le long défilé des frontales qui lézardent la nuit et habillent de lumière les crêtes sèches du massif du Sancy. Un spectacle envoûtant dont je parviens difficilement à me détacher… Néanmoins je repars, mais je ressens un ineffable sentiment de bonheur à bénéficier de la chance de pouvoir vivre de tels instants.

Le col de la croix Saint-Robert succède au Roc de Cuzeau. La descente nous fait plonger dans une épaisse nappe de brouillard, un public matinal nous encourage aux abords d’un parking, cela met un peu de chaleur à cette fin de nuit décidemment très fraiche. J’entame maintenant le terrible puy de l’Angle, une montée à 1740 mètres très raide qui va bien solliciter mes quadriceps. Je m’accroche, le souffle court mais les jambes assez solides. Alors que j’atteins le sommet, un tableau magnifique s’offre à moi, je suis passé au-dessus des nuages, le ciel est clair et l’aube se dessine doucement, un trait de lumière aurifère barre l’horizon et éclaire la mer de nuages où s’enfoncent les coureurs qui en finissent avec le col de la croix Saint-Robert, ils sont comme avalés par une bouche écumeuse. Ce linceul ouaté s’étend à perte de vue ; je distingue plus au Nord la forme massive du Puy de Dôme, il faudra s’y rendre tout l’heure, cela me semble si loin à cet instant !

Je poursuis mon avancée, toujours avec des sensations un peu justes mais tellement heureux d’évoluer dans ce contexte magnifique. Je franchi le Puy de Barbier et le Puy de Monne tous deux culminant à près de 1700 mètres et là se profile l’exigeante montée du puy de la Tache qui va m’emmener à 1632 mètres. La sente est vraiment raide à cet endroit. Une ascension pas trop longue mais qui va faire monter mon cardio. En haut un vent froid balaye les terres dénudées du Puy. Je plonge dans la descente tout en m’imprégnant de la vue décrite plus haut. Le sentier n’est pas très technique, en théorie aucune difficulté particulière sinon de rester vigilant sur l’endroit où l’on pose les pieds, mais avec moi rien n’est simple… Je descends donc à tombeau ouvert, je me fais plaisir, mais je suis un peu trop optimiste car, bien que plutôt aisée à pratiquer, la sente, faite de belle terre et dépourvue d’obstacles caillouteux, est assez profonde et resserrée par endroit et mes grands pieds accrochent une première fois le talus herbeux et je me rattrape in extremis. Cet avertissement sans frais ne me décourage pas et je continu de dévaler le tracé. Là, deuxième perte d’équilibre, je crois que je vais finir au sol mais non, encore une fois je me rétabli sans trop savoir comment j’ai réussi cela ! deux coureurs calés derrière moi saluent ma prouesse d’équilibriste, j’en rigole ! mais, car il y a un mais, je ne peux éviter un troisième cafouillis pédestre et m’étale lourdement au sol, le souffle coupé en tapant contre une bosse d’herbe. Mes deux suiveurs s’enquièrent de mon état, je ne constate aucuns soucis hormis quelques écorchures et les jambes maculées de terre. En revanche, je n’ai plus mon dossard… celui-ci s’est arraché dans la chute, trois épingles sur les quatre restent accrochées à mon cuissard. Je mets deux bonnes minutes à le retrouver, il s’était envolé un peu en contre bas. Le temps de le replacer je perds près de cinq minutes dans cette péripétie maladroite. Je repars encore plus vite, histoire de récupérer un peu du temps perdu, pas de nouvelle chute.

J’enchaine sur l’ascension du col de la Croix Morand, bien raide elle aussi mais plutôt brève, la descente me conduit à un parking sur lequel quelques supporteurs nous accueillent chaleureusement. Cette première partie de course vraiment exigeante par sa succession de difficultés représente près de 20 km d’effort. Le col de la Croix Morand marque la transition avec une deuxième partie de parcours plus roulante. Le dénivelé est plus supportable, les chemins empruntés sont agréables et donnent de beaux points de vue sur le massif du Sancy, en arrière, et le puy de Dôme, face à moi, encore bien éloigné. Je longe la forêt domaniale de Guéry, j’essaie de tirer un premier bilan de la course, les jambes, sans être au top, tournent plutôt bien ; mon genou me lance par instant mais ça tient, je reste confiant sur la suite de mon aventure.

J’arrive à Pessade pour le premier ravitaillement. Cette pause me fait du bien. Le pointage m’annonce en 65ème position. L’Auvergne est une terre de gastronomie et le ravitaillement le confirme, une vraie profusion de produits du terroir avec du saucisson, du jambon de pays et du Saint Nectaire fermier. Je me pourlèche les babines et je fais honneur à toutes ces réjouissances, un régal ! Enfin, bon, je suis tout de même obligé de me tempérer sans quoi ma gourmandise m’empêchera de redémarrer…

Je reprends mon périple en empruntant toujours des chemins où se succèdent les raidillons et les faux plats montants ou descendants. Je traverse le village de Saulzet-le Froid, il y a toujours un peu de monde pour nous encourager, c’est agréable ! A un moment, alors que j’avance sur un chemin un peu gras accompagné de deux autres coureurs, je tombe sur un beau cheptel de vaches qu’un agriculteur emmène dans un autre champ. Ces charmantes demoiselles cornues n’apprécient guère notre zèle à courir et se sont à leur tour mise à prendre la poudre d’escampette, le paysan, de fort mauvaise humeur, laisse immédiatement éclater son courroux en nous enjoignant de son patois fleuri d’arrêter immédiatement de courir… Le caractère rugueux de l’homme et les moulinets de son poing nous ont convaincu de la nécessité d’avancer doucement… C’est donc parmi ce défilé de charmantes représentantes de la race bovine que nous progressons sur un bon kilomètre. J’évite les bouses fraiches que les coquines lâchent ici ou là, puis, une fois le champ providentiel atteint je reprends ma marche en avant.

Je passe au Nord du village de la Garandie pour ensuite longer le Puy de la Combegrasse et le Puy de la Rodde pour contourner Verneuge par le Nord-Ouest. A partir de là ; nous entrons sur des sentiers en sous-bois assez roulants mais qui prennent gentiment de l’altitude. Je sillonne les contreforts des Puy de la Vache et du Puy de Lassolas ; la terre typique des sols volcaniques tire sur le rouge et le pourpre, des passages de fins gravillons viennent perturber mon avancée car je suis contraint à plusieurs reprises de stopper pour retirer quelques gravillons désagréables qui viennent se glisser dans mes chaussures.

Je bifurque au Nord après le Puy de Lassolas, j’évolue toujours en sous-bois et ça grimpe doucement, mais c’est une partie incontestablement agréable. L’atmosphère se réchauffe doucement, les rayons du soleil percent la fine canopée et baigne mon chemin d’une belle lumière automnale. Puis le sentier se met à descendre, j’accélère un peu le rythme, mes réserves d’eau commencent à s’épuiser, il est temps que le ravito arrive ! Et justement j’arrive à Laschamps sous les applaudissements des suiveurs. Ici pas de solide, uniquement de l’eau, j’en profite pour faire le plein car j’étais en panne sèche.

Je repars, le Puy de Dôme n’est pas loin, il se dresse devant moi, immense, surmonté de son impressionnante antenne de télédiffusion. Je chemine toujours en sous-bois, c’est assez facile, puis viennent les premières rampes du col de Ceyssat que je passe plutôt aisément. J’arrive sur le parking du col à 1077 mètres, de nombreux spectateurs poussent pour m’encourager et là du courage il va en falloir parce que les pentes du Puy de Dôme sont très difficiles, ce sont de gros pourcentages qui m’attendent… Pour le coup je retire mon coupe-vent je vais avoir bien chaud dans l’ascension. Je me lance dans le mur ; et bam ! direct dans le rouge, quelle exigence cette montée ! une sacrée épreuve ! je double de nombreux randonneurs qui m’encouragent, j’arrive à peine à leur répondre, je croise également les premiers coureurs qui entament leur retour, tous ont un petit mot pour moi, c’est vraiment sympa. Mes Jambes brûlent, la tendinite au tendon d’Achille se rappelle à moi, je serre les dents, je ne veux pas l’entendre cette douleur qui chuchote aux oreilles de m’arrêter. J’avance le regard tendu vers le prochain lacet. J’arrive sur un groupe de quatre jeunes filles ; si j’ai bien compris l’une d’elle a reçu un gage et doit accompagner un coureur jusqu’au sommet, je suis l’heureux élu, elle me suit mais la pauvre est carbonisée au bout de 50 mètres, elle renonce, ce fut un moment assez drôle. J’entre dans le dur, je sue comme un malade, tout mon corps, tout mon esprit sont tournés vers le sommet et je crains à chaque instant que le physique ne lâche, car je suis bien conscient que ma préparation est loin d’être au niveau de l’épreuve ; mais la machine tient bon et j’atteins euphorique le sommet à 1465 mètres sous une foule digne d’une étape du tour de France en montagne.

Je reprends mon souffle, je mange, je bois et je remange… je suis à mi-parcours, 55km d’avalés, je suis heureux d’être encore en course après tant d’incertitudes ces derniers jours. J’ai une petite pensée pour ma reflexologue à qui je dois vraiment beaucoup. Il s’agit maintenant de repartir en sens inverse. Je plonge alors dans la descente à un rythme très soutenu, je ne m’économise pas, j’encourage les coureurs que je croise en souffrance dans la montée. Je sens que je casse un paquet de fibres musculaires mais je souhaite faire la descente à bloc donc je mets le paquet. J’arrive au parking du col de Ceyssat, toujours des encouragements bons à prendre, et je fonce sur les sentiers en sous-bois avant de retrouver le parcours plus plan du tracé. Soudain j’accuse le coup, je sens que mes jambes deviennent lourdes, je suis obligé de marcher plus souvent le temps de récupérer un minimum.

Lorsque j’arrive à Laschamps je me sens complètement carbonisé, boire me fera un grand bien, je repars en marchant puis je relance la machine, je cours mais bien moins vite, je suis entre 9 et 10km/h. Dès que le chemin se redresse je choisi de marcher pour m’économiser, je paye le manque de préparation, je suis un peu cours et je m’inquiète pour la fin de l’épreuve car je suis encore loin de l’arrivée. A 70km de course, une terrible fringale s’empare de moi, je suis tout flageolant, mes pensées sont confuses. Je ne panique pas et je m’alimente copieusement, je bois également mais je m’aperçois que mes réserves en eau s’amenuisent sérieusement et que le ravito de Pessade n’est pas pour tout de suite. Je choisi dès lors d’espacer mes prises en eau et d’en réduire l’absorption au risque de provoquer des crampes.

Le retour à Pessade est très long mais je fini par atteindre le point de ravitaillement tout heureux de pouvoir boire à ma guise. Mon coup de mou est passé, je me sens bien mieux mais les jambes sont pesantes, la fin va être compliquée car lorsque je parviens à 80 kilomètres de course, se dressent devant moi toutes les difficultés de l’aller avec en prime une bifurcation du Sancy pour l’attaquer par sa face Sud. Un petit ravito m’attend au pied du col de la Croix Morand, je prends un peu de temps et c’est parti, je me lance sur les pentes rudes de ce premier Col ; j’arrive là-haut essoufflé, je cours jusqu’au premières rampes du Puy de la Tache puis celles du Puy de l’Angle, là, un vent violent commence à faire son apparition, il viendra compliquer mon avancée jusqu’au bout. Je rattrape un coureur qui m’avait doublé depuis un bon moment, il est totalement cuit, livide, je l’encourage et lui demande comment il va, je ne reçois qu’un modeste signe de la tête. Je le quitte en espérant ne pas me retrouver dans le même état. Je passe le col de la croix Saint-Robert et j’attaque le Roc de Cuzeau, la pente et le vent sont impitoyables avec moi, quelle souffrance ! Mais j’avance, surtout ne rien lâcher. L’atmosphère fraichie sérieusement et le vent renforce cette impression ; alors, après le Puy des Crebasses, comme j’atteins le pied du Sancy, je m’arrête pour enfiler mon coupe-vent et je me lance dans la dernière ascension ; elle sera redoutable, d’abord parce que la pente est de plus en plus sévère ensuite parce que le vent souffle en tempête. Eole est si furieux que j’ai mille difficulté à maintenir mes bâtons ! De violentes bourrasques soulèvent des nuées de poussières qui m’aveuglent complètement, je suis contraint de m’arrêter à plusieurs reprises pour me protéger le visage. J’arrive au sommet à 1885 mètres heureux de m’en être sortie, j’ai parcouru 100 km. La vue ici est splendide, côté Est la vallée de Chaudefour se découvre à mes yeux, plongée dans l’ombre du crépuscule ; côté Nord, le Mont-Dore se détache en contrebas ; la façade Ouest du massif, quant à elle, offre un paysage plus minéral mais puissant, je me sens tout petit.

Je commence ma descente, elle est raide et périlleuse ; des marches en bois très irrégulières m’obligent à la plus grande prudence, le vent poursuit son harcèlement et s’amuse à vouloir me faire chuter, je ne lui donnerai pas ce plaisir. Je dévale comme je peux un sentier très technique, je butte à plusieurs reprises contre des pierres, c’est douloureux, je m’abime les orteils. La pente s’adoucie et mes quadriceps sont soulagés. J’arrive à proximité du parking du Val de Courre ; mes pieds tapent douloureusement sur une petite portion bitumée puis j’emprunte un sentier en sous-bois, le jour décline sérieusement, je m’équipe de ma frontale. Je me sens euphorique car je perçois le Mont-Dore en bas qui se rapproche mais ce chemin n’en finit pas, il est interminable, je pense plusieurs fois pourvoir enfin atteindre le Mont-Dore mais non, il y a toujours un petit lacet, une petite bifurcation pour me faire poursuivre ma route. Mais enfin vient la délivrance, je plonge sur l’arrivée, j’entre dans le Mont-Dore, des passants me félicitent, je serre le poing, j’ai réussi à terminer cet ultra sur lequel j’avais de gros doutes quant à mes chances de réussite. J’entre sur le site d’arrivée, le speaker m’annonce, Thierry est là et m’encourage pour les derniers mètres et je franchis la ligne d’un petit saut de cabris ! J’apprécie cet instant, ce petit moment de satisfaction personnelle car j’ai tellement douté cet été. La forme n’était pas au mieux mais j’ai pu venir à bout de ce très bel ultra avec les moyens du moment. Je termine en 15h48 à la 34ème position sur près de 250 coureurs au départ et 174 finishers. De son côté, le copain a brillamment triompher des 33 km et 2000 mètres de D+ en concluant sa course en 5h53, autant dire que nous sommes bien joyeux en ce début de soirée. Nous arroserons cela autour d’une bonne bière et d’une saucisse aligot, vive l’Auvergne !

1 commentaire

Commentaire de Shoto posté le 23-10-2018 à 18:23:11

finir ta course avec le peu d entraînement et tes pépins physiques... en plus avec un bon classement, c est vraiment costaud ! Bravo.

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