Récit de la course : Grand Trail du Limousin - 65 km 2012, par richard192

L'auteur : richard192

La course : Grand Trail du Limousin - 65 km

Date : 27/5/2012

Lieu : Ambazac (Haute-Vienne)

Affichage : 984 vues

Distance : 65km

Objectif : Faire un temps

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5 km en ENFER

Préambule

Tout ça a commencé aux dernières vacances d’été, pendant lesquelles mes potes coureurs Pierre et Flo ont proposé de se retrouver à Ambazac pour les Gendarmes & Voleurs de Temps 2012. Pas de problème pour revenir à cette période en Limousin ma terre natale. Mais pour moi, cette fois ci ça sera le 65 km. Ayant déjà participé il y a 2 ans aux 32 km, j’aspire à faire plus depuis et ce parcours plus roulant » que nos circuits isérois devrait bien me convenir. Idéal pour s’étalonner avant l’Utra Trail du Vercors en septembre et après un Ecotrail 50 de Paris plutôt réussi.

Arrivé sur Limoges le samedi, eh oui j’ai la chance de bénéficier de l’hébergement local, je passe rapidement récupérer mon dossard et ce qui va avec et découvre avec surprise le nombre incroyable de personnes (participants et spectateurs) présentes pour les courses du jour : 5 km femmes et courses des enfants : difficiles de se garer à moins d’1 km et ici on sent bien qu’on est chez les gendarmes. C’est aussi une grande journée de promotion pour leur métier et à ce titre pas mal de démonstration sont proposées de l’hélitreuillage jusqu’aux opérations cynophiles.

H-1

Passons au dimanche, rdv à 7H15 sur place, avec un temps frais magnifique. Les abords du domaine du Muret fourmillent de monde, je me gare à près d’1 km du départ. Je profite de mon arrivée tardive sur la ligne pour voir à quelques cm les stars du TTN. Je reconnais parmi eux Thierry Breuil interviewé sur la ligne de départ, Nicolas Martin très concentré et Fabien Antolinos assez sûr de lui, je comprendrais pourquoi en voyant son temps sur le journal le lendemain. Juste avant le signal du départ, un des membres du comité d’organisation rattrape un coureur pour lui dire qu’il ne partira pas : curieux d’arriver sur la ligne de départ sans aucune réserve d’eau ??

Je me suis fixé comme objectif de finir en moins de 7H. Ma stratégie : faire les 20 1ers km à mon rythme en fonction des sensations et faire le point tous les 10km suivants pour savoir à partir de quand il faudra gérer c'est-à-dire se concentrer uniquement sur l’atteinte de l’arrivée.

Volet alimentation, j’ai prévu 2 barres sur les 30 1ers km et 4 gels pour la fin et bien sur recharger la poche à eau par 1L d’eau aux 2 ravitos prévus sur le parcours placés aux 20ème et 40ème km. 6 points sont également répartis sur le parcours et heureuse surprise le dernier point d’eau sera changé en ravito complet, mais ça on le découvrira en l’atteignant.

Départ – ravito 1 Km 20

Pas le temps de cogiter, c’est parti comme de coutume derrière les gendarmes à cheval !

Etonnamment pas trop vite, je me sentirais presque capable de suivre la tête lors du tour d’honneur (eh oui, ici on commence par le tour d’honneur, au moins on est sur de le faire !). Un salut en direction de mes amis, qui patienteront avec 2000 autres 15 min avant de partir sur le 32 km, ça fait du monde pour nous encourager ! Pas de difficulté sur les 8 1ers km, j’essaye néanmoins de ne pas aller trop vite. Après 4-5 km, le peloton est déjà bien étendu et je me retrouve entourer que de 3-4 coureurs malgré les presque 800 partants. Les quelques bosses sont vite avalées en alternant course et marche rapide uniquement pour s’économiser pour la suite. Le terrain est idéal constitué de larges chemins en sous bois et quelques traversées de hameaux. Assez sympa de passer aux abords de certains pavillons où par ce beau temps, certains prennent le petit déjeuner en terrasse avec quelques mots d’encouragement pour les coureurs. On entend aussi les petits cours d’eau dans les coins les plus bas, normal avec la pluie des derniers jours. On passe alors à proximité de l’A20, qui marque les 10 1ers km que j’atteins en 50 min. Direction l’étang de la Crousille où pas mal de supporters nous encouragent, puis c’est le passage que j’ai le plus apprécié : retour en forêt et nous voilà devant un mur de 20 m à escalader. C’est bien le mot, une corde est placé pour nous aider. Puis, on enchaîne sur un terrain bosselé à merveille où il nous faut monter, descendre de courtes bosses tout ça en slalomant les arbres sur un magnifique tapis de mousse et de feuilles mortes. On arrive alors au hameau des Sagnes. Une affiche nous indique le 1er ravitaillement que j’atteins en 1h40, plutôt content et encore frais. Je n’ai pas l’impression d’avoir bu grand-chose du 1,2L de ma poche. Je ne rajoute alors qu’½ L, 2 Tuc et je repars en compagnie d’une dizaine de coureurs.

 Ravito 1 – ravito 2 Km 40

On repart sur une montée pendant 2 km, je prends la tête du groupe au profit des arrêts « pipi » de certains et j’engage la discussion avec un coureurs de Bretagne qui a préféré venir en Limousin plutôt que participer au trail de Guerlédan déjà fait plusieurs fois Je me rends compte à ce moment que ma réserve d’eau est pratiquement épuisée, j’ai été trop optimiste lors du ravitaillement. La Chaleurmonte et le groupe de 10 éclate au fur et à mesure des km. Je me retrouve seul au beau milieu d’entre eux à partir du 25ème km. Plusieurs ruisseaux sont à traverser, des grosses pierres placées sur les côtés permettent d’éviter de se mouiller même si certains n’hésitent pas à les traverser probablement à la recherche de fraîcheur.

Vers le km 30, on gagne les circuits de descente VTT d’Ambazac, c’est varié à souhait sur les presque 2 km mais la plupart des coureurs que j’ai retrouvé restent prudents probablement en raison de la fatigue qui s’accumule et des 35 km restants à parcourir.

Ça commence à virer à l’inquiétude quand à peine le km 30 franchi, je ressens les 1ères crampes ! J’avale un gel et termine la poche même si j’ignore si un point d’eau est prévu d’ici le ravito 2. Je m’arrête d’ailleurs 1 ou 2 fois pour m’étirer en me posant des questions sur la suite. Quelques km plus loin, l’inquiétude a disparu en même temps que les crampes mais il reste encore quelques km avant le prochain ravito. Je sais néanmoins que cette ½ heure sans eau je la payerai à un moment !

Il nous faut alors remonter un ruisseau sur 200 m, c’est vraiment agréable je commence à avoir les pieds en feu, mais quelques minutes plus tard au profit des chlocs, chlocs, je sens monter les ampoules sous les 2 pieds. Pas de grosses douleurs, mais celles-ci m’ont handicapé sérieusement pendant quelques jours et je ne suis pas prêts de les oublier. Après un passage commun avec les 32 km où je rattrape probablement les 2 derniers coureurs, je bifurque sur la gauche pour gagner le 2ème ravito après une petite chute clairement due à un manque de lucidité. Cette fois je fais un rechargement complet de la poche, avale un bon litre d’eau et quelques Tuc et fruits secs. Les bénévoles nous informe que Breuil était en tête ici.

Ravito 2 – Ravito 3 Km 61

Je repars en queue d’un groupe de 5 coureurs après 3H45 de course plutôt content mais plus vraiment frais. C’est à partir de maintenant qu’il va falloir gérer pour ne pas tout perdre et finir car je sens que l’équilibre est très fragile. D’autant plus que quelques km plus loin les crampes reviennent aux mollets mais plus inquiétant «également aux adducteurs.

 

 

Je récupère un coureur en difficulté, après quelques minutes on commence à discuter, il est d’Angoulême, à terminer 10ème au scratch sur le 98 km de l’Ardéchois (une vraie pointure !!!) et a déjà une bonne expérience sur des distances supérieures au marathon. Mais là, il est prêt à abandonner à cause d’un adducteur défaillant qui l’a déjà contraint à l’arrêt ici l’an dernier. Je l’encourage, lui fait la liste de mes propres problèmes et inquiétudes et on décide de s’accrocher ensemble. Il reste plus de 20 km, on vient de passer les 45 km que l’on franchir avec une grande solidarité chacun aidant l’autre à relancer. Fabien est militaire de profession et je vais sentir jusqu’à la fin du parcours la signification du mot solidarité qui n’est pas un vain mot dans leur bouche.

 Le temps passe, les montées le plutôt souvent en marchant et les descentes en courant au mental. On profite de chaque point d’eau pour s’arroser copieusement. On passe le km 50 en 4h55. J’indique alors à Fabien que je viens de battre mon record de km ; Il reste 15 km tout juste la distance que j’effectue dans mes séances habituelles en semaine. Bref pas grand-chose ! C’est en tous cas ce je me convaincs. Mais c’est dur ! Si les crampes ont disparu, c’est la fatigue qui commence à me gagner. Passé le 55ème km, je suis dans le dur. Fabien m’encourage, je le sens mieux et lui indique de partir, mais il me répond que cette course on l’a finira ensemble ! On arrive au dernier point d’eau, qui finalement a été transformé par bonheur en ravitaillement complet. On récupère un coureur que l’on avait en vu depuis près de 10 km. Il est HS, nous indique qu’il est parti trop vite et qu’il paye maintenant. Il a l’air mal mais je ne suis finalement guère mieux. Je mange un peu, bois un ½ L et repars toujours en compagnie de Fabien bien requinqué.

Les 5 derniers Km

Après ce ravito surprise, il reste 5 km pour regagner le Muret, bref rien à l’échelle d’une course ou d’une préparation. Il nous reste vraiment qu’une difficulté de 150m et la montée des marches où la présence du public devrait suffire à nous booster pour atteindre l’arrivée. Mais, je suis toujours en difficulté et ressens les 1ers effets d’une hypoglycémie. Fabien me donne la banane qui lui reste. Un panneau indique arrivée 2 km, ça commence à sentir bon. Mais surprise, juste après on nous oriente vers la gauche. Pour nous c’est plus long, l’indication est pour ceux du 32. Face à nous, ça monte raide dans la pente dans des ornières de tracteur, j’en peux plus. Le coureur mal en point au dernier ravito nous a rattrapé. Je lutte comme je peux jusqu’au sommet, et nous voilà maintenant en train de redescendre en direction des 40 marches qui permettent l’accès à la chapelle. On entend le public qui encourage nos prédécesseurs. Il y a 2 ans ça m’avait donné des ailes, mais là la fatigue étant je ne ressens pas grand-chose, j’avance mécaniquement. Derrière mes 2 compagnons, je monte tant bien que mal l’ensemble des marches. Enfin, le dernier « sommet » est gagné, il ne nous reste plus qu’à nous laisser glisser vers l’arrivée à 300m. Fabien m’attend un peu et nous nous engageons sur le tapis rouge de l’arrivée quand je vois que l’on peut passer sous les 6h45. D’un seul coup, la motivation est revenue pour atteindre ce dernier objectif, je n’indique alors à Fabien que c’est jouable et nous terminons pied au planché pour finir ensemble en 6h45 à la 31ème place.

Voilà c’est fini,

Je suis complètement vidé, les pieds douloureux en raison des ampoules. Je resterais quelques minutes à dévorer au ravitaillement d’arrivée et à remercier chaleureusement Fabien pour son dévouement. Car si je l’ai soutenu pour qu’il s’accroche dans un moment de doute, il m’aura porté sur les 7 derniers km.

Je récupère l’assiette traditionnelle des GVT en porcelaine de Limoges puis regagne tant bien que mal ma voiture. Ce dernier km aura été le plus pénible de la journée. Arrivée devant, j’ose retirer mes chaussures pour découvrir les dégâts ! Pas la peine d’envisager de courir pendant quelques jours, une ampoule de 5 cm sous le pied gauche et une seconde de 15 cm de long sous le droit.

 

Bilan

Après un passage il y a 2 ans, je confirme ma 1ère impression. Les GVT c’est vraiment une course à part : jamais vu une telle organisation, un balisage d’une telle qualité, un nombre de bénévoles aussi important pour nous orienter et un public pareil, même si cette année la fatigue m’a empêché de le vivre pleinement sur la fameuse montée de la chapelle.

Le parcours est de qualité, durci par les inlassables montées et descentes.

D’un point de vue personnel, heureux d’avoir atteint mon objectif même si mes erreurs d’alimentation m’ont gâché cette fin de course, mais me seront bénéfiques par la suite.

Enfin, si aujourd’hui je continue à pratiquer le trail c’est pour avoir découvert cet esprit de solidarité au cours de ma 1ère course il y a 3 ans dans mon village et que j’ai à nouveau trouvé sur une course d’une dimension plus importante.

Alors merci les GVT ! Merci Fabien ! En espérant vous revoir tous les 2 à très bientôt.

3 commentaires

Commentaire de Jean-Phi posté le 20-06-2012 à 17:21:44

Sympa ton CR. Bravo pour ton chrono et ta belle palce.
Tiens, tu m'as donné l'envie d'aller croquer du Limousin... Merci !

Commentaire de the dude posté le 21-06-2012 à 09:40:19

Dommage que tu fasses cette petite "erreur" d'approvisionnement en eau sinon t'aurais eu l'occase de voir T.Breuil une seconde fois!!!
Blague à part, je confirme ce que je t'ai déjà dit: un très très bon chrono et le classement qui va avec.
T'as souffert sur la fin mais ça fait partie du "plaisir" de l'ultra et surtout t'as eu le mental pour rien lâcher.
Après l'éco-trail tu franchis une nouvelle étape dans l'ultra et ça se passe toujours à merveille, nul doute qu'en septembre ça va envoyer dans le Vercors!!!
Pour ma part il faudrait vraiment que je trouve une place dans mon planning pour aller courir ce monument du trail que sont les GVT, à deux pas de la maison en +.

Commentaire de Deudeu87 posté le 21-06-2012 à 20:41:31

Super résultat et super récit qui donne envie de participer.
Peut être que tu es parti un peu vite, mais tu n'avais pas d'expérience sur la distance.
Tu auras l'occasion de t'améliorer lors de tes prochains rdv.
Je te souhaite d'encore meilleurs résultats dans le Vercors et à la saintélyon.
A+ Dominique

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