Récit de la course : Merrell Oxygen Challenge - 75 km 2009, par gmtrail49

L'auteur : gmtrail49

La course : Merrell Oxygen Challenge - 75 km

Date : 21/5/2009

Lieu : Lioran (Cantal)

Affichage : 4834 vues

Distance : 75km

Objectif : Objectif majeur

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Oxygen challenge 2009 : trois jours de trail magnifiques

 

 

 

Du vrai trail, du pur, du tatoué !

 

 

 

Mes potes m'en veulent sans doute encore !

            Décembre 2008 : comme chaque année à la même époque, les discussions avec les copains lors des sorties longues dominicales tournent autour du programme des compétitions de course à pied de l'année suivante. L'objectif est de partir ensemble sur un certain nombre de courses et donc d'organiser des week-ends (parfois en famille) où la compétition est le prétexte pour passer du bon temps ensemble. La saison 2009 semble s'organiser autour des 100 km de Belvès en avril, de l'ultra-trail des lacs et des Châteaux (UTLC) en Belgique en juillet et peut-être du marathon du Boulou en octobre.

 

            Janvier 2009 : je viens de recevoir par mail une pub d'une compétition au Lioran dans le Cantal. En allant sur le site de cette course, la lecture du programme proposé me fait grimper le palpitant. Ce Merrell Oxygen challenge propose notemment aux trailers un petit défi bien excitant : un prologue en côte de 6 min, un enduro trail sur le même modèle que les rallyes auto, avec des liaisons non chronométrées entrecoupées de spéciales courtes qui, elles, le sont (chronométrées !), et enfin un trail de 75 bornes avec 4500 m de dénivelée positive. Un classement est prévu sur le cumul des trois épreuves. Problème : ces trois compétitions ont lieu le week-end de l'ascension (21 au 24 mai) c'est-à-dire 4 semaines après Belvès. Il ne me semble pas très raisonnable d'enchaîner les deux. Je dois avouer que mon cœur ne balance pas longtemps : ce sera trail et pas route ! Les copains qui connaissent mon aversion pour le bitume ne s'étonnent pas trop de mon choix mais, à juste raison, je me fais gentiment chambrer et traiter de "lâcheur" (ça c'est plutôt soft), de "p'tite b…" et autres noms fleuris.

 

            À la même époque les organisateurs de l'UTLC nous font le coup de l'histoire belge. Sur leur site, afin de fixer la date de la première édition de leur course, ils ont fait voter les coureurs potentiellement intéressés. Il s'agit de choisir un week-end car la course comporte deux étapes sur deux jours consécutifs : 57 km le premier jour et 71 km le second. Les résultats qui sont consultables sur le net indiquent que le WE du 11 et 12 juillet est largement plébiscité. Cette date convient bien à notre groupe, car ce serait l'occasion de rester une petite semaine ensemble avec nos familles dans une région qu'aucun d'entre nous ne connaît. Quelques jours plus tard, le site est réactualisé. On y apprend que la course est rebaptisée "GTLC ou Grand Trail des Lacs et des Châteaux" ce qui nous fait une belle guibole (le terme ultra trail est maintenant une marque déposée !) mais surtout que les dates choisies sont celle des 19 et 20 … septembre !!! Tant pis pour la Belgique… Ça se goupille plutôt mal pour les week-end ou vacances entre copains !

 

            Pour me joindre tout de même au groupe lors de l'escapade à Belvès et ainsi essayer de me faire un peu pardonner de ma désertion, la solution me parait évidente : je propose à l'un des potes, Thierry, de l'accompagner à vélo sur le 100 bornes. Ce week-end fut génial et enrichissant. Les performances du groupe furent remarquables : moins de 9 h pour notre speedy volatile du Maine et Loire (voir le récit ici ), moins de 10 h pour Marco, moins de 10 h 30 pour Marcel et Thierry et un peu plus de  ... pour Jean-Luc et Tom. Seul Binoclard, pourtant encore sur des bases de moins de 9 h à 30 bornes de l'arrivée a dû mettre le clignotant, victime d'ennuis stomaco-intestinaux (pour rester soft). Pour moi, malgré un temps catastrophique, ce fut une belle expérience : j'ai en particulier pu admirer chez mon poulain sa capacité à rester ouvert sur l'extérieur, à conserver sa bonne humeur même quand "ça fait très mal". Il faudra que je m'en inspire…

 

Et l'entraînement ?

            Après le GRR 2008 (Grand Raid de la Réunion pour les non initiés), j'ai fait un break en novembre puis repris progressivement en qualité et en quantité. Côté compétition, j'ai remis une seule fois un dossard en février pour le trail du vignoble nantais (60 km). En mars la forme est là : mes temps descendent sur tous les types de séances : VMA (fractionné court), seuil (fractionné long) et côtes en continu. Pour ce dernier type de sortie, imaginé par Binoclard et canard49, nos deux cadors, nous nous rendons vers notre côte fétiche de 300 m de long pour 40 m de D+ (c'est vrai que c'est court mais on n'a pas mieux dans le pays) ; il s'agit de l'enchaîner entre 10 et 15 fois mais sans vraie récupération puisque la descente se fait aussi à fond. Tous les gars (sauf moi) sont en pleine préparation pour Belvès, et tous progressent. Bien sûr, sur 15 répétitions, nos deux flèches sus-citées nous prennent un, deux voire trois tours d'avance, mais bon, on "fésconpeu" !

            Je me sens tellement bien lors des séances sur piste que j'ai tendance à me tirer de plus en plus sur la couenne. Et, fatalement, il arrive ce qui devait arriver : lors d'une séance de seuil (1000, 4000, 4000, 1000), je me donne une tendinite au fléchisseur gauche. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même car je sais que je suis plutôt fragile, d'autant plus dans ces périodes où je me sens en forme. En tout cas, ce petit bobo m'oblige à stopper la course à pied pendant une vingtaine de jours. Dans ce laps de temps, je fais un peu de vélo, pour entretenir la machine, mais à la reprise des séances de course (J-30 par rapport à mon objectif), force est de constater que je me traîne lamentablement. Je reprends les côtes (il parait que ça va monter dans le Cantal !), mais mes temps me fichent le bourdon (plus de trois minutes de plus sur mes 15 côtes par rapport à ma meilleure perf en mars). J'essaie de positiver en me disant que les 20 jours de repos me permettront d'être plus frais pour la compétition mais j'ai le moral dans les chaussettes. Je glisse à J-14 une séance analogue à celle que j'avais faite lors de ma préparation au GRR : 3 h 20 à enchaîner des côtes (une quarantaine entre 35 et 50 m de dénivelée pour une D+ cumulée de 1600 m). Comme d'habitude, dans la dernière semaine où je lève le pied côté entraînement, je me découvre des douleurs un peu partout, notamment au tendon d'Achille droit. Mon pseudo devrait être "somatiz-man" !

 

 

jeudi 21 mai (Ascension) : prologue ascensionnel de 6 minutes

            Nous sommes arrivés dans la matinée dans la station du Lioran ; nous logeons dans un centre de colonie de vacances en plein cœur de la station et devons y retrouver plusieurs familles de copains venant des quatre coins de la France. Un peu moins féru de course à pied que moi, certains d'entre eux participeront "seulement" au 20 km organisé le samedi. L'accueil au centre est très sympa, la bouffe s'y révélera tout à fait correcte ; d'autres groupes y sont logés et nourris, notamment des bénévoles venus de Paris pour le week-end. Ce groupe a manifestement un passé commun puisqu'ils sont intervenus sur bon nombre de courses (marathon et éco-trail de Paris …). L'ambiance est donc très sympa et ils parviennent même à plaisanter lors des petits-déj à 4 h du matin ! C'est l'occasion pour moi de comprendre ce qui les motive dans leur démarche de bénévoles, à savoir de participer en groupe à un événement sportif, à se mettre en quatre pour les compétiteurs... J'essaie de leur faire comprendre combien ils sont importants pour nous, mais aussi que malgré nos efforts nous avons du mal à les remercier lorsque nous sommes au cœur d'une course. Je les rencontrerai par petits groupes, ou seuls, disséminés dans la montagne notamment lors du grand trail de samedi. Tous ne manqueront pas de m'encourager chaleureusement. Merci à eux tous.

 

            Pour le prologue nous avons été convoqués à des heures précises, les cadors passant dans les derniers après 16 h. Pour moi ce doit être 14 h 45. Le "jeu" consiste à grimper "dré dans l'pentu" sur une piste de ski, "La Remberter" pendant la durée fixée de 6 minutes. Pour quantifier notre performance, on nous équipe d'un GPS-altimètre de l'équipementier partenaire de l'épreuve (dont le nom commence par Gar et finit par min). Je pars m'échauffer environ 3/4 d'heure avant l'heure fatidique, et je décide de monter la piste de ski à côté des balises marquant le passage imposé lors de la montée. Le début est peu pentu (moins de 10 % sans doute) mais au bout d'une centaine de mètres, on attaque le mur de cette piste rouge. J'examine les trailers en plein effort et constate avec soulagement qu'aucun d'entre ne parvient à courir dans cette portion à plus de 40 % . Au dessus du mur la pente s'infléchit un peu mais ça grimpe encore raide bien qu'irrégulièrement. Plus haut enfin, on doit pouvoir à nouveau courir mais encore faut-il avoir le temps d'arriver là ! Je parviens au niveau de bénévoles et en discutant avec eux, j'apprends que le coureur qui détient le record actuel (173 m de D+) est venu jusqu'à eux. En redescendant, je vois les coureurs stopper leur effort et je suis frappé par le temps qu'ils mettent à récupérer leur souffle. C'est manifestement ce qui limite la performance ; c'est ma foi plus que logique, compte tenu de la durée de l'effort, de la pente et de l'altitude (1200 m). Je redescends vers le départ, impressionné et plutôt dans mes petits souliers. Je me dis que si je fais 130 m de D+ (soit un rythme de 1300 m/h), je serai satisfait. Arrivé en bas, je poursuis mon échauffement sur des pentes plus douces mais de manière à faire grimper le palpitant.

 

            A l'heure prévue, je me présente au départ. On m'équipe d'une ceinture cardio et de la montre altimètre. Le bénévole bidouille la montre pour la réinitialiser et je plaisante en lui demandant s'il ne s'est pas encore raté une fois sur un concurrent. Il me répond par la négative. J'apprendrai plus tard, qu'il y a eu un bug sur une concurrente, qui s'est aperçue que sa montre n'ayant pas beepé après 6 minutes, sa montée n'avait pas été enregistrée.

            Au zéro du compte à rebours du bénévole, je pars donc équipé de mes bâtons ; comme prévu, le début est facile ; arrivé dans le mur, je ne cherche même pas à savoir si je suis capable de courir ; je prends résolument le mode marche ; j'essaie de conserver une bonne fréquence, espérant ainsi moins engorger mes cuisses. En fait, comme prévu, c'est au niveau du souffle que ça devient dur. Je dois faire un bruit de chaudière asthmatique.

 

Dans le mur de la Remberter

                                     Prologue : dans la montée du mur de "La remberter"

 

 

 

         En haut du mur je parviens péniblement à recourir sur quelques portions. Je vois à peine Heidi, mon épouse, qui tente de me suivre sur le côté de la piste. Je suis assez content (!) d'entendre la montre beeper. Je m'écroule au sol après m'être écarté de quelques mètres de la piste de montée. J'ai les poumons en feu et je conserverai cette sensation pendant deux heures après l'effort. Des coureurs m'ont dit avoir toussé toute la soirée qui a suivi !

Aïe, docteur, ça brûle

                                                                      Cherche oxygène désespérément

 

Je suis plutôt content de ma perf car je vois les bénévoles avec qui j'ai discuté, certes au dessus de moi, mais pas si loin finalement. Je ne peux connaître ma dénivelée exacte mais je l'évalue à plus de 150 m ; la distance linéaire affichée sur la montre-GPS est de 580 m, soit une vitesse moyenne inférieure à 6 km/h !!! Sur le plat, j'aurais parcouru un km de plus pendant la même durée. Peu importe, j'ai en tout cas pris un grand plaisir dans cet effort violent.

            Je suis cool Raoul assis dans l'herbe mais il faut que je redescende au départ pour redonner l'enregistreur  qui va équiper un autre coureur. Après cette dizaine de minutes en position assise, les premiers pas sont très douloureux car j'ai les mollets perclus de crampes. Je me demande si je n'y suis pas allé un peu fort ! Les organisateurs avaient prévenu les coureurs que la participation aux Series de trail (prologue + enduro + trail 75 km) leur permettrait de mieux se connaître, chacun recevrait par mail une analyse personnalisée de ses résultats aux trois épreuves. LA condition pour que cette analyse soit un tant soit peu  significative était évidemment de se donner à fond tout au long du week-end. Mais le risque est de se "cramer" sur une épreuve et de le payer ensuite. Je redescends tranquillement et constate avec soulagement que mes jambes se dénouent. Je fais ensuite la queue au poste informatique où on nous donne la D+ enregistrée par l'altimètre. On m'annonce 158 m ! Ouah, super !!! Un gars que j'ai vu s'arrêter assez loin en dessous de moi est crédité de 156 m. C'est vrai que la zone où je me suis arrêté est assez plate, mais la petite différence m'étonne un peu. Ce n'est que plus tard que je comprendrai que le classement effectué exclusivement à l'altimètre n'est pas forcément d'une grande rigueur. Pour nous, petits coureurs, ça peut être seulement énervant si on a le sentiment d'avoir perdu une place. Pour les cadors c'est un peu plus gênant : d'après les témoins, il semblerait que Sébastien Chaigneau soit allé un peu plus haut que Thomas Lorblanchet. Le speaker ne l'a pas dit ouvertement, mais à l'altimètre, Thomas semblait d'après ses propos devant Sébastien. Les organisateurs ont décidé fort logiquement de les classer ex-æquo. Le modèle de l'altimètre ne me semble pas en cause, c'est plutôt le fait de classer les coureurs sur la seule foi de ces appareils qui devrait être revu.

            En bas de la pente, les meilleurs sont là en train de discuter entre eux ou de s'échauffer. On a rarement l'occasion de les voir aussi détendus et aussi longtemps (lors d'une course en ligne, après le départ, ils ne veulent jamais m'attendre !). Je reconnais ainsi Thomas Lorblanchet, Vincent Delebarre, Sébastien Chaigneau, Nicolas Mermoud, Julien Chorier, bref du concentré de champions . J'ai le bonheur d'échanger quelques mots avec Vincent Delebarre, avec qui je parle du choix d'utiliser ou non les bâtons lors des différentes épreuves du week-end. Il semble catégorique pour les deux premières épreuves (oui pour le prologue, non pour l'enduro) mais il n'a pas fait son choix pour le trail long. Il me dit être dans une période de doute sur l'avantage supposé de les prendre sur une trail longue distance comme celui de samedi. C'est vrai qu'il y a un an, je ne jurais que par les bâtons dès lors que le profil était comme ici très accidenté mais le fait de finir intact et sans eux le GRR m'a interpelé moi aussi.

            Je décide de rester pour voir les meilleurs s'élancer et je ne suis pas déçu. Ces gars qui quelques secondes auparavant rigolaient entre eux, sont monstrueux dès lors que le top départ est donné. Je garde en mémoire le départ, comme sur un 100 mètres, de Thomas Lorblanchet. Ouaouh, ça déménage ! Pendant l'attente le speaker rappelle pour le public que le pourcentage moyen de la pente est de 21 % mais un rapide calcul sur mes 158 m de D+ pour 580 m donne plutôt 27 % !

 

Bilan de cette 1ère journée :

            Cette épreuve lance parfaitement le week-end. L'effort est très violent mais pas désagréable et étant de courte durée, il ne laisse finalement que peu de traces dans l'organisme. Le fait de voir les meilleurs en pleine action est un plus indéniable. Il faudra sans doute que l'organisation trouve un moyen d'améliorer la fiabilité du classement. On pourrait imaginer que, pour les meilleurs, les bénévoles plantent des piquets métalliques à l'endroit exact atteint après 6 minutes. Pourquoi ne pas placer également des bornes tous les 5 mètres de D+ ce qui permettrait à chaque grimpeur de quantifier immédiatement sa performance ?

            Sur un plan personnel, je suis pleinement satisfait de ma place (20ème sur 109 hommes et 20ème sur 125 au scratch).

 

 

 

Vendredi 22 mai : enduro trail tracking (27 km dont 5 spéciales chronométrées sur une peu de 3 km, 1900 m de D+, 2700 m de D- annoncés)

            Il fait grand beau temps ce matin ; les participants à l'enduro ont été convoqués par paquets d'une trentaine à partir de 7 h 30 au départ du téléphérique du Plomb du Cantal. La journée commence bien : je suis dans la même benne que Dawa Sherpa ; il est armé de son perpétuel sourire et de sa tenue de tra(va)il. Il ne participe pas à la compétition du jour mais "seulement" à celle du lendemain (grand trail). Sans doute part-il s'entraîner en accompagnant les meilleurs sur l'enduro. Ce mec dégage une sérénité et une gentillesse qui forcent le respect.

 

            Arrivés en haut du téléphérique, il fait une douceur incroyable : on est pourtant à 1800 m d'altitude et il est 8 h du matin. La journée s'annonce très chaude. Si le profil et la distance annoncés sont exacts, avec cette chaleur, on risque de souffrir ; un petit calcul donne une pente moyenne montante ou descendante de 17 % (12 % sur l'UTMB). Ma stratégie du jour est d'effectuer les liaisons sur un rythme pépère mais je suis décidé à me déchirer sur les spéciales !

 

            Il y a la queue pour débuter l'épreuve et j'ai le temps de faire des photos !

 

 

Départ de l'enduro au sommet du téléphérique du Plomb du Cantal

 Départ de l'Enduro Trail Tracking

 

Dawa Sherpa et son perpétuel sourire

                                          Dawa Sherpa et son perpétuel sourire

           

 

Sébastien Chaigneau et Vincent Delebarre

                               Sébastien Chaigneau (de face) et Vincent Delebarre (casquette verte)

 

 

       L'organisation nous fait partir par groupes de trois, espacés d'au moins une minute. Chacun a été équipé d'une carte à puce pour enregistrer les temps des spéciales mais on nous beepe tout de même au moment du départ (en liaison) simplement pour vérifier que l'on termine l'épreuve dans le temps imparti de 7 h 30. J'entends des coureurs discuter de cette barrière horaire et beaucoup pensent qu'elle est très large. Je suis plus mesuré à ce propos car je compte marcher à la moindre côte pour essayer de m'économiser. Dans la queue je me retrouve à côté de deux trailers et on décide de faire équipe : nous allons, Ronan, Michel et moi, passer la journée ensemble. Nous démarrons tranquillement par une petite côte en escaliers menant vers le sommet du Plomb du Cantal et commençons par nous arrêter pour faire des photos ! Mes deux acolytes semblent sur la même longueur d'onde que moi en voulant profiter du paysage pendant les liaisons ! La vue du sommet est magnifique en particulier du côté du Puy Griou qui sera le siège de la seconde spéciale ainsi que vers le Puy Mary ou nous devons passer le lendemain.

 

 

Montée au sommet du Plomb du Cantal

 Montée au sommet du Plomb du Cantal

 

 

 

Le Puy Griou au premier plan à gauche et le Puy Mary dans un second à droite

 Le Puy Griou au premier plan à gauche et le Puy Mary dans un second plan à droite

                                          

 

 

 

L'arête de l'Arpon du Diable

                                                        L'arête de l'Arpon du Diable

 

            Pendant la descente qui suit, on fait connaissance : Michel est un vieux briscard, avec plusieurs GRR, un UTMB, au moins un Marathon des Sables, une Trans'Aq… bref respect ! Ronan est tout jeune, il a débuté il y a peu de temps dans le trail et il a un gros objectif bien sympathique fin octobre : le GRR ! Immanquablement, nos discussions se concentrent sur cette course fabuleuse. Ronan nous avoue sa petite inquiétude devant cet immense challenge, ce qui est la preuve d'une belle humilité. Michel et moi, en essayant de ne pas trop jouer aux anciens combattants, essayons de le rassurer et de le conseiller sur le type d'entrainement à privilégier. Il est clair qu'un week-end choc (dans le jargon des spécialistes)  comme celui que nous vivons, constitue une super préparation pour la petite balade entre le Cap-Méchant et le stade de la Redoute.

            Après une heure de descente (5 km environ), nous arrivons au départ de la première spéciale : celle-ci est sensée ne faire que 300 m  de long avec + 8 m et – 13 m pour le profil. Beep, c'est parti ! Je démarre au taquet sur du plat, puis, après un virage, ça monte franchement puis un peu moins et on arrive au bénévole pour la fin de la spéciale. Où se trouve la partie descendante ? Bof, ce n'est pas bien grave… Je me sens bien, j'ai doublé deux coureurs partis 15 et 30 s avant moi. J'en soupçonne certains de ne pas se donner à fond.

            Nous repartons avec Ronan et Michel. Après la traversée des Chazes, la montée vers le Puy Griou débute d'abord sur un grand chemin puis se poursuit sur des sentes serpentant à travers les genêts. Il commence à faire rudement chaud sur cette pente exposée au sud-est mais le sommet vers lequel nous nous dirigeons est magnifique et l'odeur d'amandes (ou de noix de coco) des genêts est bien agréable.

 

 

Montée au Puy Griou

                                                                Dans la montée au Puy Griou

 

 

Montée parmi les genêts

                                                                   

 

           En marchant tranquillement, nous rattrapons un groupe de jeunes, engagés également sur l'enduro. Certains en ont déjà plein les bottes. Ils apprennent que nous courrons également le lendemain sur 75 bornes et nous traitent de doux dingues ! Peut être ont-ils raison mais en tout cas eux semblent assez peu préparés pour l'épreuve du jour.

            Peu avant le col, réussissant à passer devant le groupe, j'accélère un peu le pas pour faire monter le palpitant avant le départ de la seconde spéciale. Au col (km 11 et 2 h 30 environ depuis le départ), il y a des sacs un peu partout par terre ; en effet la spéciale consiste seulement à gravir le sommet du Griou depuis ce col. Ensuite, on peut redescendre tranquillement vers le col pour récupérer ses affaires.

 

Puy Griou vu depuis le col : la spéciale va du petit group jusqu'au sommet

Puy Griou vu depuis le col

 

 

            Le profil annonce une centaine de mètres de dénivelée pour 300 m de longueur. Alors que je me prépare, Géraldine Leroy que j'ai croisée au raid du Morbihan en 2007 vient de redescendre du sommet. Elle est hilare comme beaucoup d'autres et me dit avoir pris un plaisir énorme lors de la montée. Beep, c'est parti. Je m'engage sur le chemin le plus évident mais très vite, rattrapant un coureur parti 15 secondes devant moi, je suis contraint de quitter le chemin. À partir de là, je suis incapable de dire où je suis par rapport au vrai chemin. Je me contente de grimper à 4 pattes le regard à la hauteur de mes yeux (c'est-à-dire pas bien loin vu la pente) en zigzaguant entre des coureurs que je double. Un gars me dépasse et je me fixe comme objectif de ne pas me laisser distancer. Dans la dernière rampe, la plus raide et la plus aérienne, je le sens faiblir et je le redouble. J'arrive en haut comme la veille, les poumons à nouveau en feu et plus très lucide ; j'ai du mal à prendre en main la carte magnétique pour la tendre au bénévole. Enfin je lève la tête, la vue est magnifique !!! Après avoir retrouvé souffle et lucidité, je redescends tranquillement en prenant des photos de coureurs en plein effort sur l'arête. C'est beau !

 

Le col vu depuis le sommet du Griou

Le col vu depuis le sommet du Griou

 

 Un concurrent en pleine spéciale sur l'arête

Un concurrent en pleine spéciale sur l'arête

 

 

Un autre...

Un autre...

 

 

            Arrivé au col, je retrouve Michel et Ronan et on échange nos impressions. On a tous pris un pied pas possible pendant la montée en retrouvant une âme de gamin qui grimpe une paroi à 4 pattes pour essayer de battre ses copains.

            Nous récupérons tranquillement dans la descente en trottinant. Nous parvenons dans des alpages où nous admirons de placides vaches indigènes (Salers). Elles ont la gentillesse de se laisser prendre en photos.

 

La Salers

                                                           Un troupeau de Salers

 

 

 La Salers est ma vache préférée : j'ai laissé à celle-ci un bon  pourliche pour avoir si bien posé

 

 

 

            Nous rejoignons en mode rando rapide le départ de la troisième spéciale placée après environ 15 km. C'est la dernière épreuve de montée : 500 m de long pour un peu plus de 100 m de dénivelée. Le point de départ est un vrai coin de paradis en forêt à proximité d'un petit torrent. Pendant que nous patientons, les discussions entre coureurs tournent autour du manque de liquide dont souffrent certains. Pour ceux qui sont partis un peu léger de ce côté, après plus de 3 heures d'effort leur bidon de 2/3 de litre est vide. La spéciale s'avère très agréable car il fait assez frais dans cette zone boisée. Certains secteurs sont trop raides pour courir mais on en trouve d'autres où il est possible de relancer. C'est finalement sur ce secteur chronométré que je me classe le mieux (20ème sur 175). À l'arrivée de la spéciale, le ravitaillement (le seul de l'enduro), est le bienvenu pour tout le monde. Il est bien achalandé avec même de la poudre pour se confectionner de la boisson énergétique. Après avoir mangé et refait les niveaux de mon bidon et de ma poche à eau, nous repartons. Je préviens mes deux camarades que je vais faire une petite pause à l'ombre pour me badigeonner les pieds de crème anti-échauffement. Je suis en effet un peu inquiet de ce côté car le dessous de mon pied gauche me brûle. En enlevant ma chaussette, je constate que j'avais raison de m'inquiéter : j'ai une magnifique ampoule sous le pied. Ce n'est pas de très bon augure pour la suite du week-end !

            Je rattrape au petit trot mes compagnons à qui j'avais conseillé de ne pas m'attendre pendant ma pause technique. Je leur demande de leurs nouvelles. Ils me répondent que de leur côté, tout va bien. Perso, je trouve que je n'ai plus les jambes bien fraiches. Et si faire toutes ces spéciales au taquet n'était finalement pas une si bonne idée ? Pendant que je gamberge nous montons dans une combe en direction du col de Cabre (1530 m), ce qui correspond à un bon + 500 m de dénivelée depuis le dernier point bas. Ayant étudié les cartes du parcours, je montre à Michel et Ronan quel va être notre cheminement après le col de Cabre. Les GO de notre week-end vont nous faire monter vers le Puy de Peyre, mais avant son sommet nous allons suivre une courbe de niveau vers la gauche pour rejoindre un autre col vers 1630 m. Ce col est le point de départ de la 4ème spéciale qui doit nous ramener au col de Cabre par le GR4. La suite du parcours en liaison promet d'être bien indigeste car elle débute par un raidard d'enfer sur la droite du col jusqu'au Puy Bataillouse. Une fois en haut, les cartes montrent un cheminement sur une arête mais je n'ai pas bien étudié le profil.

            Pendant la fin de la montée au col de Cabre nous pouvons admirer le Griou que nous avons gravi (où nous avons rampé devrais-je dire) il y a une paire d'heures.

 

Le Puy Griou

Le Puy Griou (face Nord !)

 

 

            Arrivés au col, Michel retrouve son épouse en balade avec des amies. Elles viennent de faire la fin de notre parcours en rando alors qu'elles doivent participer au trail de 40 km du lendemain. Quel courage ! Elles nous conseillent de nous alléger puisque nous devons repasser par ce même col d'ici une petite demi-heure. Je laisse mon sac à dos mais garde ma ceinture porte-bidon. Nous repartons vers le lieu de départ de la 4ème spéciale. Dans la pente qui suit nous doublons des trailers qui en ont plein les bottes et pestent contre après les organisateurs de cette course de ouf !!

            Cette 4ème spéciale (placée au km 21 et après environ 5 h d'efforts) est encore un pur moment de bonheur. La descente de 1500 m de long est très irrégulière et comporte des parties de relance mais aussi d'autres plus techniques. Mon temps de 6' 35 " correspond à une vitesse de 13,7 km/h, ce que je trouve honnête sur un tel sentier mais que penser du temps de 4' 45" et de la vitesse de 19 km/h du meilleur ? C'est tout bonnement inimaginable …

            À l'arrivée de cette spéciale j'ai la douloureuse sensation d'avoir les pieds qui fument ! Nous repartons tout doucement vers la terrible côte du Puy Bataillouse. Dans la montée trois trailers sont arrêtés ; l'un d'eux étire sa jambe pour faire passer une crampe ! Dans quel état va-t-on être le lendemain ? Michel semble encore très frais mais Ronan et moi sommes "un peu entamés".

 

 

 Notre triplette (Ronan à gauche et Michel à droite)

 

            En haut du Puy Bataillouse nous découvrons la suite du programme : avant le rocher du Bec l'aigle à 2 km qui marquera le début de la dernière descente du jour, il va falloir escalader le téton de Vénus. En haut de ce sommet pointu, je chatouille la pierre sommitale du cairn en faisant une plaisanterie de très bon goût…

            La dernière descente est très technique et me fait un peu penser à celle de St-Sulpice aux Templiers. Michel, très à l'aise sur ce terrain, a pris de l'avance, je suis à quelques dizaines de mètres et Ronan marque le coup dans cette descente. Il nous a avoué préférer de loin les montées (j'en connais un autre).

 

Dernière descente avant la cinquième spéciale
 

 

            À l'entrée de la forêt se trouve le départ de la dernière spéciale (km 25 environ, 6 heures d'effort). C'est celle que je crains le plus avec ses 715 m de longueur et 200 m de dénivelée négative. Est-ce parce que je suis fatigué ? En tout cas, cette spéciale me paraît interminable ; sur la fin, je ne vois plus de rubalise et j'ai l'impression d'avoir loupé une bifurcation. Enfin, j'arrive auprès du bénévole après 5'31" d'effort. Je fais comme attendu ma plus mauvaise perf (65ème sur 175) de toutes les spéciales. Michel m'a mis une valise mais Ronan termine dans la douleur avec les cuisses explosées. Quant aux meilleurs, ils me prennent plus de deux minutes sur cette seule spéciale !

            Nous sommes en tout cas tous les trois contents de finir cette journée. Une trentaine de minutes plus tard, nous passons la ligne après 6 h 40 de promenade ! Nous n'avons finalement que 50 minutes d'avance sur le temps maximal accordé et pourtant, nous n'avons pas vraiment trainé en route !

            Sous la grande tente de ravitaillement je discute avec des vététistes juste arrivés de leur périple de 80 bornes avec 3600 m de D+. Ils sont rincés car certaines côtes les ont obligés à faire du portage quasi continu pendant ¾ d'heure ! Nous sommes d'accord pour affirmer que les sentiers cantaliens sont beaucoup plus techniques que prévus.

            Après avoir remercié Michel et Ronan pour cette superbe journée, je rentre péniblement au centre de vacances. J'ai les jambes bien détruites et les dessous de pied mâchés. Objectifs : récupérer, me soigner les pieds, manger et boire, boire, boire… Après la douche, je vais voir les podologues pour mon ampoule et je compte bien aussi me faire masser. Mais il n'y a pas de kinés (gros point noir dans l'organisation) ;  à la place, la marque leader sur le marché de l'électrostimulation, a dépêché sur la course un gars et cinq malheureux appareils. Le pauvre court depuis des heures de table en table pour mettre en place les électrodes et expliquer le fonctionnement de l'appareil. Il a l'air quasiment aussi fatigué que ses patients. Après ½ heure de queue, j'ai droit à 25 minutes de séance sur les quadriceps en mode récupération. C'est plutôt agréable mais j'aurais préféré un massage également sur les mollets. Ce sera ma tendre qui s'en chargera.

 

 

Bilan de cette 2ème journée :

            Ce sera sans doute un de mes meilleurs souvenirs de trailer ! Quel énorme bonheur de se balader sous le soleil sur un parcours magnifique sans le stress du chronomètre, de prendre le temps de discuter, de faire des photos. Le fait de crapahuter en compagnie de gars très sympas a contribué à la réussite de cette journée. J'ai également trouvé très ludique les différentes spéciales, notamment la seconde au Griou. La cinquième a été douloureuse, sans doute parce que je suis une "quiche" en descente mais aussi parce qu'elle venait après déjà 6 heures d'effort.

            Le parcours était-il trop exigeant ? Je n'en suis pas persuadé ; la fatigue ressentie au soir de cet enduro était la double conséquence de sentiers très cassants, c'est sûr, mais aussi sans nul doute d'une préparation insuffisante.

            Au classement cumulé des 5 spéciales, ma place de 43ème sur 175 (150 hommes et 25 femmes) est somme toute logique. Ma meilleure place se situe sur une spéciale de montée (20ème) et la pire sur une de descente (65ème). Rien de bien nouveau, ma foi…

 

 

Samedi 23 mai : ultra- trail (75 km, 4500 m de D+, 4500 m de D- annoncés)

            3 h 45 : je me lève avant que ma montre ne sonne ; je n'ai pas bien dormi comme la nuit précédente. Il faisait une chaleur à crever dans les chambres et la trop grande fatigue et le stress cumulés m'ont fait dormir en pointillés. Je masse mes quadriceps douloureux, prépare mes pieds en enveloppant toute la partie avant dans de l'élasto. Lors des premiers pas, mon ampoule du pied gauche me fait souffrir.

            5 h 15 : je suis sur la ligne de départ. Je reconnais un certain nombre de raiders vus la veille. Les conversations tournent inévitablement sur l'état de fatigue de chacun. L'un d'eux m'apprend que, sur les quatre coureurs de son hôtel inscrits aux Series, il est le seul à prendre le départ du grand trail de 75 km. Les trois autres, trop fatigués par l'enduro, ont modifié leur programme : deux vont participer à des trails plus courts (20 km ou 40 km) et le troisième fera de la chaise longue. J'aperçois Ronan qui a semble t-il bien récupéré mais  Michel reste invisible. Ma stratégie du jour est on ne peut plus simple : partir TRES lentement mais essayer de ne pas être pris par les barrières horaires. Compte tenu de ma fatigue, j'ai opté pour les bâtons.

            5 h 25 : le speaker lâche la petite meute de 183 trailers. Il est impossible de savoir combien nous sommes à partir avec le handicap de la fatigue de la veille. Il semble que nous étions environ 110 décidés à enchaîner les trois compétitions mais combien en reste t-il ce matin ? Le début du parcours est très simple puisque nous prenons la même direction que la veille, c'est-à-dire vers le Plomb du Cantal à la petite différence que nous ne montons pas en téléphérique ! Je monte donc tout doucement cette première rampe et ce d'autant moins vite que je ne me suis pas du tout échauffé. Le jour se lève tranquillement pendant la montée. Dans les derniers lacets, avant le sommet du téléphérique, je compte au maximum une trentaine de coureurs derrière moi. Je passe sur le tapis électronique installé à proximité de la gare d'arrivée en 49 minutes (pour 560 m de dénivelée). Je ne le sais pas mais les premiers sont passés il y 18 minutes ! En consultant le classement, je me rends compte que sur la totalité des finishers (73), seuls 6 se trouvaient derrière moi à ce stade de la course. Et, sur ces six coureurs, tous sauf un crapahutaient pour la troisième journée consécutive, ce qui est la preuve que les coureurs frais avaient un avantage indéniable en partant ce matin.

            Arrivé au sommet du Plomb, on attaque une descente d'abord un peu technique puis très facile jusqu'au km 12 où se trouve le premier ravitaillement.

 

 

 

Lever de Soleil depuis le Puy Brunet

                                                     Lever de Soleil depuis le Puy Brunet

 

 

 Dans la descente du Plomb vers le 10ème kilomètre

 

 

 

Dans cette partie je me concentre seulement sur mon relâchement musculaire malgré mes courbatures douloureuses. Je suis par ailleurs un peu nauséeux sans doute parce que je me suis trop goinfré lors du petit déjeuner. Je ressens également une lourdeur qui se transforme en pression un peu en dessous de l'estomac… Je ne peux faire de pause dans ce coin car nous cheminons sur une pente herbeuse à une altitude supérieure à celle où l'on trouve les premiers arbres. Je serre les …  et ce n'est rien de le dire. Je passe en coup de vent le premier ravitaillement car je sais que nous allons atteindre la forêt. Je quitte brusquement le chemin dans un lacet et… rideau !

            Après cette pause technique, je me sens beaucoup plus … léger !. Les chemins deviennent plus raides, moins roulants mais aussi plus pittoresques lorsque nous passons à proximité du Chaos de Castelinet et sous la Porte du Lion.

 

Porte du Lion

Porte du Lion (c'est flou car je devais trembler de peur)

 

            Nous atteignons le village de Thiézac (km 18 environ). Nous avons déjà perdu plus de 1000 m d'altitude depuis le Plomb. Après ce point bas, évidemment, ça remonte. Je me retrouve à marcher quelques minutes avec l'ambassadeur trail de l'organisation. Il est très sympa, réussit à plaisanter bien qu'il n'échappe pas lui non plus à la fatigue due aux "excès" de la veille. Il préfère d'ailleurs lever le pied dans cette montée qui nous conduit vers le second ravitaillement de la "ferme de Trielle". En repartant de ce ravitaillement je constate que je suis dans les temps que je m'étais fixés. Il y a, d'après le topo, 13 kilomètres jusqu'au ravitaillement suivant et j'ai prévu un peu plus de deux  heures sur ce secteur. Le début est facile sur route puis, après une petite montée à un col, nous descendons dans une partie humide. Je vois un coureur qui vient de me doubler faire brusquement demi-tour et se pencher pour ramasser quelque chose dans la boue. Je mets quelques secondes à réaliser qu'il extrait de la boue … une de ses chaussures.

            Après un beau passage en forêt, nous coupons en descente à travers un champ privé puis remontons immédiatement le long d'un torrent. Les coquins de traceurs nous ont fait faire un petit détour pour admirer la cascade de Faillitoux (1000 m d'altitude). Nous devons traverser le torrent sous la cascade en passant sur des rochers. Lors du briefing ce matin on nous a prévenus que la roche locale (volcanique bien sûr) s'avère, lorsqu'elle est trempée, plus glissante que tout ce que l'on peut imaginer. J'ai bien retenu la leçon et j'effectue la traversée très prudemment en prenant appui sur mes bâtons. D'autres emploient une méthode plus radicale en passant délibérément dans l'eau.

 

 

 A l'approche de la cascade du Faillitoux

           

 

 

 

 

 

 

         Après la cascade, le sentier monte par paliers vers un sommet nommé joliment Le Courpou Sauvage (1521 m). Dans cette partie je dépasse un certain nombre de coureurs. Je ne me sens toujours pas bien frais, mais j'ai le sentiment qu'à force de rattraper du monde je rentre peu à peu dans la course. Les gars avec qui j'échange quelques mots en les dépassant n'ont pour la plupart pas couru la veille, mais ils accusent le coup après quelques 4 h d'efforts. Quant à moi, j'étais lent au départ, je le reste sans aucun doute mais je ne faiblis pas. Un gros diesel, quoi !

            Le petit sentier taillé dans les genêts sur la crête du Courpou Sauvage est bien joli.

 

Courpou Sauvage

 

            Après le sommet le début de la descente est tout tranquille, mais ça se gâte ensuite. Les traceurs nous font passer à travers champ dans des pentes bien raides qui nous rappellent nos excès de la veille. C'est là que je rattrape Ronan, le futur fou de la diagonale. Il m'explique que pour lui tout va bien dans les montées mais qu'il souffre terriblement des cuisses dans les descentes. Il m'invite à ne pas l'attendre dans cette descente. Je poursuis donc tranquillement et nous rejoignons de larges sentiers , puis une petite route jusqu'à la traversée, au km 33 du pont de Méjanet (840 m), lieu du troisième ravitaillement. Dans la descente, j'ai dépassé un coureur en grande difficulté, sur un terrain pourtant facile. Comme d'habitude dans ces cas là, je lui ai demandé quel était son problème et il m'a répondu qu'il avait les genoux complètement bloqués et qu'il pensait abandonner au ravitaillement juste en dessous. Je lui ai souhaité bon courage et, égoïstement, je n'ai pu m'empêcher de penser : "pourvu que les miens tiennent le coup" !

            Au ravitaillement je mange copieusement, refais les niveaux de mon bidon (boisson énergétique) et de ma poche à eau (avec de l'eau pure) ; je me masse les cuisses. Les bénévoles nous apprennent que les meilleurs sont passés avec une quarantaine de minutes de retard sur l'horaire prévu. C'est Thomas Lorblanchet qui menait de peu devant Dawa Sherpa et Vincent Delebarre. Moi qui n'ai "que" 30 minutes de retard sur mon planning, je ne dois donc pas m'en affoler. Les bénévoles ont reçu comme consigne d'assouplir la barrière horaire prévue initialement (6 h 20 de course).

            Ronan m'a rejoint au ravitaillement et nous repartons ensemble après 5 h 48' de course. On nous a annoncé aux alentours de la 90ème place. Le secteur qui suit est essentiellement montant avec un passage à plus de 1700 m au Puy Chavaroche ; il ne doit mesurer que 11 km. La montée se fait essentiellement en forêt mais elle semble interminable, elle est très raide par endroit. Ronan reste souvent dans ma roue mais parait toujours très à l'aise. En fait, même s'il souffrait, je crois que ce gars ne dirait rien. Il est dur au mal et d'une humilité et d'une courtoisie étonnantes : dans cette montée, il me demande même si le fait qu'il m'accompagne ne me dérange pas !

            J'oublie une rubalise dans la forêt et nous perdons trois à quatre minutes. Une fois la crête atteinte, je sais qu'il va falloir être patient car nous devons rester sur cette ligne de crête pendant plusieurs kilomètres. En examinant les cartes avant la course je m'étais imaginé qu'il serait facile d'y courir. En fait on ne cesse de monter et de descendre mais je m'en veux d'avancer si lentement. Lors d'une petite descente je prends quelques mètres à Ronan mais il me rejoint dans la pente qui suit. Il me dit qu'il pense ne pas pouvoir suivre. Effectivement, quelques minutes plus tard, la descente suivante est plus longue et je creuse cette fois un écart qu'il ne parvient pas à combler. Je me retourne et hésite sur la conduite à tenir. Je décide finalement de jouer ma course. Aujourd'hui,j'avoue avoir un peu honte de cette attitude car Ronan est un mec vraiment bien. Sans doute aurait-il fini par me demander de le laisser mais…

            Au fur et à mesure que j'avance sur cette crête interminable le temps se rafraîchit et il se met à tomber quelques gouttes. Tout à coup le vent se lève en tempête et il fait subitement tellement frais que j'envisage d'enfiler le coupe-vent. Heureusement ce coup de vent et cette fraicheur cessent aussi vite qu'ils sont venus. Enfin, après je ne sais combien de bosses, nous atteignons le Puy Chavaroche. Je sais qu'il reste un bon kilomètre en descente jusqu'au ravitaillement. Pour une fois je me lâche un peu dans cette descente mais je me vautre sur les fesses dans un petit névé pentu.

            Je parviens au ravitaillement du col de Redondet très heureux que cette partie soit finie. Cette dernière portion a laissé des traces car je vois plusieurs trailers à la mine triste qui ont quitté leur dossard. J'ai mis près de 3 heures pour parcourir ces 11 km, soit même pas 4 km /h (8 h 45 de course). J'entends des coureurs dire que leur GPS annonce 49 km plutôt que les 44 annoncés. Je commence à me dire que les distances sur lesquelles j'ai basé mes estimations sont peut être un peu (!) fantaisistes.

            Peu importe, je décide de ne pas traîner car je sens que dorénavant je suis mentalement bien dans la course. Pour éviter toute hypoglycémie j'essaie, tout en marchant, de manger un des gâteaux énergétiques que mon épouse m'a amoureusement cuisinés avant notre départ de Saumur. Ces gâteaux passent plutôt bien en temps normal, mais à ce stade de la course il me faut une bonne minute et deux ou trois gorgées d'eau pour réussir à avaler chacune des bouchées. Je sais que je vais d'ici une vingtaine de minutes en tirer les bénéfices mais qu'esch que ch'est dur à avaler !

 

Roc d'Hozières

 

            Le secteur qui suit, de 9 km, globalement descendant, doit nous amener vers le petit village du Falgoux. Après un sentier balcon (jamais plat, évidemment !) sur plus de 3 km, on amorce une descente dans des prairies dans un premier temps, puis dans la forêt ensuite. Alors que je descends sur un bon rythme (à mon niveau), un bolide me dépasse. Il s'agit du trailer aux genoux bloqués que j'avais doublé quelques heures auparavant. Il m'apprend qu'un médecin, présent au ravitaillement du pont de Méjanet, lui a conseillé de plonger ses jambes dans de l'eau froide pour soulager ses genoux. L'effet anti-inflammatoire a été miraculeux ! Je le laisse partir, incapable de le suivre. Nous rejoignons une route que nous suivons sur près d'un km. Les bénévoles chargés de nous guider et de nous protéger des voitures sont des gars logés dans notre colo au Lioran. Ils m'encouragent en me félicitant de courir encore, alors certains trailers qui me précèdent ne le peuvent plus. Ça, ça me fiche la patate !

            Le sentier plonge ensuite dans la forêt. Et quelle forêt ! Des hêtres centenaires dans un relief tourmenté avec des combes et des blocs rocheux. Magique !

 

 

                                                               Forêt de Falgoux

 

           Je suis bien, mes jambes sont douloureuses mais pas plus qu'au départ, c'est le bonheur. Je gambade ainsi plus d'une demi-heure sans voir un seul trailer jusqu'au ravitaillement du Falgoux. Ce petit village que l'on remonte depuis le ruisseau est tout en pente et, ma foi, charmant. Les bénévoles du ravito le sont aussi. On m'apprend que les premiers sont passés vers midi alors qu'il était prévu un passage bien avant 11 h. Un jeune me dit que lui avait bien prévu l'heure exacte de leur passage. Le pensant fiable, je lui demande : " combien de temps jusqu'au Puy Mary ?". Il me répond sans l'ombre d'une hésitation : "2h ½". Sachant qu'il y a à nouveau près de 900 m de montée, je recharge poche à eau et bidon et je mange un peu de solide. Je me masse à nouveau les jambes également. Des coureurs, que j'avais rejoints, au ravitaillement sont repartis entre temps mais j'ai cru voir que certains n'étaient plus très frais . Ma pause d'une quinzaine de minutes est encore trop longue, mais je repars gonflé à bloc.

            Un tapis électronique est installé au départ du Falgoux . Le bénévole préposé au tapis magique m'annonce 49ème. C'est bon, ça !

            Le moins que l'on puisse dire c'est que ça grimpe sévère ! Je chemine un moment avec un coureur (je crois qu'il s'agit de Florent, un pote du kikou Tercan) ; nous comparons notre mal aux guiboles. Je pars devant, nous pensons nous revoir plus tard à l'occasion d'une descente (vous avez compris à quel point je suis mauvais dans cet exercice). J'ai décidé de faire l'effort dans cette montée. Je double quelques coureurs en perdition. Je n'avance pas bien vite (entre 600 et 700 m à l'heure), mais régulièrement ; pendant un temps qui me semble interminable, je suis seul ; ayant besoin d'un point de mire pour me motiver, je demande à des promeneurs s'il y a du monde devant moi. Ils me répondent qu'il y a 4 ou 5 coureurs à 5 minutes environ. En sortant de la forêt on rejoint des sentiers plus larges avec des lignes droites plus longues. J'aperçois enfin du monde devant et je crois que je gagne du terrain. Arrivé sur un replat, je parviens à réenclencher le mode course et je double un groupe de quatre. Un gars isolé est plus loin mais il me semble aller trop vite.

            Après une nouvelle partie pentue, nous rejoignons des pâturages en faux plats. Je cours à nouveau. La vue est bien dégagée et on s'aperçoit qu'il pleut à une vingtaine de km plus au nord.

 

Chevaux vers le Rocher de l'Aygue

 

            Je rejoins le coureur isolé que je croyais inaccessible et le reconnais. Il s'agit de mon trailer aux genoux fragiles. Nous engageons la conversation et décidons de progresser ensemble en nous relayant. Il me dit ne pas être surpris que je le rejoigne car, parmi les coureurs qu'il avait doublés, j'étais l'un de ceux qui lui semblaient enore assez "faciles". Amadéo (c'est son prénom) va participer aussi pour la première fois au GRR en octobre. Bizarre : le temps passe bien vite en reparlant de cette île magique !

            Tout en discutant, nous ne mollissons pas et dépassons des coureurs en difficulté. L'un d'eux nous avoue qu'il a lâché mentalement et qu'il ne parvient plus à se motiver pour courir. Quelle galère il doit traverser ! Après quelques bosses encore, Le Pas de Peyrol (km 66 en théorie et dernier ravitaillement) est enfin en vue.

 

Pas de Peyrol et Puy Mary

 

            Il y a beaucoup de monde à ce col et pas seulement à cause du ravitaillement. C'est ici le point de départ de la montée au Puy Mary ; cette petite balade à pied est, parait-il (dixit Philippe Billard d'Ultrafondus) réalisée par 600 000 personnes chaque année ! Cette montée est courte mais raide : 200 m de D+ en 7 ou 800 m. Amadéo a reçu, il y a une demi-heure, un coup de fil d'un de ses potes, déjà arrivé (dans le Top 10 !) qui lui a conseillé de bien s'alimenter et d'en garder sous le pied pour cette rampe. On a aussi appris qu'au col de Redondet (km 44, en fait 49) plusieurs dizaines de trailers avaient été stoppés à cause des barrières horaires et redirigés vers le Pas de Peyrol, évitant une boucle de 21 km. On peut comprendre leur frustration (et pour certains leur colère) car nombre d'entre eux pensaient que les organisateurs continueraient à assouplir les barrières horaires jusqu'à la fin. Il n'en a rien été puisque ceux-ci, alertés par un bulletin de météofrance annonçant des orages, ont finalement décidé de revenir aux barrières initialement prévues.  

            Notre arrêt au ravito est court. Nous repartons après 12 h 42 d'efforts pour cette dernière grosse bosse. En fait, le chemin de montée n'en est pas vraiment un : il s'agit d'une voie en béton truffée de marches. Bref, en temps normal, ça me gonflerait, mais là c'est pire que tout. Heureusement, Amadéo a la gentillesse de m'attendre alors qu'il est, semble t-il, beaucoup plus à l'aise que moi. J'insiste pour qu'il me laisse et parte devant ; pour justifier son choix de rester avec moi,il me dit : "Sais tu que tu es l'un des seuls à t'être intéressé à moi ce matin, lorsque je marchais avec les genoux en vrac ?".

 

 

                                                             Montée au Puy Mary

 

 

            Au sommet je jette un coup d'œil à ma montre et constate que mon petit jeune du ravito du Falgoux avait vu juste : à quelques minutes près j'ai mis 2 h ½ pour monter jusqu'ici.

 

Sommet du Puy Mary

 

            De l'autre côté du sommet, plus un seul touriste et un vrai sentier super technique ! Il faut être bien concentré mais ça c'est du trail. La suite du parcours se fait sur une crête plus roulante sauf au niveau de la brèche de Rolland où il faut un peu poser les mains.

 

 

                                             Dans la descente de la brèche de Rolland

 

Avec Amadéo, nous ne voyons personne revenir et les gars situés devant nous semblent inaccessibles. N'ayant plus de places à gagner ni à défendre, nous finissons transquillou ! Nous repassons au col qui a été le lieu de départ la veille de la quatrième spéciale. Il me semble que c'était il y a une éternité. Heureusement, arrivés au col de Cabre, nos gentils traceurs (on les a un peu maudits par instant) nous font grâce du Puy Bataillouse et autre Téton de Vénus escaladés la veille. Au col de Rombière on nous dirige directement vers Le Lioran. Les bénévoles présents à ce col nous demandent s'il reste du monde derrière nous. Au son de leur voix nous sentons qu'ils en ont marre d'attendre. Il faut les comprendre ; ils poireautent certainement depuis près de 8 heures au niveau de ce col : ils ont vu du monde lorsque les coureurs du 40 km sont passés, mais ceux du 75 sont clairsemés. Merci encore à eux tous !

            Dans cette dernière descente nous nous rendons compte que, finalement, nous rattrapons un coureur. Nous décidons après concertation d'essayer d'aller le chercher. Ce dernier petit effort nous permet de nous concentrer à nouveau sur la course et de finir … plus vite. En bas de la dernière descente, dans le dernier kilomètre, il reste une côte d'une cinquantaine de mètres de dénivelée pour atteindre la station du Lioran. J'entends tout à coup les enfants de mes potes hurler du haut : "le voilà". Ils ont gentiment remonté la fin du parcours en VTT pour m'accueillir ! Nous dévalons enfin la dernière descente où des spectateurs particulièrement bruyants nous attendent : les copains sont venus m'applaudir ! Je n'en suis toujours pas revenu qu'ils aient sacrifié quelques instants de leur apéro pour moi (il est près de 20 h) !!!

            Nous finissons ensemble avec Amadéo après 14 h 26 de course en 34 et 35ème positions. Je suis plutôt content et j'aurais signé des deux pieds ce matin pour une telle place. Nous ne sommes finalement que 73 (70 hommes et 3 femmes) à avoir bouclé la totalité du parcours. Je remercie chaleureusement Amadéo pour les 3 heures de course passées ensemble et lui souhaite bonne chance pour la Diag des Fous.

 

            Mes deux acolytes de la veille sont également finishers : Ronan finit en 16 h 12 et Michel signe une superbe perf en finissant 27ème en 14 h 08. Je ne l'ai pas vu de la journée, pas plus qu'à l'arrivée et, s'il a l'occasion de lire ces lignes, je tiens à le féliciter. Peut être sommes nous une des seules triplettes à être restée ensemble pendant tout l'enduro et à tous terminer le 75 km. Des trois, c'est sans aucun doute Michel qui a les meilleures qualités de récupération.

 

 

Bilan de cette 3ème journée :

            Ce trail est vraiment dur, mais magnifique. La distance finale affichée par certains GPS est de 84 km. On peut affirmer qu'elle était supérieure à 80. Sans doute, Vincent Delebarre a-t-il exagéré en disant à l'arrivée que cette course était plus dure que le GRR mais les sentiers cantaliens ont dû en surprendre plus d'un. Sur de nombreuses portions j'aurais aimé courir, mais je n'étais tout simplement pas assez fort ce troisième jour car sans doute insuffisamment préparé. J'ai fini très très fatigué et il m'a fallu plus de deux semaines pour regrimper des escaliers sans ressentir de lourdeurs dans les cuisses.

            Sur les 110 inscrits au départ, nous sommes 26 (3 F et 23 H) finalement classés au Merrell Oxygen Series (cumulant les trois épreuves). Ma place de 11ème me convient tout à fait.

 

 

 

 

Puisque l'organisation a été mise en cause sur ce site, jouons aux jeux des points forts et des points faibles.

 

Points forts de l'organisation (pêle-mêle):

            - Parcours et paysages magnifiques sur l'enduro et le trail.

            - Balisage parfait.

            - Ravitaillements bien garnis (à une exception près).

            - Format de courses novateur : l'Enduro Trail Tracking et le prologue se sont avérés totalement jouissifs (on a la jouissance placée où l'on peut !).

            - Bénévoles en nombre et aux petits soins.

            - Village arrivée très actif avec des activités pour les enfants, des compétitions pour tous les niveaux, la possibilité de discuter avec des vététistes…

 

Points faibles de l'organisation (du plus enquiquinant au moins gênant) :

            - Affichages des résultats très tardifs pour le prologue et l'enduro. À une époque où certaines courses offrent un suivi en direct, il y a vraiment des progrès à faire.

            - Absence de web-master mettant en ligne les résultats au fur et à mesure du week-end (quitte à les annoncer "provisoires"). Les accompagnants n'avaient aucun moyen de connaître la position de leur coureur et donc leur horaire d'arrivée.

            - Mauvaise gestion des barrières horaires lors du grand trail ; il aurait fallu un discours clair et s'y tenir pour ceux qui ont été dirigés directement du Col de Redondet vers le Pas de Peyrol : "Vous finissez la boucle tronquée et vous êtes classés".

            - Absence de masseurs-kiné pour la récup entre l'enduro et le trail.

            - Absence d'eau pétillante sur les ravitaillements (très agréable et reminéralisant).

 

Certes il semble qu'il y ait autant de points négatifs que de points positifs. MAIS, très sincèrement, lorsque nous nous rendons sur un trail, à quoi attachons-nous le plus d'importance : à la qualité des parcours et du balisage où à la rapidité d'affichage des résultats ? C'est pourquoi (ce doit être une déformation professionnelle) je serais tenté de mettre largement la moyenne à l'ensemble de l'organisation. J'ai trouvé particulièrement stérile la polémique consistant à dénigrer l'association (ASO) organisatrice de cette manifestation, seulement à cause de son nom. Qu'elle ait reçu je ne sais combien de milliers d'euros de la part du Conseil Général résulte d'un choix politique ; force est de constater que cet événement a permis de faire découvrir une Région à des milliers de personnes ; peut être certaines d'entre elles reviendront-elles la visiter à l'occasion de vacances ?

Derrière le nom ASO se cache une grosse machine, mais aussi tout simplement des gens passionnés qui ont cherché manifestement à innover. L'organisation n'était évidemment pas sans faille, mais si l'année prochaine la plupart de ces petits défauts sont gommés, alors je pense qu'on pourra dire que cette compétition est l'une des plus belles de France.

 

 

 

 

 

 

 

 

6 commentaires

Commentaire de lule posté le 11-06-2009 à 12:45:00

Merci pour ce CR, ça avait l'air bien sympathique!
Je crois que l'an prochain j'irai y faire un petit tour.. prologue, enduro, et le 20 ou 40. hé, j'ai dis un PETIT tour :P
A+ lule

Commentaire de CROCS-MAN posté le 11-06-2009 à 14:11:00

Tout simplement hallucinant ton périple. UN GRAND BRAVO pour ta perf et un GRAND MERCI pour ce MEGA Récit.

Commentaire de filipe68 posté le 11-06-2009 à 16:59:00

Ouaahhh, quel récit!! quel performance!!
chapeau pour ce cr, tres agreable à lire, agrémenté de jolies photos..
pour ma part je suis tout à fait incapable d'aligner autant d'épreuves en si peu de temps et surtout pas de telles distances, encore bravo à toi, moi je vais aller à la découverte du cantal au mois d'aout, les baskets au pied, mais en rythme vacances, ca sera un bon début, et peut etre un prologue pour l'année prochaine qui sait..

Commentaire de binoclard posté le 14-06-2009 à 23:16:00

Merci JP pour ce récit et quelle gestion de la course pour réaliser cette performance sur l'ensemble du WE.
Comme à chacun de tes récit, j'ai été absorbé dés le début et impossible de lâcher l'écran avant sa fin. Avec les photos et le texte, j'avais l'impression de faire les courses à tes cotés.
Encore toutes mes félicitations pour cette performance.
Bonne récup. et RDV sur nos sentiers d'entraînement.

Bisous

Commentaire de canard49 posté le 18-06-2009 à 16:04:00

SAlut JP

J\'ai pris mon temps, mais je l\'ai lu, je m\'étais réservé un moment privilégié pour lire ton récit et comme d\'habitude je ne suis pas déçu, il est vraiment bien fait à tel point que tu devrais demander à ASO de te sponsoriser pour les futurs kikoureurs qui vont y participer.
Tu as partagé l\'intimité d\'une benne avec Dawa, discuté avec Delebarre, accroché Lorblanchet dans la spéciale ascensionnelle et terminé 11ième du challenge. Grosse performance pour une course beaucoup plus rude que prévue. Par contre, la seule photo qui te montre en train d\'en chier est floue, je ne félicite pas Heidi...

Commentaire de ronron posté le 07-07-2009 à 09:01:00

Salut JP,

C'est Ronan, je t'ai enfin retrouvé !

Très beau récit, on s'y croirait, qui m'a rappelé tellement de bons souvenirs ; je me souviendrais longtemps de cette prairie en descente sur laquelle tu m'as rattrapé, interminable !

Bravo pour ton classement final en tout cas, et merci pour ce temps passé sur l'enduro et le trail ! Je suis 100% d'accord avec toi sur la beauté de cette course, même si le challenge sur trois jours reste un peu difficile :)

Bonne continuation, et en espérant se croiser à nouveau sur une course !

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