Récit de la course : Marathon du Mont-Blanc 2015, par Matt38

L'auteur : Matt38

La course : Marathon du Mont-Blanc

Date : 28/6/2015

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 1616 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Terminer

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Marathon du Mont Blanc 2015

Marathon du Mont Blanc 2015

Décembre 2014 : je connais une grande déception a l’annonce du tirage au sort pour le marathon du Mont Blanc : Je ne suis pas retenu ! et moi qui m’été fait un objectif majeur de ce Trail cette année. Passé la déception, je cherche à modifier mon programme de l’année. J’hésite, dans un premier temps je me dis que le Trail des passerelles du Saint Eynard serait un bon second choix, mais les inscriptions tardent à s’ouvrir et a vrai dire cela ne me motive pas plus que cela. Je me penche alors sur le Maratrail du Pic Saint Michel que j’ai couru l’an dernier et manque de pot, les organisateurs font l’impasse cette année. Je retourne sur le site Marathon du Mont Blanc et je découvre qu’il y a la possibilité de trouver un dossard solidaire. Aller je me lance sur la collecte pour Vaincre la Mucoviscidose et décroche mon inscription.

Je suis arrivée le samedi en fin d’après avec ma femme, Marie, après avoir déposé nos deux garçons chez leurs grands-parents. Nous allons directement retirer le dossard, un petit tour en ville et nous profitons des animations avant de rejoindre l’hôtel.  Un petit resto, au menu : des pâtes ! Rien d’originale !! Nous terminons la soirée en allant repérer le départ du téléphérique pour PlanPraz afin qu’elle puisse me rejoindre sur la ligne d’arrivée.

Nous retournons à l’hôtel et je prépare mon sac a dos, j’hésite, softflask ou poche a eau ? J’opte pour les deux cela sera peut être salutaire si la chaleur s’en mêle.  J’accroche mon dossard et DODO.

Dimanche matin 5h30 :  réveil et petit déjeuné en solo. Je me prépare et laisse ma femme dormir, ce sera grasse matinée pour elle avant de venir me rejoindre a Tré le champ et à l’arrivée.

 

6h30 : Et me voilà sur la ligne de départ, ici sur cette place du triangle de Chamonix que j’ai vu tant de fois en vidéo et aujourd’hui je fais partie de la fête. Etonnamment je n’ai pas d’anxiété particulière. Je veux profiter de ce trail le mieux possible. Le schéma de route est claire dans ma tête, tranquillement jusqu’à Vallorcine puis gérer la monté aux posettes, et limiter la casse dans la partie entre Tré le champ et la Flégère. Objectif annoncé entre 6h30 et 7h max !

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, go !

Chamonix – Argentiere :  0h57mn58s, 571ième

Le départ, J’ai la banane, et profite au maximum de cette ambiance. Je n’ai fait aucun échauffement et je compte sur les premiers kilomètres pour me mettre en forme, il s’agit donc de ne pas forcer et de laisser le cardio monter tranquillement.   Quelques petits ralentissements dans Chamonix mais rapidement nous rejoignons des chemins plus larges ou chacun peut prendre son rythme sans trop être gêné par les autres coureurs. Je suis bien, les premières petites cotes se font tout en courant alors que j’en vois déjà marcher. Les jambes sont là et la fraicheur du matin rend cette première partie bien agréable. Pourvu que cela dure !

Arrivée au ravitaillement d’Argentiere, une banane et de l’eau. Pas besoin de tarder, la route est encore longue.

Argentiere – Vallorcine : 1h47mn18s, 562ième

La monté au col des montets se passe bien, j’ai un début de crampe dans les mollets, mais je ne m’inquiète pas. Je prends un  gel antioxydant et continu sur mon rythme, la cote terminé, les mollets vont mieux, à croire que c’était juste pour me rappeler de manger quelques gel pendant mon effort sans attendre les ravitaillements. De toute façon je bois comme il faut, bien plus que lors de mes entrainements. Petit passage le long de la route, Je vois une passerelle et me demande bien pourquoi avoir installé cet échafaudage ici. (Je le saurais plus tard). Arrive la partie descendante du col des montets jusqu’à Vallorcine : un vrai bonheur de courir ici presque sans effort ! j’y ferais mon kilomètre le plus rapide !  Et j’aurais même le temps de me rendre compte que je suis encouragé par Sébastien Chaigneau ! Arrivée au ravito de Vallorcine. Un ravitaillement complet s’impose et surtout  du salé car l’alerte de mes mollets plus tôt m’imposent d’être vigilant : TUC, boisson gazeuse, le plein de la gourde. Je sors les bâtons du sac à dos. 19ième kilomètre : Les choses sérieuses vont commencer.

Vallorcine- col des posettes : 2h48mn38s, 585ième

Alors là, pour le coup, c’est dré dans le pentu !! Le chemin est étroit et il quasi impossible de faire autrement que de suivre le rythme imposé par celui de devant. Les encouragements sont au rendez-vous. Il y a beaucoup de monde sur le début de cette monté, cela fait un grand bien. Je double autant que je suis doublé. Une fois la fin de la première partie de la monté, ma femme m’appelle « -c’est quoi le numéro de ta Carte Bleu ? ça coupe. Bon il faut rappeler et je constate que je suis sur le réseau suisse. Bon je vais essayer de gérer ça par sms ! En montant, l’exercice est difficile ! Peu avant l’arrivée au col des posettes, le problème est géré et elle me donne rendez-vous à Tré le champs. Quelques minutes de perdus dans l’histoire, mais ce n’est pas bien grave ! Cette seconde partie de la monté se faisant au soleil, je recherche ma casquette et mes lunettes. Pas de lunette dans le sac mince, j’ai dû les laisser à l’hôtel ! Je ferais sans, l’important étant de se couvrir la tête. Par moment je mets la musique dans les oreilles, mais j’ai vite l’impression de ne pas profiter de l’ambiance, ce qui fait que rapidement je range les écouteurs. Enfin voilà le ravitaillement du col qui est léger mais bien suffisant à ce stade pour moi (TUC et eau gazeuse !) j’hésite a sortir ma poche a eau pour faire le plein. Bon,  je me dis que j’en ai encore et qu’il vaut mieux perdre peu de temps à remplir la softflask plutôt que de défaire le sac et remplir la poche. A partir d’ici, les paysages sont magnifiques, les jambes vont pas trop mal. Je suis fatigué, mais loin d’être épuisé. Je quitte donc le ravito, direction l’aiguillette des posettes, 200mD+ encore mais avec des pentes plutôt douces et une vue qui vaut les efforts consentit.

En quittant le col, je passe sur le point de contrôle des dossards et je constate que lorsque les autres coureurs passent devant, le système bip à leur passage, alors que quand c’est moi qui passe, et bien il n’y a pas de Bip. Je me prends un coup de stress en me disant que mon dossard n’est pas détecté et que je ne vais même pas être classé. Bon on verra bien !

Col des posettes-le Tour : 3h42mn36s, 578ième

La monté à l’aiguillette est avalée en peu de temps sous la bronca des hélicoptères (TV et/ou secours). Et dire que le premier vient de finir ce marathon et que j‘ai encore tout ce chemin à parcourir. Mais comment font-ils pour aller si vite ??

Aller je prends le temps de quelques photos et file dans la descente qui se veut technique, mais pas plus que ce que je peux trouver dans le massif de Belledonne ou du Vercors. Je suis un peu sur la retenue car les descentes ne sont pas mon fort et je perds souvent beaucoup d’énergie dans cet exercice. Et sur la fin j’ai besoin de marcher pour soulager les cuisses. Pour éviter cela, j’ai fait pas mal d’exercices de gainage, et je dois avouer que cela m’a été fort utile. Ma femme m’appelle pour me dire qu’elle ne trouve pas de place pour se garer du côté de Tré le Champ. A contre cœur je lui dis que si c’est trop la merde, il n’a qu’à redescendre sur Chamonix. On se retrouvera à l’arrivée. En même temps je reçois des encouragements sur le téléphone de la famille qui suit le livetrail. Bon a priori la puce du dossard fonctionne, un souci de moi.

 J’ai trouvé la petite boucle par le Tour un peu longue et je commence à ressentir une petite fatigue. Et c’est bizarre de repasser là où nous sommes passés un peu plus tôt.

 

Le Tour-Tré le Champ : 4h00mn17s, 585ième

Je suis impatient d’arriver au ravito et Marie me téléphone à nouveau pour me dire qu’elle a réussi à se garer et qu’elle se trouve au niveau de la passerelle. Je comprends mal et je crois qu’elle se situe à proximité du ravito à côté d’un pont. J’arrive au ravito et j’ai beau regarder partout, je ne vois pas de pont. Marie n’est pas là, j’essaie de l’appeler mais je n’y arrive pas. Cela me contrarie. Je rempli rapidement ma gourde, je mange du salé encore et m’éloigne rapidement pour tenter d’appeler un peu plus loin. Et là je comprends  qu’elle est à côté de la fameuse passerelle (échafaudage) que j’ai vu plus tôt. Je repars donc rapidement pour la rejoindre. Je franchi la fameuse passerelle et la retrouve enfin. Cela fait du bien quelques encouragements réciproques, elle pour ma course et moi pour sa monté en télécabine et je repars, direction la Flégere.   

 

Tré Le Champ- la Flégère : 5h47mn28s, 583ième

Il fait chaud maintenant et la monté est bien longue. Je prends un gel coup de fouet, car je sens que mes jambes sont bien fatiguées, le rythme est plutôt lent. Je vois de plus en plus de monde faire des arrêts sur le bord du chemin. Je retrouve un peu de force dans le fin de la monté de la bosse qui a été ajouté cette année. Heureusement il a de l’ombre sous les sapins, cela doit limiter la casse.

Je me lance ensuite dans la descente les muscles répondent mieux et je redouble ceux qui m’ont doublé dans le monté. J’en profite pour passer un coup de fils à ma maman qui se trouve chez ma sœur à suivre le livetrail. Je n’avais pas idée jusque-là de mon classement est j’apprends que je suis constamment entre 560 et 585. Je m’étonne de cette régularité.

Enfin le gros coup de fatigue me tombe dessus sur la monté qui suit vers la Flégere. Je reprends un gel « effort extrême » (pas bon) et je sens que je réduis considérablement ma vitesse sur cette partie. Tout se fait maintenant en marchant. J’essaie de m’isoler avec les écouteurs, je m’arrête deux fois dont une pour une pause technique, ce qui me fait dire à ce moment que je n’ai pas trop mal géré l’hydratation. Des bénévoles nous indique la Flagère 1.7km. C’est peu, mais cela m’a paru tellement loin sur le coup !

Enfin la pente s’adouci et j’aperçois le ravito. Je me promets de prendre tout le temps qu’il faut pour me refaire la cerise.

Les bénévoles proposent de mettre de l’eau dans les casquettes, ce que je fais avec soulagement. Ça fait un bien fou ! Sur le ravito je bois beaucoup et de tout : eau plate, coca et eau gazeuse. J’engloutie 4 quarts d’orange. Je repars, le ventre bien trop plein de liquide et il me faudra quelques centaines de mètres pour pouvoir me remettre à courir.

La Flégere-PlanPraz : 6h45mn25s, 583ième

Cette dernière partie est formidable. Le sentier en balcon est un vrai plaisir pour les jambes et pour les yeux. La vue sur le massif du Mont Blanc est magnifique. J’arrive à relancer alors qu’il y a quelques minutes je ne trouvais que peu de force dans les jambes. Je profite au maximum du moment car je vois bien que l’arrivée est proche. J’entends déjà la voix du speaker. Une dernière montée que je fais au ralentie car malgré tout y plus beaucoup d’énergie dans le bonhomme, j’appelle Marie pour lui dire que je suis dans la dernière monté et que je ne vais pas tarder à passer la ligne.

Il y a beaucoup de monde dans le final et on est tellement encouragé que l’on se remet à courir pour finir ce Marathon du Mont Blanc tant désiré. Je regarde partout et je ne vois pas Marie. Je passe la ligne avec comme à chaque fois la gorge serrée et la fierté d’être allé au bout de l’aventure. Je pense à mes deux petits garçons et profite de ce moment.

 

Voilà, 6h45 et dans le premier tier de la course, conforme à mon niveau. Je suis étonné d’être toujours resté dans une fourchette très fine du classement (entre 562 et 585). Je suis content de moi car j’ai profité de la course tout en gérant au mieux les coups de fatigues sans jamais tomber dans la déshydratation ou l’hypoglycémie. J’espère que cela me sera utile pour les prochains défis. La fatigue est tout de même bien là et je me demande s’il me sera possible de finir l’UTV au mois de septembre. Cela me parait tellement fou aujourd’hui.

J’ai retrouvé Marie juste après ces quelques minutes passées dans la zone d’arrivée à tenter de voir sur l’écran mon classement. Un problème de transmission de donnée m’en empêchera et c’est le sms de l’organisation que m’apprendra : « Bravo Matthieu FONTAINE ! Vous êtes finisher de Marathon du Mont-Blanc en 6 :45 :25 ! class.prov. 582e, 168e V1H » 

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