Récit de la course : Marathon du Mont-Blanc 2014, par jacquou

L'auteur : jacquou

La course : Marathon du Mont-Blanc

Date : 29/6/2014

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 1491 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Terminer

1 commentaire

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Le récit

 

Je vais vous raconter ma fabuleuse journée du 29 juin 2014.

J’ai un rêve depuis quelques années c’est de faire le marathon du Mont Blanc !

Je suis un amoureux de la montagne et ça fait depuis bien longtemps que j’aime courir en montagne ou disons trottiner car je ne vais pas très vite à cause de mon dos.

Eh oui, j’ai deux hernies discales et une discopathie dégénérative, ça veut dire un dos assez fragile et quelques lombalgies chaque année.

Et quelques hélicoptères aussi !!!

( je n’en suis pas fier, ce sont des faits )

Pour le rapatriement lorsque je me bloque en altitude !

Pour monter ça va bien mais pour descendre je dois faire doucement et finalement je vais plus lentement à la descente !

Ces dernières années je ne cours presque plus, je me suis mis au vélo, je nage et je peux faire des randos.

Il y a quelques années je m’étais inscrit au Marathon du Mont Blanc mais je me suis bloqué le dos une semaine avant !

L’année d’après j’ai voulu m’inscrire et les inscriptions étaient closes !

Il faut dire que l’engouement est vraiment très important pour cette course et les inscriptions ont lieu début octobre pour une course qui se déroule fin juin !

Les inscriptions sont limitées à 2000-2500 coureurs.

En quelques semaines c’est complet.

L’année dernière je me suis inscrit le jour de l’ouverture des inscriptions et c’étais complet en quelques heures !!!

Donc première partie réussie ! Il faut maintenant s’entrainer !

Depuis le moi d’octobre je rêve de faire cette course !!!

Malheureusement cet hiver je me bloque le dos en ski de randonnée à 2800m d’altitude, donc ce fut un héliportage jusqu’à l’hôpital de Briançon.

Lorsque je me bloque le dos, je suis paralysé, je ne peux plus bouger, la douleur est intense à cause du nerf et je dois rester couché quelques jours puis le dos reste très sensible de longues semaines. ( pas de sport, juste un peu de natation )

Pendant un moi je ne suis pas au mieux et je ne peux évidement pas courir !

Je remets vraiment en question ma participation car je suis bien incapable de participer à une telle épreuve en ayant mal au dos.

Le temps passe et ça va mieux, peu à peu je fais du vélo, je nage et je cours très peu.

Finalement je me sens assez bien sauf le matin ou c’est toujours difficile.

( à froid je n’ai aucune souplesse, incapable de mettre mes chaussettes ! alors une bonne douche chaude me détend, j’utilise aussi une petite couverture chauffante que je place sur mes lombaires.)

J’ai vraiment très envie de participer à cette course mais je ne me suis pas vraiment entrainé !

Je me dis que je peux la faire en faisant doucement sur le plat et en descente.

En montée il n’y a pas de contrainte et je préfère donc les montées !

Je ne cesse de lire les comptes rendu des coureurs des années passées et je me rends compte qu’il faut passer les barrières horaires.

Elles sont au nombre de 3 sur le parcours et la 4iéme à l’arrivée.

Ça veut dire que l’on doit passer AVANT CES HORAIRES sinon c’est la disqualification et je ne peux envisager !

Alors j’aimerai plus que tout le faire une fois et arriver dans les temps, le plaisir de participer et de terminer !

Je pense avoir une bonne condition physique( lorsque je n’ai pas mal au dos…) pour le faire mais pas la condition pour faire un temps canon !

En prenant un compte rendu j’aimerai finir en 8h comme une personne l’a fait alors je base ma course sur ce temps et je me dis que je dois faire aussi bien ou mieux !

Céline est dans le même état d’esprit que moi, elle n’a pas mal au dos mais la course à pieds n’étais pas vraiment sa tasse de thé, elle veut quand même le faire avec moi.

Alors les jours passent et je ne cesse de penser à l’épreuve, je me préserve en espérant que mon dos reste correct jusqu’au jour J !

Chaque rando faite à pieds ou à ski me fait penser à cette épreuve et j’essai de monter à un bon rythme.

Finalement je fais assez souvent des footings de 1h30 avec 400m de dénivellé.

( un dans la semaine et un le WE , plus serai préjudiciable pour mon dos.)

Je sais je vous gave avec mon dos.....

La date approche à grand pas et la pression monte !

Avec des petits entrainements mes calculs me font dire que je dois passer les barrières horaires.

Vendredi 27 juin, je rentre du travail et on prépare les affaires avec Céline, on parts demain matin !

Samedi 28 juin, je me sens bien, nous partons à Chamonix avec beaucoup de stress, c’est un moment que j’attends depuis si longtemps !

On arrive à Chamonix vers 10h30, le temps est assez nuageux ;

On se dirige directement au chapiteau pour récupérer les dossards.

Deuxième étapes : on a les dossards !!!

On nous donne également un sac si on veut récupérer des affaires à l’arrivée ainsi qu’un joli tee shirt salomon avec l’inscription marathon du Mont Blanc.

Certains le porte déjà !

On se promène devant chaque stand, car il y a plusieurs courses durant 3 jours ( 10kms, 20kms, km vertical, 42 kms et 80kms )et les équipementiers veulent profiter pour cet engouement sans cesse plus grand vis-à-vis du trail.

Il y a beaucoup de monde et des affiches partout : SKYRUNNING WORLD CHAMPIONSHIP MARATHON DU MONT BLANC : championnat du monde de trail.

Epreuves qui ont lieu tous les 4 ans !

La météo pour demain sera mauvaise : pluie toute la journée.

J’ai des bâtons qui sont un peu lourd et qui ne rentrent pas dans mon petit sac à dos qui comprend une poche à eau, veste coupe vent et couverture de survie.

Les bâtons sont très importants pour la montée afin de ne pas trop forcer sur les cuisses et pour la descente pour bien la négocier et pour soulager le dos.

Alors j’achète des bâtons télescopiques légers que je peux mettre dans mon petit sac.

Je les aurai pour des randos en été ;

J’ai ce qu’il faut pour courir : un tee shirt léger, une veste coupe vent, un collant ¾, des chaussures avec un très bon amorti et un sac à dos qui comprend une poche à eau, un sifflet, le téléphone, des gants, un bonnet, une couverture de survie et de quoi grignoter ! : du salé : cacahuètes, amandes, des baies de goji et de cranberries pour les vitamines.

Il y a énormément de sportifs qui se promènent dans les rues de Chamonix, c’est un peu la capital du trail ce weekend.

Nous allons au col des Montets pour manger notre pique nique puis nous allons marcher un peu histoire de faire tomber la pression !

Un joli rayon de soleil nous fait transpirer et nous profitons d’un très beau paysage sur le Mont Blanc, nous profitons bien de l’instant présent et cette petite montée nous rassure sur notre condition physique pour demain, ça m’a permis de tester mes nouveaux bâtons dont je suis très content !

On redescend sur Chamonix pour nous promener au centre ville et pour regarder les podiums des disciplines précédentes.

On n’a jamais vu autant de sportif au mètre carré !!!

C’est très agréable et très excitant de voir cette effervescence à Chamonix et les magasins de sport doivent faire un gros chiffre !

Il faut dire qu’ils sont nombreux et chaque athléte fait ses emplettes.

Ils viennent de tous les pays.

Changement de programme : à cause du mauvais temps la direction décide de modifier le tracé : on ne passe plus par les aiguillettes des Posettes à cause de l’orage et du vent.

La fin du parcours ne sera pas à Planpraz à 2000m mais à Chamonix à cause du vent également.

La météo sera donc mauvaise, il faut faire avec.

Nous rentrons à l’hôtel, on mange nos pates et on prépare nos sacs.

On se couche et on dort très peu, il ne cesse de pleuvoir !

Réveil 5h. On déjeune et on y va ! ( on dort à Cluses )

Arrivé à Chamonix vers 6h10 on se gare pas trop loin du centre sportif et on se dirige vers le centre où a lieu le départ.

Petite accalmie en attendant le départ à 7h.

Chacun a mis son coupe vent et chacun a son sac à dos obligatoire.

Peu à peu on forme un groupe de plus de 2000 personnes  avec les meilleurs devant.

C’est parti !

On a décidé avec Céline, chacun fait sa course.

Je parts sur un rythme correct (pour moi !) mais il est très important de ne pas partir trop vite !

La première partie comporte peu de dénivelé, il faut donc enrouler un peu et je fais les 10 premiers kms en un peu plus d’une heure, petit ravitaillement liquide à Argentière où je prends 2 verres d’eau.

pour l'instant je peux sourire au photographe !

 

 

Je poursuis puis j’arrive dans un endroit plus technique où il ya un bouchon, il faut attendre un moment, normal nous sommes particulièrement nombreux et le chemin est parfois très étroit.

Je me sens bien et j’arrive au premier ravitaillement solide à Vallorcine en plus de 2 heures pour 18kms.

Je prends le temps de manger un peu de pain, du saucisson et un peu de fromage.

Je prends également du coca riche en sucre !

Je ne veux surtout pas tomber en hypoglycémie qui serai fatale pour la suite des événements !

J’ai le souvenir de la 6000D, course que j’ai du abandonner au 50iéme kms à cause d’une hypo. Il me restai 10kms pour finir : très grosse frustration.( c’étais ma première grande course )

Je sors mes bâtons du sac et c’est partie pour le col des Posettes qui est à 2000 m d’altitude.

 

La montée se passe bien, les bâtons me sont d’une grande utilité, plus je les utilise et moins je force sur les jambes. ( je sais je souris déjà moins mais je suis heureux, c'est intérieur ! )

La température devient bien fraiche et je sors mes gants, j’ai déjà le bonnet.

Il pleut toujours et il fait bien froid au sommet.

Petit ravitaillement             au col des Posettes en 3h17 ou je prends encore du coca.

Le temps est donc mauvais mais l’excitation a son comble !

Je suis tellement heureux d’être là et même si la pluie est gênante j’avoue la préférer à une grosse chaleur !

C’est partie pour une grande descente, j’ai froid aux mains, j’essai de bien bouger mes doigts, je poursuis mais je commence à senti mes genoux et une crampe au mollet me gêne.

Alors je préfère assurer et j’espère que ça passera, au niveau du temps je suis bien en dessous des barrières horaires alors je me permets de ralentir.

Je passe au village du Tour et malgré la pluie les spectateurs sont toujours assez nombreux et leurs encouragements me réchauffent le cœur !

Allez jacques ! Allez jacques !

Il faut dire que j’ai mon dossard bien en évidence sur la poitrine et le prénom est écrit dessus.

Je poursuis, il y a énormément de boue, de flaque bref le sol ne risque pas d’être dur avec la pluie qui tombe sans arrêt !

Ça c’est bien pour mon dos.

Je me sens assez bien et j’entends à nouveau beaucoup de bruit, des grosses cloches et toutes sortes d’instruments pour encourager les coureurs qui me fait dire que j’approche du village Tré les champs : ravitaillement solide où je prend ce qu’il faut.( 4h08 )

Je reparts, je viens d’apercevoir un panneau 31kms ça fait du bien au moral, il n’en reste plus que 11 !

Je continue, la montée vers la Flégére est assez longue et la fatigue se fait sentir, je continu à mon rythme sans me mettre dans le rouge, je ne vais pas abandonner maintenant !

Le paysage malgré le mauvais temps est magnifique et j’apprécie cette forêt, ces ruisseaux, la nature toujours aussi belle.

Je double quelques concurrents mais la montée est assez difficile.

J’arrive enfin aux télécabines de la Flégére,( 5h54 ) je prends un thé chaud au ravitaillement.

Je suis assez confiant il ne reste que de la descente jusqu’à Chamonix.

J’aurai préféré la montée du parcours initial ! ( mon dos..... )

 

En fait mon moral va un peu baisser quand je m’aperçois que mes genoux me gênent assez !

Je n’ai jamais eu mal aux genoux mais là c’est assez gênant et je descends lentement en appuyant beaucoup sur les bâtons.

J’ai vraiment du mal à plier ma jambe gauche.

Des que la descente est moins rapide je suis mieux et poursuis mes efforts ;

Je réalise que je peux terminer en moins de 7 heures c’est un objectif que j’avais mais sans trop y croire puisque je tablais plutôt sur 8heures.

Il y a un groupe qui me précède et on enroule un bon moment puis je décide de m’arrêter un moment pour enlever ma veste et mettre les bâtons dans le sac car le reste du parcours est assez plat.

C’est formidable il ne pleut plus !

Je suis beaucoup mieux ainsi et j’arrive aux premières rues de Chamonix.

Les spectateurs sont très nombreux et j’entends fréquemment des encouragements, des frissons parcourent tout mon corps et je ressens beaucoup d’émotions !!!

Au fur et à mesure j’approche du centre, il y a beaucoup de monde, j’ai presque du mal à me frayer un passage !!!

Comme au tour de France !!!

 

 

Une ligne droite, un virage et c’est l’arrivée !!!

J’ai envie de m’arrêter et d’apprécier ces instants que je voudrai interminables !!!

 

 

Je surveille mon allure et mon style ! Je prends le dernier virage et je passe sous l’arche d’arrivée !!!

C’est géant ! Je l’ai fait !!!

 

Une femme me mets une médaille autour du cou et je vais prendre un verre de bière au ravitaillement !

6h53, je reçois un sms de la course avec le classement.

Il y a énormément de monde, tous les coureurs qui sont arrivés prennent un verre, les spectateurs et les coureurs qui arrivent.

Je suis heureux, c’est le moins que l’on puisse dire !

Il fait pas chaud, je remets ma veste, je n’ai pas de nouvelles de Céline, je décide de partir à la voiture pour prendre mes affaires et prendre une douche au centre sportif.

Je parcours les rues avec la médaille au cou et je vois tous ces gens qui me regardent avec un sourire !

J’ai envie de parcourir toutes les rues de Chamonix tellement je suis fier !!!

J’ai fait ce marathon, j’ai réalisé mon rêve.

Mon dos a tenu ! le moral aussi !

 j’ai participé  à la même course que Kilian Jornet l’icône du trail qui détient de multiple records : le Mont Blanc, le Cervin, le Mac Kinley….

Je prends ma douche que j’apprécie comme on peu l’imaginer !

Je vais au centre, Céline viens d’arriver en 8h.

Je suis heureux de la retrouver, elle a fait une belle course dans des conditions difficiles.

C’est super !!!

Voila, je voulais simplement donner l’envie à certains qui peuvent hésiter, douter.

Chacun peut avoir un souci de santé ( dos, genou ou autre )

Il est évident que je suis dans un état euphorique car mes problèmes de santé ont hypothéqué ma participation jusqu’au dernier moment.

Quelques semaines sont passées et j’ai repris les randos et surtout le vélo que j’apprécie de plus en plus et qui ne représente aucunes contraintes pour le dos.

Mon classement est évidement quelconque, je voulais simplement participer à cette fête et vous le raconter car plusieurs m’ont fait rêver à travers leurs récits et c’est grâce à eux que je me suis lancé dans cette aventure.

voila le graphique qui étais sur mon bureau : en rouge les barriéres horaires, en vert les tps d'un touriste.

 et voila mes tps sur la course, j'ai pu être mieux que prévu sans rentrer sur un brancard !

 

J’aurai pu faire le cross, ça aurai été plus facile !

Il y a plein d’autre trails tous les WE.

Mais celui là est  particulier, ce départ et cette arrivée à Chamonix c’est pas rien !

On se croit presque à l’UTMB !!!

 

 

j'ai envie dans la mesure du possible de participer à une autre épreuve où il y a une grosse ambiance mais où le dénivelé négatif est faible, tiens le marathon de la Jungfrau en Suisse : superbe tracé et faible dénivelé négatif !

il faut s'inscrire avant mars pour septembre.

on verra selon mon dos, j'aime cette phrase : il faut écouter son corps.

en attendant je savoure !

1 commentaire

Commentaire de arnauddetroyes posté le 23-07-2014 à 21:58:17

Il fallait avoir du courage pour tenter cette aventure,tu l as eu !
Merci pour ton récit.

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