Récit de la course : La Montagn'Hard - 60 km 2018, par Thomas74

L'auteur : Thomas74

La course : La Montagn'Hard - 60 km

Date : 7/7/2018

Lieu : St Nicolas De Veroce (Haute-Savoie)

Affichage : 444 vues

Distance : 63km

Matos : chaussures Altra Olympus 2.5
bâtons (déplié après Miage)

Objectif : Terminer

7 commentaires

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MH60 : j'ai raté la bifurc !

Ayant fait le 40 km l’année dernière j’étais décidé à revenir sur cette course sur le format du dessus (63 km et 5000m d+ à peu près). Cela fait 7 semaines suite aux allobroges. J’ai mis un peu plus de temps à récupérer que je ne le pensais (notamment mentalement), ce qui m’a laissé moins de temps pour m’entrainer. J’annule ma participation au 40 km du trail des Aravis pour garder de la fraicheur physique et mentale. Jeudi avant la course, la grosse patate, j’ai envie d’en découdre au plus vite. Vendredi bizarrement, une grosse fatigue me tombe dessus, peut-être le corps qui économise chaque parcelle d’énergie. Par contre contrairement aux allobroges je ne ressens rien de spécial à faire cette course. Le ratio km/dénivelé est similaire, avec du terrain beaucoup moins technique et des barrières horaires très large (on a 18h30 pour finir). Pas inquiet du tout, mais pas d’ambition spéciale à vouloir être « finisher ». Je veux juste faire une belle sortie en montagne. Je prépare le sac un peu au dernier moment avant d’aller pioncer.

Couché à minuit, levé à 3h, parti à 4h, arrivé à 5h. Garé comme tout le monde à un parking à 1,5 km de Saint Nicolas de Véroce. Il faut donc marcher jusqu’au village récupérer le dossard avec sac que donne l’organisation contenant divers trucs et machins, donc faut ensuite retourner à la voiture le ranger, pour ensuite revenir à nouveau au village… je suis dans le sas juste à temps pour le briefing. J’essaye d’écouter mais n’entends pas grand-chose dans le brouhaha et de toute façon la plupart des autres traileurs 2.0 sont plus préoccupés à se prendre en selfie de tous les côtés… allez, il est 6h du mat’, c’est parti. Nous sommes 191 à prendre le départ.

De Saint Nicolas de Véroce (km 0) aux Toilles (km 15) : la mise en jambe

La course commence d’emblée par une montée, courte (400 m) mais raide. Pour la plupart on monte lentement, ce n’est que l’échauffement. Regrettable par contre de constater que bien 90% des utilisateurs de bâtons les utilisent direct alors qu’il est bien précisé qu’ils sont interdis dans la première montée. Les miens sont accrochés au sac (défis à la con, je veux voir combien de temps j’arrive à m’en passer avant de les déplier). La vue en haut est très sympa. Puis une descente roulante, je ne m’emballe pas. Une deuxième bosse (700-800 m), tranquille, une nouvelle descente roulante, toujours se préserver, et j’arrive au ravito des Toilles à 8h40 à la 128ème position. Je pensais mettre 10 minutes de moins, tant pis.

Des Toilles (km 15) à Bionnassay (km 25) : le coup de moins bien

Arrêt express (3 minutes) et je repars. La prochaine montée est celle du Prarion (800 m) mais on a au préalable quelques kilomètres à faire où ça monte peu. Je trouve ce passage long, plus que dans mes souvenirs. C’est même plutôt chiant en fait, on est en sous-bois, on voit rien… puis des coureurs me rattrapent et me doublent par paquet entier. Bon, en fait seulement 9 d’entre eux sont ceux du 60 km, le restant c’est les premiers du 40 km (comme j’imaginais que la majorité était sur le même parcours que moi, cela me minait le moral). Je me rends compte à ce moment que je ne suis toujours pas dans la course. Trop rapprochée des allobroges peut-être. Bof. Après 50 minutes j’arrive enfin au début de la vraie montée au Prarion. Un sentier comme je les aime puis, à mi-chemin, on quitte les bois pour voir le paysage alentours et c’est magnifique. Je retrouve la bonne humeur. Quelques coureurs devant moi fatiguent, certains font des pauses et… ça me réconforte, je ne suis pas le seul à en chier. Oui, souffrez, je me nourris de votre souffrance ! Oui, je suis salaud. J’arrive au sommet. La vue est superbe.

Bon, je me sais en jambe mais si le mental commence à vaciller en début de course je dois trouver un truc. Ce truc, c’est de savoir se récompenser, de prendre des photos à chaque fois que j’en ai envie, de prendre plaisir par cette belle journée. Et tant pis si à un moment ou l’autre je finis hors délais. Je prends donc 5 minutes pour photographier les alentours (quand le téléphone veut bien fonctionner) et manger un pom’pote (l’arme secrète, son efficacité découverte aux allobroges). Je trottine ensuite la descente jusqu’au ravito de Bionnassay. Il est 11h07. J’estimais au préalable l’arrivée vers 11h donc en réalité je n’ai pas perdu tant de temps que ça.

De Bionnassay (km 25) à Miage (km 33) : lentement mais sûrement

Je me recharge en un peu de tout. Pain, tome, jambon cru, st yorre etc etc… du tout bon. 5 minutes d’arrêt et je repars. Il faut d’abord atteindre le Col de Tricot (800 m et des brouettes à monter). Je me découpe cette ascension en deux parties. La première est une montée progressive, j’y vais à mon rythme, mes pulsations cardiaques sont mon seul indicateur, je suis bien. Une passerelle à franchir puis nous voilà à la deuxième partie de l’ascension.

Ça monte un peu plus sans être raide. Un petit névé à franchir. Je recommence ici à me trouver moins en forme. On retrouve ici certains des guerriers qui se sont engagés sur le 126 km. Ben y’en a qui avancent plus vite que moi. Au sommet du col, il y en a pas mal qui en profitent pour se faire une sieste. Je m’arrête 5 minutes, photos, pom’pote.

Il y a 500 m de descente franche et plus technique en lacées jusqu’au ravito. Beaucoup semblent ne pas aimer cette portion du parcours mais ce n’est pas mon cas. Le terrain est joueur, on a toujours le ravito à vue, je cours le plus possible. J’arrive à 13h35 à Miage.  

De Miage (km 33) au Pontet (km 50) : dans le dur. Objectif bière

15 minutes d’arrêt, je me fais biper en sortant du ravito (138ème). Maintenant direction Trè la Tête. Jusque-là je connaissais le parcours, mais à partir de maintenant ce n’est plus le cas. En fait contrairement à ce que je croyais, on passe par un début de chemin différent à la sortie du ravito. L’année dernière c’était un long plat, avant de descendre un peu puis remonter. J’anticipais donc ce plat pour me refaire tranquillement, mais non ! Direct, ça monte bien ! Je suis surpris, je ne m’y attendais pas. La tête accuse le coup. J’avance très lentement. Je me fais même doubler par un couple de randonneurs. Argh. En haut de cette courte montée, une descente roulante, que je trouve longuette à ce moment-là. Je marche au début, puis me force à relancer un peu, mais ce n’est pas trop ça. Je me fais des fausses joies à chaque fois que je vois des gens croyant rattraper des coureurs, mais non ce sont tous des randonneurs…  en bas de cette foutue descente, c’est partie pour une longue et usante montée. L’idée d’abandon germe dans mon esprit. Je sais qu’à mi montée, il y a normalement la possibilité de bifurquer sur le parcours du 40 km et rentrer à St Nicolas, enfin c’était comme ça l’année dernière…  objectif, atteindre cette bifurcation, faire une pause, réfléchir, faire le point. Au bout d’un moment on atteint un point de contrôle avec des bénévoles. Ils prennent mon n° de dossard mais ne me disent rien de spécial. Bon, je me dis que c’est encore plus haut. C’est à ce moment que je décide, enfin, de sortir mes bâtons de mon sac et de les utiliser. Ça va tout de suite mieux ! Je me rends compte en temps réel l’aide qu’ils procurent. Je monte. Je monte. Je regarde ma montre. C’est pas possible que je mette autant de temps. Un doute m’assaille. Je rattrape une traileuse qui confirme ce doute : J’AI RATE LA BIFURCATION ! Avec le recul je ne sais toujours pas s’il s’agissait de ce point de contrôle, ou s’il fallait se décider à la sortie de Miage. Mais personne ne m’a rien dit. J’imaginais une scène à la Matrix, choisis la pilule bleue ou la pilule rouge… mais là plus de choix possible. Je vais donc jusqu’au bout du truc. Et, le fait de ne plus avoir le choix, me soulage, m’enlève un poids.

La bonne humeur revient… puis à nouveau baisse un peu. Mon objectif est d’atteindre le refuge de Trè la Tête, me reposer et boire la fameuse bière offerte aux coureurs (la légende du parcours). Le souci c’est que le chemin pour l’atteindre semble interminable. Un pas après l’autre j’en finis par me dire que ce refuge n’existe pas, c’est une illusion, une hallucination… je pense bière, je pense bouffe… je veux une putain de mousse au chocolat… bref après ce petit moment de galère, me voici arrivé au refuge, tenu par le-dit bagnard, qui a l’air d’être un personnage (il est 17h05 à peu près). Très sympa, il m’offre donc la bière tant attendue. Un demi-gobelet de Pelforth qui me fait l’effet de la potion magique d’Astérix. Je m’allonge 15 minutes puis repars. Il y a une descente annoncée longue et technique jusqu’au prochain ravitaillement (pas moins de 800 m). Je prends pas de risque, je fais la première moitié en marchant uniquement, puis relance un peu plus après. Arrivé en bas on croit que c’est finit mais il y a ensuite un long plat jusqu’au camping du Pontet, pas envie de courir j’avance en marche nordique et j’arrive un peu avant 19h.

Du Pontet (km 50) à Saint Nicolas de Véroce (km 63) : la nuit tombe

Pas fâché d’arriver au ravito. Le tronçon précédent était bien long et usant. Je découvre avec bonheur ce que l’on nous propose : Du thé ! Des pâtes ! De la soupe aux vermicelles ! Sur le coup ce sont les meilleurs aliments du monde.  Je commençais tout doucement à en avoir marre des barres. Je prends mon temps, je mange tout ça et je suis un nouvel homme. Je repars après une longue pause (30 minutes) et bien ragaillardit. Il y a un peu de plat à faire avant d’entamer l’ascension du Mont Joly, que nous ne ferons qu’en partie. Je pensais accuser le coup sur cette dernière bosse mais non, la montée se fait sans problèmes, j’ai retrouvé mes jambes. Le soleil se couche et en sortant du début boisé, la vue ne m’incite pas à avancer vite tellement c’est beau. Je n’hésite pas à m’arrêter régulièrement, profiter de la nuit qui tombe peu à peu.

Après 600m de montée on arrive à un ravito surprise, une gentille femme nous proposant à boire (« la dame aux sirops »). Je prends un verre d’eau sucré, mets ma veste (il commence à faire froid). Encore 200m de montée à faire que gère sans efforts. Me voilà au dernier point de contrôle à 22h. Il s’agit de la bifurcation 60/125. Ceux engagés sur le grand parcours auront ici un choix difficile à faire, finir la course et redescendre comme nous à St Nicolas ou continuer et affronter une longue nuit de solitude dans la pampa. Bref, moi je suis bien, finit les montées, il fait presque nuit noire, je prends quelques photos (je me répète, mais ces vues !), j’allume ma frontale puis c’est parti pour une descente bien cash sous les étoiles jusqu’à l’arrivée.

Ça descend raide et mon inflammation/tendinite du genou gauche choisit ce moment pour se rappeler à mon bon souvenir. Je suis obligé de faire régulièrement des courtes pauses, quelques secondes, car je me prends des petites décharges si je vais trop vite. A une ou deux reprises on a des courtes portions de piste où ça descend moins fort, et là j’arrive même à trottiner sans problème. Dès que ça redevient raide, je suis obligé de marcher. Je sers un peu les dents et ça passe. Je n’ai mis au final qu’une heure, je craignais que ce soit plus long à l’image de la descente de Tré la Tête. J’atteins le village et passe l’arche d’arrivée peu après 23h (167ème sur 191).  

Place à une bonne récup’ pour ensuite préparer l’objectif de l’année à savoir la traversée nord de l’Echappée Belle. Cette MH fut une très bonne expérience. Un mental au yoyo notamment dans la première moitié du parcours mais réussit à en finir, seul avec moi-même, sans bénéficier de l’émulation d’un groupe, sans mp3 etc... Merci les bâtons, la bière de Tré la Tête et le ravito du Pontet. L’orga et les bénévoles sont excellents, le balisage sans faille. Il est très probable que je revienne l’année prochaine… sur le 100. Comme ça, s’est dit quelque part...

           

7 commentaires

Commentaire de Rlan posté le 10-07-2018 à 15:55:17

Bravo pour ta course. Ton récit m'a fait penser un peu à ma mh60 de 2013 avec à peu près les mêmes horaires et les même ressentis.

l'année dernière le tracé était différent. le 60 et le 40 avait une portion en commun après le PC de Miage. tu n'as pas halluciné ;)

Commentaire de Thomas74 posté le 10-07-2018 à 16:10:55

Du coup elle était où la bifurcation 40/60 ? Le plus logique pour moi, c'est qu'elle soit direct à la sortie de Miage en tournant à droite. Ou alors c'était bien au point de contrôle à mi-chemin de la montée vers Tré la Tête ?

Commentaire de Rlan posté le 10-07-2018 à 16:20:04

Cette année, la biffurc 60/40 était à la sortie du ravito des miages. effectivement, le sentier tout de suite à droite... mais tu as bien fait de le louper :)

Commentaire de Thomas74 posté le 10-07-2018 à 16:24:02

Ah ok ! Merci ! Effectivement si j'avais bifurqué j'aurai eu des regrets.

Commentaire de bubulle posté le 11-07-2018 à 07:24:58

Bravo à toi. On a du se croiser à Miage....en tout cas, c'était bien que tu ne saches pas que la bifurcation était là....:-)

Commentaire de Thomas74 posté le 12-07-2018 à 02:18:48

Merci. On s'est effectivement vu à Miage, tu discutais avec un gars en blanc (Cabri_89), j'étais assis à côté de vous eux. Vous ai salué avant de repartir dans ma galère.

Commentaire de bubulle posté le 12-07-2018 à 13:26:35

Oki, je me rappelle à peu près! Désolé de faire dans l'approximatif, mais il est vrai que, particulièrement à Miage, on a vu un nombre assez incroyable de kikoureurs!

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