Récit de la course : La Montagn'Hard - 60 km 2018, par Sanderine

L'auteur : Sanderine

La course : La Montagn'Hard - 60 km

Date : 7/7/2018

Lieu : St Nicolas De Veroce (Haute-Savoie)

Affichage : 769 vues

Distance : 60km

Objectif : Terminer

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Montagn'hard 60 2018

Moi aussi, je suis une lectrice assidue de l’ombre et le témoignage de Francovieri m’a poussé à écrire ce compte rendu. J’avais déjà « bouclé » deux fois la MH40 en 2015 (pour ma première grosse course, bonjour la canicule !) et en 2017. 2016, repos car je me suis complètement rompu le tendon d’Achille cette année là.

Je ne suis pas une vraie coureuse comme vous tous ici (ce qui explique que je n’ose pas écrire sur ce forum ou vous aborder quand je vous croise) car je ne cours qu’en descente et sur le plat (ou je trottine selon la forme). Je marche toujours en montée, bien quand j’ai la bonne énergie, doucement sinon.

Cette année, je me suis inscrite à la MH60. Le trail en montagne me passionne depuis des années. Depuis 2003 je dirai, quand nous avons fait le tour du Mont Blanc en rando, … et que nous avons vu des flèches roses fluo sur une portion bitumée indiquant un parcours. Nous renseignant, nous apprenons qu’il y a une course organisée autour du Mont Blanc. Première pensée : « Mais ils sont malades ! » (nous avions la tente avec nous, mon sac pesait 18 kg et on a mis 6 jours à faire la boucle). Depuis, il n’y a pas une année où la dernière semaine d’août, nous allons voir les coureurs (au départ, maintenant plutôt vers les Houches, et à l’arrivée bien sûr). Je vous lis depuis longtemps et je suis particulièrement vos commentaires sur les trails de la vallée et environs (trail des aiguilles rouges, trail des Fiz, MH, UTMB, etc.). Merci d’ailleurs pour toutes les ressources que vous procurez aux gens comme moi qui ne participent pas aux discussions ! Je suis les suivis live aussi et je lis assidument tous les comptes rendus des courses qui m’intéressent. C’est très instructif, cela m’aide énormément.

Je n’ai pas le gabarit adéquat, je ne suis pas affutée actuellement, mais j’habite juste à côté et j’ai donc eu la possibilité de reconnaître environ 95% du parcours (quand j’avais fait la reconnaissance de Tré la Tête, je n’étais pas redescendue par les chalets de la Laya mais j’étais rentrée à La Frasse par Cugnon). Cette année, j’ai hésité à m’inscrire au kivaou mais je n’ai pas franchi le pas. Je n’ose pas. J’ai terminé la MH60 avant-avant-dernière du classement et dernière femme de ma catégorie … mais honnêtement, ce n’est pas cela le plus important.

Mon objectif était de terminer la course … et j’y suis arrivée ! J’ai ma médaille ;) La boucle a été bouclée. Ce que j’aime bien dans le trail, c’est qu’il permet à des personnes comme moi de faire partie de l’aventure ; à mon niveau, un rêve a été réalisé et je trouve cela vraiment super. J’ai été encouragée par les premiers du 40 km alors qu’ils couraient en montée, j’étais sous Plancert mais j’ai eu droit à des encouragements de leur part ! J’aime bien cet état d’esprit qui fait que des amateurs comme moi peuvent parcourir le même chemin que les élites ou les coureurs très entraînés et expérimentés. Je cherche également la solitude et la beauté des paysages, l’altitude (pour son élévation ;) ) et l’effort physique régulier et long.

J’ai commencé par le 10 km de Chamonix puis le p’tit TAR puis le balcon des Fiz, puis le tour des 5 refuges et d’autres. Et en 2015, l’objectif, c’était la MH40 que j’ai fait ! Bon, encore une fois, arrivée dans les derniers mais je l’avais fait, c’était absolument extraordinaire pour moi. Je m’étais bien entraînée, + 43 000 D+ cette année là. Je ne « travaille » que le dénivelé, je n’arrive pas à faire de fractionné, cela m’ennuie au bout de deux minutes. Or, je pense qu’il faudrait que je varie mon entrainement pour progresser. L’hiver, j’avais fait de la rando à ski. Seul le dénivelé m’intéressait !

En 2017, je m’étais inscrite 10 jours avant le départ sur un coup de tête (c’est quand même super de pouvoir s’inscrire si facilement), sachant que je n’avais rien fait pendant les deux mois précédents (raisons professionnelles et de plus stressantes). Je l’avais terminé, et pas complètement naze à l’arrivée, pour ma plus grande satisfaction. Je m’étais mise à espérer que je pourrai peut être passer pour 2018 au parcours du 60. Je ne m’étais pas entrainée particulièrement et j’y étais arrivée alors pourquoi pas viser plus haut ? Attention, pour moi, y arriver, c’est arriver avant la BH !

Si je m’inscris à une course, par contre, il faut absolument que j’aie reconnu le parcours. Je suis admirative des personnes qui n’en n’ont pas besoin ou qui ne peuvent pas le faire et la découvrent le jour J (je sais qu’il est compliqué de le faire quand on n’habite pas sur place). Sans doute je ne pourrai pas faire ce genre de choses si j’habitais à Paris. Je me souviens qu’en 2017, j’étais allée reconnaître la nouvelle partie Montivon – Plancert, cela m’intriguait de voir ce qu’ils avaient rajoutés au parcours. Il fallait que je VOIS ce qui était prévu pour le jour de la course.

Pour cette année 2018 : l’entrainement est modérément présent mais quand je parle d’entrainement, c’est une grosse sortie les week-ends ou bien de la rando à ski l’hiver. Cependant, j’ai eu du mal à débuter la rando à ski à cause de ma cicatrice du tendon d’Achille qui saignait dans ma chaussure de ski ; on a trouvé la solution : un gros trou dans le chausson ;) Mais cela a été compliqué d’être régulière car soit j’avais mal au tendon, soit une tendinite genou droit est apparu. J’ai donc alterné des périodes de repos et de sorties. Les 3 dernières semaines avant la course, je me suis fait soigner ma tendinite par ma copine kiné et qui s’est doté d’un nouvel appareil : résultats complètement bluffants. Aucune douleur ressentie au genou droit (par contre, super douleur au genou gauche pendant la course, à partir de Tré la Tête).

J’ai voulu compenser mon manque d’entrainement physique cette année par une grosse préparation mentale, sauce maison. Visualiser le parcours, montées après montées, descentes après descentes a été très important, j’en suis maintenant sûre. Deux ou trois semaines avant l’échéance, tous les soirs avant de m’endormir, je visualisais tout le parcours, du départ à l’arrivée ; cela n’a l’air de rien, mais je suis persuadée que cela m’a aidé à enclencher un mode « j’avance et je sais parfaitement où je vais » tout au long de la course. Ce qui fait que pendant la course, j’ai juste eu un petit coup de mou au mental au col de la Forclaz car là, je me suis dit : « Il va quand même falloir aller à Tré la Tête… » et quand on regarde la carte … où le relief quand on est bel et bien sur place, et bien, on peut dire qu’il reste du chemin ! Ce sont les deux points « symboliques » pratiquement les plus éloignés en distance de la course et cela représente un sacré morceau. Je ne sais pas trop pourquoi j’ai faibli à ce moment là. Mais comme je lis tous les récits, je savais que cela allait passer … ce qui fût le cas.

Vendredi 6 juillet - Soirée

Je monte chercher mon dossard avec toute ma famille. On discute avec certains bénévoles sur place que nous connaissons. C’est sympa ! D’un œil extérieur, on pourrait dire que c’est mon mari qui vient chercher son dossard (il fait des ultras) mais non, c’est bien moi ! La très très bonne surprise : presque une heure de plus pour les BH aux Toilles, à Miage et au Pontet. C’est parfait pour moi ça ! Nous ne nous attardons pas, on redescend manger chez nous, pâtes à la bolo, dodo à 23h.

Toute la semaine, j’ai essayé de faire une sieste l’après midi (mon travail me l’a permit cette semaine là) et de dormir beaucoup la nuit (au moins 8 h). Il y a avait même un pot à mon travail pour les vacances ; j’ai préféré partir avant pour faire la sieste.

Samedi 7 juillet - 4 h

Le réveil sonne et en deux secondes, je suis debout. Moi qui suis une grosse dormeuse et qui ne suis vraiment pas du matin, tout est parfaitement clair lors de ce réveil matinal. Je l’attends depuis des mois. Je déjeune en prenant le temps et je pars exactement à l’heure prévue : 5 h 00 min. Trajet en 25 minutes jusqu’à Saint Nicolas, trouve une place sur le parking et me rend tranquillement à l’aire de départ (l’année dernière, j’avais pris mon dossard le matin mais il faut compter l’aller-retour à la voiture ensuite pour déposer le petit sac donné). Une fois de plus, des coureurs s’échauffent /courent déjà et je trouve cela hallucinant ! Départ tranquille et comme d’habitude dans les derniers.

J’ai bien ma montre altimètre mais je ne regarde jamais combien de temps j’ai mis pour monter ou descendre. Je me concentre uniquement sur le dénivelé. Alors inutile de me demander pendant la course combien de km il reste, je n’en avais aucune idée. Tout se passe bien. A Bionnay : je sors mes bâtons ;) La température est idéale et très agréable. En haut de Plancert, j’ai une très bizarre sensation au tendon droit (inédite), celui qui n’a pas été opéré, comme s’il « flottait ». Je me demande alors si lui aussi ne va pas péter… Mais cette sensation partira dans la descente pour ne plus jamais revenir. J’arrive aux Toilles à 9h10 (je vous ai dit que j’étais lente !). Par contre, ce qui est cool et contrairement à l’année dernière, le ravito est plein (il était pratiquement vide l’année dernière pour la 40, surtout il n’y avait plus de coca, ma boisson de prédilection). Coca et abricots secs, soupe aux vermicelles. Super.

La montée vers le col de la Forclaz : au niveau du col, petite baisse de moral car je visualise ce qu’il reste à faire (aller jusqu’à Tré la tête et encore, là bas, cela sera loin d’être bouclé). Je prends un gel, attaque la montée du Prarion et les idées négatives disparaissent. Je me dis qu’il faut que je me concentre montée après montée et non sur la globalité du parcours.  Le fait de faire une reconnaissance est indéniable pour moi ; je sais que lorsqu’on croit qu’on arrive, il en reste encore (j’aime beaucoup cette montée au Prarion). Je me répète « Ce n’est pas encore fini, ce n’est pas fini ». Je ne m’attarde pas sur la vue magnifique car j’ai des tonnes de photos que je fais à l’entraînement. N’empêche que ce sont aussi pour des vues de cette beauté et de cette qualité que je fais cela. Je me souviens que la première fois où j’étais redescendue vers Bionnassay, j’avais trouvé que c’était hyper raide et assez long, là, tout se passe bien, tout est moins raide et long. Je crois qu’il commence à faire chaud à ce moment là.

J’arrive à Bionnassay à 12h07. L’année dernière, j’étais arrivée 10 ou 5 minutes avant la BH et je n’avais pas pu rester au ravito. On m’avait dit d’y aller car les serres files partaient. Cela avait été une sensation très pénible car voir les serres files juste derrière est une véritable épreuve (pour l’anecdote, sur le trail des Hauts Forts à Morzine que je n’avais pas bouclé, les serres files débalisaient à 5 m de moi : là, c’était très très compliqué moralement (ceux qui n’ont jamais vu de serres files de leur vie ne peuvent pas comprendre J ! J’avais arrêté à Avoriaz sur la première boucle car j’étais transie de froid…). Je me ravitaille correctement. J’ai une poudre que je mets dans une de mes flasques que j’ai testé à l’entrainement et qui me convient bien. Je ne m’attarde pas car étant habituée à partir avec les serres files, je ne veux surtout pas les voir ici !

Pour l’instant je ne parle pas avec grand monde. J’ai bien vu quelques casquettes kikourou rouges et j’ai même vu Bubulle au départ (« Oh, il a bâché, dommage pour lui ! » – pour reprendre votre vocabulaire !). Un autre mot de votre vocabulaire que j’aime bien est « jardiner » ; avant de le faire réellement, on se demande à quoi cela correspond vraiment. Mais le jour où on est pris dans des terrains humides où on s’enfonce jusqu’aux mollets, avec zéro sentier aux alentours, pleine de végétations immenses avec des vaches noires énormes pas sympathiques du tout qu’on essaie de contourner … alors là, on comprend ce que veut dire le « jardinage » ;)

Je sais que mon mari et deux de mes filles vont m’attendre à Miage vers 14 h - 15 h. Cela, c’est super pour le bon déroulement du col du Tricot. Ce col du Tricot, je le connais bien, je sais qu’il est interminable vers la fin … je suis préparée. Avant, j’avance tranquillement dans la plaine de l’Are, je pense à mon mari qui y passe pour le Nid d’Aigle, je savoure les paysages et j’avance. A la passerelle de Bionnassay, c’est toujours aussi sauvage et beau ; le bruit du torrent est unique. La montée est ce qu’elle est, je ne souffre pas trop, enfin j’en ai l’impression après coup. J’apprécie le névé juste avant le col car on s’enfonce moins que dans les trous/goulottes habituels. Tricot, ça c’est fait, un rapide coup d’œil pour visualiser les chalets de Miage. Et je sais qu’au bout de la descente, je retrouve ma famille. Enorme boost ! Moi qui suis une accompagnatrice de mon mari la plupart du temps, pour une fois, c’est moi qui cours ! J’ai quand même du mal à bien courir dans la descente, jambes un peu lourdes.  Je croise même Bubulle en Tshirt rouge J Et je retrouve ma petite famille, sensation hyper hyper agréable. Je sors du ravito peu après 15h, coca et soupe, abricots secs et Tuc.

Je ne sais pas si c’est autorisé mais ils m’accompagnent au Truc ; ils vont redescendre par là. Le fait d’avoir mangé à Miage m’a fait baisser mon énergie et je crois me souvenir qu’il fait plutôt bien chaud. Je suis un peu à deux de tension, je monte tout doucement. Mais la montée est vite avalée et nous redescendons. Je me sépare de mon mari et de mes enfants pour continuer vers la Frasse. C’est agréable, c’est en sous bois. A un moment, je rate une balise (d’ailleurs le balisage est impressionnant sur cette course, surtout de nuit) et je me retrouve sur le chemin 4x4 qui mène à La Frasse. Comme j’ai mes répères, je prends à gauche et je retrouve très vite les balises.

J’avais fait la reconnaissance pour Tré la tête depuis la Frasse en mode très relax juste une semaine avant donc je n’ai pas de surprises. Jusqu’à présent, je n’ai toujours pas parlé à grand monde. Mais dans la combe d’Armancette, je fais le chemin avec une femme que j’avais vu au départ. Elle a plus d’expérience que moi, elle a déjà fait plus de 100 km. Et nous montons ensemble, en discutant. Mine de rien, cela me fait du bien. Nous continuerons ensemble jusqu’à Tré la Tête puis ensuite nous nous perdrons de vue dans la descente au Pontet. Elle a un mental qui m’impressionne. Je lui fais voir Porcherey, là bas, tout au loin et elle enregistre calmement l’information, elle est très positive, elle ne dit pas « ouah, ça va être long, on est pas arrivées, etc » ; non, elle enregistre l’information tout simplement et on continue. Cela m’a aidé à ce moment là aussi de n’avoir que des pensées positives. J’ai trouvé qu’elle était très positive et très forte mentalement et qu’il fallait être comme cela. Donc c’est décidé pour la suite : être positif !

Arrivée à Tré la Tête à 18h45. Presque plus de bières et pratiquement plus de sirop mais j’ai un petit verre de sirop quand même. Merci le bagnard J

Et commence la partie que je n’avais pas reconnu et là, patatras (en l’écrivant, je me dis peut être que c’est lié ?) : grosse douleur au genou gauche. J’avais soigné le droit, cela fait des années que je n’ai pas eu mal au gauche mais là, grosse douleur de tendinite que j’aurai aimé jamais ne connaître ; je serre les dents dans la descente ; comme par hasard, elle est pas super roulante ! Mais bon, c’est pas possible que j’arrête au Pontet ; il me reste qu’un seul obstacle, la dernière montée et surtout la dernière descente.

Sur la fin de la voie romaine, je suis rejointe par mon mari et mes enfants, c’est une nouvelle fois de plus génial. Ils m’accompagnent au Pontet. Je suis un peu fatiguée mais c’est surtout la douleur du genou qui m’inquiète. Je m’assois pour la première fois de la journée et me ravitaille correctement (soupe, chips, tucs, abricots, coca). Je discute un peu avec une bénévole que je connais.  Je repars seule en trottinant, sur le plat, ça passe. Je m’étais dit que cela serait long cette partie plate, et bien pas vraiment, cela se passe bien et plutôt vite. Mais je commence à regarder sérieusement les horaires car c’est pas fini. Et cela passera bien en montée, pas de douleurs particulières. Dans la montée sous Porcherey, j’allume ma frontale (et oui, il est tard pour moi !). C’est la première fois que je fais une course avec une frontale. Les sensations sont différentes, je n’ai plus les mêmes repères, je reste concentrée sur mon objectif.

Quand j’avais fait la reconnaissance de cette montée, j’étais montée jusqu’en haut du Mont Joly (il y avait encore un énorme névé juste en dessous), histoire de faire un peu de dénivelé. Or, en regardant le profil une nouvelle fois, je m’étais rendue compte que la bifurcation n’était pas à Porcherey (alors qu’il y a un sentier qui redescend direct à Saint Nicolas) mais 200 m au dessus. Heureusement que je m’étais préparée ! La dame aux sirops n’a plus de sirop (!) mais elle me propose gentiment de l’eau gazeuse. Très sympa. J’enfile ma veste imperméable, je commence à avoir froid, je pense que c’est la fatigue. J’essaie de manger de la viande des grisons que j’avais déjà consommé pendant la journée mais là, cela ne passe plus du tout, je recrache tout. Je finis motivée (plutôt pressée par le temps) la dernière petite montée et arrive à la bifurcation à 23h10. Alors juste à ce moment là, je me dis que c’est jouable car la BH est à 0h30.

Sauf que … la descente est vraiment douloureuse. Alors qu’en reconnaissance, j’avais bien couru cette fin, là, je marche en canard, sur les côtés, de biais, … m’aide des bâtons et repense aux conseils de mon mari qui a déjà connu ce type de douleurs. Plan de la Croix, complètement mort … quelques lumières blafardes, seule au monde. Je continue. Je suis heureuse malgré tout car je sais que je vais finir. Cet exploit pour moi est à portée de main. « Arrivée à 800 m », je suis toute contente, j’en oublie presque la douleur. Encore quelques mètres … Et là dernier virage, mon mari m’attend avec mes 3 filles, famille au complet, une vraie émotion me submerge, je crois que j’ai eu les larmes aux yeux (non, j’ai eu les larmes aux yeux). Photo souvenir tous ensemble.

J’arrive à Saint Nicolas à 0h13 ! La médaille, mon plus beau trophée.

J’arrive dans une ambiance déserte et un village désert mais à ce moment là, seule l’immense joie d’avoir bouclé la boucle m’importe. Je ne m’étais promis que cela en partant : boucler la boucle. Et il y a ma famille avec moi pour partager cela.

La semaine qui suit, malgré la douleur au genou, je bénéficierai encore de cet état que j’aime tant : on se sent flotter, à la limite de planer, la satisfaction d’avoir atteint son objectif et la sensation indescriptible de bien-être que cela procure…

Je crois que c’est dans la montée sous Porcherey que je me suis quand même dit « elle est quand même dure cette course, je pense que je vais revenir à des formats moins difficiles, faire plus court, elle est quand même dure cette course –rabâchage-, mon mari avait raison (il l’a déjà fait), il me disait « honnêtement … : …. tu vas en ch… » » et puis une semaine après, je suis déjà dans la projection de préparer ma prochaine échéance fin septembre qui est le TAR, avec toujours l’objectif de la finir, avec tout le plaisir retrouvé.

Merci à ma famille, aux organisateurs et aux bénévoles pour cette superbe course et surtout merci à toute la communauté Kikourou et votre sens du partage sur ce forum ; grâce à vous aussi, j’ai réussi.

J’ai réalisé mon UTMB à moi !

25 commentaires

Commentaire de Thija_59 posté le 31-07-2018 à 13:49:33

Superbe aventure ! bravo !

Commentaire de Sanderine posté le 31-07-2018 à 14:04:38

Merci beaucoup ! Je suis toute surprise qu'on ait lu mon récit car je ne participe pas souvent.
Merci beaucoup !

Commentaire de Thija_59 posté le 31-07-2018 à 14:20:57

Comme tu le dis : les comptes rendus des participants sont une source d'expériences d'une richesse incroyable, et puis ils permettent également de "revivre" les émotions que tu ne trouves normalement que pendant la course donc que il est normal que ton CR soit également lu.

Encore bravo pour ta course !

Commentaire de Niko3006 posté le 31-07-2018 à 13:58:32

Félicitation pour ta course, tu t’étais très bien préparé surtout mentalement ce qui t’as je pense énormément aidé pour atteindre
L’objectif de terminer, surtout que la 60 est loin d’être une course facile. Comment se passe ta récup ? cette phase-là est aussi très importante. Encore bravo
Nicolas

Commentaire de Sanderine posté le 31-07-2018 à 14:09:26

Merci beaucoup pour ce commentaire. Comme dit plus haut, je suis agréablement surprise d'être lue ! Merci !
Le mental a été plus important que le physique, j'en suis sûre aussi ...
La récupération est sur la bonne voie, je n'ai couru qu'une seule fois depuis la course mais ai bien senti le genou donc j'ai arrêté. Je continue le kiné, je suis sur la bonne voie. La gaulthérie couchée est mon amie...
Merci encore pour les encouragements et ce commentaire si sympathique.

Commentaire de Niko3006 posté le 01-08-2018 à 07:54:07

Je vois que tu ne grilles pas les étapes, alors pour 2019 c’est le grand. En tout cas je m’aperçois que même si je trottine un peu plus vite, point de vue CR je ne t’arrive pas à la cheville, mon CR sur la 135 est bien plat par rapport à ton récit. Encore BRAVO.

Commentaire de Sanderine posté le 02-08-2018 à 08:34:33

Merci Nico3006 ! Tu es la parfaite illustration de ce que j'écrivais dans le récit : qu'un champion / élite comme toi puisse prendre le temps de me lire et de faire des commentaires aussi bienveillants, honnêtement il n'y a que dans le trail que c'est possible !
Quand je t'ai répondu la première fois, je me suis dit : mais attends, Nico3006 ... mais ... il a gagné la 100 dans des temps records !!! Il m'a répondu !!!
Incroyable ...
Bravo à toi pour ta course, on ne doit pas faire le même sport !
Et oui tu dois "trottiner" un peu plus vite que moi ;)
Merci en tout cas de ta bienveillance et de tes mots, j'ai été très impressionnée par ta course (qui ne le serait pas?) et également ton état d'esprit envers des amateurs comme moi. MERCI.

Commentaire de Mazouth posté le 31-07-2018 à 14:26:55

Bravo ! Belle force mentale ;)
J'ai bien aimé ton CR qui m'a aussi un peu fait revivre ma MH60 de 2016 qui était une première pour moi sur ce format.

Commentaire de Free Wheelin' Nat posté le 31-07-2018 à 14:37:52

N'importe qui ne peut pas terminer une MontagnHard, quelle que soit sa distance ;-) Tu fais partie des finisheurs et tu peux en être fière! Bravo!
Beaucoup disent que le mental est un facteur clé du trail, et c'est vrai! Je rajouterais également que le sommet qui parait si haut, si loin, est toujours plus proche qu'on le croit, il suffit d'être juste patient.
Bonne récup', et bon TAR !! (veinarde, il doit être magnifique celui-là aussi!)

Commentaire de boby69 posté le 31-07-2018 à 15:28:40

Bravo d'avoir fini , la place compte peu !
Mais n'hésites pas à poster, publier, "kivaouter" ou aborder les autres kikoureurs : à part les 1ers , rares sont les coureurs... qui courent en montée .

Commentaire de neofoxy posté le 31-07-2018 à 16:19:42

Bravo à toi ;)
Je suis d'accord, la visualisation est un excellent outils quand on connait le parcours.
Tu as assurée et repoussé tes limites.

Commentaire de Sanderine posté le 31-07-2018 à 16:38:44

Un mot de remerciement à Mazouth, Free Wheelin'Nat, boby69 et neofoxy de vos mots : vous êtes trop sympas ;) MERCI, cela me touche beaucoup. C'est pas trop évident d'écrire un récit vraiment auto-centré, toutes les réactions me font chaud au coeur, et au moins je l'aurais mis quelque part, pour ne pas ... oublier... Je continuerai bien sûr à vous lire : vous êtes MA source !!!
Merci.

Commentaire de bubulle posté le 31-07-2018 à 17:30:04

Même les premiers, ils marchent en montée, j'en ai vu faire (bon, OK, pas longtemps.....mais dans la Combe d'Armancette, je te jure que le 1er du 60, il marche.....vite, mais il marche)....:-)

D'ailleurs, même les premiers, ils commentent les récits des autres kikoureurs, comme l'a fait Nico plus haut....

La prochaine fois, promets-nous juste de venir faire la causette, aux casquettes rouges que tu croises. J'espère au moins t'avoir dit 2-3 mots quand je t'ai croisée dans le Tricot (j'ai essayé d'avoir un petit mot pour tous ceux qui couraient).

Un grand géant bravo pour ce beau résultat. Dès le départ, on sait que ça va le faire et que le mental sera là. Tu n'es peut-être pas rapide, comme tu dis, mais y'en a plein d'autres, des lents. D'ailleurs on est la majorité, c'est nous qui avons raison, je suis sûr.

A une prochaine, peut-être encore sur la Montagn'hard et....va savoir si le 100km ne te fera pas de l'oeil un jour? Il ne fait jamais dire "jamais"....

Commentaire de Sanderine posté le 02-08-2018 à 08:41:24

Merci Bubulle pour ton commentaire et tes encouragements.
Oui, tu m'as donné des mots d'encouragements quand nous nous sommes croisés, j'étais très impressionnée ;)
Merci pour ton CR que j'ai dévoré bien sûr.
Bon courage pour la suite de tes courses.
Pour ma part, le fait d'avoir partagé mon récit et de recevoir autant d'ondes positives m'ont fait beaucoup de bien. Cela m'aide à me projeter. Car ma prochaine étape est loin, vu mon genou encore récalcitrant. Merci beaucoup.

Commentaire de JuCB posté le 01-08-2018 à 08:56:49

Bravo pour ta course, pour cette perf !
Une prépa minutieuses, une belle journée, un trail énorme : j'en frissonne à te lire

Merci pour ton récit : c'est d'une fraîcheur incroyable
J'adore !!
Le TAR : tu mets la barre très très haut.
Keep pleasure and Drink Beer

Commentaire de Sanderine posté le 02-08-2018 à 08:46:26

Merci JuCB pour tes mots.
Pour le TAR, je m'étais dit que si j'y arrivais pour la MH60, normalement, le TAR serait du "même" format. Je dois juste reconnaître la partie Servoz - Les Houches, je n'ai jamais pris cette montée du Prarion par ce côté. Par contre comme dit plus bas, les BH me semblent un peu justes pour moi, je dois étudier la question !!!
En tout cas, merci pour ton commentaire, il fait plaisir !
Garder du plaisir, c'est bien mon intention.
Boire des bières, c'est aussi un grand plaisir ;)

Commentaire de Benman posté le 01-08-2018 à 12:16:51

Merci pour ce magnifique recit qui mérite d'etre lu et relu tellement il relate bien tes sensations et ton envie. Bravo pour cette belle médaille si méritée.

Commentaire de Sanderine posté le 02-08-2018 à 08:48:53

Merci Benman sincèrement pour ton commentaire. MERCI. Que vous m'écriviez des commentaires sur ce récit qui, pour moi, n'est pas de votre catégorie me ravit vraiment. Cela me booste complètement. MERCI.

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 01-08-2018 à 15:16:14

Bravo à toi. J'aime beaucoup ta dernière phrase qui montre que chacun à son niveau non seulement gravit les montagnes mais aussi les déplace. La valeur de l'exploit est toujours à l'aune de celui ou celle qui l'accomplit.
Quant à ton prochain défi, avec le TAR, t'as la crème du trail.

Commentaire de Sanderine posté le 02-08-2018 à 08:53:12

Merci Le Lutin d'Ecouves. Quand j'ai écrit la dernière phrase, je me suis dit, mais ils sont tellement nombreux à l'avoir fait, cet UTMB, le vrai, l'unique, 170 km !!! ... Ils vont bien rigoler ...
Mais c'est la vérité, à chaque fois, c'est une petite révolution pour moi, à mon niveau.
Pour le TAR, je le regarde depuis des années ... au début, c'était un REVE, maintenant, au moins je prendrai le départ et j'espère que je pourrai participer à la course le plus longtemps possible. Mon objectif sera de le terminer, ça au moins, c'est sûr ;) Merci pour ton commentaire.

Commentaire de kld_root posté le 01-08-2018 à 16:03:50

Bravo ! Super beau récit ... on attend celui du TAR maintenant !:)

Commentaire de Sanderine posté le 02-08-2018 à 08:54:37

Merci kld_root : j'espère très sincèrement que dans les prochains mois, je pourrai écrire ce compte rendu. En tout cas, si j'y arrive, je l'écrirai !!! MERCI.

Commentaire de Stéph le givré posté le 01-08-2018 à 22:07:51

Bravo à toi pour ce beau récit et pour cette superbe course. L'important c'est d'être aller au bout sans faille et d'être finisher. Belle ballade à toi sur le Tar et attention aux BH, c'est serré mais les paysages sont magnifiques. A bientôt

Commentaire de Sanderine posté le 02-08-2018 à 09:02:41

Merci Stéph le givré pour tes mots. L'important est effectivement d'être finisher. Je me suis souvent demandé pourquoi s'inscrire à des courses alors qu'on peut le faire en off mais l'ambiance d'une course est unique. S'inscrire à une course, c'est avoir une date et une heure précise, et de là, tout se met en place : la préparation, la reconnaissance, la gestion de la course... Pour le TAR, oui je vais étudier les BH. Mais jusqu'à présent, c'est vrai que j'étais complètement focalisée sur cette MH. Paysages magnifiques, oui, j'espère qu'il fera beau. MERCI encore.

Commentaire de Arclusaz posté le 05-10-2018 à 16:51:26

j'avais loupé ce CR, quel dommage ! il y a tout ce que j'aime dedans : le défi, la modestie, le plaisir au bout de la souffrance. Quelle volonté ! on a du se voir au début de la course : j'avais un écusson kikourou sur mon sac. Je pense que tu as du me doubler dans la montée du Prarion et puis j'ai explosé dans le Tricot. A Miage (arrivé à 15h25 soit 25'après toi), avec mon ami Polosh, nous avons sagement décidé de bifurquer sur la 40. Comme toi, je connaissais tout ce qu'il restait à faire et cela m'a paru impossible ! J'espère que nous lirons encore souvent de tes compte)rendus (je file déguster celui du TAR !) et que nous aurons l'occasion de nous rencontrer. Encore bravo.

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