Récit de la course : La Montagn'Hard - 60 km 2013, par the dude

L'auteur : the dude

La course : La Montagn'Hard - 60 km

Date : 6/7/2013

Lieu : St Nicolas De Veroce (Haute-Savoie)

Affichage : 1307 vues

Distance : 60km

Objectif : Pas d'objectif

12 commentaires

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Le récit

Nous y voilà enfin : la Montgn’hard.




Depuis que mon inscription est partie dans la poche du facteur, l’éventualité de ne pas pouvoir prendre le départ m’a si souvent traversé l’esprit que le simple fait d’être sous l’arche ce matin me fait vraiment plaisir.

En + je ne suis pas seul, mon pote Sam est à mes côtés pour son premier vrai gros trail.

Des années que je lui prends la tête pour qu’il vienne faire un ultra, lui qui est plutôt adepte du vélo de route, j’espère que ça va lui plaire.

De mon côté, c’est un peu le doute qui prédomine, le début d’année a été marqué par les blessures : tendinite au tendon d’Achille ultra tenace, entorse ; l’entraînement a été haché, et pas très volumineux.

Mais peu importe, j’ai avant tout envie de profiter : il fait super beau, on va évoluer dans des paysages grandioses, je suis avec un pote; tout est réuni pour passer une bonne journée.

Et puis je me suis aussi inscrit sur cette course pour une raison un peu mesquine : partant du principe que le Dude se traîne comme un pingouin arthritique dès qu’il faut avancer sur terrain plat, autant faire une course où il n’y en a pas. Non mais.

Passion du dénivelé qu’ils ont dit, on verra dans une douzaine d’heures si je suis toujours passionné.




 


Une promenade de santé, vraiment?


Allez, c’est parti, 500m de route en descente et on attaque le pentu. Ouais !!!

Première montée qui se passe tranquillement, on est dans les 50 premiers environ, on discute. Les consignes sont claires : on essaie de rester ensemble le plus longtemps possible, mais s’il y en a un qui se sent l’envie d’accélérer, qu’il n’ait pas d’état d’âme.

Arrivés dans la prairie une féminine en jupe rose nous double, on échange quelques mots puis elle nous dépose, j’annonce à Sam : « on n’est pas prêts de la revoir », j’ai faux.

La descente qui suit est assez roulante, je ne sais pas très bien pourquoi mais elle me semble interminable ! Pas mal de coureurs nous passent, pas grave.

 

            Enfin on attaque les choses sérieuses, un premier gros coup de cul bien raide où l’on reprend quelques uns des coureurs qui nous ont grillés dans la descente, ainsi que la fille à la jupe rose. Une petite descente et cette fois voici la première grosse difficulté : la montée vers le Prarion : 800m D+ sur 5 km.

La montée se passe très bien, le chemin est bien raide mais avec pas mal de lacets, c’est régulier, je donne l’allure, Sam est juste derrière, on va encore dépasser quelques coureurs.

Lorsqu’on s’arrête pour prendre des nouvelles d’un gars qui a l’air assez mal, le bide en vrac, un petit groupe de 5-6 se crée, mais dès que je repars sur une bonne allure tout le monde décroche, bien.

C’est assez agréable, il faudrait juste que je ne le paye pas au centuple d’ici quelques heures, la route est encore longue, même Sam me le fait remarquer.

Ça a déjà été dit et redit, mais j’en remets une couche : l’arrivée au sommet du Prarion est juste magique !!!

D’abord le petit chemin bien raide en « balcon » puis on débouche sur le sommet et là la vue est incroyable, plein les yeux, je m’arrête pour une photo.

 




Presque aussi beau que la Chartreuse...

S’ensuit une longue descente sur Bionassay, dont je garde peu de souvenirs, assez peu technique, Sam décroche un tout petit peu mais me rejoint bien vite au ravito.

L’accueil est chaleureux, on se restaure, on ne traîne pas trop.

On a déjà repris quelques coureurs du 100 (le premier - enfin le dernier - au Prarion !?!), on sait que pour ceux-là ça va être très dur.

 

Direction le col de Tricot qui sera donc le point culminant :2120m.

Début de montée en forêt, pas grand-chose à dire, j’ai un peu calmé le jeu depuis le Prarion, par contre Sam semble super bien, dès qu’il y a 10 m de faux plat il relance.

Je me fais violence pour suivre, j’aimerai bien marcher un peu +.




La fin de la montée est bien sympa, on passe au milieu des névés, on double énormément de randonneurs qui – c’est à signaler – nous laissent le passage très gentiment, ils en auront vus passer des bourrins en short !!!

Sam a pris un peu d’avance dans la montée – décidément il faut que je le garde à l’œil celui-là - je discute avec un régional de l’étape qui me montre en les nommant les sommets qui nous entourent, sympa.

Col de Tricot, enfin, les jambes commencent à se faire sentir, mais je pense que notre allure est bonne pour l’instant, on est dans les temps pour finir dans les 10-11H, mais bon il est encore un peu tôt pour penser à ‘arrivée.




Après une petite pose photo, on attaque la descente vers Miage que l’on aperçoit tout en bas, un gars nous a annoncée la descente comme très dure ; mais en fait elle se passe plutôt bien, le chemin est un peu défoncé par le dégel à certains endroits mais globalement pas trop difficile.

 

Miage.

5H30 de course, la fatigue commence à bien se faire sentir maintenant, mais le moral est bon.

Je reçois un SMS de ma femme qui a suivi le live et nous annonce qu’on est 10ièmes !?!?!

Ah non, en fait elle a mal lu, on est 30ième, c’est déjà un très bon classement pour moi, si on arrive à se maintenir dans ces eaux-là jusqu’à l’arrivée, je signe.

Sauf que l’arrivée, elle est encore loin.

Au moment où l’on repart, la coureuse à la jupe rose rejoint le ravito, on croyait vraiment l’avoir décrochée dans la montée du col.

 

En fait ça va se jouer maintenant ; c’est cette ascension vers Tré la tête qui sera le tournant de la course, si on le négocie bien, on peut espérer un classement et un chrono pas mauvais du tout.

Par contre si on se crame…

D’abord une bonne bosse d’environ 200 m  D+, et puis la longue et difficile montée vers Tré la tête, qui se finit elle aussi par une petite redescente et une nouvelle bosse de 200m.

Après ça il ne restera «  plus qu’une » grosse montée, qu’on passera sûrement dans la souffrance, mais ça sentira l’écurie.

La première petite montée se passe bien, c’est très raide, il commence à faire chaud, mais après le ravito on est repartis bien regonflés.

Une descente assez longue, pas technique, nous amène au pied du gros morceau.

D’entrée je sens que ça va être dur pour moi, alors que Sam semble facile.

Toute la montée va se faire en souffrant, il fait très chaud, il y a peu d’ombre – heureusement il y a pas mal de ruisseaux pour se rafraichir – j’essaie toujours de suivre Sam, clairement si j’étais seul j’irais beaucoup moins vite sur cette portion.

On continue à passer de plus en plus de coureurs du 100, plus quelques-uns du 60.

Enfin la petite redescente, c’est moins dur que la montée bien sûr, ça soulage, mais punaise j’avance pas !

Et comme prévu la dernière bosse avant Tré la tête fait très très mal, rapidement je comprends que je ne pourrai plus suivre Sam bien longtemps ;  je le regarde partir devant en me disant que je pourrai le reprendre dans la descente si je limite un peu la casse.

Enfin le voilà ce satané ravito.

L’accueil est chaleureux, le Bagnard est aux petits soins, ça fait du bien, je prends un peu de temps pour récupérer avant de me lancer dans la descente à la poursuite de Sam, qui a quitté les lieux à mon arrivée.

Début de descente assez roulant, puis un peu plus technique, j’ai du mal à prendre de la vitesse et ce coureur arrêté avec une entorse n’est pas là pour me donner confiance.

Il me faudra un long moment avant d’apercevoir le t-shirt rouge de Sam et le rejoindre.

La fin de la descente vers les Contamines est très roulante.

Et puis c’est le drame, l’erreur de tracé, la grosse faute de l’organisation, l’inexcusable : du PLAT !!!

Et oui du plat sur la Montagn’hard !

Non mais allo quoi ! Ton slogan c’est « passion du dénivelé » et du mets du plat dans ton tracé !!!

Et pas qu’un peu de plat, au moins 4 km.

Evidemment Sam en profite pour me lâcher sournoisement en s’envolant à une vitesse folle d’au moins 8km/h, tandis que je plafonne à 6.



Au revoir Samsam.

Et c’est long mais c’est long, je me fais doubler par un gars du 60, tout en rouge avec un casquette kikou me semble-t-il, mais j’ai pas trop envie d’entamer la discussion, désolé, je veux juste arriver au ravito et attaquer cette dernière montée, même si je sais que ça va être un enfer.

Ouf, ça y est, ravito des Contamines : comme à chaque fois que je suis cramé je perds du temps inutilement, j’hésite, je ne sais pas quoi prendre à boire ou à manger, rien ne me fait plus envie.

Sam est déjà reparti, il me dira plus tard qu’il a entendu le speaker annoncer mon nom alors qu’il s’éloignait.

 

Je quitte le ravito en compagnie de la coureuse à la jupe rose, décidément indécrochable, et d’un gars en jaune.

On jardine un peu pour trouver le bon départ, on trottine 10 minutes sur le plat et c’est parti pour l’ultime montée, environ 700m D+.

Je sais que ça va être très dur et qu’il faudra la faire au mental, je m’isole un peu dans ma bulle, je prends mon rythme et j’essaie de le garder coûte que côute.

Assez vite mes 2 compagnons décrochent, comme quoi je ne suis pas le seul à souffrir.

C’est vraiment super pentu, heureusement que j’ai les bâtons ;  d’ailleurs le lendemain j’aurai autant de courbatures aux  bras qu’aux jambes.

Je m’oblige à ne pas regarder l’altitude sur ma montre, car je sais que je monte vraiment lentement, je m’accorde une mini pause au bout de 30 minutes pour grignoter un bout de pain, et me détendre un peu les jambes.

A peine reparti je rattrape un type en bleu, je le reconnais il était avec un coureur en rouge, juste avant les Contamines, ils sont sur le 60 ; lui il est bien cramé, il n’arrive pas à prendre ma trace.

Un peu plus haut, au sortir des bois, j’aperçois le gars en rouge dans un lacet, puis un peu plus haut il s’est arrêté pour récupérer, lui aussi est bien fatigué.

Je ne m’arrête pas, toujours fidèle à mon idée de rester régulier, lent mais régulier.

Enfin arrive une partie plus roulante, je sais que ce n’est pas encore le sommet, il faudra affronter un dernier mur avant de basculer vers St Nicolas.

Comme d’hab’, qui dit partie roulante dit le Dude se traîne ; et inexorablement qui je vois revenir ?

la coureuse avec la jupe rose !!! ainsi que le gars en rouge qui semblait si mal en point tout à l’heure.

Ils me rejoignent juste au pied du dernier mûr, un large chemin type piste 4X4 qui monte vers le mont Joly.

C’est le dernier effort, il faut donner tout ce qui reste, impossible de courir mais je marche aussi vite que possible, tout de suite la fille décroche, mais le gars en rouge ne lâche absolument rien.

J’ai les jambes en feu mais en même temps je trouve génial de pouvoir encore se tirer la bourre dans une montée après plus de 55km et 4500 de D+ !!!

La magie du dossard ?

Aucun des 2 ne cède et c’est côte à côte que nous arrivons à la fameuse bifurcation où les coureurs du 60 ont le bonheur de basculer dans la dernière descente tandis que les courageux du 110 continuent leur ascension avant d’aller affronter 2 autres montées carrément impressionnantes.

Si ma mémoire est bonne j’avais doublé ce type dans la descente de Tré la tête (avant qu’il ne me reprenne sur … le  plat), donc en théorie je descends mieux que lui, mais bon à ce moment de la course la théorie…

Allez on va bien voir.

Début de descente tout doux sur l’herbe, puis la pente devient carrément plus forte, toujours sur herbe.

J’envoie tout ce que peux, j’ai les cuisses qui explosent, le dos qui se désintègre, les mollets qui fondent, les « abdos » qui grincent et les genoux qui entrent en fission,  mais ça paye, le type ne suit pas !!!

Je ne relâche pas pour autant l’effort, m’attendant à voir surgir d’une minute à l’autre la jupe rose.

Au bas d’une piste de ski, que nous empruntons, un coureur qui marche, j’arrive à sa hauteur : la troisième féminine.

Je ne lâche toujours rien, le chemin devient plus technique, un autre coureur du 60 repris dans les derniers lacets et enfin, enfin le village.

Je m’attends à une bonne portion de bitume pour finir, mais non même pas, un petit bout de route, on tourne à gauche et l’arche est là !!!

 

Je passe la ligne en 11H00 pile, totalement cramé mais HEU-REUX !

Sam est là qui m’attend, on se congratule, il m’annonce : «  on est bien au classement »

« Ah ouais ? »

« Ouais je suis 16 et toi 18 ! »

Excellent !!!

Je suis vraiment super heureux.

Heureux d’avoir bien gazé sur une course aussi exigeante.

Heureux pour Sam, qui s’est vraiment éclaté et qui - j’en ai bien peur - a définitivement attrapé le virus.

Heureux de m’en sortir épuisé mais sans bobo après toutes les galères de ce début de saison.

Heureux d’avoir passé une journée géniale avec un pote dans un cadre grandiose.

 

Côté organisation, tout a déjà été dit, et je confirme : c’est sympa, c’est chaleureux, c’est carré, bref c’est tout bon, allez juste 2 tous petits défauts s’il faut vraiment en trouver: une petite bouteille de sirop sur les ravitos, histoire de mettre un peu  de sucre dans les bidons serait une bonne idée (j’avoue j’ai pas osé la bière à Tré a tête), et le T-shirt il pique vraiment les yeux.

 

Merci Olivier, merci à tous.

 

12 commentaires

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 12-07-2013 à 08:24:16

Ca avait l'air plutôt roulant ce truc mon Dude !!!
Allez reviens sur le GD !

Commentaire de the dude posté le 12-07-2013 à 08:29:03

L'an prochain on la fait ensemble.

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 12-07-2013 à 11:06:21

Ok mais je veux aussi Mme Dude dans mon équipe (ou l ignoble, au choix)

Commentaire de richard192 posté le 12-07-2013 à 09:06:14

Pas mal le coin mais pas très roulant!
Quoi qu'il en soit bravo, très bonne gestion de l'effort malgré la chaleur qui visiblement en à cramer plus d'un! Montées cassantes, descentes cassantes, bref que du technique où j'aurais eu peur de m'ennuyer.
Une belle entrée en matière en prévision de l'échappée belle.

Commentaire de Deudeu87 posté le 12-07-2013 à 21:54:39

Impressionnant, en suivant le live, je me disais "the dude c'est une bête"
Maintenant je comprend mieux: tu suivait Sam et une jupette rose.
Évidemment, ça donne des ailes!
Impressionnant, surtout quand tu nous dis que tu t'es très mal préparé!
Bravo!

Commentaire de the dude posté le 22-07-2013 à 09:34:32

Merci 2-2, arrêtes les compliments je vais avoir le melon!

Commentaire de Arclusaz posté le 13-07-2013 à 10:04:52

Puisque tu aimes tant les jupettes roses, faut t'en acheter une, ça t'évitera de devoir courir pour la rattraper....

Super course, super photos (bon, faut dire qu'avec de tels paysages, même moi je suis arrivé à en faire des belles dans le coin !). Et en plus, un super classement à l'arrivée et un super copain avec toi.
On va dire que c'était super, non ? j'ai bien résumé ?

Commentaire de the dude posté le 22-07-2013 à 09:32:27

On s'est mal compris: c'est elle qui essayait de me rattraper ;-)

Super en effet.

Commentaire de PhilippeG-576 posté le 16-07-2013 à 14:02:56

Bravo pour ta course the dude !
J'avoue avoir pas mal rigolé avec ton récit et revécu de bons souvenirs.
Bonne récup

Commentaire de the dude posté le 22-07-2013 à 09:36:40

Merci et bravo à toi pour le podium!

Commentaire de le_kéké posté le 25-07-2013 à 15:26:15

C'était pas la peine de faire la fiote tout le printemps avec des "j'ai mal au petit orteil" ou des "je souffre des cheveux" pour dans la foulée nous sortir des perfs de ce niveau, le dude avance masqué. Bon certes ça avait l'air roulant comme trail mais quand même ... Trop fort ce dude (et à la prochaine excuse de lâcheur, on finira par croire que tu veux pas nous voir)

Commentaire de the dude posté le 25-07-2013 à 19:53:43

Kéké, tu sais bien que c'est toujours un plaisir de te croiser sur les courses!!!
Et d'ailleurs si tu sais pas quoi faire le dernier week-end d'aout, traverse la vallée, monte un peu dans Belledonne et tu pourras m'entendre pleurnicher en live ;-)

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