| L'auteur | La course | |||
| Kikoureur : Karllieb
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549 visiteur(s) ! Distance : 0 kms Matos : Objectifs : Faire un temps |
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| Coup d'blues... ou l'après Marathon | ||||
PROLOGUE
Contrairement à mon habitude, j’ai mis beaucoup de temps à rédiger ce « CR » du marathon de Cheverny. Que raconter de nouveau ? Comment éviter la redite ? Je n’y arrivais pas. Il y avait sans doute un peu de lassitude – et un léger manque d’envie - après ce 4ème marathon. La course s’est pourtant déroulée par un beau dimanche d’avril, dans des conditions quasi parfaites – temps frais en ensoleillé, parcours magnifique en dépit de deux faux plats un peu casse-pattes, présence souriante de May (notre équipière du Raid 28 que je remercie ici). Mais force est de reconnaître que je n’ai pas eu le même goût d’accomplissement que lors de mes 3 premiers marathons. Coup de blues ? Peut-être… Quoiqu’il en soit, ça n’est pas un récit de course que je livre ici. Plutôt l’état de mes interrogations existentielles de coureur. S’il y en a que ça intéresse, n’hésitez pas. Pour les autres, retournez à la page précédente.
MONOLOGUE
Un marathon se réduit-il à un temps ? 3h 26mn 09 secondes… That is the question… Des séances d’entraînement à toutes les heures et par tous les temps, du temps pris sur la vie de famille, des repas allégés et parfois écourtés, des interrogations obsessionnelles sur la VMA, les temps de passage, l’allure marathon… Et tout ça pour ça ? Pour pouvoir, le jour J, courir les 42,195 KM réglementaires le plus vite possible. Drôle d’idée vraiment ! Pas étonnant que ceux qui ne sont pas coureurs nous prennent parfois (souvent) pour des cinglés.
« Te voilà tout à coup bien amer », me direz-vous. Amer ? Non. Simplement sur ma faim. De fait, je visais 3H20, le 1er avril, au marathon de Cheverny. Et même si j’améliore mon temps de 2006 à Sénart (3H31mn03s) de 5 minutes, ça m’agace de n’être pas parvenu à atteindre mon objectif. Il est vrai que ce jour là, avec les moyens « moyens » qui sont les miens, je ne pouvais honnêtement pas faire mieux. Je pense avoir donné le maximum… Mais j’ai un peu calé dans les derniers kilomètres avec des jambes lourdes et le vent dans le nez. « Ben alors, de quoi te plains-tu ? Tu as fais de ton mieux », me lancerez-vous derechef et à juste titre. Ben justement, « mon mieux » ne me satisfais pas vraiment. Certes, je ne serais jamais recordman du monde du marathon, mais j’aimerais tellement chatouiller les 3H (ce qui pour d’autres relève de la banalité mais la vie est injuste… snif !).
Le problème c’est que plus ça va, plus je me rend compte que cette course au chrono débouche, inexorablement, sur une pénible frustration. Je m’explique. Lorsque j’étais à 3H40, la marque des 3H30 me paraissait tout à fait désirable. Mais aujourd’hui que je l’ai dépassé, l’objet de mon désir reste toujours aussi éloigné de moi. La prochaine dose est toujours la meilleure… à condition qu’elle soit plus forte. Rhââââ…. vivement les 3H15 !!! Tout ça peut durer encore longtemps… ou peut-être pas car je finirai inévitablement par plafonner. Gloups ! Alors quoi faire pour continuer à distancer ce bon vieux Chronos : faire un « super régime » pour perdre plus de poids, suivre un programme d’entraînement « à la dure » avec un max de fractionnés, augmenter la durée et la fréquence des sorties longues, faire de la sophrologie, me mettre au « chi-running » et au « breath play » (techniques US)… Quoi d’autre encore ? Non, non, pas l’EPO, merci. Je sais, ce sont un peu des questions d’enfant gâté mais tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont couru après le chrono sur une route ou autour d’une piste me comprendront.
Et c’est là où je retombe sur ma question initiale : un marathon, ou toute autre course d’ailleurs, se résume-t-il à un temps ? Clairement, n’étant pas dans l’élite mondiale de la course sur route, la perspective de battre mon propre chrono me paraît désormais une motivation insuffisante pour justifier une préparation de plusieurs mois. Et, soyons franc : le marathon ne me fait plus vraiment rêver. C’est toujours une belle course mais j’ai le sentiment d’en avoir fait un peu le tour. Du moins – et à mon niveau - d’un point de vue sportif. De fait, je pense pouvoir gagner encore 10 minutes, peut-être un quart d’heure. Mais pas plus… Bien sûr, je ne dis pas que je n’en courrai plus mais peut-être pas en tant qu’objectif principal. Par exemple, je ne dirais pas « non » à un dossard sur le marathon de New-York ou sur d’autres parcours prestigieux. Mais ça serait une sorte de tourisme sportif (d’ailleurs, j’accompagne May le 1er mai sur le marathon de Sénart !).
Bref, me demandais-je en m’introspectant (d’après ma femme, il paraît que je m’introspecte trop !) : « qu’est ce qui te fais courir ? ». Bonne question. Comme beaucoup d’entre vous, je pense que c’est à la fois le goût de l’effort et du dépassement de soi mais aussi celui du rêve et de l’inconnu. Ce qui me fait courir – littéralement – c’est de me lancer sur une course dont je ne sais pas par avance ce qu’elle m’apportera ni même si je parviendrai à aller au bout. L’aventure quoi, comme lors de ma première Saintélyon ! Et puis aussi, de plus en plus, ce qui me fait courir c’est le plaisir de rencontrer d’autres coureurs et plus seulement de faire mon truc en solitaire dans mon coin. De ce point de vue, le Raid 28 aura constitué un tournant pour moi. Même si la nature très individualiste de la course à pied me convient toujours très bien.
EPILOGUE
Tout ceci pour dire que je pense être sur le point de tourner une page de ma vie de coureur. A venir, du long, du très long, du macadam et des chemins. Et puis sans doute toujours des 10Km, semis voire marathons, mais plutôt en tant qu’éléments d’un plan d’entraînement. Place maintenant aux ultra-trail, 100 KM et autres UTMB. En attendant, peut-être un jour, les Trans-Aq, Trans Gaule et autres Mauritanienne... (tout de suite la folie des grandeurs !)
Voilà, je vous avais prévenu, ça n’étais pas un CR.
Vous, je ne sais pas… mais moi, ça m’a fait du bien de mettre des mots là-dessus.
Commentaires
Je suis un peu ds ton cas, frustré de ne pas atteindre la barre que je me suis fixé...
Ton "cr" est très clair et très proche de bcp d'entre nous
Bonne route ;-)
A+
OLY
Moi, je suis encore dans le phase découverte et vu mes temps,
je ne peux que progresser ( ou pas, mais alors faudra que je me recycle !)
Je pense qu'on passera tous par la phase "interrogation" que tu traverses.
C'est courageux et humain de nous la faire partager.
J'espère que tu garderas malgré tout le plaisir de courir
et que tu nous pondras encore d'autres récits, beaucoup d'autres...
NoNo_l'escargot_qui_essaie_d'avancer !
Bon marathon demain avec Miss May,
Salut P'taine !
Karllieb
Nous sommes nombreux à nous poser ces mêmes questions existentielles.
Je pense qu'elles nous permettent en permanence, de progresser, d'évoluer, de changer, de nous remettre en question.
En moins de mots, de bien vieillir.
Le mythique marathon, me semble être la meilleure école du dépassement de soi-même.
Il fut pour moi, la passerelle, le passage obligé , vers le Trail, l'Ultra, et la découverte, en milieu naturel, de grandes Aventures.
la vraie question, c'est après quoi courons nous?
Comme pour toi, j'ai abandonné depuis longtemps l'idée de battre mes records, et je cours surtout après le plaisir.
Mais se fixer malgré tout des petits objectifs chronos aide à se motiver.
D'autant plus que l'ambiance de ce genre de course est quand même dans l'esprit de notre société de consommation... y a qu'a voir sur les ravito... au départ comme ça joue des coudes...
Le trail et l'ultra, c'est tout de même une autre dimension de de la CAP, avec un vrai esprit "humaniste", malgré le recherche de la performance...
Tchao Cap'tain!
Nicnic38
PS : alors ce marathon??? May"kamikaze"Yen était en forme?
D'autant plus que l'ambiance de ce genre de course est quand même dans l'esprit de notre société de consommation... y a qu'a voir sur les ravito... au départ comme ça joue des coudes...
Le trail et l'ultra, c'est tout de même une autre dimension de de la CAP, avec un vrai esprit "humaniste", malgré le recherche de la performance...
Tchao Cap'tain!
Nicnic38
PS : alors ce marathon??? May"kamikaze"Yen était en forme?
hier à sénart, le dernier kilo, j'étais vachement bien et y avait cette belle descente, alors j'ai eu l'idée soudainement de tester mes jambes, voir si elles pourraient tenir encore genre 20 ou 30 km.... et j'ai dévalé sec, un tour de stade à bloc, j'étais trop particulièrement heureuse dans ce dernier km et puis, là, à 10 mètres devant moi l'arrivée et là, ben j'ai hésité, j'ai regardé l'arche d'arrivée et j'avais pas envie de franchir la ligne... j'ai fini par la franchir tout de même (ben oui, faut bien...) à petits pas minuscules pour pas dire à reculon et je me disais bien que je continuerai bien loooooongtemps comme ça....
(tu viendrais pas à Torhout le 22/06??? héhé.....)
il n'y a pas à hésiter entre chemin ou route, tout est bon, pourvu qu'on ait l'ivresse
à présent, repose-toi bien et ne réfléchis pas trop: cours!!! ;O))
bizzzz Capitaine, je t'adoooore!
May_chaussette
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