Récit de la course : Trail de la Sainte Baume - 45 km 2011, par Sprolls

L'auteur : Sprolls

La course : Trail de la Sainte Baume - 45 km

Date : 13/3/2011

Lieu : Cuges Les Pins (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 1212 vues

Distance : 45km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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Brume, pluie, vent et cailloux !

 

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Retour au trail de montagne ce WE, pour la 1ère fois depuis la Réunion ! En cette saison, la plupart des montagnes accessibles se trouvent dans le sud… A côté de Marseille, plus particulièrement. Et après avoir gouté au superbe trail de la Sainte Victoire, j’ai cette fois fait un tour du côté du trail de la Sainte Baume, l’autre montagne emblématique des Bouches du Rhône, et même son point culminant au Pic de Bertagne. Un peu moins minéral que la face sud de la Sainte Victoire, la Sainte Baume présente quand même de belles falaises et ses crêtes sont elles aussi couvertes de lapiaz, promettant des sentiers techniques à souhait !

C’est aussi l’occasion de passer le WE avec la frangine (hormis la durée de la course évidemment) qui m’hébergera pour l’occasion, un autre intérêt de la destination ! Comme il se doit à Marseille, il pleut !? On m’aurait menti ? Et oui, je me suis bien fait arnaquer pour mon retour à Marseille après pas loin de 2 ans !! Plus typique, le vent est aussi au rendez-vous. Réveil à 5h40, petit-dej et direction Cuges les Pins.

Cuges se trouve au fond d’une plaine. Si on cherche par où se poursuit la vallée, on ne trouve pas car on est dans un poljé ! Un quoi ? Une « cuvette » naturelle en fait (où d’habitude on trouve un lac…) au nord de laquelle se dresse la Montagne de la Sainte Baume. Sur place, comme prévu la météo (cette fois elle aurait pu se planter), n’est pas réjouissante et les crêtes sont cachées dans les nuages.

 

  Trail-Sainte-Baume-2011 1220

Le fond du poljé et les nuages

  Le temps de retirer mon dossard, de discuter un peu avec Olivier du MTC que j’avais rencontré au Grand Raid du Mercantour et de finir de m’habiller, et me voilà prêt à m’engager sur une course raccourcie de 6km (une boucle sur les crêtes sans doute un peu trop exposée est annulée pour raison de sécurité). Ce sera donc au final environ 40km et 2200m de dénivelée, avec un peu plus de 250 partants sur ce grand parcours. 

Le départ n’est pas hyper rapide sur la courte portion de plat et hormis 2 coureurs qui s’échappent (et qui finiront 1er et 2ème), je me retrouve 3ème avec la meute derrière moi ! Ce sera ma meilleure place sur la course ! Dès que la pente commence à s’élever sur les sentiers caillouteux de la Sainte Baume, je me fais rattraper par un premier wagon de coureur puis, après le col de l’Ange, par un second dont la 1ère féminine, Lisel Diessler, car je dois me mettre à marcher quand la pente devient un peu trop raide alors que les autres courent encore. Je me retrouve vers la 14e ou 15e place à mi-montée, vers le 1er ravito où j’avale juste un quartier d’orange. Ma position se stabilise et on se retrouve avec 4 coureurs les uns derrière les autres en haut du vallon de l’Ange. Je prends les devants du groupe dans la partie finale de la montée bien raide au Col de Fauge, atteint un peu avant 1h15 de course. L’enseignement de mes expériences trailistiques de 2009 se confirment : je vais mieux en montée quand c’est raide et que tout le monde doit marcher. Sur cette partie, nous entrons dans un monde très minéral, désormais dans la brume, le vent et la pluie désormais bien présente (merci à Akunamatata du MTC pour les photos !):

 

Brume

 

brume2

 

Suit une première descente bien technique et casse-gueule avec les cailloux mouillés. On traverse par endroits des espèces de tunnel végétal formé par des buissons hauts, mais pas suffisamment, et qui m’obligent à me plier, ce qui n’est guère pratique sur ce terrain. On a une percée de paysage vers Aubagne et Marseille : ce sera mon seul panorama de la journée, j’en profite. Un peu trop peut-être ? Je me fais un auto-croche-patte et me voilà qui me rétame dans la caillasse en m’amochant un peu le genou. Ça fait mal mais ça passe en courant. Je double un coureur sur le bas. Puis c’est la remontée vers le col de Bertagne où se trouve le 2ème ravito. Les lombaires sont déjà douloureux mais les jambes vont bien. Arrive le ravito : un coca, un quartier d’orange, 2-3 morceaux de banane et je suis reparti aussi sec. J’ai encore suffisamment de boisson énergétique dans mes 2 bidons pour rejoindre Riboux.

 

pic de Bertagne

Vers le Pic de Bertagne, les mains peuvent être utiles (photo Akunamatata)

Grosse côte bien raide finale mais courte vers le Pic de Bertagne (pas loin de 40% !) puis nous prenons la crête vers l’est avec vent en plein face. Je suis obligé de courir penché en avant pour compenser, une sensation étrange. Je rattrape le 10ème, Jean-Marc Zaugg, déjà croisé sur de précédents trails, et qui m’appelle alors que j’avais manqué une coupe signalée par de la rubalise. Suit une 1ère grosse descente bien raide où un secouriste me dit de ralentir car c’est glissant J Ben oui mais moi la descente c’est là où je gagne du temps ! D’ailleurs je n’ai pas de souci dans la partie casse-gueule mais en revanche je me tords la cheville juste après sur un sentier bien plat et stable, sans cailloux… Comme quoi…Sans conséquence heureusement. 

La partie qui suit dans la « brousse provençale » est très jolie. Le tracé a été travaillé et nous fait passer dans des sentes très chouettes. Quelques relances en montée sont un peu dures mais j’ai l’impression de bien avancer. Cela dit, Jean-Marc est juste derrière malgré tout. Au ravito de Riboux, après 2h25 de course, je refais le plein des bidons et me fais un petit plaisir avec un bout de camembert en plus des classiques. 

Suit une longue montée peu raide sur piste forestière où il faut absolument courir, malgré la fatigue accumulée qui commence à se faire sentir, si on ne veut pas perdre très vite beaucoup de temps. Je me fais violence... Jean-Marc passe devant et je prends sa foulée. Personne en vue devant ou derrière. On revient sur une partie bien raide où il faut marcher et je repasse devant et fais le tempo. Je prends quelques longueurs d’avance sur la fin.  On rejoint ensuite la crête où le vent est cette fois favorable. Je ne dois pas être objectif mais j’ai l’impression qu’il souffle beaucoup moins fort que sur la portion où on l’avait de face J. Le sentier est ultra-technique, d’ailleurs on ne le voit pas trop tellement il est noyé dans les lapiaz. Il faut être très attentif au balisage pour garder sa trace. Très vite je rattrape 3 coureurs sans doute un peu émoussés et pas trop à l’aise sur ce terrain difficile. Je commence à être assez confiant sur la possibilité de faire le top 10 ! 

Sur la crête (toujours avec les photos d'Akunamatata, présent sur tous les fronts !):

sur la crête

sur la crête de dos

Puis je vois la 1ère femme devant. Le temps de tourner la tête et je l’entends crier de douleur : elle vient de tomber et a subi une crampe très violente au mollet. Sur le coup, je flippe sérieusement pour elle en me demandant si son genou n’a pas lâché, et on est assez loin de la route près de l’antenne où nous nous rendons par les crêtes et où doivent se trouver les secouristes. Mais avec mon aide elle peut se relever et en se testant parvient à repartir d’abord très doucement puis plus en confiance. Visiblement ça ira et je repars devant. 

On continue sur la crête un bon moment. Quelques alertes aux crampes apparaissent chez moi aussi, il va falloir être prudent. Sur la fin je cherche le balisage et ne le vois plus. Puis j’aperçois de la rubalise en contrebas et y redescends, pensant m’être à nouveau planté. En réalité c’est le balisage de l’aller… Je m’économise sans le savoir une petite remontée avant de rejoindre la descente raide, oups… Heureusement pour moi il n’y avait pas de pointage à ce niveau… Sans doute quelques secondes de gagnées sur ce petit raccourci involontaire. 

Sur la descente on rattrape les coureurs du 22km. Pas évident de doubler, surtout vu comme la descente est technique et glissante : les mottes d’herbes trempées, écrasées pas les précédents passages et noyées dans la boue sur une pente ultra-raide ne sont pas un gage de stabilité ! Mais les concurrents du 22km sont tous compréhensifs et se décalent généralement pour me laisser passer. La descente redevient plus roulante et moins pentue et je double un concurrent du circuit long de plus, profitant lâchement de sa pause pipi ;) ! J’ai un peu du mal à savoir mon classement exact mais je pense être 4e ou 5e à ce moment… Evidemment je commence à penser au podium dans un coin de ma tête, alors que je pensais juste pouvoir peut-être viser un top 10 au départ ! 

Toujours quelques alertes aux crampes mais ça tient. Vu mon classement et la proximité de l’arrivée, je ne m’arrête pas du tout au dernier ravito. Il me reste un tout petit peu d’eau mais ça devrait être suffisant. Pour m’éviter un coup de barre sur la toute fin, je tente d’avaler une pate d’amandes tant bien que mal… Pas évident car ça va très vite sur cette partie en descente très roulante ! Et depuis le ravito, j’ai à une dizaine de mètres devant un coureur qui est visiblement sur le parcours long et qui envoie fort ! Je m’accroche pour garder la distance puis le rattrape dans une portion de descente plus pentue juste un petit raidillon bien raide, à 3 km de l’arrivée. Je ne donnais pas cher de mes chances de le devancer au final jusque là mais je suis surpris de voir qu’il décroche sur cette remontée de 3-4 minutes à la marche. 

Il ne faut plus rien lâcher sur la portion de descente finale mais je me sens assez bien, malgré la fatigue, plus de signes de crampes et le village de Cuges en vue. On m’annonce 4ème à l’entrée du village, raté pour le podium, mais ça reste une belle surprise et ma meilleure place sur un trail (même si la place ne veut pas dire grand-chose en soi !). Une reprise réussie ! Je franchis la ligne en un peu plus de 4h16, soit plus de 10 minutes de mieux que mon estimation de temps optimiste (en décomptant la portion annulée) qui me paraissait pourtant difficilement réalisable. Yeah ! Le 5ème est 30’’ derrière et Jean -Marc 6ème à 1 minute. C’était serré ! Le 3ème était 1’30 devant tandis que le vainqueur, Julien Navarro, à survolé la course en 3h54. Lisel Diessler termine finalement 9e au scratch seulement 3-4 minutes derrière moi malgré 2 chutes et cette grosse crampe sur la crête.

Le temps de se ravitailler et de discuter un peu avec les coureurs (le fait que je sois parisien en particulier fait toujours réagir), je vais me sécher et me changer pour aller profiter de la paella organisée à côté. On a droit pour la remise des récompenses à une excellente chorégraphie de l’équipe d’organisation qui met l’ambiance ! Malgré la météo, il y a le feu ;) Voilà qui conclue fort bien ce sympathique trail au parcours varié et technique et à l’organisation bien rodée. Tous les coureurs ont d’ailleurs eu je pense une pensée pour les signaleurs dévoués perchés en plein vent et pleine pluie toute la journée sur les crêtes…Bravo à tous et au MTC !

L'ambiance en bas à la remise des récompenses...

Trail-Sainte-Baume-2011 1233

 

... le moral en haut, seul sur la montagne

signaleur

 

 

6 commentaires

Commentaire de akunamatata posté le 16-03-2011 à 20:37:00

belle remontée Benjamin !
finalement pas mal de gamelles sur ce tracé technique (je suis tombé aussi, sans gravité)

Commentaire de chanthy posté le 16-03-2011 à 21:06:00

bravo pour la course et merci pour le récit très bien retranscrit:conditions difficiles,chutes,vent,pluie,boues,crampes, que demander de plus!ça av vite devant dites donc!
j'ai mis 2h de plus moa :)
et au départ, j'ai doublé le serre-fil...
et merci au MTC.

Commentaire de ana1341 posté le 17-03-2011 à 07:51:00

Bravo !! beau récit où l'on perçoit la passion du trail et de la galère météorologique :)
Je vous ai vu passé (signaleuse peu après le ravito de Riboux)comme les 10/20 premiers totalement à l'aise sur le parcours alors que les conditions étaient difficiles et qu'il vous restait encore toute une partie de crêtes ! Chapeau à tous les traileurs et traileuses qui ont concouru ce week end avec grande motivation ce qui nous a permis de vous supporter à fond jusqu'au bout !

Commentaire de Aleitheia posté le 17-03-2011 à 17:15:00

Merci pour le récit très sympa, j'ai dû faire partie des coureurs du 22km que tu as doublés... Très jolie course en tout cas! Bravo pour la perf, à bientôt

Commentaire de kkris posté le 17-03-2011 à 20:20:00

bravo ,super perf et beau récit!

Commentaire de Kafta posté le 17-03-2011 à 21:45:00

Bravo Benjamin!! superbe perf!! et en plus frais à l'arrivée! ;-)
A l'année prochaine!

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