Récit de la course : Trail de la Sainte Baume 2008, par Shostag

L'auteur : Shostag

La course : Trail de la Sainte Baume

Date : 2/3/2008

Lieu : Gemenos (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 1592 vues

Distance : 24km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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Trail de la Sainte-Baume - 23,5 km, +/- 1.230 m

Après mon 1er trail en Octobre 2007 à Gorbio (3h23 pour 27 km et +/- 1.500m), je me présente à la Sainte-Baume, dont j’ai réperé le parcours le 10 Février, en vue d’obtenir une estimation correcte de ma forme actuelle. Une blessure sérieuse (syndrome rotulien au genou droit) m’a en effet contraint à un arrêt total en Décembre, et une reprise très légère en Janvier : je n’ai en fait pu m’entraîner correctement qu’un mois en Février.

 

Fort d’un kilométrage « course à pied » moins ridicule (350 km depuis mes débuts en 2007 contre 150 km avant Gorbio), d’une expérience plus confirmée et de ma pratique parallèle de la randonnée et du VTT en montagne, je me fixe comme objectif officieux de passer sous les 3 heures. Je n’y crois pas vraiment car je crains les bouchons (500 participants) et ma séance de la veille en endurance fondamentale (8 km en 1 heure sur piste, pour 137 pulsations de moyenne) confirme à nouveau mon « insuffisance » cardiaque.

 

J’arrive donc à Géménos vers 8h00 en covoiturage avec deux amis cannois, Nicolas et Sebastien, de l’équipe Thalès Space Runners. Après un échauffement d’un quart d’heure sur le tracé du début de course, nous vérifions le matériel (pour moi : sac diosaz raid 17, 1,5 l de boisson énergétique, 5 pom-potes, minis guêtres raidlight et garmin forerunner 205) et rejoignons la place de la Poste pour le briefing. Je croiserai les kikoureurs Riri51 et Heraudet Bernard ainsi que quelques traileurs provençaux rencontrés lors de la reconnaissance. J’essaie de me positionner à l’avant-poste proche du portique de départ.

 

Heure dite - 9h00, le speaker corse déchaîné lance la course. Moi qui ai pour habitude de démarrer tranquillement, j’ai prévu de partir fort afin d’arriver dans le 1er tiers des coureurs au 1er mur, sentier en sous-bois dont la pente moyenne atteint 20 %, où il est quasi-impossible de doubler. Je démarre donc très vite (enfin pour moi) à 13 km/h sur la route en faux-plat mais cela n’est manifestement pas suffisant puisque des dizaines de coureurs, dont Sebastien, me dépassent tranquillement. Nous quittons la D2 et bifurquons à droite, il commence à y avoir un bon dénivelé (passages à 10 %) et en accélérant au taquet j’arrive enfin à doubler quelques coureurs. Je donne littéralement tout sur la piste et rattrape une vingtaine de personnes dont Sebastien et arrive au début du sentier en 12’’40 (2,5 km, + 100 m). Je dois être vraisemblablement dans les cents mais je suis complètement asphyxié. On le serait à moins, après analyse, j’ai tenu, en « équivalent kilométrique » une moyenne de 15,6 km/h alors que ma VMA est de 15 (heureusement que je n’ai pas pris le cardio !).

 

Je crains le coup de bambou et attend avec inquiétude le début du « moins bien ». Contre toute attente, je tiens le rythme dans la montée (+ 900 m/h) jusqu’au Mont Cruvellier (575 m, 4,6 km) que j’atteint étonnamment frais en 35’’32. Ascension principalement sur sentier ou piste très caillouteuse et étroite, j’y privilégie la marche rapide avec un peu de course quand la pente est inférieure à 10 % (au-delà, le cœur ne peut pas). Je me suis fait doubler dans les replats (enfin quand la pente n’est que de 15/16 %) par 10/20 traileurs qui eux courraient.

 

Bon descendeur, j’en rattrape 4/5 dans la 1ère descente sur piste, large single à lacets et single caillouteux en sous-bois qui m’amène à 6,2 km et 425 m d’altitude en 42’’55 (- 1.200 m/h).

 

La montée vers les Ruines du Défends (699 m, 9,1 km) sur le GR 98 commence. Elle alterne, passages raides en marchant et portions moins abruptes ou il est possible de courir. Naturellement, c’est dans celles-ci que je me fais à nouveau passer. Je zappe le ravitaillement situé au tiers de celle-ci, j’avale juste une pom-pote en marchant lentement. J’arrive fatigué aux Ruines après 1’07’’52 . Connaissant la portion restante jusqu’au col du Fauge, mon objectif de moins de 3 heures (qui implique 1h40 au sommet) me parait encore tenable mais difficilement.

 

Par chance, je bénéfice de poissons-pilotes dans le Vallon de l’Aigle qui instaurent un bon rythme, suffisamment rapide pour avancer mais assez lent pour récupérer. Ce long faux-plat d’une rare beauté m’avait paru interminable lors de la reconnaissance. Prévenu, je tiens bon mentalement et arrive au Col de l’Aigle (10,5 km, 771 m) après 1’17’’31.

 

C’est parti pour le 2ème mur de la journée, 900 mètres à plus de 20 % où je suis tout surpris, malgré une ascension canon (+ 950 m/h) de me faire rattraper par une fille à nattes blondes en tenue bleue marine. J’apprendrai un peu plus tard qu’il s’agit de la 2ème féminine qui finira deux minutes devant moi … Je m’accroche et arrive juste derrière elle au Col du Fauge (11,5 km, 971 m) en 1’30’’56.

 

Descente rapide, technique et gazeuse jusque sous le Pic de Bertagne (12,3 km, 784 m) que mon habitude du terrain accidenté me permet d’atteindre en 1’36’’25 à plus de – 2000 m/h. La remontée vers le Col du Cros (13,1 km, 880 m) se fait comme de coutume, marche rapide et course quand la pente est sous 10 %. J’y suis en 1’44’’10 en ayant été encore pas mal dépassé, je suis annoncé 113ème par un bénévole.

 

Maintenant, il ne reste presque que du négatif jusqu’à Géménos. Hélas, je suis presque carbonisé et manifestement je n’arrive pas à envoyer la purée comme à Gorbio, d’autant qu’il est difficile et dangereux de doubler sur ces sentiers étroits. Bon d’accord, c’est aussi sûrement un peu parce que je suis mieux classé et les gars plus rapides. C’est donc à vitesse correcte mais non optimale que j’aborde le long balcon descendant menant au Col de l’Espigoulier. Je me contente de suivre le rythme général et les athlètes qui me précèdent, en gardant la 2ème féminine dans ma ligne de vision, sans chercher à les attaquer. J’arrive au Col (15,7 km, 753 m) après 1’58’’33. Les encouragements de Claude, ami vététiste, me redonnent un surcroît d’énergie.

 

Nouvelle descente technique, caillouteuse avec ce fameux passage dangereux dans les falaises qui amène à l’ancienne citerne Saint-Clair (17,4 km, 519 m). Passage en 2’08’’45 avec – 1.400 m/h. Ma vitesse de croisière a indéniablement ralenti.

 

Cela se confirme dans la remontée sur la piste (18,5 km, 687 m) ramenant près du Col de l’Espigoulier où la 2ème féminine me largue définitivement. Je marche sur ce sentier raide et en finis comme je peux en 2’21’’25 à + 770 m/h.

 

C’est la descente finale, sur piste puis la partie anthologique spcéialement aménégée dans le Vallon de la Galère avec ses treize "bosses". Là encore, je n’arrive pas à envoyer du gros et j’ai l’impression de ne pas avancer (- 1.300 m/h). Je redouble quand même les 3/4 coureurs qui m’avaient distancé dans la dernière montée du jour. Grosse frayeur dans la petite remontée sur piste, juste avant d’aborder l'ultime portion en forêt au dessus de l’église, où l’arrivée d’une crampe à la cuisse droite a vraiment été imminente. Je reviens après les traditionnels escaliers au point de départ, complètement lessivé, sur la place de la Poste (23,5 km, 145 m) en 2’46’’04. Je suis 113ème.

 

Bilan :

 

Rassuré sur ma forme physique. Le bon résultat chronométrique obtenu, plutôt inattendu (je ne pensais vraiment pas réussir à autant me défoncer en course), met du baume au coeur d’autant plus que, cerise sur le gateau, je termine devant mes deux compères du jour.

Toujours le même point faible : la course à pied ! Impossible de suivre mes concurrents directs sur le plat et en montée à cause de ma VMA basse et mon rythme cardiaque trop élevé.

Départ trop rapide puisque je ne gagne aucune place dans la 2ème moitié de course, majoritairement descendante et pourtant un terrain plus adapté à mes capacités.

 

Encore bluffé par la qualité de l’organisation, la gentillesse des bénévoles et le contenu pantagruélique panier : bouteille de vin, t-shirt de qualité, double ravitaillement à l’arrivée avec un repas complet (sandwiches, pizzas, chips, boissons, …).

 

Superbe parcours à conseiller (peu de ralentissements finalement) et où je reviendrai avec plaisir l’an prochain.

 

Photographies :

 

Pas d’appareil cette fois-ci mais celles de la reconnaissance du 10 Février sont toujours en ligne ici : http://picasaweb.google.fr/Shostag06/20080210SainteBaume

6 commentaires

Commentaire de Mustang posté le 02-03-2008 à 18:54:00

très bon commentaire technique de ta course, bravo pour ta perf!

Commentaire de devey posté le 02-03-2008 à 19:17:00

felicitations jm

Commentaire de riri51 posté le 02-03-2008 à 20:12:00

super CR, j'ai l'impression d'avoir participé à la course. Pour la petite histoire,"le speaker corse déchaîné lance la course" c'était moi LOL (et je suis vauclusien d'origine!). Lucien le collègue corse ma remplacé vers 13h. En esperant avoir rapidement l'occasion de te retrouver au départ d'une épreuve, sportivement Richard.

Commentaire de agnès78 posté le 03-03-2008 à 06:50:00

Merci pour ton récit et bravo pour ta course! Pour en être passé par là, je pense savoir que cela doit être une vraie réussite pour toi de courir ce trail d'une si belle manière après un syndrome rotulien! Pour la VMA, je suis certaine que cela va venir et que tu seras vite au top de la forme! Bonne récup aux petits genoux! Bises agnès

Commentaire de akunamatata posté le 03-03-2008 à 11:27:00

récit bien détaillé, qui me permet de mettre un nom aux lieux, par contre mes temps à VTT n'étaient pas aussi bon ;-)). belle perf quand même !

Commentaire de DJ Gombert posté le 03-03-2008 à 13:18:00

Trés bon CR, bien détaillé et qui avec les photos de LTDB et akuna vont permettre de bien "visualiser" le parcours, que j'espère faire l'an prochain.

Vous n'avez pas eu du mistral ?

Impressionné par ton "manque de forme" et ta place à l'arrivée, il serait peut-être sage que tu cours avec le cardio, ... j'aimerai bien continuer à lire tes CR.

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