Récit de la course : Marathon du Mont-Blanc 2016, par annapnée

L'auteur : annapnée

La course : Marathon du Mont-Blanc

Date : 26/6/2016

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 1276 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Terminer

3 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

157 autres récits :

Marathon du Mont-Blanc 2016 - débutante

Cette course, j'en rêve depuis des années...6 ans exactement que Ilgigrad, mon mari s'y inscrit (sauf une fois sur le 80km) et moi, je le regarde après avoir trottiné 2 ans sur le 10 km et le cross les 2 années suivantes.

Et puis, après on veut passer dans la cour des grands, je regardais pleine d'admiration les femmes (et les hommes quand même)  qui franchissaient cette ligne d'arrivée incroyable et inatteignable à mes yeux !

Inscription faite il y a 2 ans mais une TFL persistante m'a empêchée de prendre le départ, trop d'entrainement d'un coup en Mars-Avril 2014 (enchainement Ecotrail 30km - marathon de Paris et The trail 35km en 1 mois, n'importe quoi!!) et pas tirée au sort en 2015!!

Bref, je la voulais cette course et badaboum: re-blessures, cette fois, un vrai festival: tendinite au talon d'Achille en Mars, contracture en Avril et entorse en Mai...

Bilan CAP mensuel: 15km en mars, 10km en Avril et ...5km en Juin du moins avant le 26 Juin.

En revanche, entrainement intensif de ma carte bancaire: vu 6 fois le méso, 15 fois le kiné, 1 fois le chiro et l'ostéo et j'en passe!!

Qu'à cela ne tienne, PPG tous les jours pendant 2 mois, natation avec pull 3 fois/semaine (soit 6 km), sorties vélo, home trainer avec forte résistance et 4 longues sorties rando en mai/juin, ça devrait bien donner quelque chose niveau foncier avec en plus le ski de rando en mars.

J'oubliais le passsage au sans lactose, sans gluten, il y a 9 mois qui donne une énergie dingue et un régime draconien du super coach Alain Roche spécial "élimination de toute acidité" à J-6.
Tout ça pour dire, que j'essayais de mettre tout de mon côté pour arriver en forme...sans avoir couru et surtout en ayant laissé "reposer" les petits tendons et muscles contrariés!!!

Feu vert du kiné et chiro à J-3, je revis :-) et rejoins "sereinement" la ligne de départ sous un ciel particulièrement clément à 7 heures à Chamonix.

Enfin, aussi sereinement que le jour du bac: pas dormi, pas bien révisé mais c'est parti avec ACDC  "Hells bells" en fond sonore, ça booste!!

Vu mes antécédents, hors de question de s'enflammer, je reste tranquille au fond, trop au fond...car ça bouchonne comme pour un départ sur l'A6 le 31 Juillet au bout de 5 km totalement plats...

Ah... mais j'oublie, avant le ralentissement, panique à bord, je tire trop sur l'embout de ma pipette qui se détache, impossible de la remettre au bout de 10 essais. J'arrête un coureur, Laurent, ultra sympa qui laisse filer minimum 60? 70? coureurs pour m'aider...en vain! Il me dit que le plastique a gonflé avec la chaleur et que cela ne s'emboitera plus...Je repars pipette sans embout, levée vers le ciel à la main mais comment faire avec les bâtons après Vallorcine? je me dis que c'est la fin stupide de la course sans eau à Argentière...Déjà pas très lucide. :-)

Et puis ce ralentissement a été finalement salutaire puisque, étant à l'arrêt 10 minutes, on a posé les crayons tranquillement avec un autre coureur qui a réussi la mission "embout/pipette". Une erreur de débutante, nouvelle poche à eau utilisée une seule fois, embout mis à l'envers!

Et c'est reparti tout doucement, je n'ai jamais été aussi lente jusqu'à Argentière (1h23) mais je me dis que au moins, je ne m'épuise pas, c'est l'échauffement. Malgré tout, je sens les crampes monter dans les 2 mollets au 13ème km, de mauvais augure! 

Sauf que là c'est la descente au paradis, Vallorcine, j'adore cette portion de course trop facile, roulante, alors j'accélère et tout va bien arrivée au 17ème km. en 2h30 (2h15 prévu dans le roadbook mais bon avec les galères du début, ça s'explique).

Je me précipite sur les oranges, les bananes et sors les bâtons...utilisés...une seule fois, encore une erreur, je n'arrive pas à les fixer! Heureusement,  je trouve encore un ange gardien pour m'aider, trop cool: "l'esprit trail" existe bel et bien!

On attaque la "douce" montée aux Posettes avec une joyeuse bande qui sort des vannes du style, "va falloir accélérer les gars pour voir le début du match de la France" (à 15h, c'est sûr que c'est pas gagné), l'ambiance est détendue, c'est sympa mais c'est long! Bonheur d'arriver sur la piste de ski dégagée et surtout de voir, enfin, l'arrivée du télésiège... là je retrouve l'ange gardien "embout/pipette" qui redescend étrangement en courant, il fait des allers/retours, trop facile pour lui, il remonte en courant comme un cabri et me dit qu'il n'aime pas marcher, ah...moi, non plus mais bon, on fait ce qu'on peut!

On arrive au fameux ravito musical avec le guitariste/chanteur sur Téléphone, "ça, c'est vraiment toi' je bondis et chante avec la joyeuse bande qui danse carrément, chouette ambiance avant la montée à l'Aiguillette, qui passe vite.
Petite parenthèse, les Messieurs du peloton de tête ont tout mangé au ravito!!!

Il n'y a plus que de l'eau et...des peaux de banane et orange par terre, moins cool. ça m'apprendra à rester derrière...

Magnifique paysage, quoi que un peu bouché mais  du coup, on va rester concentrée sur ses pieds dans la descente, pas facile:
marches en bois glissantes et chute sur le dos! Je me relève, ça passe...

Puis cheville (celle de l'entorse évidemment) qui vrille à nouveau, aie!! Allez, à chaud, ça va passer.

Non le plus dur c'est le D-, je n'ai pas du tout travaillé cet aspect (pas de fentes en PPG) du coup, plus de genoux pour le reste de la course. Flingués!!

C'est dur, moi qui aime tant les gentilles descentes, je me sers des bâtons comme déambulateurs :-) jusqu'à Tré le Champ alors que c'est ultra roulant, arghh!

Mais quel bonheur de voir mon amie, Christel, à Montroc, un énorme coup de boost pour arriver au ravito en 5h30, 30 minutes avant la BH...et dans le timing du roadbook cette fois à 5 minutes près.

On va pas trop trainer, juste prendre oranges et bananes...Et recroiser encore un autre ange gardien "Mr pharmacie" qui avait repéré que je devais être la seule à marcher en descente. Il me propose un ptit cachet pour me doper gentiment...:-) Il a, lui, une hernie discale...Allez assez discuté, on repart pour la Flégère! Sauf qu'il y a montée et...descente après, le cachet ne produit pas d'effets tout de suite, les genoux hurlent. Stop, je veux monter!!!!

Cette montée à Flégère, tant redoutée au cross, se révèle être une partie de plaisir :-)

D'abord, sauf accident, c'est bien parti pour finir dans les temps, les genoux se reposent et je double tranquillement en appuyant sur mes déambulateurs. Le cachet doit faire effet...je vois un bouquetin puis 2 :-) , je demande à ma voisine, c'est réel?          OU c'est une hallucination? Non, elle me confirme, ce sont bien 2 bouquetins qui sont juste sur le bord du chemin, j'adore!

Je suis trop contente mais ça rigole moins dans les rangs, plus personne ne sort de vannes, il est 13h30...aie!!! il fait chaud,  le bénévole qui m'a gentiment rempli ma poche à eau s'est arrêté à... 1litre bu à la fin de la descente de la bosse de Béchar, je n'ai pas vérifié, nouvelle erreur de débutante!

Heureusement, encore l'esprit trail, un puis 2 coureurs me tendent leurs bidons, c'est ultra sympa mais 5 gorgées d'eau pour Flégère, c'est un peu juste, je tiens bon.

Flégère en vue à la sortie du bois, tout va bien au bout de 7h35 de course: les jambes n'ont pas crampes, les genoux vont tenir, les cuisses se tiennent à carreau et j'ai encore plein d'énergie (c'est le "sans gluten" je vous promets)!

Allez, je remplis moi-même ma poche à eau, continue avec le duo gagnant "oranges et bananes", pas d'arrêt pipi (je suis totalement déshydratée de toutes façons), à l'attaque de Planpraz!

J'adore cette partie, déjà faite 2 fois au cross, c'est moins technique et magnifique, je profite du paysage, des fleurs...et continue à doubler. Je retrouve ma "collègue des bouquetins" et m'acrroche à ses baskets, elle double pas mal, c'est pratique de faire une sorte de "drafting" :-) puis ça descend...aie, j'ai peur...est-ce l'effet "vue sur Planpraz" ou le cachet, les genoux plient à nouveau, tout va bien... Je double même "ma collègue des bouquetins" qui me redouble en montée et me dit "allez on finit ensemble de toutes façons" et on finit en parlant du paysage, du kilométrage sur ma Garmin. En fait on a fini le marathon, it's over!!!i `

Il y a plus de 42,5km au compteur, mission accomplie, (et je ne parle pas du D+ je suis à plus de 3000m!!!, je n'ai pas règlé les satelliites, c'est n'importe quoi mais je le savais alors que les km c'est les vrais...).
Euh... d'ailleurs, Ilgigrad devrait être dans les parages, il a prévu 6 heures de course et 30 minutes de repos avant de redescendre vers moi à moins qu'il n'ait eu froid en haut, bizarre...

On se détend, il va bien être en vue bientôt,  je continue à doubler avant...l'horrrriiible montée finale concoctée par des sadiques de haut niveau quand même il faut le faire! Un coureur se laisse tomber par terre, tétanisé, il admire en même temps le paysage. Au point où j'en suis, ça se réfléchit de s'arrêter un peu pour la vue,  je vais y arriver mais en plus de 8h30, c'est vraiment moyen...ça me laisse une belle marge de progression pour la prochaine fois. :-)

Allez à 30 mètres de l'arrivée vertigineuse, les jambent déroulent toutes seules, je me remets à courir trop heureuse d'y être arrivée pour de vrai (mais sans Ilgigrad aux abonnés absents :-( vraiment bizarre... ).

 

Je saute en l'air sur le 1er tapis de chronométrage et bam!! Je fais un vol plané avec atterrissage sur la cuisse gauche, j'ai bien fait le pitre...je me rélève pour franchir la 2ème barre plus calmement et aller m'asseoir respirer un grand coup...Mais NON, une dame des secours vient me voir: "Anne, votre mari est au poste de secours, venez avec moi".
Il me fait le coup à chaque course, il finit vêtu de sa cape dorée et argentée, c'est devenu une habitude. Faut croire qu'il est aimanté par les secouristes :-)

Bref, tout va bien, tout le monde est vaillant pour la bière d'arrivée à Chamonix!

Que du bonheur, j'ai ADORE cette course malgré le côté "grosse course", les paysages et l'ambiance l'emportent largement!!!!

Les coureurs à mes côtés ont tous fait honneur à "l'esprit trail" de manière remarquable: de très belles rencontres et de bons éclats de rire malgré les efforts!!!

Une journée inoubliable et des erreurs de débutante qui me serviront de leçons pour la prochaine fois, très vite j'espère....

 

 

 

 

 

3 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 01-07-2016 à 07:57:17

Enfin..... On en avait assez des CR de ce type, Ilgigrad, là, avec sa cape dorée (à retenir pour de futures vannes, ça, la cape dorée).... donc un CR tout sympa, enthousiaste, ça fait rudement plaisir. En plus sur ce MMB avec lequel j'ai un gros faible.

Merci de nous rappeler que ces courses un peu barnum qu'il est de bon ton de décrier sont aussi des moments où on peut prendre un plaisir fou, où la solidarité existe toujours (à part les crétins qui doublent les Ilgigrad en descente) et qu'on est quand même trop bien dans ces montagnes !

A une prochaine sur d'autres sentiers (on finira bien par vous amener à la Montagn'hard, tous les deux).

Commentaire de ilgigrad posté le 01-07-2016 à 10:41:51

Ben voilà. Je ne demande rien à personne, je m'inscris, je prends le départ, je cours et on me pousse, on me balance dans un ravin et on m'humilie sur Kikourou. Qu'ai-je fait pour mériter ça. Vous trimballez depuis des années une couverture de survie dans votre sac sans même savoir à quoi ça sert, ni comment on s'en sert. Moi, j'ai simplement demandé à une gentille secouriste de me montrer les techniques de sécurisation des victimes; un plan de secours ça se teste sinon, au moment de le mettre en œuvre, on est perdu.
Joli récit; tu devrais en écrire d'autre. C'est drôle et bien senti;
finalement ça valait le coup de la faire, cette course; une fois que la barre du 42eme kilomètre en montagne est franchie, il n'y a plus de limite. Il y a un effet de seuil, au delà c'est l'infini. Tu es prête pour retrouver Bubulle sur la Montagn'hard 100 l'an prochain. Et le 80 du mont-blanc en course de préparation.

Commentaire de Bérénice posté le 01-07-2016 à 22:43:29

Bravo pour la perf mais surtout pour ce récit très vivant. On sourit, on a mal pour toi et au final on se réjouit de ta joie !
À titre perso cela montre que tout devient possible même pour les coureurs modestes :-)

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.17 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !