| L'auteur | La course | |||
| Kikoureur : hellaumax
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| Ce récit a été lu par
414 visiteur(s) ! Distance : 21.1 kms Matos : Chaussures Adidas Adizero CS. T Shirt Kikourou, short Nike. Gel "coup de fouet" Overstim Objectifs : Battre un record |
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| Ham & Jam | ||||
Ham and Jam. C’était le code pour annoncer que l’objectif était atteint. Je ne pouvais pas choisir un autre titre pour ce récit puisque, je vous le dis d’emblée et tant pis pour le suspens, mon objectif personnel sur ce semi Pegasus a été atteint.
Je ne voudrais pas que l’on considère cette appropriation pour autre chose qu’une forme d’hommage aux hommes qui, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 ont pris le contrôle d’un pont à bascule sur le canal de Caen à la mer, pont qui depuis ce jour a pris pour nom l’emblème que ces valeureux soldats portaient sur l’épaule, celui de la 6ème division aéroportée britannique, un cheval ailé: Pegasus Bridge.
Cela peut paraître curieux d’associer de simples courses sportives à des faits de guerre, mais c’est le principe de ces Courants de la Liberté depuis une vingtaine d’années : rendre hommage à ceux qui ont risqué et, pour beaucoup, sacrifié leurs vies pour la Liberté. Et peut-on envisager un meilleur spectacle que celui de milliers de coureurs réunis pour le seul plaisir de courir ?
Et sur le site même du départ, il est impossible de faire abstraction de cette action primordiale à la réussite du débarquement. La présence d’une réplique des trois planeurs qui permirent au commando d’accéder au pont le plus discrètement possible, le café Gondrée, première maison libérée, le pont de l’époque conservé avec, commémoration oblige, une couronne en mémoire du Lt Brotheridge, première victime de l’opération Overlord, sont autant d'éléments qui font ressentir la présence de tous les fantômes qui hantent ces lieux.
Mais revenons à la course, puisque c’est quand même ce qui nous concerne ici.
Comme toujours, ça a commencé par un lever matinal, puis mon beau-père Julien m’a emmené en voiture jusqu’au Mémorial.
Je n’avais plus qu’à monter dans la navette, direction Bénouville.

Un panneau indicateur. Très pratique pour savoir où on est.
J’ai envoyé un petit SMS à Kikival qui courrait ce matin même à Vincennes et il m’a rappelé pratiquement aussitôt, en me rappelant les choses essentielles : bien boire, bien s’alimenter, ne pas partir trop vite, un semi se joue à partir du 15ème.
Kiki connaît mon objectif : battre mon meilleur temps et cerise sur le gâteau en moins de 1h35.
Et les conseils de Kikival me seront bien utiles dans la suite ( vous avez vu comment je récupère le suspens, massacré d’entrée : il a atteint l’objectif, Ok, mais comment ? Patience, on n’est pas encore partis !)
On est arrivé très tôt à Bénouville, heureusement qu’il ne pleuvait pas, sinon ça aurait pu être galère.
Le pont actuel
La maison Gondrée
Le pont "historique"
Vers 8h10, j’ai commencé à m’échauffer très consciencieusement, avec les étirements qui font du bien, et les petites accélérations qui mettent en forme, puis j’ai rejoint le sas 1h40 environ 10 minutes avant le départ.
A h-5, John Kanda, le vainqueur de l’an passé est venu saluer l’ensemble des 2700 coureurs avant de regagner son sas préférentiel (il terminera 4ème en un peu plus de 1h06).Et le départ a été donné.
Pour faire 1h35, il me fallait être en moyenne sous les 4’30 au kilomètre, je suis donc parti sur des bases un peu plus rapides. 4’19 au premier kilomètre.
Je pensais que le parcours du semi Pégasus était la fin de celui du marathon de la Liberté, couru l’an dernier. Je m’attendais donc à longer le canal pendant 4 ou 5 kilomètres, avant de pénétrer la campagne normande beaucoup plus vallonnée.
Hélas ! Je me suis laissé abuser par l’échelle de la plaquette : on a attaqué directement par la campagne ! C’est au bout de deux ou trois bornes que j’ai compris que je ne verrais pas le canal, et que ma stratégie qui consistait à essayer de glaner un peu d’avance sur la partie « facile » du début était bien plombée ! Du coup, les 3 premiers kilomètres en 12’45 étaient peut être un peu rapides…
Heureusement, je suis en forme, mais en passant en 21’30 au 5 kilomètres, je repense aux conseils de Kikival ; j’espère ne pas être en train de me griller, d’autant que le parcours demeure relativement difficile à mon goût.
30’22 au 7ème, j’ai plus d’une minute d’avance sur le temps de passage inscrit sur un bout de carton coincé sous ma montre.
44’12 au 10ème, l’avance baisse, mais j’ai toujours une bonne marge, même si j’ai moralement un peu de mal à supporter cette mauvaise surprise du parcours. Pas mal de coureurs me doublent désormais, car ma moyenne a bien baissé (4’35 4’40).
En plus, j’ai fait une bêtise : au deuxième ravito, j’ai jeté ma bouteille encore à moitié pleine dans le parc prévu à cet effet : un bon point pour la planète, mais pas top pour mon hydratation. Je vais devoir attendre le troisième ravito, au km13, pour récupérer à boire. Encore heureux qu’il ne fasse pas trop chaud.
13ème kilomètre justement atteint en presque 58’. Toujours 30 secondes d’avance sur l’objectif, mais ça devient de plus en plus dur. Je commence à me dire que je vais flancher. En plus le petit carton avec les temps de passage n’a pas bien supporter l’épongeage ! Ce qui fait que pour la suite, va falloir le faire à l’instinct (ou au calcul mental… heu, non, à l’instinct).
Je repense à ma conversation avec Kikival : il faut en garder car c’est après le 15ème que tout se joue.
Alors même si mes temps de passage baissent régulièrement, je me retiens de trop forcer. Je sais que la fin du parcours sera cool ; alors je tempère ; rien ne sert de me griller trop tôt alors que le parcours est encore un peu dur. Patience, patience. En tout cas, c’est comme ça que je vois la fin de course.
J’évite de regarder le chrono, mais je vois quand même les temps de passage : 15ème 4’49, 16ème 4’48, 17ème 4’49. Ouh la la , je viens de perdre une minute en trois bornes.
Va falloir y aller maintenant. J’ai pris un gel, une banane, je me suis bien réhydraté, alors j’accélère.

Et paf ! 18ème kilo en 3’55 ! Je lève un peu le pied, je ne vais pas tenir à ce rythme là, 19ème en 4’23, 20ème en 4’16, il me reste 5’30 pour faire 1,097 km. C’est sûr ça va le faire maintenant.
Mais je suis trop bien dans ce rythme, enfin, je veux dire, c’est hyper dur, les jambes font mal, le souffle me fait défaut, mais j’ai envie d’aller jusqu’au bout. Alors 4’00 au 21ème.
Hélène et Maxime sont un peu avant la ligne et j’entends leur encouragements, mais sans les voir, car je ne vois plus que l’arche d’arrivée à 100 mètres et je passe enfin cette ligne, en apercevant du coin de l’œil le chrono en temps officiel qui n’affiche pas encore 1h35 !
Commentaires
Bravo pour le changement de braquet sur les derniers kilomètres.
Pat'jambes
Tu n'étais pas en rollers pourtant ??? :-)
Superbe performance Laurent, et comme d'hab, très chouette récit !!!
Récupère bien...
Taz
tu as de la chance d'avoir le soleil moi il commence à me manquer
à bientôt
laurent
Bonne récup
Jérome
grosses bises
agnès
amicalement
kiki
ps: tes photos sont magnifiques merci.
Perso je vais essayer d’’atteindre 1h45 certainement à celui la et j’emploierai ta combine qui consiste à noter des temps de passage kilométrique.
Chapeau bas pour le reste tout y est j’ai même l’impression d’en avoir vécu quelques lignes
Objectif atteind !
Bravo pour ta course
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