Récit de la course : La Montagn'Hard - 60 km 2014, par Casidescôtes

L'auteur : Casidescôtes

La course : La Montagn'Hard - 60 km

Date : 5/7/2014

Lieu : St Nicolas De Veroce (Haute-Savoie)

Affichage : 1057 vues

Distance : 60km

Objectif : Terminer

4 commentaires

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60 km sans battons que c'est bon !

Je commence classique, retrait du dossard la veille, en famille pour pas stresser le matin même et arriver serein sur la course. Et je papote avec quelques coureurs, sympas.

Lever à 5h15 histoire de bien manger avant le départ et se préparer tranquilou pour être frais et dispo à l'heure du départ. Je me présente sur la ligne de départ 10 minutes tout juste avant l'heure fatidique. Autant dire que le timing est bon. Je prends le départ à l'arrière du peloton, cela devient une habitude puisque déjà sur les Coursières en mai et le Pilatrail en juin c'était le cas. Mais bon, certains me diront que remonter les coureurs est une motivation supplémentaire pour te faire avancer ! En tout cas c'est mon cas. Faudra quand même que j'essaie, un jour, de partir mieux placé !

Du départ au ravito des Toilles!! (km 12.5)

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Le départ est donné sous les nuages et on s'élance sur 300 m de plat, au passage j'embrasse mon fils et ma femme qui m'ont accompagné et qui sont postés juste au pied de la première montée. Oui, parce que sur la montagn'hard le plat ça n'existe pas ! Je commence doucement l'ascension (400D+), 60 km c'est long et faut gérer!

Passé cette bonne montée, environ 40 min, forcément on bascule. Là je m'interroge comment gérer les descentes aujourd'hui, moi qui adore la pente. Je commence sans trop freiner et je m'aperçois que la plupart de mes compères d'un jour y vont mollo. Ça me fait cogiter car 60 km en montagne c'est nouveau pour moi et je ne veux pas laisser trop de force dans les descentes… Mais ça fait rien, je me laisse un peu aller en maîtrisant mes pas et mes sensations sont excellentes alors je force un peu l'allure!! Lors de cette première descente je double un paquet de coureurs. Arrivé au pied de la pente c'est le pied de retrouver ma femme, mon fils et des amis qui m'attendent car j'ai l'énorme privilège de pouvoir loger à côté du passage de la course ! Un coup de positif pour le moral (je n'en avais pas besoin à ce moment de la course mais c'est toujours ça de pris) et c'est reparti !

Maintenant nous abordons une première difficulté sérieuse puisque la pente est raide et va le rester un bon moment. Ah oui, au fait, mon avantage c'est que je connais la première partie de course (les 30 premier km) ce qui me permet de gérer mon effort en fonction du profil. Du coup je gère tranquillement et comme d'habitude je me fais passer par de nombreux coureurs que je reverrai plus tard… lors de cette ascension nous croisons les rails du tramway du Mont Blanc. La pluie s'invite dans la partie, histoire de rafraîchir un coup et ce n’est pas plus mal parce que la montée ça fait transpirer, cela ne durera que quelques minutes… s'en suit une descente assez douce qui s'accentuera jusqu'au ravitaillement. 3 ou 4 minutes d'arrêt histoire de refaire le plein et de goûter au jambon de pays ! Et c'est reparti pour la montée en direction du Prarion.

Du ravito des Toilles au ravito de Bionnassay (km 22.5)

La première partie de la monté au Prarion se fait sur des chemins tantôt en sous-bois, tantôt plus exposé. Au 14 ème kilomètre, le premier du 40 km me double on se regarde avec d'autres coureurs, oui c'est bien le premier ! Il nous a rattrapés après 2h30 de courses environ (1h30 pour lui !!). Plus tard on attaque la seconde partie de la montée sur un très beau sentier parfois en balcon parfois en sous-bois, malheureusement nous ne verrons pas grand choses des paysages car nous sommes en plein dans le brouillard.

J'effectue la montée jusqu'au sommet en 45 minutes environ. J'en profite pour discuter avec un traileur qui monte à mon rythme et l'ascension passe ainsi très vite. Je suis d'ailleurs étonné d'arriver au sommet aussi vite. Mon compagnon s'arrête pour se ravitailler et moi je continu sur ma lancée. L'an dernier la vue était magnifique car le soleil était au beau fixe. Aujourd'hui en plein dans le brouillard je ne m'arrête même pas.

 

Et dans cette première partie de descente je m'amuse même à suivre un concurrent du 40 km qui vient de me doubler… Arrivé sur le haut des pistes des Houches (me semble-t-il), Il me lâche. Je fais une très bonne descente jusqu'au ravitaillement de Bionnassay et j'ai même 10 minutes d'avance sur mes prévisions. J'y retrouve mon fils et ma femme, c'est bon pour le moral !!

De Bionnassay au Chalet de Miage (km 31.5)

Je reste 10 minutes et je repars les batteries rechargées à fond. Il s'en suit une longue montée vers le sommet du col de Tricot. A ce moment-là ma connaissance du parcourt m'a beaucoup servit pour gérer mon effort et ne pas me mettre dans le rouge. Le passage sur la passerelle du torrent de Bionnassay est magnifique !

 

Je fais la montée très prudemment tout du long. (6 km pour plus de 800 m de D+) Parfois je ralentis et même je m'arrête quelques secondes afin de regarder le paysage et de profiter un peu de tout ça! C'est vrai, beaucoup de coureurs fonce tête baissée et ne profite pas. De loin je vois le tramway du Mont Blanc redescendre, le glacier de Bionnassay à moitié dans les nuages, la vallée où l'on aperçoit le ravitaillement de Bionnassay…

 

J'arrive en haut et après 3 photos prises à la va vite je me lance dans la grande descente car il ne fait vraiment pas chaud la haut (2120m) le vent est frais!

 

Je fais comme d'habitude une descente de fou, où je me retrouve par deux fois les fesses au sol mais sans bobos… Enfin j'arrive au ravitaillement où il règne une bonne ambiance et les bénévoles sont au top.

Chalet de Miage au refuge de Trè la tête. (km 41)

Après le ravito je reçois un message d'un ami qui m'indique ma place dans la course (96e). Je suis super heureux de cette nouvelle (même si il faut relativiser par rapport au nombre de coureurs) mais cela me situe dans la course. Je grimpe en face du col de Tricot, c'est magnifique!

 

Je suis maintenant dans la seconde partie du parcours que je ne connais pas. Après un bon kilomètre de montée (200 D+) j'arrive sur un petit plateau, je passe devant le refuge du Truc puis s'en suit une longue descente jusque sur les "hauteurs" des Contamines. La bifurcation en bas de cette descente est rude. Un chemin presque droit dans la pente. Avec un coureur, on se regarde, je lui dis:" Même pas un petit faux plat histoire de récupérer un peu". Dur dur. Arrive mon premier gros coup de mou. Comment expliquer... je n'avais encore jamais eu une telle sensation. J'ai littéralement sommeil. Peut-être pendant 10 – 15 minutes je m'endors en marchant. Et à force de cogiter je me décide d'avaler quelques chose (patte de fruit + barre de céréales). Après un bon quart d'heure, je reprends un peu de force. Lorsque je commence à rattraper quelques coureurs, là je me dis que c'est bon, c'est reparti! Cette montée est pour moi, la plus belle de la journée, d'autant plus que le soleil a fait son apparition et que le panorama ce dégage. Je passe sur un très long sentier en balcon face au Mont Joly, Magnifique !!

 

Je commence à doubler des coureurs du 100 km et je les plains car il leur reste au moins 60 – 65 km à parcourir. Enfin, en plein cagnard, j'arrive au refuge de Tré la tête. La vue est magnifique, je me fais pointer, il était temps je n'ai plus d'eau depuis un bon kilomètre ! Un petit commentaire tout de même sur le ravito. C'est le plus animée, le plus rigolo, celui avec la plus belle vue ! Enfin celui que l’on n’a pas envie de quitter, je vous assure. Il y a même de la bière !!

 

Refuge de Tré la Tête aux Contamines (km 50)

Après 5 bonnes minutes, je me décide à repartir. Un coureur du 100 kilomètre m'avait averti que la descente n'était pas commode, en effet, il est presque impossible d'y courir, simplement d'allonger le pas, mais elle me plaît cette descente hyper technique ! On à l'impression de descendre dans le lit d'une rivière asséchée. Plein de caillasse, de gros rocher, de boue, parfois des petits ruisseaux traversent le chemin. Il faut souvent sauter ou se mettre en mode varappe pour franchir des rochers ! Au bout d'une petite demi-heure je retrouve un chemin plus praticable en faux plat descendant et ça me convient très bien pour récupérer de ce passage.

 

Je passe à coté de Notre Dames de la Gorge après un long moment sur ce chemin tout en descente, d’ailleurs la descente s’arrête ici. Et tout à coup, la hantise du montagnard, DU PLAT !!!!! Oui vous avez bien lu, 3,5 km de plat jusqu'au ravitaillement des Contamines, je n’avais pas couru sur du plat depuis 47 km et je vous assure que les jambes elles n'aiment pas ça ! OOOHH NON !! Je me fais violence et ne m’arrête pas car je me dis que si je marche, la relance sera terrible. Du coup, je prends un petit rythme pour tenir jusqu'au Contamines. Au ravitaillement, je retrouve mon fils et mon épouse ainsi que maître Sacoche et toute sa bande arrivés en cours d’après-midi. Le ravitaillement est bien géré, aidé par maître Sacoche, merci maître !! Comme je me sens bien, je décide de ne pas traîner et les jambes répondent encore bien après 50 km !

Des Contamines à Saint Nicolas de Véroce (km60, arrivée)

En repartant, je suis acclamé par les amis de Maître Sacoche et ça fait du bien au moral. Et je vais en avoir grand besoin car après un demi-kilomètre de plat j'attaque la dernière difficulté de la journée, que je redoutais depuis le début. Ca n'a pas loupé car au détour d'un virage dans un chemin montant, assez large, se profile un single droit dans la pente, je lève les yeux et la je me dis au plus profond de moi : « La fin va être très longue ! ». Vous savez, le genre de sentier où on lève la tête et que c'est tellement raide que l'on ne voit pas dans quelle direction va le chemin, s’il tourne, s’il y a un replat, même pas de quoi espérer un petit bout de plat ! Du coup, mentalement c'est dur et je suis obligé de faire une pause (peut-être à mi-parcours), 6 coureurs me passeront à ce moment là. Je repars, je croise d'autres coureurs arrêtés, comme moi tout à l'heure, sur le bord du chemin. Après une bonne vingtaine de minutes, enfin un peu de plat. Je ne peux relancer, usé mentalement et physiquement, il faut que je récupère. J'aborde un sentier en balcon avec une vue sur le col de Tricot, le Mont blanc caché dans les nuages, le refuge du Truc.

 

Quelques passages de torrents asséchés, Je fais attention de ne pas chuter c'est encore humide. La pente s'accentue de nouveau et j'arrive au niveau de chalets où nous croisons les autochtones du coin, des vaches ! Puis j'emprunte une piste de 4x4 très raide pour finir notre partie ascensionnelle du Mont Joly.

Enfin j'arrive à la bifurcation entre le 60km et le 100km, un bénévole est là pour bipper les coureurs et je me permets un peu d'ironie : «  C'est moche ici, il n’est pas top le panorama ». Bien évidement c'est tout le contraire, nous sommes sur une crête et on a presque un panorama à 360° c'est super !!

 

Ce n'est que le kilomètre 56 et les coureurs du 100 km vont monter tout en haut du Mont Joly et ça ne fait pas rigoler. De mon coté j'entame la descente et certaines parties sont droit dans la pente et ça chauffe les cuisses !! Même sur la fin je fais la descente à un bon rythme malgré les douleurs dans les jambes qui désormais se font bien sentir. Au loin, je commence à entendre le speaker et cela me motive encore plus. Lors d'un passage sur une route il est inscrit en majuscule, au sol, « enfin l'arrivée » Et je l'avoue, je craque un peu nerveusement à ce moment là, c'est pour moi une sorte d’exploit que de terminer cette course difficile ! Je reprends très vite mes esprits car j’aperçois à moins de 500m de l'arrivé un coureurs que je tente de rattraper "au sprint", mais il m'a senti revenir sur lui et les 300m qui nous sépare de l'arrivée ne me suffiront pas à le doubler. Je termine en 12h18min beaucoup mieux que mon estimation de 13h. Je suis super méga content.

Mais dans un état catastrophique.... Complètement amorphe.... Ratatiné.

Non, je déconne... Je vais très bien !!

Bien évidement, Maître Sacoche est là ainsi que ma femme et mon fils et le moral est regonflé à bloc. Je suis étonné de ne pas être plus atteint, plus abimé par la course, les douleurs sont là mais, à chaud, je marche normalement et je me dis que l’entraînement ça paye, les sorties longues dans le Pilat, le fractionné en côte depuis plusieurs mois ainsi qu'une bonne gestion de mon alimentation m'ont permis de terminer ce parcours exigeant.

  

Au retour au chalet un petit combo bière-Compex pour la récupération !

J+1 : Le dimanche les jambes sont raides mais elles me portent moyennant une paire d'aspirine pour lutter contre les douleurs. On va faire une ballade d'une petite heure le matin dans le Parc des Contamines et ça ne va pas trop mal.

J+2 : La journée la plus difficile, les dessus des cuisses me font mal, les jambes sont raides et le retour au boulot ne simplifie pas les choses !

J+3 : Cela va beaucoup mieux et je passe une bonne journée, cela tire encore un peu.

4 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 13-07-2014 à 09:51:40

Allez, je t'accorde même 12h15 vu que 12h18 c'est ce que j'avais à ma montre alors que sur le site de l'orga je suis crédité de 12h21..:-). Bref, tu as fini juste devant moi, quoi..:-). Moi aussi, j'avais une estimation de 13h, d'ailleurs (bon, 12H53, précisément, car les calculs se doivent d'être précis pour ensuite être encore plus faux).

Commentaire de Trimoreo posté le 13-07-2014 à 19:55:32

Super récit après t'avoir suivi en live un bon moment. L'occasion de te voir fondre sur une Bubulle que je suivais également. Bonne récup avec le prochain gros objectif ensemble : on verra lequel.

Commentaire de Casidescôtes posté le 14-07-2014 à 20:50:20

Bubulle, a charge de revanche, en tous cas super état d'esprit !
Merci Trimoreo, et ok pour un gros objectif ensemble pourquoi pas en fin d'année...

Commentaire de mightygnou posté le 23-07-2014 à 16:53:34

Bravo Gary!!!Une très belle course, un temps canon et un beau récit :-)

Je vais devoir m'accrocher quand on ira cavaler ensemble par-delà les montagnes ;)

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