Récit de la course : Grand Raid 73 2007, par ptijean

L'auteur : ptijean

La course : Grand Raid 73

Date : 26/5/2007

Lieu : Cruet (Savoie)

Affichage : 1872 vues

Distance : 73km

Objectif : Pas d'objectif

8 commentaires

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Mon Grand Raid 73

Arrivée à Cruet vendredi 19h30 pour récupérer mon dossard et essayer de rencontrer d'autres Kikoureurs. Mais pas le moindre sous le panneau Kikourou qui trônait sur une table. Dommage...Triste

Petit repas avec d'autres coureurs friands de pâtes à la sauce tomate et comme souvent, je me pose la question de savoir si je suis bien fait pour ce sport, vu que je dépasse toujours de plus d'une tête et 30 kg tous ces fondus d'ultras (sauf quand Samontetro ou Xav04 traînent leurs grands pieds sur les mêmes courses que moiClin d'oeil). Mais bon, j'aime ça et je fais avec...

Retour à l'hôtel pour une courte nuit. Réveil à 3h30 et petit déj à base de "cococake" préparé par ma petite femme.

Au vu du temps et de la température, je décide de partir en short et t-shirt, mais d'emmener du long en plus du vêtement de pluie (quelques grammes de plus ne vont rien changer).

5 heures, départ sous la lumière de fusées éclairantes et la musique "Eyes of the Tigers". ça décoiffe Cool

Jusqu'au premier ravitaillement, le parcours est trop roulant à mon goût et, comme d'habitude, je me traîne. Tout de suite après, nous attaquons la première vraie bosse du parcours, le Mont Charvet, qui nous fait passer de 900 à 1500m en 1.5km "ça grimpe" et là je suis dans mon élément (je me traîne toujours, mais les autres aussi )

Suit une belle descente pour arriver au point d'eau du 16ème km, le dernier avant 21 km en autonomie (vive le trail). Dans ces 21 km, l'ascension du Mont Colombier qui nous amène à plus de 2000m d'altitude, le point culminant de la course.
Toujours de très bonnes jambes et en plus le paysage est magnifique, malgré de très gros nuages qui arrivent du côté du massif de Belledonne (petit SMS de Samontetro : "orage prévu cet après-midi, il faut que t'arrives avant" Merci Patrick... Mort de rire)

ça y est, arrivée au sommet du Colombier : paysages à couper le souffle à 360°. Allez, faut y aller, pour 10 km et 1200m de D-. Tout va bien, j'arrive même à me décontracter et à doubler du monde, surtout dans les passages très techniques.

Arrivée au ravitaillement des Aillons, au 38ème km, avec un super accueil des bénévoles. Je décide de prendre mon temps et je mange une soupe très chaude et salée que j'apprécie beaucoup. Quelques étirements, discussions avec quelques coureurs qui prennent la navette après avoir jeté l'éponge : je connais, c'est dur.

Et 20 petites minutes plus tard, je repars. Je croise un coureur qui arrive à contresens : il arrête, fourbu de crampes, et il ne changera pas d'avis.

ça y est, il pleut! Je me dirige vers le chalet de la Buffaz, 600m de D+ et là, je me rends compte que la soupe ne passe pas, mais pas du tout . C'est dur, je n'arrive plus à rien avaler, ni solide ni liquide. "Burp". Je ralentis en espérant que ça passe. Arrivé au chalet, je me change parce que maintenant il tombe des seaux et il fait froid.

Je repars dans une descente qui est devenue très technique à cause de la pluie et de la terre glaise transformée en tobogan de boue. Je ne vais toujours pas mieux mais dans la descente l'effort est moins violent et je redouble ceux qui m'ont dépassé dans la dernière côte. Arrivé au point d'eau suivant, je me rends compte que je n'ai presque rien bu depuis 2 heures. Et toujours mon estomac en vrac... C'est la première fois que ça m'arrive, mais tous les conseils qu'on me donne vont dans le même sens : me faire vomir. SUPER! (et en plus, que vont penser les bénévoles si je gâche...Embarrassé). Je repars en pensant que ça va aller, mais c'est sans compter sur la terrible montée de la Gallopaz où, plus on avance, plus la pente est raide, pour finir par une trace directe dans une prairie pour monter au sommet.

Très lentement, pas à pas (cela n'a jamais été aussi vra), j'avance. Je me motive comme je peux, en me fixant des buts : aller jusqu'au rocher, aller jusqu'à l'arbre... en passant à côté de moi, les coureurs m'encouragent. Merci à eux dont je ne me rappelle que les encouragements. Cela devient insupportable et je decide de suivre les conseil qu'on m'a donné plus haut, enfin... Quel soulagement, mais aussi quelle lassitude!

Je m'arrête, je m'assois, et je téléphone à ma petite femme : pas de réseauTriste. J'ai froid, j'ai faim, j'ai la tête qui tourne... je mange, je bois, et je me remotive : allez, tu bouges où t'arrêtes ... Je bouge, presque pas, mais je bouge. Je ne sais comment expliquer le calvaire de ces derniers 150m de dénivelé.

Les organisateurs ont placé de petits fanions jaunes pour faire la trace dans la prairie. Chaque fanion sera mon objectif : 1er... 2ème... 3ème... allez, avancez, et en plus, ce vent qui cingle les cuisses et qui fait arriver les crampes. 4ème... 5ème... boire, il faut boire. Allez, encore 2 fanions ... ça y est, j'ai vaincu la Gallopaz. En passant, chapeau aux bénévoles qui sont restés là haut dans de telles conditions.

J'entame la descente avec les jambes qui tremblent et toujours ce vent et cette boue. Attention : rester debout. Oups, raté ! Allez, se relever et rester debout. Reoups, encore raté!

Malgré tout cela, je n'en reviens pas, je double des coureurs (vive l'entraînement en descente). Je recommence à boire régulièrement et à m'alimenter "ça revient"

Je decide de téléphoner à ma femme qui doit s'inquièter de mon dernier coup de téléphone et Reoups, encore raté. ça fait le 3ème soleil de la journée, y en avait bien besoin... Ce sera le dernier, la lucidité revient, les jambes aussi.

Objectif suivant : arriver au dernier ravito km 59, pour finir de me requinquer et surtout me changer. Ma petite femme est là, ça fait du bienBisou. Déja 11h45 de course. Quand je pense que le premier "avion" est arrivé en moins de 8 heures, je suis vraiment un cargo ravitailleur et pas un avion de chasseMort de rire.

Je me change de la tête aux pieds et j'ai envie de salé: je mange du saucisson. Que c'est bon!

Mon compagnon de course depuis 7 km, Marcel (n°103), repart sans moi. J'ai decidé de prendre mon temps. J'ai plus de 2h d'avance sur les barrières horaires.

Je repars après 30mn, avec ma petite femme qui m'accompagne pendant un petit km. Maintenant, il m'en reste 13, avec une seule grosse bosse qui en fait est une succession de petites bosses et de petites descentes, avec plein de palliers à franchir, sur des sentiers pleins de roches rendues glissantes par la boue (limite dangereux, alors cool)
Arrivée au sommet de la roche du guet. Magnifique. Et en plus le temps, qui a tout fait pour m'empêcher d'arriver, a compris que ça ne servait à rien (même la soupe a échoué) et il recommence à faire meilleur. Alors, je peux voir tous les endroits où je suis passé dans la journée.

Je sais déja que je reviendrai.

Suivent quelques kms très techniques sur les crêtes face au massif de Belledonne, avant d'arriver dans la dernière descente. Un sacré morceau : 5km pour plonger sur Cruet, avec 800m D-. ça chauffe les cuisses. Mais je suis de nouveau en forme, alors je me laisse aller. Je rattrape quelques coureurs, dont le dernier qui m'a encouragé avant la Gallopaz. Je m'arrête, il a mal au genou et il me dit de continuer. J'y vais et je rattrape mon compagnon Marcel et on decide de continuer ensemble.

ça y est, j'y suis arrivé : 14h32 pour traîner mon quintal jusqu'à l'arrivée.Cool

Plus que d'autres, cette course restera dans ma tête, pour tout ce qu'elle m'a appris sur moi. J'en ai eu des frissons en passant la ligne d'arrivée, tant ça a été dur aujourd'hui.

Que c'est bon de se surpasser!

Après une bonne douche, je retrouve ma petite femme avec sa nouvelle copine qu'elle a rencontrée sur la randonnée de 15km et son mari qui a été obligé d'arreter au 38ème km, par manque de forme (il faudra qu'il revienne)Clin d'oeil

Un petit plateau repas plus tard, nous partons à 21h de Cruet, direction un repas entre amis, pour parler ... trailSourire. Mais pas que ça...

Merci à eux pour l'accueil, j'ai cru que j'avais gagné la course...Mort de rire

Fin de soirée très sympa, nous reprenons la route pour rentrer nous coucher enfin, chose faite à 2h du matin, soit 22h30 après le réveil.

Merci à tous les bénévoles présents sur la course, les ravitaillements, pour leur gentillesse. A tous les coureurs que j'ai croisé pour ce souvenir magnifique que fut ce grand raid 73.

Et à l'année prochaine pour de nouvelles aventures.

Ptijean

 

 

8 commentaires

Commentaire de akunamatata posté le 27-05-2007 à 23:05:00

Bien bien le CR Ptitjean, je crois t'avoir vu au cote gueulets (le ravito avant la montée de la galoppe, il y avait de la merguez!)
félicitations c'était un bon cru (pas encore la crue mais pas loin en certains endroits) cette année là.

Commentaire de titifb posté le 27-05-2007 à 23:24:00

Wahoo impressionnant ton CR ! En te lisant, j'étais limite-pas-bien...t'as été courageux ! Mais, c'est vrai, il va falloir que t'y retournes, tu ne pourras qu'être mieux ! Bravo d'être allé au bout...

Commentaire de béné38 posté le 27-05-2007 à 23:49:00

Bravo Ptijean, beau récit plein de courage ! Les sms de Samontetro sont tjs très réconfortants pas vrai ! Et puis heureusement que tu avais ta "petite femme" :-)
Au plaisir de te revoir bientôt sur une course.
Béné

Commentaire de xav04 posté le 28-05-2007 à 09:05:00

Félicitation et ca y est tu l'as fini!!!!avec la manière en plus, t le meilleur coach écureil!!!(tu tombes beaucoup je trouve:)))
Pour la soupe t'aurais du te rappeler de la petite mésaventure du ventoux...beurpp!!
Maintenant on n'a plus qu'à finir le Mercantour de la même manière et après pour toi c'est UTMB!!!!
En tout les cas t'as fait un super récit, on vit la course avec toi (en attendant 2008!)
Bisous à tous les 2 (aprés la rando de 15km c'est le trail de 20km ?...)

Commentaire de Jerome_I posté le 28-05-2007 à 09:54:00

bravo pour cette course, j'y etait aussi je dois encore faire mon CR. Tu as raison, lorsque je suis passé à la Gallopaz les 3 bénévoles étaient frigorifiés et il souflait un vent de folie. Dans la prairie j'ai remis mon tshirt manches longues...
Bon repos.
Jérome

Commentaire de Startijenn posté le 28-05-2007 à 13:11:00

Bravo pour ta course et sa gestion. Et en plus, la fête le soir ! Ta "remontée de forme" dans la descente faisait plaisir à imaginer : très fort de pouvoir revenir ainsi après avoir été en méforme lors de la petit pause sous la pluie sur le bord du chemin !

Commentaire de maï74 posté le 28-05-2007 à 20:25:00

Ton CR est très prenant et montre bien les hauts et les bas qui se succèdent sur ce genre d'épreuve... Tu as su surmonter tout cela, bravo !

Commentaire de Olivier91 posté le 29-05-2007 à 21:12:00

COmme les autres commentaires, je ne peux qu'applaudir et à ta volonté de finir et à sa description dans ton CR bien vivant. Avec une Gniakk comme cela, tu devrais boucler le grand tour fin Août

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