Récit de la course : Grand Raid 73 - Le Petit Savoyard 2013, par franck de Brignais

L'auteur : franck de Brignais

La course : Grand Raid 73 - Le Petit Savoyard

Date : 25/5/2013

Lieu : Cruet (Savoie)

Affichage : 506 vues

Distance : 23km

Objectif : Pas d'objectif

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Givré le petit savoyard

La pluie tombe fort, elle est gelée, je vais me mettre à l'abri sous une tente en attendant le départ... et je mets les pieds dans une flaque !! Instantanément, je suis frigorifié. Ca commence...

 

Je me doute que dans quelques minutes seulement le fait d'avoir les pieds mouillés deviendra accessoire... et puis il est pas marrant le speaker : "échauffez-vous correctement !"... j'aimerai déjà me réchauffer correctement !!

 

Nous sommes à Cruet, au pied des Bauges en ce samedi matin. Samedi à l'image de ces dernières semaines partout en France : très pluvieux et très froid. J'ai même entendu des bénévoles, ce matin dans la salle des fêtes qui annonçaient plus de 5 cm de neige à la Roche du Guet à 1 200m seulement. J'ai beaucoup de mal à y croire...

 

J'entame le « plan » d'entrainement pour la TDS fin Août. Je peux même parler d'une reprise de la CAP tout court : 2 mois d'arrêt strict suite à une salle blessure à la sacro iliaque. Plus moyen de courir 1 mois avant le Marathon de Milan que j'ai dû abandonner. Une blessure certainement liée à un volume trop important et le fait d'avoir quasiment arrêté les étirements et le gainage par manque de temps.... j'ai même eu de gros doutes sur ma capacité à commencer cet entrainement en vue d'un demi-tour autour du Mont Blanc cet été !!

 

Et puis un ostéo... et beaucoup de repos.... ont eu raison de cette mauvaise blessure. J'ai donc repris, tout doucement il y a seulement 15 jours. Sur les conseils d'un médecin du sport : D'abord 3 sorties/semaine, 30 min tout doucement, puis 45 min... ça a l'air de tenir... et puis ..... Cruet et son "petit" Savoyard !!! Ce sera le test ultime...

  

Denis m'accompagne. De son côté, pas de répit, après une marque superbe au Marathon de Milan, il a brillamment enchainé sur une 1ère édition de l'UBS kikouresque (pendant que je mâchais de la coca au bord du lac Titicaca...). Il a la forme et cette course devrait le montrer... enfin si les éléments ne se déchaînent pas trop !!

 

L'accueil est très bon, comme l'année dernière. La course a un caractère familial sympathique. Il manquera juste un peu de petit déjeuner aux derniers que nous sommes.

 

 

Le départ est donné et, comme l'année dernière, il est rapide. Cette fois, je ne me prends pas au jeu et je reste à l'arrière, je dois être dans les 15 derniers. Je gère très tranquillement ce début de course qui sort de Cruet et nous emmène sur le terrain vallonné et agrémenté de vignes au pied du massif des Bauges. Rien de surprenant : il y a déjà beaucoup d'eau, mai le terrain très minéral nous préserve de la boue. Rapidement nous attaquons la première grosse difficulté : 850 mètres positif, sur un sentier à flanc de montagne nous amènera au point le plus haut de cette balade : la Roche du Guet. Elle est terrible cette montée, devant moi un bouchon important se créé. Je suis très facile (trop ?) et je sens bien que je suis en dessous de ce que je peux faire. J'aurai dû partir un tout petit peu devant, mais ce n'est pas très grave, je ne cherche pas un exploit (ça se saurait depuis le temps...). Je reste sagement derrière et je patiente. Ce ne sera pas le cas de tout le monde. 2 à 3 dépassements peu élégants m'ennuient et je ne me gêne pas pour l'afficher... les bâtons semblent être devenus une arme redoutable pour forcer les dépassements... Pour ma part, je ne les ai pas pris... avec le recul, je ne sais toujours pas si ils m'auraient servis ou desservis.

Cette montée commence à nous faire goûter au terrain boueux, ça ne sera qu’un début. J’entends derrière moi « je pense qu’on a passé le pire » en arrivant en haut… je n’ose pas répondre que ça n’est certainement que le début, je préfère garder mes états d’âmes ! J’aurai à plusieurs reprises aidé la concurrente devant moi à ne pas glisser trop bas… et j’aurai été bien aidé par le coureur derrière moi… la boue, y a pas à dire…. Ça développe la solidarité !! La neige tombe à gros flocons maintenant, c’est plus de 5 cm de neige fraîche qui est tombée… le dernier WE de Mai…

Une descente un peu technique mais relativement épargnée par la boue nous emmène dans une superbe prairie. Celle-là même était couverte de bleuets, de coquelicots et de pissenlits l’année dernière… aujourd’hui elle recouverte de 5 cm de neige fraiche ! Je prends beaucoup de plaisir à la traverser et à descendre sur le premier ravito du lac de la Thuile. Sous la pluie et un ciel de plomb, l’endroit est beaucoup moins bucolique… mais les bénévoles mettent beaucoup de cœur à nous réconforter. Je prends 2 ou 3 bricoles et repars en marche forcée et en grignotant.

C’est là que les choses sérieuses commencent. Nous entamons une jolie montée, très abrupte, et la boue est maintenant présente partout, le chemin forestier que nous suivons sur 4 à 5 km est un véritable ruisseau. Je commence à avoir sérieusement froid alors que je suis très bien couvert. Mal au bout des orteils du pied droit… le manque d’entrainement commence à se faire sentir. Je suis au 15ème et déjà à bout !! Je sais que le tracé fait plus que les 23 km annoncés (en tous cas à ma montre), ça va être long !!

Je marche le plus souvent, même les descentes ne me font pas plaisir, je n’arrive pas à me relâcher du coup je subis et j’en prends plein les cuisses. Pour achever un moral pas très brillant, arrive un passage très technique, en sous-bois, où le devers, conjugué à une grosse quantité de boue, rend ce passage pourtant assez plat, super technique… voir dangereux par endroit !! Je suis super crispé, j’ai peur de tomber et les muscles sont tétanisés par le froid, la peur et la fatigue.

Les premiers du 70 km (j’apprendrai en arrivant que le parcours, suite au mauvais temps, a été réduit à 58km) me dépassent. Ils n’ont pas l’air de remarquer qu’il y a de la boue et du devers… je suis admiratif !! Vraiment… très impressionnants…

J’arrive enfin au 2ème ravito. Je prends le temps de m’arrêter 5 min. J’ai besoin de discuter pour me changer les idées. On échange donc avec une bénévole sur l’accueil chaleureux des savoyard… et je ne cache pas mon petit regret des 28° de l’année dernière… 2 ou 3 blagounettes moyennes plus tard, je repars le moral remonté à bloc. Tellement remonté d’ailleurs que je loupe un sentier sur la gauche et m’enfonce dans un chemin. J’ai besoin de 500 à 600 mètres pour me rendre compte que les traces de pas diminuent… et qu’il n’y a plus de rubalise !!

Une pelletée de jurons… 4 à 5 places et une dizaine de minutes plus tard (doit plus y avoir grand monde derrière !!), je retrouve le chemin et entame une descente très usante vers la vallée. C’est un monotrace en sous-bois. J’avais pris beaucoup de plaisir l’année dernière sur ce passage. Mais là…. ça veut vraiment pas ! Toujours en arrière, je n’arrive pas à me détendre, je subis chaque pas, je me fais doubler par une petite dizaine des coureurs du Grand Raid. Je trottine difficilement, mais j’arrive à rejoindre un couple devant encore plus à l’agonie et à le dépasser.

Le goudron enfin (tiens… ça glisse plus… ça faisait longtemps…), je sais qu’il reste 2 km pas simple. Le clocher de Cruet est en vue, j’ai hâte de passer la ligne. Nous traversons le joli village et enfin la descente finale, synonyme de délivrance.

4h35… 30 minutes de plus que l’année dernière. Je suis déçu, sur le coup je mets ce retard sur le compte des conditions exceptionnelles. Mais quand Denis m’annonce le même temps que l’année dernière… je range l’excuse au placard…

 

Allez ! il y a quand même une chose très positive : aucune douleur dans le dos. J’avais besoin de me rassurer sur ce point, c’est fait…

Après… disons qu’il reste un boulot colossal pour pouvoir prétendre prendre le départ à Courmayeur fin Août !!

 

Franck 

5 commentaires

Commentaire de Arclusaz posté le 29-05-2013 à 00:03:35

Petit cachotier !!!!!
alors que je t'imaginais forcé à l'inactivité sportive du fait de ta blessure, tu participais à cette course déjà pas simple mais rendue très exigeante par les conditions atmosphériques.

j'avais juste oublié que Franck est indestructible !!!! Totalement Dingue de Sport.....

Commentaire de Jean-Phi posté le 29-05-2013 à 10:13:11

C'est vrai que tu n'as pas choisi la facilité pour ton retour ! et quel retour ! Je dis que tu as franchement bien réussi ce petit Savoyard. N'oublie pas qu'il y a peu tu ne courais pas du tout. Alors si les conditions n'expliquent pas selon toi ces (pauvres petites) 30mn, ton arrêt forcé, peut être bien un peu plus.
C'est de bon augure pour une reprise et un entraînement pour la TDS. Bravo Franck !

Commentaire de totoro posté le 29-05-2013 à 10:38:21

Cela fait plaisir de voir que tous les blessés se rétablissent et reprennent :-) Comme le dit jean-phi, tu n'as pas choisi la plus facile ! Pour moi, il n'y a que du positif à retenir et à capitaliser en vue de la TDS. Et il parait que le soleil va revenir !

Commentaire de lalan posté le 29-05-2013 à 17:07:42

Quelle belle reprise , une bonne chose pour te rassurer. De plus tu n'as pas choisis la course la plus facile et une météo un peu ,beaucoup m.......e. Bravo pour ta course et bonne prépa pour ton objectif estivale. A plus Franck.

Commentaire de tidgi posté le 29-05-2013 à 21:11:18

Bon, on aura pas réussi à se voir mais c'était prévisible... que je ne cours pas avec les premiers du "grand" parcours.
Bravo à toi, parce que pour une reprise...
Allez, cap sur la TDS mon ami ;-)

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