Récit de la course : Grand Raid 73 2017, par Cheville de Miel

L'auteur : Cheville de Miel

La course : Grand Raid 73

Date : 27/5/2017

Lieu : Cruet (Savoie)

Affichage : 526 vues

Distance : 73.4km

Objectif : Pas d'objectif

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Il est là ou pas là le ravito du Mt Pelat

Il est là ou pas là le Ravito du Mt Pelat ?

 

L’avantage d’être un bleu, c’est que l’on ne s’est jamais trop ce qui nous attend. L’an dernier je m’étais inscris sur la Marathon Race comme première course en montagne et je cherchais donc cette année une course plus « trail » me préparant aux échéances à venir. Le truc trop facile à faire derrière son écran, le GR 73, plus le Week end choc chez Jucb, puis la MH100, puis, puis, puis…..Prépa de prépa de prépa. Comme d’habitude je m’appuie sur Kikourou et ses CR pour me fixer sur le GR 73 qui semble un bon compromis distance/D+. En plus il va y avoir plein de Kikous et Pierre-Yves, mon « Coach », pour ceux qui suivent, devrait venir aussi.

 En guise de prépa, aucun plan. Enfin si, un truc empirique à base de lunette à gagner s’il l’on fait grossomerdo 10Km, 1H de sport et 274 de D+ par jour. Si ça c’est pas un plan d’enfer !!!! Je tiens le rythme depuis Janvier en travaillant un peu le renforcement en faisant des activités qui plairaient à bouk, cours d’Abdo-Fessiers et Gritt (espèce de cross-Fit) ou je me retrouve la plupart du temps le seul gars . Pour la course, juste des sorties autour de la maison et/ou au boulot sans aucun travail de VMA mais de manière régulière (4/5 sorties par semaine) en alternant les allures plus un chouia de VTT, RPM, Cardio et Piscine.

 

Malgrè l’entrainement j’ai la vague l’impression d’arriver en touriste. Je vais chercher mon dossard la veille en croisant Bubulle et Manu, il fait déjà moult chaud. Le lendemain, levé 2H00 et c’est partie. Je retrouve Caral à la salle qui me sauvera la mise en me dépannant d’une frontale, la mienne s’étant malheureusement  évanouie dans la nature entre Florian et la maison. Encore merci !!! Comm d’hab Pierre Yves arrive à l’arrache avec son collègue et nous voilà partie dans les derniers. La seule chose que je sais, c’est que je vais transpirer comme un bœuf, en prévision je me suis strappé le dos pour éviter les brulures et noké vraiment fort, sale temps pour les gros comme on pouvait le dire à l’époque ou je jouais au Rugby.

 

 

 Cheville/Pierre-Yves/Greg chaud comme des baraques à frites

 

Cruet-La Thuile 3H35, 18,4Km (BH 4H30)

On part doucement ce qui fait que l’on est rapidement dans les 10 derniers, on discute, on papote, je fais connaissance de Greg, le pote de Pierre-Yves, j’apprends deux choses, il a une grosse expérience (Diag entre autres) et qu’il est ami avec tous les serre-files. On a du saouler tout le monde car on a fait QUE parler, mode EF, monté à 750m/h. Comme j’ai ma montre de Pro, j’ai mis des alarmes toutes les 10minutes pour boire et 30mn pour manger. Ça ne doit pas être suffisant car je prends une grosse crampe aux ischios dans la montée de la grande Teppe. Genre je peux plus bouger la jambe, je bois goulument et Greg me file un cachet de sel (à retenir) et je prends un gel derrière (de toute manière c’est tellement immonde que je les liquide au plus tôt). Heureusement ça passe rapidement et l’on arrive aux ravitos de La Thuile. J’ai trouvée cette partie très cassante, ça monte et ça descends sans arrêt, pas de pause possible, il faut vraiment être prudent et pas s’emballer.  Les jambes vont nickel, le cardio en mode EF mais je suis à sec malgré les 2 litres, et je commence à brûler à l’entrejambe. Je recharge en flotte et m’éclipse pour un Nokage intime. En revenant je cherche mes 2 compères que je ne vois pas, sauf 2 gars au loin qui file du ravito en trottinant. Ils m’ont honteusement abandonnés. Je pioche une paire de tranche de saucissons, de la tome, et repart en marchant. 7 minutes de pause au total, ils auraient pu m’attendre !

 

 

Encore en mode Zen

La Thuile- Côte Gueulet  33, 8Km, 6H52

Je commence à monter doucement quand le téléphone sonne, « mais t’es ou ? » « bah dans la montée vous avez filez comme des voleurs », « bah non on est au lac…. » Oups. Je commence à m’arrêter pour les attendre puis au bout de quelques minutes je recommence à avancer en mode tout doucement en me disant qu’ils me rattraperont bien. Puis c’est courable, alors je cours, et je prends plus de 30 minutes d’avance sur les loustics au Galoppaz en ayant passé pas mal de monde dans la double montée dont Caral, mon Kikou sauveur de frontale. Une première partie à 750m/h avant de caler à 550m/h sur la deuxième la chaleur faisant bien son effet. Je m’applique néanmoins à ne pas me mettre dans le rouge et à rester en sub 140. Je sais que si je monte dans les tours, avec la chaleur je vais me mettre en danger pour la suite. Le cadre est vraiment sympa, juste un petit coup à la tête quand derrière le pic de Sauge on voit les concurrents monter le Galoppaz puis dévaler la pente tout droit. Je sais que c’est ce type de descente abrupte ou je suis le moins à l’aise.  Pierre Yves enclenche le Turbo lachant Greg et me rejoints au point d’eau de côte Gueulet ou je viens de faire le plein. Je suis obligé de remonter mon cuissard toutes les 30 secondes car ça commence à piquer sérieusement, c’est dommage de souffrir pour ça alors que tous les reste est OK. On se pose 8 minutes à l’ombre en deconnant avec les bénévoles, « le ravito du Mt Pelat, c’est là ou c’est pas là »

 

Côte Gueulet – Les Aillons 40,8Km, 8H08 (BH9H30)

 

Une arche, c'est fini? Ah non on est aux Aillons!!

A deux c’est mieux. Il fait vraiment très chaud, près de 30°C. On repart sur un Rythme cool pour que Pierre-Yves puisse récupérer de son effort. C’est assez roulant, je n’ai pas trop de souvenir de cette partie, on ce n’est pas fait doubler jusqu’au aux Aillons, ce qui pour moi est un exploit sur le profil descendant, on a beaucoup discuté et j’ai vraiment les …… en feu. Arrivée aux Aillons, On y retrouve un nid de Kikou, Fred, st ar et puis un autre dont je me souviens plus le pseudo. Le ravito est en plein soleil et ça sent le mouroir à Traileur…….se mettre en mode automatique, manger, boire, faire le plein, faire le con, quitter les pompes, les chaussettes, se noker les pieds qui chauffe, ce noker les ….. qui brulent et repartir sans se poser de questions. 20 minutes quand même pour se refaire une santé, le plus dure reste à venir….Je pars seule, Pierre-Yves à besoin de plus de temps pour récupérer. Mais le connaissant il devrait me rattraper bien vite.

Les Aillons – Mt Pelat  58Km, 12H50 (BH 14H00)

Enfin "mon" terrain et de l'air......

On est au plus chaud de la journée, je m’attends à trouver du montant rapidement, mais rien, on reste bloquer à 900 dans la forêt, il fait humide, lourd, une sensation d’étouffement. Je suis une grosse larve et malgré ça personne derrière me remonte et j’arrive même a rattrapé un jeune et à le passer alors qu’il pause. C’est affreux cette sensation de ne pas avancer. Puis enfin la pente s’élève, je vais de mieux en mieux, je passe la forêt et trouve un peu d’air. Ça y est la vrai montagne, les deux bâtons en avant et zou c’est parti, 900m/h jusqu’au chemin qui fait la boucle avec le sommet. Le Cardio est pas trop monté mais il reste 300D+ à faire, je ralentie un peu et profite du cadre magique. Je sais aussi surtout que derrière ça pue la descente drès dans le pentue ou je suis le moins à l’aise. Je ne stoppe pas en haut et descends tranquillement. Une fois rejoins la piste je peux me remettre à courir. Arrivée à la jonction, je me dis que j’étais avec ceux qui attaque il y a pas si longtemps et que ça va vraiment être dure pour eux. Et la surprise, je croise Pierre-Yves allongé.  Partie au final 1mn après moi du ravito je lui ai pris 1H00. Il ne sait pas trop quoi faire, il est bien cuit. Il décide de m’accompagner en rendant son dossard. On commence à descendre mais alors que c’est censé être son domaine il coince peut avant le col de la Fullie et me dis de partir. De mon côté a part que j’ai l’impression qu’un chalumeau me brûle les testicules ça va. Je bois régulièrement et je réussi non sent mal à manger une paire de compote (en pensant à Bubulle et ses CR et ses récompenses toutes les 50D+). Je n’arrive pas trop mal à la Fullie ou  justement Bubulle est en place. Petite photo, je recharge la gourde en eau fraîche mais pas le Kamel qui est depuis les Aillons un mélange de coca/eau chaude juste dégeux. Pourquoi ? Parce que je me suis pas fait doublé depuis le départ et qu’un jeune loupiot en vert Fluo me reviens dessus. Qu’est ce que je suis con !!! Mais j’en ai conscience et m’auto fout de ma figure. Bubulle me dis qu’il faut 1H30 pour aller au Pelat

Entre les 1H30 de Bubulle et le jeune loupiot, je me prends au jeu. Il ne me doublera pas et je mettrais 1H pour arriver au Pelat. Ça sert à rien mais des fois je me demande ce qui se passe dans nos caboches. Enfin le Pelat est là, est pour moi, je sais déjà que le plus dure commence.

En attendant c’est version STAR, le pitch frais sur le visage, sur les genoux, remplissage de Kamel avec de l’eau fraiche avec du truc Iso car j’ai plus faim du tout. Grosse rigolade avec les bénévoles, ça fait du bien à la tête je vois aussi des sourires sur ceux qui sont arrivés avant moi. Je me force quand même à manger une soupe. Et repars en étant resté 15 minutes.

ça fait envie, non?

Mont Pelat – Arrivé Cruet 73,4 15H49 (BH18H00)

Départ de la Fullie (Bubulle)

 

Heureusement qu’il y a quelques chemins forestiers pour courater. J’ai l’impression de vraiment pas avancer, j’ai chaud, trop chaud et dans un état bizarre. Je bois régulièrement et personne devant pour se motiver et personne derrière non. Si deux avions me doublent alors qu’ils étaient au soin au Pelat quand je suis arrivé. C’est long, long, long, je suis que je vais finir mais je suis cuit, et c’est foutu brûlure à l’entrejambe. Période putain que c’est dure, je fais plus jamais ça, faut être trop con. Je zappe presque le ravito de Montlambert car même doucement je veux arriver. Les 5/6 trailers que je passe à cette occasion me doublent bien vite derrière. Je regarde ma montre toute les 30 secondes, puis le goudron arrive, puis la ligne d’arrivée avec des encouragements qui font chauds au cœur. Pierre Yves est là avec ses filles. Je tente de prendre une douche mais elle est gelé et je commence à trembler méchamment.  Je suis lucide, je suis partie sans casquette et j’ai simplement un début d’insolation. Quel con, encore une leçon. Je pars bien vite à la maison pour prendre une douche et dormir. Ce que j’aurais du mal à faire et pire, réveillé à 5H00 le lendemain. Enfin simplement la faim.

Le chemin vers le Mt Pelat.

 

J’aurais encore appris plein de chose, qu’un trail de Montagne de 73Km et de 4800D+, c’est un vrai défi et qu’il faut être près. J’ai progressé en gestion, en descente, sur le roulant et peut envoyer en monté si je veux. Le dos strappé m’a pas fait souffrir bien que quelques brulures étaient quand même présentes, par contre pour le short, horrible. Le fait de l’avoir chargé (compote/Flasque/saucisson, barres) a du le tenir moins haut que d’habitude et en entrainé ce frottement. Encore un détail à régler.

Merci à Pierre Yves que j’ai lacheusement abandonnés deux fois, merci à Greg pour ses 3H30 passées ensemble (il finira dans les dernières places surement avec le train bubulliens), merci aux kikous, merci à Caral pour la frontale, merci à Bubulle pour tes CR et tes encouragement, merci à Gilbert et Manu pour cette course de la mort qui tue, merci à Vik pour faire penser que l’impossible est possible, merci à Kikourou pour toutes les astuces et conseils. Rendez début juillet pour passer la barre des 100 du côté de Saint Nicolas de Veroce.

6 commentaires

Commentaire de caral posté le 30-05-2017 à 19:36:43

Bravo! Tas vraiment tout donné cest super. Aa de voir sur une autre course

Commentaire de Arclusaz posté le 30-05-2017 à 19:56:47

Bravo Rémi.
Mais la casquette franchement c'est une sacrée connerie.

Quant aux c......., là faut absolument trouver car ça pourrait te coûter très cher à l'avenir.

en tout cas, t'es vraiment costaud : avec l'expérience que tu engranges, tu vas monter monter dans les classements.

A bientôt en Savoie ou ailleurs.

Commentaire de franck de Brignais posté le 30-05-2017 à 20:21:57

Elle est plus vraiment en miel cette cheville ! C'était du lourd ce Grand Raid !... Bravo d'être allé au bout... Mais alors pour la Montagn'hard, surtout ne pas ouvblir cette casquette, elle peut vraiment te sauver la vie !! Bonne recup !

Commentaire de bubulle posté le 30-05-2017 à 22:13:45

T'as un problème de calbute, camarade...:-). Donc, hop hop hop, avant la MH, on me file dare-dare chez D4 acheter les calbutes Kalenji que, en plus, y'a des tas de jolies couleurs (surtout le rose, mais ils ne le font plus, ces cons). Et on n'oublie pas de se les nokker avant les courses et pendant.

Et je sais pas si on t'a déjà dit, mais la casquette, t'as intérêt à pas l'oublier.

M'enfin, sinon, le finir, ce GR73, c'était une très belle performance car, cette année, il était bien velu.

Bon courage pour la suite de la "prépa"..;-)

Commentaire de elnumaa[X] posté le 31-05-2017 à 09:10:24

le grand raid 73 c'est 6-7 personnes au bureau ki préparent pendant 1an , et 125 bénévoles autour du weekend de la course ;-)
merci à eux ( moi a part raconter des conneries sur kikourou & siffler des mousses ... )

bravoo à toi , c'est le genre d'aventure qui fait progresser . maintenant tu n'auras plus peur !!!
@très viite ds le singles
manu

Commentaire de Vik posté le 04-06-2017 à 22:34:43

Aaaah, les brulures des cuisses ou des couilles, quelle horreur ! (que je connais bien :-()
T'es en train de devenir un vrai pro ! manque plus que quelques fignolages, et la MH ne sera qu'une formalité ;-)

je me suis bien marré en lisant ton cr, merci pour ton humour et cette légèreté qui font du bien de la part d'un consommateur ultra-équipé :-D

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