Récit de la course : La Montagn'Hard - 125 km 2018, par francovieri

L'auteur : francovieri

La course : La Montagn'Hard - 125 km

Date : 6/7/2018

Lieu : St Nicolas De Veroce (Haute-Savoie)

Affichage : 446 vues

Distance : 65km

Matos : Bâtons décat, short, débardeur, casquette à l'envers ;-)

Objectif : Terminer

14 commentaires

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MH 65, ou la découverte de la montagne

jusqu'à fin avril, je ne pensais pas pouvoir m'aligner sur cette mh65, j'ai une petite maladie génétique qui touche par vagues les articulations (spondylarthrite), et plusieurs crises au printemps m'ont notamment contraint à ne pas m'aligner sur le marathon de Paris où je voulais passer sous les 3h25.

Mi-mai, je me décide à y aller avec beaucoup moins de séances que les années passées, on verra bien. Au programme notamment, trail de 32km en forêt près de Provins le 13/05, 2 tours en 5h40 aux 25 bosses de Fontainebleau le 6/06, et 2x20km sur sentiers plats fin juin. Pour le reste des sorties d'1h, une course nature de 13 et 16km en mai et juin.

Arrivée à Saint Nicolas en voiture le vendredi 6, vers 19h, non sans m'être arrêté pour regarder France / Uruguay bien sûr ! Je récupère, mon dossard, le 594, m'en vais mater Brésil / Belgique à la pizzéria située plus bas puis, Dodo dans la voiture où j'avais tout prévu.

Réveil à 5h15, à 100m du départ, je suis effaré de voir des coureurs s'échauffer, à part ceux qui jouent la gagne je me demande bien quel est l'intérêt...

Petite précision, je cours avec des bâtons de marche décathlon, achetés 10€ la veille ;-)
J'ai sur moi le matériel obligatoire, 1L d'eau et 1L de boisson énergisante.

Départ à 6h, je pars très prudemment, vers la 150e place, la stratégie est de préserver les cuisses et les mollets. Je ne sais même pas ce que représente 500m de D+ d'un coup, alors pas d'enflammade !

Après le bouchon de la 1ère côte, je prends mon rythme, on est en file indienne et tout se passe parfaitement bien dans cette 1ère petite ascension. J'allonge à peine dans la descente, c'est mon point fort, et je pense facilement doubler 30 ou 40 personnes.
Arrive la 2e ascension, plus longue. Parfois, au détour d'un virage, on tombe sur un magnifique chalet, une sorte de petit paradis au milieu de nulle part.
Là aussi tout se passe bien, et là aussi j'allonge en descente, dépasse beaucoup, au point de me demander si je ne suis pas un peu inconscient.
J'arrive aux Toilles en 2h25 en 71e position, je fais le plein, mange quelques tucs, et repars en pensant que le prochain ravito est à Miage, 4h plus tard (sur le profil le ravito de Bionnassay n'est pas indiqué).

Au sortir du ravito, les 2 premiers du 40 me dépassent dans une première côte, en courant, alors que je galère en marchant avec mes bâtons, ce qui me sidère ! On attaque la montée du Prarion, qui s'élève à près de 2000m, et là je commence à comprendre ce qu'est une vraie côte. Que c'est long et pentu, sans bâtons j'étais foutu ! Je monte calmement, j'essaie de profiter du paysage que je découvre petit à petit. A un moment, j'ai fait l'erreur de lever la tête, et quand j'ai vu des gars tout en haut du prarion, alors que je pensais arriver au sommet, j'ai serré les dents ! En gros on longe le précipice pour monter tout en haut, avec des sentiers qui tournicotent, de plus en plus étroits et pentus.
Enfin j'arrive en haut, je m'arrête 2', prends quelques photos de ce paysage à couper le souffle, puis repars dans la descente.
Arrivé presqu'en bas, je suis tout surrpris et content d'entendre qu'un ravito est à 500m, cool !

Même routine qu'aux Toilles, je repars vers le Tricot, magnifique, alpestre, enneigé, interminable, avec pas mal de touristes qui encouragent, c'est très sympa. En arrivant au sommet, je suis sonné par l'effort que j'ai dû accomplir, et en apercevant le ravitaillement en bas de cette incroyable descente où il me paraît impossible de courir (virages très serrés, gros dénivelé, pierres, nombreux touristes), je comprends que ça va être long et pénible pour les jambes qui sont déjà bien entamées.
J'arrive à Miage en 6h46, en 69e position.

Toujours pareil, je me mouille aussi abondamment la tête, mange beaucoup de cacahuètes, de chips et de tucs. J'entends un bénévole dire à un coureur, que le refuge du prochain ravito est à 8,5km graaaaand maximum, et que c'est beaucoup moins dur que le tricot.
Il a su trouver les mots pour me motiver celui-là !
Je me dis que c'est l'affaire de 1h45, 2h maxi.

Et ben j'ai bien déchanté, je l'ai maudit, je n'en pouvais plus tant c'était interminable. 2 fois j'ai plié les bâtons, pensant qu'on arrivait à ce put... de chalet, mais que nenni ! J'ai béni les cascades qu'on rencontrait pour me rafraichir, et enfin quand j'ai vu le refuge, quelle délivrance !
J'arrive 2h26 plus tard, 63e.
Je décline la bière de ce sympathique bagnard, m'asseois quelques minutes, et repars derrière 2 coureurs jusqu'en bas, dans cette belle descente où il était aussi bien compliqué de courir.

Au passage, chaque fois que je croise un dossard bleu (le 140km), je me pousse bien, je les trouve très impressionnants. Je réfléchis à ce qui leur reste à parcourir, j'en ai le tournis !

Vers le Pontet, je suis très surpris, mais je suis bien et j'arrive à trottiner jusqu'au pont à 100m du ravito, dans une portion d'au moins 2km où des coureurs en sont incapables.
J'y arrive en 59e position.

Je repars, avec des cacahuètes plein la bouche, et là, après 2 bons km de plat, la montée finale a été un véritable calvaire, avec une pente extrème, des souches à gogo, bref une forêt maudite. Heureusement que j'ai pu m'accrocher à un coureur jusqu'en haut, sinon j'aurais perdu beaucoup de temps.
Avec les 2 bâtons en simultané, je me suis arraché à chaque pas, je contrôlais sans cesse l'altitude, qui bougeait trop lentement. C'était vraiment très difficile. J'avais les trapèzes en feu, dommage collatéral des bâtons, les mollets hurlaient, et les cuisses je ne vous en parle pas...
Enfin, on est arrivés au chalet de la "dame au sirop", un pur bonheur, mais je vous laisse imaginer ma tronche quand j'ai aperçu des coureurs, beaucoup plus haut, à la bifurq. J'étais catastrophé devant l'effort incroyable que j'allais encore devoir fournir, alors que d'autres parlent dans leur CR d'un petit coup de cul pour finir, LOL !

Voilà la bifurq, ou plutôt le paradis, il fait moins chaud, et quel bonheur, mentalement, de savoir qu'il n'y a plus qu'à se laisser glisser jusqu'à St Nicolas !

Je ne m'attarde pas, et je descends bien tranquillement, les cuisses n'étant plus capables de supporter la moindre course.
J'arrive à St Nicolas, au panneau 800m, je finis tout en trottinant, je serre les dents, et savoure chaque mètre jusqu'à l'arrivée, 56e en 12h51.

Quelle course ! GRAND MERCI à tous pour votre accueil, votre bienveillance, vos encourageants, vous étiez au top !

Je referai peut-être un 60/80km l'an prochain, mais quoi et où, je ne sais pas. Je trouve que ça a tellement plus de saveur de faire peu de grosses courses, plutôt que d'en enchainer, sans parler des effets sur la santé, mais ça c'est un autre débat.

épilogue :
j'ai redormi dans la voiture le samedi soir, après Croatie / Russie, toujours à la pizzéria ;-)
Retour à 7h le dimanche, arrivée vers 13h30, et l'aprem passé à marcher au parc de la Villette avec femme et enfants. Des courbatures jusqu'à jeudi inclus, 5 jours c'est beaucoup mais je m'attendais à avoir encore plus de mal à marcher les 1ers jours.
J'ai toujours pas recouru, demain je ferai 30/40' peut-être ?

Comme toujours je resterai un lecteur silencieux, mais très attentif,
Bonnes courses à tous,

14 commentaires

Commentaire de JuCB posté le 14-07-2018 à 15:57:55

Bienvenu !!

Félicitations pour ta course toute en maîtrise
Des formats similaires, tu en as foison : celestrail, Beaufortain, GR73
Fais toi plaise et raconte nous

Commentaire de Mazouth posté le 14-07-2018 à 15:57:59

Bravo ! Belle course pour une première en montagne. Les sensations que tu décris me rappellent ma MH60 d'il y a deux ans... en plus rapide pour toi ;). Sûr que tu as choppé le virus de la montagne là !

Commentaire de Niko3006 posté le 14-07-2018 à 16:26:24

Bravo à toi, pour ta première en montagne tu as pris du lourd, Félicitation et bonne récup.

Commentaire de Benman posté le 14-07-2018 à 17:49:35

C'est quand même un temps canon pour une première. Tu as sûrement un sacré potentiel. Bravo et merci pour ce partage.

Commentaire de Albacor38 posté le 14-07-2018 à 18:18:48

Entièrement d'accord avec Ben. Un tel chrono pour quelqu'un qui n'a pas l'habitude des gros D+ c'est exceptionnel. Ca promet pour la suite. Bravo.

Commentaire de francovieri posté le 14-07-2018 à 19:15:03

Merci beaucoup pour vos messages, au plaisir de vous recroiser sur des sentiers escarpés 😉

Commentaire de bubulle posté le 14-07-2018 à 19:21:39

Un bien beau récit, tout en modestie alors que tu as fait une très belle course, surtout pour une première ! Il est vrai que la petite mention du début d'un 5h40 pour un double tour des 25 bosses pouvait laisser penser que ça se passerait bien.

Tu as eu la clé dès le départ : un début prudent sans se laisser emballer par le rythme du peloton. C'est bien plus difficile à dire qu'à faire !

JUCB a raison, pour les formats similaires, et je mettrais une grosse suggestion sur le GR73, bien évidemment....:-)

En tout cas, un beau récit pour tes débuts sur Kikourou !

Commentaire de DavidSMFC posté le 14-07-2018 à 21:42:42

Merci pour ce récit partagé et félicitations pour cette belle course. Je revis un peu ma MH60 de 2016 en te lisant, c'était ma première en montagne sur ce genre de format aussi. En revanche, j'avais de mon côté bien plus subi le Tricot que la montée à Tré la Tête personnellement. J'avais adoré la Combe d'Armancette malgré sa longueur ;-)

Commentaire de Arclusaz posté le 14-07-2018 à 21:53:46

c'est pas juste !!!!! le gars il est quasiment jamais aller à la montagne, il fait presque jamais de D+ et .... c'est un avion ! moi, j'y suis quasiment né, je me fais des tartines de D+ depuis 30 ans et ...je bâche ! je plaisante bien sur, tu es doué, et pis c'est tout. Doué et modeste, ne change rien : ah, si, lâche toi plus sur le forum. Tu as surement plein de choses à raconter.

Commentaire de LiliRun posté le 24-07-2018 à 08:05:47

Moi aussi atteinte de Spondylarthrite et grosses crises en début d'année mais j'ai tenté de changer un peu d'alimentation et j'ai pu courir le marathon de Paris. J'ai lu avec grand intérêt ton exploit et je t'en félicite surtout en venant de région parisienne sans montagne pour t'entraîner au dénivelé. Quel exemple ! Ca me donne bon espoir d'aller au bout de mon trail de 66km ce we.

Commentaire de LiliRun posté le 24-07-2018 à 11:33:39

Moi aussi atteinte de Spondylarthrite et grosses crises en début d'année mais j'ai tenté de changer un peu d'alimentation et j'ai pu courir le marathon de Paris. J'ai lu avec grand intérêt ton exploit et je t'en félicite surtout en venant de région parisienne sans montagne pour t'entraîner au dénivelé. Quel exemple ! Ca me donne bon espoir d'aller au bout de mon trail de 66km ce we.

Commentaire de Free Wheelin' Nat posté le 24-07-2018 à 14:11:48

Tu as plutôt bien géré ton affaire sur cette MH !! Bravo!!
Pour avoir également une maladie chronique et presque crohnique , je sais aussi qu'il faut parfois jongler entre les crises et prendre tout ça comme ça vient, tu n'en n'as que plus de mérite...
Je rajoute aussi le 70 de l'Ultra Trail du Mercantour, plus au sud , mais sympa également! ;-)

Commentaire de LiliRun posté le 25-07-2018 à 06:29:01

Moi aussi atteinte de Spondylarthrite et grosses crises en début d'année mais j'ai tenté de changer un peu d'alimentation et j'ai pu courir le marathon de Paris. J'ai lu avec grand intérêt ton exploit et je t'en félicite surtout en venant de région parisienne sans montagne pour t'entraîner au dénivelé. Quel exemple ! Ca me donne bon espoir d'aller au bout de mon trail de 66km ce we.

Commentaire de LiliRun posté le 25-07-2018 à 13:07:56

Moi aussi atteinte de Spondylarthrite et grosses crises en début d'année mais j'ai tenté de changer un peu d'alimentation et j'ai pu courir le marathon de Paris. J'ai lu avec grand intérêt ton exploit et je t'en félicite surtout en venant de région parisienne sans montagne pour t'entraîner au dénivelé. Quel exemple ! Ca me donne bon espoir d'aller au bout de mon trail de 66km ce we.

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