Récit de la course : Run in Lyon - Semi-Marathon de Lyon 2017, par Khioube

L'auteur : Khioube

La course : Run in Lyon - Semi-Marathon de Lyon

Date : 1/10/2017

Lieu : Lyon 06 (Rhône)

Affichage : 1152 vues

Distance : 21.1km

Matos : Nike Vomero
Short Ronhill
Ceinture Sammie

Objectif : Battre un record

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Une bien belle surprise

Ceux qui ont l'habitude de lire mes récits, par gentillesse, curiosité ou politesse (rayer la mention inutile) savent qu'ils commencent presque toujours de la même manière : j'y explique invariablement que je n'ai pas assez couru et que je suis mal préparé.

Puisqu'il est tard et que j'ai pitié de vous, je vous épargne ce traditionnel laïus. Toujours est-il qu'après un temps satisfaisant en 2016 (01:30:23), je nourrissais l'ambition de descendre vers 1h25 avant de me raviser : ce semi serait finalement une course de reprise en vue du LUT, et je ne me vois vraiment pas mettre moins d'1h35.

Le jour se lève, je suis réveillé depuis 5h du matin, la faute à un malencontreux accident de couche. Pas la mienne, merci... Je m'avoue que je resterais bien au lit, que je suis un couillon et que la matinée va être très longue. Je m'habille léger, il fait bon : un short, un tee-shirt, une visière, un coupe-vent léger pour patienter. La ceinture Sammie pour le téléphone et la crème de marrons en tube, et une gourde à la main pour l'hydratation. 

Une fois mon sandwich au jambon englouti, je file. Il est toujours marrant de voir tous ces coureurs affluer de toutes parts pour se rendre en presqu'île, on croirait un épisode des Revenants. Je trottine un peu, sautille vite fait mais n'ai pas la foi pour me faire un vrai échauffement. Je préfère gagner mon sas et attendre d'en découdre. 

Pas de visages familiers, j'observe ce qui se passe autour de moi en tâchant de faire taire cette voix intérieure qui me dit que je n'ai pas de mental et me suggère de prendre cette course comme une sortie longue et rien de plus. Je pense à mes potes qui me diront sans ambages (comme le font les vrais amis) que j'ai le mental d'un paillasson si je jette l'éponge, et puis je me dis que dans 1h30 environ je pourrais être fier ou honteux - et que cela ne dépend que de moi.

Le départ est donné, le slalom commence tranquillement en direction du pont Kitchener. Comme tous les ans il y a tous les profils, les maillots dévoilent toutes sortes d'origines et de revendications. En arrivant côté Vieux Lyon nous passons devant une rangée de soldats postés devant de gros blocs de béton, je me dis que cela commence à faire longtemps que l'état d'urgence est en place mais qu'il est difficile de s'y faire.

Une particularité qui a son importance pour moi cette année : j'ai pris le parti de désactiver les tours automatiques sur ma montre, histoire de m'en détacher le plus possible et de courir aux sensations. Je sais que ce ne sera pas facile : mon récent test d'allure sur 10km a confirmé que j'ai du mal à me régler. Mon but est d'arriver frais chez Bocuse, soit le km 10. J'essaie de me caler sur les autres, je me cache derrière un groupetto avant de décider s'ils me conviennent ou non. La chose n'est pas aisée car, entre les marathoniens et ceux qui n'étaient manifestement pas dans le bon sas, il y a toutes les allures.

Je constate avec soulagement que les jambes répondent plutôt bien, je ne suis pas essoufflé ou las. Autour du km 8, je cale ma foulée sur celle d'un gars qui m'a l'air régulier et précis, je décrète qu'il fait un très bon lièvre et me fixe pour objectif de le coller le plus longtemps possible. L'an dernier, j'étais passé au km 10 autour de 42 minutes mais j'avais ensuite pas mal flanché. Pas question de connaître la même débandade !

Le lièvre (un certain Mathias, me révéleront les photos de la course) est parfait : il s'est vite rendu compte que je le suivais de près et, quand je décroche, il jette un coup d'œil en arrière et me fais un petit signe de la main pour me dire de m'accrocher. Le retour vers le tunnel de la Croix-Rousse se passe sans encombres, je gère plutôt bien. Un coup de flotte dans le gosier et sur la tête lorsque vient le ravito, un peu de crème de marrons pour le coup de fouet lorsque je commence à douter... et on avance. 

Autour du km15, la course débute réellement, c'est là qu'il faut être costaud. J'ai de plus en plus chaud, bien que la température soit clémente. Je me remets une bonne bouteille de flotte sur la tête, c'est plaisant sur le coup mais je me retrouve avec un maillot gorgé d'eau qui me colle à la peau. Arrivé au bout du tunnel, peinant à trouver de l'air dans ce satané trou à rats, je décide de faire mon Kupricka du pauvre et de finir la course torse nu. Je galère un peu, mon lièvre (qui est devenu un partenaire de course au fil des minutes, même si nous n'échangeons pas un mot) me propose de me tenir ma gourde pendant que je tente un strip-tease maladroit à presque 15km/h. Je m'en sors tout seul et glisse mon maillot dans ma ceinture Sammie (décidément très pratique), mais j'apprécie vraiment sa gentillesse, surtout qu'il n'est clairement pas venu là pour poser du lino et qu'il souffre autant que moi. 

La sortie du tunnel est un bonheur : de l'air, frais en plus, rien de tel pour se relancer. C'est à ce moment que je commence à me faire remarquer : je ne compte plus les "maman, t'as vu, y a un monsieur qui n'a pas de t-shirt") et me fais bien chambrer de temps en temps (mention spéciale au "Mr Pectoraux" au km 17). Au moins je respire, pardi ! 

 

Vous ne m'en voudrez pas de ne pas avoir dépensé 14€ pour cette photo...

 

Arrivé à la place de la Comédie, je décroche un peu de Mathias. Le diablotin sur mon épaule me souffle à l'oreille que, dans la mesure où j'ai tenu une bonne allure pendant 15 bornes, je devrais pouvoir faire un bon temps même si je ralentis comme l'an dernier. Place des Terreaux, le lièvre a une vingtaine de mètres d'avance et je m'accroche déjà à une nouvelle locomotive un peu moins ambitieuse. La descente de la rue de la République me paraît toujours aussi interminable, mais au moins je sais exactement à quoi m'en tenir. Je suis heureux de constater que je n'ai pas tant faibli que ça, et puis j'arrive plus ou moins à récupérer Mathias, ou du moins à le retrouver parmi la foule de coureurs. J'arrive au niveau de la FNAC, il reste ce fichu tour de la place Bellecour qui fait si mal aux jambes, je donne tout ce que j'ai encore en stock et finis par franchir la ligne d'arrivée aux côtés de Mathias, heureux de l'avoir rattrapé et de pouvoir le saluer. Je lui dis que je lui dois beaucoup aujourd'hui, et suis surpris de l'entendre me répondre que c'est réciproque. La course à pied est un bien beau sport collectif...

Nos chemins se séparent tandis que nous récupérons un peu, je m'accroupis un instant près des barrières pour reprendre mon souffle et constate alors que je n'ai pas coupé le chronomètre. Tout ce que je sais, c'est que le speaker annonce qu'il y a encore des coureurs sous 1h30. Tout en me méfiant (temps réel, sas, etc), je ne peux m'empêcher de me réjouir, j'ai probablement fait mieux que l'an dernier et suis peut-être même descendu sous 1h30, ce qui était inespéré. 

N'ayant pas de moyen de vérifier immédiatement, il me faudra attendre d'être sur le pont de la Guillotière, après une bonne pause au ravito, pour que mon temps officiel apparaisse sur le site de Run in Lyon : 01:28:40 !!! Je suis heureux comme un gamin. J'indique mon temps dans un statut Facebook, honteux d'être aussi fier et de ne pas pouvoir résister à la tentation de le crier sur tous les toits. Hubris... J'alerte mes copains coureurs, ils sont épatés, ils se foutront bien de ma gueule quelques jours plus tard en découvrant mon improbable dégaine à la fin de la course... 

Maintenant, place à la récup, et cap sur le LUT by night. Cela doit faire 3 ans que je manque systématiquement ce rendez-vous, j'en garde un bon souvenir et espère me surprendre à nouveau, c'est une sensation bien agréable ! 

 

8 commentaires

Commentaire de truklimb posté le 06-10-2017 à 15:15:44

Bien joué Anton ! Coupe ta montre à chaque fois vu ta réussite sur cette course.
Par contre on t'a pas vu sous la queue du cheval avant le départ !! ;)

Commentaire de Khioube posté le 06-10-2017 à 16:51:05

Merci ! C'est vrai que je n'étais pas sous la queue du cheval. À vrai dire j'ai complètement zappé, n'ayant pas consulté ce cher forum dans les jours précédant la course... Je me rattraperai une prochaine fois !

Commentaire de Arclusaz posté le 07-10-2017 à 08:34:38

décidément les Mathias sont des gens sur qui on peut compter !!!
dommage qu'il n'y ait pas de photos, j'aurai bien aimé voir "Monsieur Pectoraux".
Et sinon, je te confirme que tu es le genre de coureur énervant pour un gars comme moi : même "peu entrainé" tu vas vite, c'est pénible.....

Commentaire de Khioube posté le 07-10-2017 à 14:31:55

Arf... Si ça se trouve dans quelques années on me dira que je n'ai plus le droit de faire de course à pied, ou quelque chose comme ça. Déjà, toi, tu dures, ce n'est pas mal ! Pour la photo, bon, je ne l'ai pas achetée, mais je peux toujours faire un effort... :)

Commentaire de Arclusaz posté le 07-10-2017 à 14:39:12

laisse tomber pour la photo, je vais aller la voir !!!!!!!!

Commentaire de Khioube posté le 07-10-2017 à 14:44:13

Ah, ben écoute je n'ai pas eu le temps de lire ton commentaire ! J'assume, de toute façon on ne voit pas ma tronche avec la qualité pourrie de ma photo...

Commentaire de Arclusaz posté le 07-10-2017 à 14:50:41

tu es ....magnifique !!!!

Commentaire de Khioube posté le 07-10-2017 à 14:53:41

AU MOINS, OUI !!!

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