Récit de la course : Trail de la Sainte Victoire 2008, par Kafta

L'auteur : Kafta

La course : Trail de la Sainte Victoire

Date : 6/4/2008

Lieu : Rousset (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 1977 vues

Distance : 50km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Le plus beau trail de Provence

 

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C'était dimanche dernier, la 6ème édition du Trail de la Sainte Victoire au départ de Rousset dans les Bouches du Rhône et c’était pour ma part, la 4ème fois que je m’alignais au départ : 14ème en 2005 avec le nouveau parcours, abandon en 2006 et 26ème l’année passée.

Un trail magnifique et incontournable…que vous devez faire au moins une fois !

Pour moi c’est, sans hésiter, le plus beau Trail de Provence !

Cette année, le parcours avait été modifié: il devenait encore plus dur que les années précédentes (48 km, 2500 md+), mais c’est la montagne de la Sainte Victoire qui impose cela ; l’organisation sans faille (un nombre incalculable de sympathiques bénévoles répartis sur tout le parcours), un ravitaillement magnifique au centre du village de Puyloubier, et une après-course exemplaire !

Mais, revenons un peu plus sur la course !

Il est un peu plus de 8h lorsque nous sommes 260 à prendre le départ du Trail long (48 km et 2500 md+).

Côté MTC nous sommes 10 : Jean-Marc Devey, Jean-François et Sophie Bisogno, Christophe Illiou (cyl),  Jean-Marc Grosfils, Jean-Marie et les 3 nouveaux : Fred, Nadège et Sébastien … et votre serviteur !

Je pars tranquille, plutôt devant, avec des copains, qui sont à peu près de mon niveau.

Il s’agit de ne surtout pas se griller dans la partie d’approche (8km de faux plats et de petites montées) jusqu’à la Sainte Victoire. Devant un groupe se détache rapidement avec quelques pointures : Aurélien Brun, Seb Chaigneau, Guillaume, Patrice Marmet, puis Seb Nain (nouvelle recrue du MTC !) et d’autres…

Moi je me retrouve plus derrière, à peu près dans les 20 premiers avec Gérard Arnaud (des AIL Rousset), Thierry Noyez (un alpin, guide de haute montagne), et Pascal Navarro (un très bon V2). On discute un peu pour passer le temps, ça permet de ne pas aller trop vite, on parle des courses à venir, de l’été, de l’UTMB,…

Puis on arrive au 10ème km et à la 1ère bonne montée vers le refuge de Baudino (que nous avions reconnu avec les organisateurs). On monte tranquille, en alternant marche-course. Nous avons laissé Gérard, je suis seulement avec Thierry.

Un autre pote nous rejoint, Vincent Chautard ; un très bon coureur qui est souvent rentré dans les 5 premiers du TSV. Il monte avec nous jusqu’au refuge. Entre temps, Romain Olivier, un jeune, très bon traileur du var, nous double sur un bon rythme… il finira 3ème de la course !

Puis on attaque la terrible montée du pas du clapier ; on ne peut plus que marcher. Vincent prend vite de l’avance ; il marche très vite et fait des pas de géants ! C’est pas grave, dans une course comme ça je ne peux me payer le luxe d’être en surrégime ! Il faut rester à son rythme !

En montant, on peut quand même profiter de ces superbes paysages et discuter un peu avec les nombreux bénévoles qui sont dans la montée. Cette montée restera un des plus beaux souvenirs de la course.

Arrivé au sommet, il fait plus frais ! On se prend le mistral en pleine face. Sans perdre trop de temps je repars en courant sur la portion très sauvage du GR 9, souvent hors sentier, qui nous emmène jusqu’à la Croix de Provence et le prieuré où doit nous attendre Lucien.

Une partie très dure à courir, où, là aussi il ne faut pas trop se fatiguer. Je vois que Thierry est progressivement distancé…il me récupérera plus tard je pense. J’arrive à la Croix et j’entends Lucien qui crie pour m’encourager ; je lui réponds aussi en criant ! Au passage j’ai doublé un concurrent qui a l’air de (déjà !) faiblir ou pas trop à l’aise sur ces sentiers méditerranéens ! Lucien immortalise mon passage de superbes photos !

 

 

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Puis c’est le début de la descente  vers Vauvenargues. On est à presque 2 heures de course et on doit être au 16ème km. Le début de la descente est très sympa, assez technique, puis on rejoint la piste, quelque fois bétonnée et c’est beaucoup moins agréable. J’essaie de dérouler, pour ne pas me casser les cuisses et me faire des ampoules ! Je reviens progressivement sur deux coureurs qui m’avaient passé plus tôt dans la course, dont un (sans dossard) qui court sans eau ! on arrive au ravito de Cabassol, j’enlève vite mon camel back pour faire le plein, pas question de prendre le risque de tomber en panne sèche dans la montée des plaideurs ! Les bénévoles m’aident : Freddy Trémoullière des AIL Rousset est encore là, fidèle au poste ! Il me dit qu’un de nos coureurs est dans les 5 premiers. « Oui, je sais, c’est Seb ! ». Ca me booste un peu et je repars ! Les 2 coureurs en ont profité pour me passer… c’est pas bien grave ! J’ai tout le temps !

On est dans la partie de la course que j’aime le moins : la longue piste en faux plat du côté Nord. D’habitude je la trouve interminable, mais là elle passe bien et je réussit à garder un bon rythme de course sans trop me fatiguer. J’aperçoit au loin les 2 gars… derrière moi par contre c’est le désert ! C’est rare de se sentir aussi seul dans une course (c’est sur qu’avec 200 coureurs de moins que d’habitude, ça fait de la place !)…mais ce n’est pas pour me déplaire…où quand la course devient un long combat contre soi-même… Après quelques lacets, on quitte la piste et prend un très joli single. Des bénévoles m’encouragent et m’annoncent que les premiers sont passés il y a … 28 minutes ! Je pense que l’on est à peu près au 22ème km, presqu’à mi-course et que ce retard est correct !

Puis j’arrive au pied de la montée des plaideurs : une montée très dure où on se prend 450 m d+ ! Là aussi il faut la gérer et s’accrocher. Je monte en marchant, le plus vite que je peux et je repense à la reco du vendredi 14, quand on montait en trottinant avec Marie et Jean-Marc…et quand elle nous avait gentiment déposé vers le sommet…

Je me rapproche des 2 coureurs, qui ne font pas attention au balisage et hop nous voilà hors sentier ! On est obligés de couper dans les rochers vers la gauche pour récupérer la trace. Je vois Franck (Salgues) qui revient sur nous. C’est un très bon coureur, qui n’ayant pas de dossard a décidé de faire la course, tranquillement, en sortie d’entraînement. Et même à l’entraînement il monte très vite !! Mais on arrive au sommet de la côte et on est tous les 4 assez groupés. On continue une petite ascension sur la crête, puis c’est une légère descente sur le GR, toujours aussi technique ! Franck nous met rapidement quelques dizaines de mètres dans la vue. Et moi je reprends les 2 coureurs. En approchant du Pic des Mouches (1010 m) sommet du massif de la Sainte Victoire, je décide enfin de m’arrêter pour soulager une envie pressante ! … avec devant moi une vue magnifique sur tout le sud du massif jusqu’à la mer, ça valait bien une pause ! Et je vois Thierry qui me rejoint ! Ah c’est cool on va pouvoir papoter ! On arrive ensemble avec les 2 gars au sommet du pic des Mouches et à la table d’orientation. Puis on attaque la descente sur la crête en suivant le GR. Je prends les devant.

Je sais que cette longue descente de 5 km va nous mener jusqu’à Puyloubier, il ne faut pas perdre de temps ! J’essaie de courir relâché mais avec une bonne foulée. Je vois rapidement que j’ai creusé l’écart derrière moi. Je croise pas mal de randonneurs qui m’encouragent… je prends le temps à chaque fois d’échanger quelques mots… c’est bien ça « l’esprit trail », non ? je connais bien ce chemin, pour l’avoir fait quelques fois depuis Puyloubier mais dans le sens de la montée ! C’est vraiment superbe et on a vraiment l’impression de plonger sur le village … et le 2ème  ravito. La descente devient vite une succession de gros blocs où on en prend plein les quadris ! mais je ne ressens aucun signe de fatigue et m’efforce de ne pas perdre de temps. J’arrive rapidement sur Puyloubier, magnifique petit village provençal ; je croise Layachi Aouadi du Caval Pertuis, qui attend son relais qui m’accueille très chaleureusement  et m’encourage en faisant quelques mètres avec moi : « allez mon frère vas y ! c’est bien t’es 11ème !  Bravo ! » … je me dis que finir 11ème du TSV serait inespéré… il faut que je m’accroche !

J’arrive au ravito, sur la place du village, juste devant le lavoir. Il y a beaucoup de spectateurs qui m’encouragent… c’est super sympa ! J’enlève vite mon camel pour refaire le plein (j’ai consommé à peu près à chaque fois 1L). Labib Mokhtari, un bénévole des AIL, m’aide et m’encourage en me disant que je suis super bien. Je repars, remonté à bloc !

Je repars par la route, puis par une piste qui part dans les vignes ; c’est un faux plat montant, il commence à faire chaud (midi !) … il faut s’accrocher ! C’est dans ces parties que beaucoup de choses se jouent et que les écarts se creusent … entre un coureur qui commence à marcher et un autre qui maintient un bon rythme de course ! … moi, je suis entre les 2 !

Puis on retraverse la route et on passe au-dessus de Saint Ser ; c’est un coin que je connais très bien. Ca commence à remonter ; j’alterne marche et course. Je vois Franck, à 100 m devant moi… et au détour d’un lacet, je le vois au-dessus de moi qui m’encourage, je lui souris… je suis encore bien !

Puis on attaque la dernière difficulté de la journée : la montée du refuge Baudino… celle qui fait toujours le plus mal, dans la chaleur et les éboulis, où les crampes vous sortent d’un peu partout…Moi de ce côté là, ça va ! Mais je commence à me sentir mal, à avoir la nausée… c’est un début de déshydratation ! C’est vrai qu’il fait très chaud ! Je me force à boire, je continue à prendre des gels (1 par heure) … vivement le sommet pour basculer sur la descente. Puis au plus fort de la montée, je me rends compte que je saigne du nez ! je demande rapidement à des bénévoles q’ils n’ont pas de coton ? « non, juste des kleenex ! » Je préfère continuer et ne pas couper mon rythme, je verrai plus tard. Le saignement ne s’arrête pas, mais ne s’intensifie pas non plus… J’ai juste les mains et le visage plein de sang ! Je me rincerai plus tard … sinon je vais effrayer tout le monde ! Un « relayeur » me double… c’est pas grave ! J’arrive, enfin, aux derniers gros blocs de la montée du refuge… puis je bascule de l’autre côté, pour prendre le sentier du départ de la course, dans l’autre sens. La descente me fait du bien… je me sens mieux. Un gars en rouge me double assez vite et sans eau ! A coup sur c’est encore un relayeur ! ;) Je le vois qu’il ralentit et me demande le chemin. (Putain ! il est con ou quoi ?? Il suffit de suivre le balisage jaune, c’est pas compliqué !) Je lui réponds q’il est sur le bon chemin et qu’il n’a qu’à suivre le balisage … mais il semble avoir quelques difficultés de ce côté là ! … « de toute façon c’est tout droit ? » me demande-t-il. (Putain qué bourrin celui-la !!) « oui c’est ça, c’est tout droit… » lol

Bon c’est bien, d’un côté, c’est genre de truc qui te change les idées pendant la course et te fait bien marrer…

Je rejoints la piste et attaque un bon dernier raidillon. Je le vois devant moi… ça va, il n’a pas filer tout droit …

Puis j’arrive au dernier ravito, en eau ; j’en profite pour me nettoyer un peu… ça va, personne ne crie…je recharge un peu d’eau pour pouvoir finir les 8 derniers km.

Ca me fait 5h10 de course et j’espère finir en 6h… je pense que c’est possible, d’autant que je ne suis pas cassé. J’arrive à repartir en petites foulées. Je ne vois toujours personne devant moi… ni derrière d’ailleurs ! Ca va, on ne me reprendra plus ! Mais c’est une impression très bizarre que de courir tout seul, aussi longtemps…je continue sur le chemin que l’on a pris à l’aller,  et que je connais bien. C’est un faux plat, il n’y a pas de difficultés particulières, il faut simplement un peu « déconnecter » le cerveau pour que ça passe plus vite. Il ne faut pas non plus baisser de rythme… les entraînements sur piste payent ici ! Puis j’aperçois, au loin, Franck, avec un groupe de bénévoles. Il m’attend pour finir la course avec moi ; c’est sympa de sa part ! Il reste 4 km ! Encore un peu de piste, un peu de bitume, puis la traversée du ruisseau asséché, le petit bois et nous voilà à l’entrée de Rousset. A ce moment là, un gars (en running et sans eau !) nous double comme un taré, encore un relayeur …

Puis on entend le micro de l’arrivée. J’accélère un peu…comme d’habitude… Franck bifurque pour ne pas franchir la ligne. Je finis tranquillement, avec le speaker, Thierry Merrello qui annonce mon arrivée, sans trop massacrer mon nom !

Je regarde vite mon temps : 6h00’44’’ et ma place… 11ème ! Je suis assez content de la course…j’ai été régulier tout le long, j’ai jamais vraiment eu de gros coup de barre et surtout, j’ai pu bien profiter de tous ces instants magiques, tellement intenses…

           

4 commentaires

Commentaire de rapace74 posté le 09-04-2008 à 02:21:00

franchement ca laisse reveur......
bravo pour ta course
manu

Commentaire de le_kéké posté le 09-04-2008 à 13:37:00

Merci Kafta pour ce recit très sympa.
Très belle perf, très bien raconté et très bon esprit, continue come ça.

A+ Philippe

Commentaire de L'Dingo posté le 09-04-2008 à 15:55:00

Ma parole, t'as trainé pour prendre les photos au point d'y laisser une heure par rapport au premier ??????
Sans plaisanter, c'est impressionnant Pierre . Bravo et bien raconté.

Commentaire de BOB MORANE posté le 11-04-2008 à 22:15:00

11° c'était prévisible, mais fallait-il encore le réaliser le jour J
Bravo Pierre pour cette super perf.

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