Récit de la course : Trail de la Sainte Victoire 2016, par Sprolls

L'auteur : Sprolls

La course : Trail de la Sainte Victoire

Date : 3/4/2016

Lieu : Rousset (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 737 vues

Distance : 52.5km

Matos : Inov8 Race Ultra 290

Objectif : Se défoncer

4 commentaires

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Sainte Victoire, tome 3 !

Le trail de la Sainte Victoire est mon trail de préparation par excellence. Préparation car je le programme pour la 3ème fois en vue d’un ultra, l’Echappée Belle cette année après la Diag et l’UTMB. Si tôt dans la saison, peu de trails présente à ma connaissance un profil aussi montagnard et technique. En plus il est absolument magnifique et permet aux accompagnateurs qui s’aventurent sur les sentiers de voir plusieurs fois les coureurs ! C’est tout ça que je viens chercher ici, en plus de la visite à la frangine bien sûr !

Je dis « préparation » mais ce trail reste un objectif à part entière. Cette année j’ai commencé à bosser les côtes plus tôt que les précédentes fois, dès fin 2015, avant même l’incontournable Raid 28 de janvier. Et depuis février, j’enchaine des grosses semaines avec plus de vitesse, d’intensité et de dénivelé (mais aussi plus de gastros, rhumes, crèves et autre plaisirs rapportés de la crèche ou de la fatigue accumulée) et je suis assez curieux de voir si cela m’aura plutôt permis de progresser ou au contraire cramé. Le but est d’ajuster le tir pour la suite de l’entrainement au printemps et à l’été. Les courses d’orientation du mois de mars m’ont plutôt montré que j’étais rapide mais dans la durée ça reste à prouver. Cela ne va pas être évident mais l’objectif serait de faire mieux que ma 6ème place ex aequo de 2013 (bref faire un top 5 !) où j’avais la grosse patate et sans doute plus de fraîcheur.

Pour une fois ce n’est pas un grand soleil qui est annoncé mais de la pluie à partir de la fin de matinée et du vent, ce qui fait que l’organisation enclenchera peut-être un parcours de repli après le ravitaillement de Puyloubier selon la météo pour éviter une 2ème remontée sur les crêtes qui seront peut-être très glissantes, ventées et dans le brouillard. Quand on connait les hautes falaises qui longent ces crêtes et l’état potentiel des coureurs à ce moment de la course, on peut comprendre le risque assez facilement !! Et vu le cadeau offert aux participants, c'est vrai que ça risque de tituber sur les crêtes ;)

Sainte Victoire, tome 3 !

7h, c’est le départ ! Il fait encore bien sombre sur les premières minutes qui nous emmènent déjà, après un bref tour du pâté de maison, sur des singles qui feront des bouchons derrière visiblement. C’était annoncé au départ qu’il valait mieux se placer sur ces premiers mètres si on voulait faire la course devant. Je suis proche de la tête de course en ce qui me concerne entre Hervé Giraud Sauveur juste devant et Thomas Saint Girons juste derrière, qui sont je pense 2 bons répères pour le rythme de début de course en tant que sages vétérans expérimentés et un peu (à beaucoup) plus costauds que moi. En toute logique je suis donc parti un peu fort d’autant que le cœur est déjà très haut, proche des 170 puls (pour une fois j’ai pris le cardio en course). Forcément ça m’inquiète un peu pour la suite si je compare à mes niveaux d’entrainement mais je me fie à mes sensations et ne relâche pas trop pour autant…

Je suis autour de la 20ème place après les premières minutes de course. Dès les premières pentes d’approche du Cengle (le hors d’œuvre avant la Sainte Victoire proprement dite), Hervé GS s’éloigne rapidement, il finira 2ème ! Thomas SG lui me rejoint avant la descente vers le point d’eau de St Antonin que nous rejoignons ensemble. Je comptais y manger un petit bout mais j’avais zappé que ce n’était q’n point d’eau à ce 1er passage ? Je me contente donc d’un petit verre d’eau gazeuse et ça repart avec les premières pentes sévères. Je garde à vue un groupe de 5-6 coureurs une trentaine de secondes devant moi dont Thomas SG et le cardio est toujours aussi haut !

Après une courte redescente sur le refuge Cézanne, on repart vers le Pas du Berger avec une montée très raide avec quelques passages avec chaîne et où il faut mettre les mains, une des caractéristiques de cette course. Je me sens de mieux en mieux dans cette montée où o peut profiter des premiers paysages malgré la couverture nuageuse et je gagne même quelques places au point de recoller avec Thomas sur le sommet. Je me rappelle bien de la descente suivante, après quelques lacets caillouteux, on rejoint une piste bitumée très raide propice à se flinguer les cuisses vite fait bien fait. J’essaie d’être le plus doux possible pour mes tendres cuissots mais malgré tout je les sens bien contractés en bas sur la portion plutôt plate et courante qui nous amène au ravito e Vauvenargues. Je suis toujours juste derrière Thomas Saint Girons mais ce sera la dernière car mon arrêt est bien plus long que pour la plupart des coureurs (ils ne boivent jamais ou quoi ?! ;) ) le temps de faire le plein de mes 2 soft flasks, de manger un brin avec un bon verre d’eau gazeuse. 2 minutes d’arrêt environ mais je me suis très mal organisé !

On entame la montée des Plaideurs qui nous ramènera au sommet du Pic des Mouches à 1011m d’altitude. Je rejoins et dépasse un petit groupe de coureurs qui m’avait passé au ravito puis continue tout seul un bon moment. Le cardio reste proche des 170 puls, de toute façon je ne vais ralentir maintenant c’était à la 1ère montée qu’il fallait le faire ;). Je rejoins 2 coureurs quand on s’engage sur les crêtes. On y trouve 2 bénévoles en plein courant d’air, il va en falloir du courage pour rester là plusieurs heures ! J’ai mis les manchettes et un buff dans le cou parce que malgré une température clémente, ce vent refroidit bien comme il faut ! Heureusement on est protégés par endroits. Je dépasse mes 2 coureurs puis un 3ème dans ce secteur bien technique qui me convient parfaitement avant de rejoindre le pic des Mouches dans la brume et toujours le vent.

Nouvelle grosse descente ludique à faire d’abord du slalom géant dans les arbustes puis plus technique et plus raide (et donc plus dure pour les cuisses) pour rejoindre Puyloubier et son ravitaillement où on m’annonce 10ème, cool. A nouveau grosse galère à remplir les flasques d’autant que je veux mettre ma poudre énergétique dedans avant. Pff, sur la MaxiRace l’an dernier ça avait été à peu près mais là sur une course aussi speed et malgré l’aide des bénévoles adorables, c’est casse-c… Même menu qu’au précédent ravito et un peu plus de 2 minutes d’arrêt. Mais je ne perds pas de place ce coup-ci. On nous annonce que le parcours de repli a été « activé », on passera donc au refuge Baudino plutôt qu’au col de St Ser sur les crêtes. J’oublie de demander l’impact sur le kilométrage mais comme je me doute que ce sera plus court, je ne remplis que 2 de mes 3 softflasks, c’est toujours ça de gagné ;)

Suit l’habituelle section plus roulante avec un peu de route pour sortir du village puis un chemin en bordure des vignes. J’ai l’impression de bien avancer mais ça revient derrière : Yann (un coureur dont j’ai plusieurs fois consulté le blog) qui se rapproche à quelques secondes avant la remontée vers le refuge Baudino, ce qui met un peu de pression si je veux rester dans le top 10 ! Pour me réconforter, j’ai aussi en visuel un coureur devant, Laurent, que j’avais vu au précédent ravito. Finalement je fais la jonction dans une petite descente sans que Yann nous rejoigne et je me fais violence dans la montée raide qui suit pour rester au contact, à quelques mètres derrière. Je suis au taquet et toujours autour des 170 puls, l’envie de rester dans le top 10 me pousse aux fesses !

Dans la descente, je suis plus à l’aise techniquement et je passe devant. C’est la dernière descente technique donc je sais que je peux y gagner du temps donc là on ne gère plus. Oui mais la descente est entrecoupée de quelques petites côtes où je sens mes cuisses proches des crampes… Et dire qu’il restera encore 10 bornes une fois en bas au ravito… Faut rester motivé !! Ce qui aide c’est que j’ai un nouveau coureur en point de mire. Au ravito de St Antonin, je prends le temps de manger une compote et de boire un verre de coca pour éviter l’hypoglycémie du dernier kilomètre que j’avais connue en 2013. Je n’ai presque plus d’eau mais on fera sans, il reste une heure de course à tout casser.

On repart avec un long faux plat montant. Je sens des pointes douloureuses qui brûlent les quadris. J’essaie de m’étirer mais ça me déclenche des crampes dans les ischyos ! C’est officiel, les cuisses sont mortes ! Je peux maintenir un petit trot mais pas moyen d’accélérer. Je commence à imaginer tous les coureurs dépassés revenir sur moi tandis que mon point de mire devant s’éloigne progressivement… mais ça ne dure que jusqu’au sommet ! En effet dans la descente et sur le plat je n’ai plus ce problème aux quadris et je me rapproche à nouveau de mon prédécesseur, Romain, que je dépasse même alors qu’il manque une bifurcation du fléchage (je l’ai appelé tout de suite quand même, hein, j’avais connu cette mésaventure en 2013 aussi sur la fin).

Cette très agréable surprise de tenir le choc en descente me redonne des ailes pour la descente du Cengle et je rejoins encore un nouveau coureur, Stéphane, juste avant le passage sous la route et les 2-3 derniers kilomètres. Incroyable cette fin de course décidément ! La petite dernière montée m’inquiète mais j’arrive à gérer la douleur dans les cuisses en marchant quelques mètres de temps en temps. Je ne me retourne pas pour voir si Stéphane est toujours avec moi ou pas, de toute façon ce coup-ci je veux finir à bloc en ayant tout donné et sans hypo j’espère ;) Dernière petite descente, on rejoint le village parmi les coureurs du parcours Cézanne, qu’on a retrouvés depuis quelques temps mais qui se font plus nombreux par ici, et la ligne d’arrivée arrive très vite pour mon plus grand bonheur !

7ème place en 5h40 pour 52.6km et 3000m de D+ au GPS. Plus court mais tout aussi costaud au niveau du dénivelé avec ce parcours de repli ! Je pense que je ne pouvais pas donner plus aujourd’hui, je ne me suis jamais économisé (sauf contraint par mes cuisses cramées dans les toutes dernières petites montées) et j’ai tenu un rythme plus élevé que ce dont je pensais être capable, que demander de plus ? Le top 5 ne m’était pas accessible vu les forces en présence mais je considère l’objectif de faire mieux qu’en 2013 rempli parce qu’après analyse de mes temps sur le parcours, j’ai été plus rapide qu’en 2013 sur les assez nombreuses sections communes ;). Ça conforte sur la pertinence de ma préparation jusqu’ à maintenant. Maintenant il va falloir basculer sur les formats plus longs (je vais enfin pouvoir faire descendre le rythme cardiaque ;) ) avec les 80km du Mont Blanc et l’Echappée Belle avec plus de réussite que ces dernières années. Y a plus qu’à !

4 commentaires

Commentaire de Freddy55 posté le 19-04-2016 à 08:09:11

Merci pour ce récit et... bravo pour cette belle 7ème place, tu y es dans le Top 10 !
Bon courage pour la suite.

Commentaire de Pierre-Marie posté le 19-04-2016 à 12:29:05

Bien joué M'sieur Sprolls!
Chouette récit et très belle perf' une fois de plus!
Qu'est ce que ce serait si tu habitais "en montagne"...!
A + !
PM

Commentaire de crazy_french posté le 19-04-2016 à 13:52:18

Waouh 170 pulsations dans les montées... faut pouvoir maintenir le rythme après !
Grosse caisse, félicitation !!!
Bonne chance pour la suite

Commentaire de La Tortue posté le 19-04-2016 à 23:19:39

toujours au top le sprolls !bravo champion

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