Récit de la course : Trail de la Sainte Victoire 2009, par Sprolls

L'auteur : Sprolls

La course : Trail de la Sainte Victoire

Date : 5/4/2009

Lieu : Rousset (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 1539 vues

Distance : 50km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Trail de la Sainte Victoire 2009


Direction la Provence pour le premier objectif trail de l’année dans le cadre de ma préparation au Grand Raid de la Réunion 2009. Un terrain technique, rocheux à souhait, de la chaleur à prévoir, un site magnifique sur lequel j’ai déjà eu la chance de randonner, bref un terrain idéal représentatif, je pense, de la Diagonale des Fous (l’humidité en moins). En plus la frangine habite juste à côté, c’est l’occasion d’une visite à la famille. Oriane fait le voyage avec moi, ce sera la 1ère fois qu’elle me suivra sur un trail et le terrain s’y prête en lui donnant la possibilité de me croiser 3 fois sur le course moyennant une bonne rando pour elle aussi. En plus le temps s’annonce ensoleillé, bref tout est au top ! Samedi : petite ballade touristique dans Marseille et achat en urgence d’une casquette, j’ai oublié la mienne à Paris et quelquechose me dit qu’elle va être utile…

 

Dimanche : réveil à 6h15 après avoir eu beaucoup de mal à m’endormir, c’est toujours pareil les veillées de grande course. Petit souci dans la préparation de la boisson énergétique : le goût n’est pas ce qu’il devrait être, la poudre a dû prendre l’humidité ou je ne sais quoi. Tant pis ce sera de l’eau pure à la place. Je renforce un peu le ravito solide pour éviter la fringale, même si je sais qu’une bonne partie va rester dans le sac, mais la peur de manquer est la plus forte . Oriane me dépose à 7h15 au départ (merde j’ai oublié de mettre de la crème solaire…) pour aller commencer sa propre montée sur la Ste Victoire. Je me suis construit 2 tableaux de marche, un pour 6h et un pour 6h30 sur la base des infos du site de la course. Mais cela suppose d’éviter le gros coup de barre que j’ai eu lors de mon dernier trail dans les Alpes Maritimes. J’ai droit au dossard numéro 75, me voilà immatriculé comme il faut . Juste avant 8h tout le monde se rassemble sous le chapiteau. Pour ce début de course l’objectif est la prudence ! Je pars tranquillement en me calant grosso modo dans le rythme de la 1ère féminine sur les premiers kilomètres (Cathy Dubois).

 

En arrivant sur le Cengle on a déjà une superbe vue sur la montagne Ste Victoire d’un côté et les vallées alentours où un petit filet de brume rend le paysage vraiment magique. Arrivée au 1er point d’eau au Collet Blanc de Suberoque, je remplis 2 fois mon gobelet, fourni par l’organisation (qui remplace les verres plastiques, une tendance qui a l’air de se répandre sur les courses nature comme pour le Trail des Aiguilles rouges et la course d’orientation comme le CNE 2009). Suit bientôt une petite descente avec la 1ère véritable ascension. Je me fais passer dès le début par Irina Malejonock je crois, alors en tête de la course féminine. Puis plus rien, je gagne même quelques places, chose inhabituelle pour moi en côte, sans pour autant forcer l’allure ! Après le refuge Baudino, une petite descente où je double notamment un traileur en faisant l’intérieur sur une épingle qui me charrie gentiment sur mon sens de la trajectoire. En fait on se retrouve alors à 4 la queue-leu-leu derrière Irina qui donne le rythme sur le faux plat précédent la fin de la montée. Celle-ci se fait au milieu des rochers : on met les mains, voire même on escalade, c’est aérien et très sympa. Pas possible de doubler, chacun monte l’un derrière l’autre. Ca me convient bien, permet de temporiser et de ne pas se mettre dans le rouge. En haut je retrouve Oriane, qui a le temps d’immortaliser ce moment.

 

 

J’ai en encore le sourire, la forme est là, c’est magnifique, tout va bien ! Je saurais a posteriori que je suis dans les 50-60ème à ce moment-là. Pour illustrer la verticalité de "l'ascension" la photo suivante est parlante:

 

 

Et c'est parti pour la crête puis la descente.

 

 

J’avais prévu de faire la descente tranquille pour apprendre un peu à gérer mais sur ce terrain technique sur les crêtes (où il faut poser les pieds sur les affleurements rocheux) puis dans le chemin bien raide qui suit, j’ai du mal à résister au plaisir de cavaler et de gagner quelques places… Du coup je ressens un peu les cuisses en bas mais c’était trop bon . Au ravito des Cabassols, je prends le temps de bien m’alimenter, sandwich au fromage, quartiers d’orange, banane, coca, remplissage du Camel-back. Je repars au bout de 3 minutes avec encore de la nourriture plein les mains et mon gobelet plein de coca. Je termine mon apéro en marchant sur la piste qui remonte doucement. Le traileur avec qui nous avions plaisanté dan la 1ère montée me rejoint alors que je finis mon gueuleton et je repars en trottinant avec lui en faisant un brin de causette sur ce qui nous attend car la route est encore longue !

 

A l’abord du chemin des Plaideurs, il est contraint de s’arrêter à cause de début de crampes qui l’obligeront à abandonner à Puyloubier. De mon côté, je me lance dans l’ascension en essayant de maintenir un bon rythme sans trop me griller non plus. J’ai toujours la hantise du gros coup de barre qui me suit… Je suis quand même plus à la peine que pour la 1ère montée et la chaleur commence à se faire sentir, bien que l’on soit sur le versant nord. Un coureur me dépasse en trottinant, ce qu’il fera jusqu’en haut. Je suis un peu sceptique sur l’efficacité de la méthode vue la pente, d’autant qu’il n’avance guère plus vite que moi, mais après tout on est tous différents. Juste avant l’arrivée sur la crête j’ai la surprise de dépasser Vincent Delebarre ! Visiblement il y va tranquille, ou bien il a très sérieusement levé le pied, et d’ailleurs il s’arrête pour faire la causette avec un bénévole (la preuve sur la photo que les champions peuvent aussi courir pour autre chose que les podiums).

 

 

D’ailleurs parlons en des bénévoles: ils se reconnaissent à leur T-shirt jaune Asics et au fait qu’il y en a un à chaque virage ou presque. Leur nombre est vraiment impressionnant ! Visiblement les organisateurs arrivent à rassembler bien au-delà du club de Rousset. Et on a toujours droit à un petit mot d’encouragement, comme avec la plupart des randonneurs d’ailleurs, visiblement pas rancuniers qu’on mette un peu d’agitation sur les sentiers. J’essaie de les saluer tous et de les remercier pour leurs encouragements. En tout cas, en plus de rendre la course possible, ils la rendent surtout vivante et sympathique.

 

Pour en revenir à la course, je rejoins donc la crête pour la 2ème fois et j’y retrouve encore Oriane qui fait un peu de lecture en m’attendant. Déjà je souris moins là, on voit que les jambes commencent à avoir quelques bons kilomètres au compteur. Je poursuis sur la crête en direction du Pic des Mouches. C’est toujours aussi agréable et magnifique… Les randonneurs m’annoncent régulièrement mon pseudo-classement : un coup 23ème, puis 15ème un peu plus loin, etc… Je dois me situer en fait vers la 30ème place je pense. J’arrive au Pic des Mouches avec 10 minutes d’avance sur mon plan de route en 6h00 ! Visiblement je suis en forme et ça fait plaisir. Je décide malgré tout de faire une descente plus prudente que la première, commençant à sentir les cuisses lourdes et la chaleur me peser. J’essaie de ne pas trop relancer dans le début peu pentu. La fin est plus technique et je me lache un peu, gagnant quelques places avant le ravito de Puyloubier.

 

A Puyloubier, même technique qu’aux Cabassols : je mange beaucoup, remplis à fond le camel-back car la dernière montée versant sud s’annonce très chaude, et je repars après 3 minutes les mains pleines en marchant pour finir mon casse-croûte. La partie en fond de vallée est dure pour le moral : on voit l’objectif de la 3ème montée mais il parait bien lointain… On passe par de larges pistes en faux plat montant le long des vignes dans lesquelles j'ai bien du mal à relancer. Je garde 2 coureurs en point de mire qui me donne le rythme au loin. Vient enfin la véritable montée. On y rencontre effectivement la chaleur que je craignais. et que l'organisation annonçait au briefing de départ. Là je souffre vraiment. Je grimpe plié en 2 à pousser sur les cuisses, j’ai l’impression d’avoir le visage à 50cm du sol (estimation marseillaise non garantie ) et je dois faire régulièrement quelques micro-pauses d’une poignée de secondes où j’essaie de m’étirer un peu. Les passages de traversée des pierriers sont particulièrement difficiles avec la réverbération. Mais visiblement tout le monde doit souffrir pareil car personne ne me rattrape. Au contraire je reviens même presque sur 2 coureurs sur la fin. Au refuge, je retrouve une dernière fois Oriane qui a visiblement galéré pour la redescente depuis la crête. J’ai droit à un petit bisou avant la descente, qui est visiblement assimilé à du dopage par les bénévoles sur place .

 

Suit la dernière bonne portion de descente. Au bout des 8 minutes je rejoins la piste qui remonte un bref instant. J’essaie de relancer en trottinant mais des débuts de crampe m’arrêtent aussitôt. Je continue en marchant en me disant que l’objectif des 6h va finalement être difficile. Finalement en haut du raidillon, je parviens à trottiner dans la descente sans nouvelle alerte jusqu’au ravitaillement en eau. Je rejoins au passage un orienteur de l’ACA avec qui j’échange quelques mots, le temps de rater un balisage quittant la piste sur laquelle nous nous trouvons. Sur le coup c’est lui qui aura mieux orienté que moi en s’apercevant très vite de notre loupé et en retrouvant le balisage ! Merci ! Par contre, pas très solidaire je vais en fait le distancer un peu plus loin… Je me retrouve seul pour ce loooooong retour vers Rousset. J’arrive à mieux relancer que ce que je pensais, histoire d’entretenir l’espoir des 6h, mais la dernière partie après la descente du Cengle me parait interminable. Je coince quand même un peu dans les 2 derniers kilomètres, longs, trop longs, à mon goût. Mais dans Rousset, Oriane me rattrape en voiture et m’accompagne sur quelques mètres ! Le timing pour rejoindre l’arrivée depuis Baudino était un peu serré pour elle mais on aura pu se recroiser une 4ème fois sur le parcours. Enfin je franchis l’arrivée à une étonnante 20ème place en 6h05, bien cuit mais bien content d’avoir été dans le rythme (c’est bien la première fois que je double plus que je ne me fais dépasser en montée !). Je bénéficie des attentions de l’organisation pour l’après course : douche, repas et kiné, l’idéal pour me donner une chance de remarcher le lendemain ! Le retour en TGV sur Paris le soir sera passé très vite…

 

Bilan, une course vraiment magnifique : paysage, terrain, météo et organisation au top.

 

4 commentaires

Commentaire de philtraverses posté le 08-04-2009 à 10:43:00

ben mon gars. Bravo pour ton récit et surtout ta perf. Te voila faisant partie de l'élite du trail. Et tu as de la marge. Bonne prépa pour la réunion ou, pour l'anecdote, j'ai aussi prévu de participer.

A+

Commentaire de ex-kikoureur posté le 08-04-2009 à 13:35:00

20ème, c'est super, belle photo en effet pour le pas du clapier (60%) !

Commentaire de CROCS-MAN posté le 08-04-2009 à 20:17:00

Bravo et bonne continuation, merci pour ton récit.

Commentaire de Métrolo posté le 08-04-2009 à 21:55:00

Bravo pour ta performance !!!

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