Récit de la course : Trail de la Sainte Victoire 2010, par akunamatata

L'auteur : akunamatata

La course : Trail de la Sainte Victoire

Date : 11/4/2010

Lieu : Rousset (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 1088 vues

Distance : 50km

Objectif : Faire un temps

14 commentaires

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Bienvenue a Zombieland

Jambo ami(e)s traileurs,

C'est juste la 4eme fois que je fais ce magnifique et néanmoins "hardissime" trail. Fort de mes expériences plutôt foireuses d'un point de vue chronométriques, mais autrement plus réussies d'un point de vue contemplatif. Ah qu'importe l'apparence chronométrique de l'affaire pourvu qu'une infime partie de la beauté infinie qu'entrapercevait Cézanne atteigne mes sens.


Cette année est différente, je laisse le Dionysos du plaisir des sens dans sa bouteille. C'est décidé l'enivrement viendra du dieu chronos. Je mise tout sur le bout du chemin et l'ultime grain de sable fatidique roulant au ralenti dans le demi-sablier.

Je pars léger (portable, couverture de survie et sifflet tout de même) et sans équipement high-tech particulier sauf mon cardiofrequencemetre -altimètre. De nombreux coureurs du Marseille Trail Club ainsi que kikoureurs sont présents parmi les 400 coureurs, c'est toujours bien de se sentir en "famille" avant cette épreuve au sens propre comme figuré. Le T-shirt Asics couleur vert pomme est un peu déroutante, on va dire que c'est la couleur de l'écologie ;-).


La météo n'est pas loin d'être optimale, dégagée le matin et un peu couvert l'après midi juste assez pour nous protéger des premières chaleurs du printemps habituellement très a la mode ici. Le départ est toujours rapide, car chacun veut se placer avant le bouchon situe sous un pont 10-12 minutes plus loin.


C'est l'occasion pour moi de discuter avec les rapides du MTC (Thomas, Jean-Marc etc...). Après le passage de la rivière, je reste patiemment sous le seuil des 155 puls/min. De nombreux coureurs me doublent comme prévu jusqu'au début de l'ascension de Baudino. Nous sommes une tripotée du MTC dans un mouchoir de poche, Anne a pris la poudre d'escampette depuis belle lurette, mais étrangement je la distingue a 500 m puis 200 m. Je suis en compagnie de Stéphane, Chris et Jean-Pierre, personne ne s'enflamme, mais c'est pas un salon de thé non plus. On essaye tous plus ou moins de gérer la trajectoire initiale de ce début de trail. Éviter l'erreur qui tue (au choix: trop vite, pas assez manger, pas assez boire) est le leitmotiv. Anne est scotchée peu avant le clapier, plus de jambes me dit elle d'un air dépité. "Ça va revenir" lui dis je d'un air a moitie convaincu.

J'ai pris mes bâtons, un peu perplexe sur la pertinence de ce choix avant la première montée, j'étais plus tard pleinement convaincu de leur utilité lors de la descente vers les cabassols. Il est vrai que dans la montée du clapier, ils ne servaient pas a grand chose ;-). Toujours un œil sur ma fréquence cardiaque, je joue des bâtons pour effacer les nombreuses marches posées au hasard par un maçon géant bourré au rosé de Provence. Impossible de regarder autour de soi dans cette configuration de course, les appuis, les appuis et les appuis ! Le prieure, vite atteint, est synonyme d'une descente longue et pénible vers le ravito des Cabassols. Cette année c'est protection des quadriceps, alors
consciencieusement je fais un pas saute tous les quatre temps et simultanément je freine ma vitesse
avec mes bâtons lors du petit saut. Cela marche au poil, Jean-Pierre est déjà loin mais ma place se
stabilise depuis la crête environ.

Arrive en 2h37 au ravito, (ouch! 2h10 l'an passe) avec les quadri impeccables ! Cela suffit amplement a
me satisfaire, transition express (remplissage gourde + ajout caloreen + kokocake + banane) et je
repars dans les roues de JP et Eric Pinaud (l'homme au genou bionique). Je suis toujours en mode bride, ne pas dépasser les 155 puls/min. C'est une partie longue et ennuyeuse qu'il faut pouvoir courir
jusqu'à la montée des plaideurs bien plus ludique, elle. Une fois encore les bâtons se révèleront de précieux alliés, pour la première fois le flux des coureurs s'inverse et je remonte de nombreux coureurs. J'aperçois de nouveau JP pres du sommet (il m'avait devance sur le plat avant la montée des plaideurs, un ex routard ca dépote sur le plat). Le temps change, se refroidit, les manchettes ne sont pas un luxe de nouveau, le fort vent d'est ralentit notre progression, mais j'ai bon moral car mes jambes sont nickel, pas de douleur bien qu'un peu "faibles" je trouve.

Le pic des mouches est atteint avec soulagement, car le chemin piégeux de la crête de la sainte victoire est mentalement usant. Encore une fois les bâtons ont permis de rattraper quelques imprécisions de pose de pied sur ces lames de calcaire aux formes torturées. Je croise JP et éric lors de la descente vers puyloubier, avec cette année un petit extra plus a l'est sur un sentier en sous bois très plaisant. Tous les trois nous déroulons a l'unisson sur cette partie roulante, je peux enfin me laisser aller sans regarder le rythme cardiaque car la fatigue venant, je ne peux aller au dessus du seuil. Arrive au ravito, transition express comme d'habitude, pourtant j'aurais du remarquer que mes bidons étaient loin d'être vides sur ce point. Pourtant j'ai eu l'impression de boire régulièrement.

Bref, je n'y pense même pas a ce moment et repars en marchant ingurgitant kokocake, banane etc...La montée vers l'oratoire ce fait a un bon rythme (on court même dans les faux plats montant). Puis la descente vers puyloubier est faite a un rythme prudent, encore une fois quadri quadri quadri, une certaine lassitude psychologique s'installe du fait de l'enchainement des sentiers techniques depuis le début.

Arrive au ravito de Puyloubier au bout de 5h10 ou je retrouve Pierre qui supporte ardemment ses troupes. Je reprends la route en me disant que les premiers sont déjà en vue de l'arrivée. Pour la première fois les sensations ne sont pas terribles, j'ai du mal a faire monter le cardio. JP sur le plat se détache irrésistiblement. La partie goudronnée est ennuyante a souhait et le temps ne passe pas vite, au moins la chaleur est moins présente cette édition. Petit a petit je m'éteins, la montée finale vers Baudino me réveille un poil, j'ai toujours JP en point de mire a quelques dizaines de mètres mais malgré mes bâtons je ne reviendrai pas sur lui. Au contraire a 200 m du sommet c'est la panne sèche, brutale, soudaine. Obligé de m'arrêter pour me ravitailler et reprendre mes esprits, arrêt obligatoire 5 minutes, le temps de distinguer Nathalie, en contrebas, a la tête d'un grupetto d'hommes accroches a ses basques.

Je fais un dernier effort pour passer le dernier mur et les blocs sous les encouragements vigoureux de super bénévoles. Pourquoi diable faut il toujours que ces blocs la soient passes alors que mon corps tétanise ? De nouveau a Baudino cette fois ci au bout d'un peu plus 6h20 de course, je sais que désormais l'allure sera a l'économie jusqu'à Rousset. Un brin dégouté de voir que le cardio ne monte plus (130 puls/min au grand max) et qu'il me faille faire des efforts mentaux considérables pour une vitesse digne d'un escargot.

Pourtant je n'ai mal nulle part, je suis juste faible, les jambes ne répondent plus aux injonctions du cerveau: Bienvenue en Zombieland (d'ailleurs il n'y a pas que moi a y entrer). Je pense fréquence des jambes et mes pas font effectivement plus mouvement ...avec une amplitude de 10 cm! L'impression d'être un capitaine a bord d'un bateau sans gouverne est déprimant. Les nombreux traileurs me doublant me faisait rigoler jaune tellement leur
allure était lente...

 

zombieland-poster-final

Bref, difficile pour moi d'apprécier ce retour pénible sur Rousset a 2 a l'heure. Une Anne époustouflante d'aisance me dit de prendre sa roue, rien que le temps de dire cela, elle m'a mis 20 mètres ! Je vois également Alex me doubler (ah, la dernière fois c'était au niveau de puyloubier...y'a du progrès, l'humour du désespoir...)

Au final 7h48 au chrono, bien loin de mes prétentions initiales (7h - 7h15) et surtout la désagréable impression que je n'arrive pas a maitriser cette sacrée sainte victoire malgré toutes les tentatives précédentes. Les points positifs furent néanmoins nombreux, tels le suivi du Dingo ou du Prez ou alors les jambes vraiment nickels (mais fatiguées) a la fin du trail grâce aux bâtons. A posteriori, j'ai du faire une belle erreur d'hydratation, environ 2 - 2,5 litres sur 7h45 de course ce n'est vraiment pas assez.

Mes photos sous flickr

Les photos de Fulgurex (kikourou)

Les photos de Stephane (team AltecSport)

Les photos de Michel

les photos de Jean-Philippe

Akuna

14 commentaires

Commentaire de kkris posté le 14-04-2010 à 18:54:00

merci akuna pour ce beau récit, très vivant!
a+

Commentaire de Métrolo posté le 14-04-2010 à 21:00:00

Belle course Akuna ! un récit complet et technique. Il est vrai que la Sainte Victoire ne se laissera jamais dompter.

Bravo.

Commentaire de Mustang posté le 14-04-2010 à 22:08:00

entre Chronos et Dyonysos!!! Mais sais-tu que Chronos émascula son père et dévora ses enfants!

Quant à choisir!

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 14-04-2010 à 22:17:00

De l'Akuna sans photos, pas banal mais c'est du vécu. Une petite faiblesse passagère sans plus !

Commentaire de JLW posté le 14-04-2010 à 22:37:00

UN trail que j'ai vraiment envie de faire un jour. Ah l'alimentation, l'hydratation, quelle science délicate et difficile, moi aussi je galère et je crois que seule la météo me permet d'y arriver de temps en temps, quand il ne fait pas trop chaud !

Commentaire de Jerome_I posté le 14-04-2010 à 23:23:00

On apprend toujours... Allé l'hydratation est aussi importante... Pas de photos pour une fois sur tes récits???

Commentaire de fulgurex posté le 15-04-2010 à 11:44:00

Il est dur ce trail, surtout en début de saison. Moi, je suis bien content de m'être un peu déjà usé sur les Cabornis le mois dernier...
Avec toutes ces expériences, la prochaine sera certainement la bonne.
Content d'avoir fait ta connaissance en vrai.

Commentaire de riri51 posté le 15-04-2010 à 13:56:00

Merci pour ce CR Akuna...c'est promis l'année prochaine j'y retourne...de lire tous ces récits c'est trop tentant.

Commentaire de Hellebore posté le 15-04-2010 à 16:43:00

Toujours très agréable de te lire! Même sans photos.
A l'année prochaine sur ce trail si ça tombe pdt les vacances scolaires!

Commentaire de Rag' posté le 15-04-2010 à 16:44:00

C'est mon commentaire au-dessus. J'oublie toujours de déconnecter ma femme...

Commentaire de @lex_38 posté le 15-04-2010 à 20:40:00

C'est un peu à cause de toi si j'ai fait cette course cette année car tes photos m'avaient tellement donné envie...
Ta fin de course a été difficile, mais mine de rien, tu es allé au bout dans un temps honorable!
Et puis tu reviendras, tu n'es plus à une fois prêt! Tu vas finir par connaître chaque cailloux par son nom!
A+

Commentaire de Claudius posté le 15-04-2010 à 23:36:00

Bravo pour ta course et les liens vers les photos des coureurs c'est sympa.
Concernant l'hydradation, je penses qu'on a été leuré par les températures plutot basse pour cette période.Perso , j'en ai ressenti les effetts du manque d'hydradation a 8 km de l'arrivée.

Commentaire de CROCS-MAN posté le 16-04-2010 à 13:00:00

Merci pour ce super récit JM, je vais voir les photos à présent.

Commentaire de DJ Gombert posté le 17-04-2010 à 15:13:00

Du zombie à 7h45, ..., c'est Jean-Marc qui va te péter les genoux avec son temps à 4 chiffres hi ! hi !

Belle perf !

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