Récit de la course : La 6000 D 2014, par _tibo_

L'auteur : _tibo_

La course : La 6000 D

Date : 26/7/2014

Lieu : La Plagne (Savoie)

Affichage : 1006 vues

Distance : 63km

Objectif : Faire un temps

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Le parcours 2014 : pas tout à fait le up & down qui caractérise normalement la 6000D


Contexte : un retour aux sources

Je me suis inscrit assez tardivement sur cette 6000D 2014 car je n’ai su que fin mai que je serai disponible cet été. Du coup ça n’était pas un objectif majeur de ma saison, même si l’envie de performer était présente. Et puis la 6000D c’est une course un peu particulière pour moi. Il y a deux ans, j’ai couru mon tout premier trail sur la 6Découverte (11km et 600m D+), et j’ai tout de suite attrapé le virus du trail. Je m’étais alors donné un an pour me mettre au trail et finir la 6000D l’année d’après. L’année dernière, j’ai donc couru mon premier trail long sur la 6000D, que j’ai terminé en 10h24. Cette année était donc l’occasion d’aller constater les progrès réalisés depuis un an.


Pour cette course, je me suis fixé deux objectifs : le top 100, et finir en moins de 8h30. L’année dernière le top 100 était à 8h28, donc a priori réussir le premier objectif revient à réussir le deuxième. Et vice-versa.


J-1 : arrivée à la Plagne

Vendredi 25 juillet, nous arrivons à la Plagne avec Simon, le copain avec qui on courra cette 6000D. Et d’autres amis inscrits sur les deux plus petites courses. En arrivant à Aime, je retrouve mes parents qui viennent me voir pour la première fois sur une course. On retrouve également les parents de Simon qui ont récupéré nos dossards dans l’après-midi, puis direction la pasta-party. Je me rappelle d’il y a deux ans lorsque j’avais été impressionné par tous ces coureurs qui exhibent leur plus beau T-Shirt finisher, comme s’il y avait un concours implicite de celui qui aurait fini la course la plus longue, ou la plus prestigieuse. Mais l’habit ne fait pas le moine, et cette fois-ci je me sens dans mon élément au milieu de tous ces coureurs.


Après manger, direction Belle-Plagne pour la nuit. La montée en voiture est longue. Et dire que demain on reprendra la voiture pour descendre à Aime, avant de tout remonter en courant. Et même beaucoup plus haut. Les gens ont souvent tendance à nous prendre pour des fous, mais je crois que parfois on leur donne des arguments. Une fois là-haut on prépare les sacs, un dernier coup d’œil à la météo (ils annoncent un sale temps, mais pas vraiment envie d’y croire, alors je me dis qu’ils doivent se tromper), et au lit à 22h.

 

La course

4h00, le réveil sonne. Comme un soulagement, après m’être tourné dans tous les sens depuis 3h00 sans parvenir à trouver le sommeil. C’est enfin le grand jour, celui auquel on pense depuis des semaines. Une fois levé, je me rends compte que je ne suis pas si stressé que ça : je connais le parcours, je sais maintenant que je peux finir 63km plus ou moins quelles que soient les conditions de course, et je prendrai le départ avec Simon et son père et non pas tout seul comme l’année dernière. Un rapide coup d’œil dehors, il pleut, c’est pas cool.


Une fois à Aime, je retrouve ma mère à qui je donne mon sac d’assistance pour les ravitaillements. Si tout se passe bien, rendez-vous au ravitaillement de Plagne-Centre à 8h35.


Sur la ligne de départ, la pluie s’est calmée. Il tombe encore une légère bruine, mais il ne fait pas froid donc j’enlève la veste Gore-Tex. Pas envie de mourir de chaud au bout de 10 minutes. Au micro, le speaker nous annonce que la montée au glacier est annulée. C’était prévisible, mais c’est vraiment dommage. À la place on aura une boucle un peu plus longue, pour avoir le même kilométrage et compenser un peu la difficulté de la montée au glacier. Le départ est donné à 6h, on part sur un bon rythme avec Simon. Les premiers kilomètres sont très roulants, tout se passe bien. Après 3.5km, on attaque la montée. Les deux premiers kilomètres de montée ne sont pas trop raides, entre 5 et 10%, donc on court gentiment. Puis après 6km on attaque les pentes à 30% en single track, donc tout le monde à la queue leu-leu, et en avant. On traverse Longefoy, puis Montalbert, où l’on trouve de nombreux supporters malgré la pluie. Puis on arrive en bas de la piste de bobsleigh. L’intérêt de ce passage ? Je le cherche toujours… On est dans un cylindre de béton, les enceintes diffusent de la musique classique : y’a pas à dire, le classique, c’est archi-motivant. Vivement qu’on se tire de là ! En haut on retrouve la foule qui nous encourage, et ça redonne le sourire.


Km 13.6 : Piste de bobsleigh – 1h49, 211e


On a 6 minutes d’avance sur mes prévisions, sans avoir regardé une seule fois la montre dans la montée c’est pas mal. Simon me dit qu’il profiterait bien de cette petite avance pour marcher un peu plus dans les côtes. Quand on arrive dans les gros pourcentages avant Aime la Plagne, on ralentit donc un peu le rythme. Je vois qu’il commence à lâcher du terrain quand c’est vraiment raide, et je sens qu’il est un peu en surrégime. Je ralentis parce que la course est longue et on ira au moins jusqu’au ravito ensemble. Une fois à Aime la Plagne, il n’y a plus qu’à se laisser descendre jusqu’au ravitaillement.


Arrivée au premier ravitaillement avec Simon


Km 19.7 : Plagne Centre – 2h31, 193e


Je retrouve mes parents au ravitaillement, et ils me donnent une des bouteilles d’Isostar que j’avais préparée pour remplir le Camelback. C’est quand même vachement plus pratique que de transporter de la poudre au fond du sac : c’est plus rapide, on n’en met pas la moitié à côté et ça ne colle pas partout sur les doigts. Deux ou trois verres de coca et quelques Tucs plus tard, c’est reparti avec Simon. On a toujours quatre minutes d’avance sur les prévisions. Départ tranquille en marchant, puis on trottine tranquillement jusqu’à la bifurcation où l’on rejoint le parcours du trail des deux lacs. Au moment précis où passe la tête de course. On se fait donc doubler par des fusées qui courent deux fois plus vite que nous. Je me sens bien, je suis un peu grisé par tous ces coureurs qui nous doublent et j’ai envie d’accélérer un peu. C’est donc le moment de se séparer avec Simon. J’ai l’impression de pouvoir monter plus vite sans me fatiguer plus, et je pense que c’est mieux pour tous les deux de continuer chacun à notre rythme. Puis les premières féminines du trail des deux lacs commencent à me doubler. Je cherche du regard Élise, que j’ai rencontré hier et qui ne doit pas être loin de la tête de course, pour échanger deux mots et l’encourager. La montée se passe bien jusqu’à la Roche de Mio, où le public est nombreux pour nous encourager. Ça fait du bien au moral de voir autant de monde au milieu de nul part dans ce brouillard. Au sommet, je m’arrête quinze secondes pour dire à mes parents que tout va bien, et en avant pour la descente.


Km 26.4 : Roche de Mio – 3h41, 172e


J’ai toujours 4 minutes d’avance sur le temps que je m’étais fixé. À partir de maintenant le parcours est différent, donc les temps de passage n’ont plus de signification. Sur le vrai parcours, j’aurais été sur des bases de 8h30. Sur celui-ci, on verra bien ce que ça donne et on fera les comptes à l’arrivée. La descente vers le col de la Chiaupe fait du bien : elle n’est pas trop raide et ça permet de faire tourner un peu les jambes. Au col, ravitaillement en vitesse. Un coup d’œil vers le glacier, mais on ne voit pas à 20m, donc on part à l’opposé quand même un peu frustré. Quelques kilomètres plus bas, on se sépare des coureurs du trail des deux lacs pour aller faire notre boucle supplémentaire. À partir de là, c’est l’inconnu. La descente n’est pas très raide et je me sens bien, donc je gagne quelques places. Mais elle est longue, et il me semble qu’elle ne se terminera jamais. Sachant que l’on remonte à l’Arpette après, ça serait sympa si on pouvait arrêter de descendre, car ça serait autant de moins à remonter. Au kilomètre 38, on arrive finalement au point de contrôle qui marquera le début de la montée.


Km 38.0 : Plan bois – 4h52, 152e


Au point de contrôle, je demande ma place car je n’ai aucune idée de comment je me situe. On m’annonce 152e, je pensais être mieux placé, mais le top 100 est encore jouable. Il faudra faire une grosse montée vers l’Arpette, car la montée est mon point fort et une fois à l’Arpette il ne reste plus que de la descente. Je commence donc à monter sur un bon rythme, car de toute façon les jambes vont bien. Je gagne des places et je me retrouve à la fin d’un groupe de 5-6 coureurs dont le rythme me convient. Et aux deux tiers de la montée je commence à coincer. Le groupe dans lequel je suis me lâche, puis des coureurs que j’ai doublé me rattrapent. Maintenant les jambes ne vont plus du tout, et en plus le moral en a pris un coup. À ce moment-là j’essaie de me dire que ça va passer, ça passe toujours, et qu’il faut juste prendre mon mal en patience. Dans la partie finale de l’Arpette, je m’imagine en train de dire à mes parents qui m’attendent au ravitaillement que c’est fini, que je m’arrête là parce que les 18 derniers kilomètres sont horribles et que je ne veux pas m’engager dedans. Tout en sachant très bien que je ne le ferais pas. Mais cela mettrait un terme à la douleur, car à ce moment je ne prends plus aucun plaisir.


Km 42.2 : L’Arpette – 5h43, 139e


Au début de la descente je marche, car j’ai besoin de souffler. Puis je relance petit à petit. De toute façon il faut bien aller en bas ! Cette partie de la course n’est pas très agréable. On traverse différentes barres d’immeubles de la Plagne jusqu’à Bellecôte, où nous attend le ravitaillement.



 

Sympa tous ces enfants qui nous tendent la main au bord du chemin


Km 45.5 : Plagne Bellecôte – 6h08, 148e


Je retrouve mes parents qui m’attendent à nouveau au ravitaillement. Cette fois-ci je prends mon temps car je ne suis plus à deux minutes près. Je recharge mon Camelback, bois du coca et mange des tucs. La routine des ravitaillements. Je laisse également mes bâtons à mes parents, car je n’en ai plus besoin maintenant. Je repars, et Damien, un copain qui a couru le trail des deux lacs, m’accompagne dans la sortie de Bellecôte. Et d’un coup je me rends compte que j’ai oublié de reprendre des barres et des gels dans le sac qu’ont mes parents, et que je n’ai plus rien à manger. Je n’avais que ça à penser, et j’ai oublié ! Preuve que la lucidité commence à diminuer. Damien me propose de remonter en courant et de me rattraper pour m’en apporter. J’accepte volontiers, car à ce moment-là je n’ai pas très envie de faire 100m en marche arrière. Dans la descente les sensations reviennent petit à petit. Mais je me fais doubler et je sais que l’objectif du top 100 est maintenant inatteignable. Pour les 8h30 ça peut le faire si je me dépêche, mais ce n’est pas le même parcours que l’an dernier donc l’objectif de temps n’a plus vraiment d’intérêt. Du coup je n’ai plus rien à quoi m’accrocher, et la tête abandonne petit à petit. Je termine donc la descente avec le cerveau en mode off, juste en mettant un pied devant l’autre pour rallier l’arrivée. Au ravitaillement de Montchavin, je mange un petit peu mais je n’ai plus faim.


Km 53.9 : Monchavin – 7h08, 162e


La fin de la descente est, comme dans mes souvenirs, interminable. Je coure encore quand ça descend, là où je marchais l’année dernière. Dans les petites côtes, j’arrive parfois à courir mais c’est vraiment dur. Une fois arrivé sur la piste cyclable pour rentrer à Aime, je sais que le plus dur est fait, et que les trois kilomètres restants se courent uniquement au mental. Dans la dernière montée vers Aime, je marche. Je perds encore quatre ou cinq places car les autres courent, mais à quoi bon se faire encore plus mal alors que je sais que je suis très loin du top 100 visé.


Km 63.5 : Arrivée – 8h19, 180e 

 

 




 

 

Avec du recul, je suis quand même satisfait de ma course. Pour la première fois depuis que j’ai démarré le trail, je me suis senti blasé en courant, et j'ai laissé filer des places dans les derniers kilomètres, plus parce que je n'avais plus envie que parce que je ne pouvais plus physiquement. Mais je ne crois pas que j’aurais fait beaucoup mieux si je m’étais accroché à chaque place. Le top 100 est en 7h46 et je n’avais simplement pas le niveau cette fois-ci. Mais les progrès réalisés depuis un an sont quand même assez importants, et j’en retire beaucoup de positif.


Le prochain gros objectif, c’est les Templiers dans trois mois. Après deux semaines de coupure il sera temps de repartir à l’entraînement, avec une motivation toute neuve et à nouveau une place à deux chiffres comme objectif.

3 commentaires

Commentaire de Bacchus posté le 30-07-2014 à 21:54:31

Bravo, belle course.
Merci pour ce CR. Le Top 100 viendra.

Commentaire de nicou2000 posté le 31-07-2014 à 12:50:04

Bravo à toi! Le top 100 sur la 6000D c'était un sacré objectif car le niveau est très relevé... Bon courage pour les templiers!

Commentaire de crocodile posté le 31-07-2014 à 21:22:31

super compte-rendu, bravo pour ta course c'est quand même pas rien !

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