Récit de la course : Marathon de Nantes 2012, par Le Lutin d'Ecouves

L'auteur : Le Lutin d'Ecouves

La course : Marathon de Nantes

Date : 15/4/2012

Lieu : Nantes (Loire-Atlantique)

Affichage : 1268 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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DANS LES FRISSONS DE NANTES

15 avril 2012

 

Le type en rouge, c'est moi. Je viens de courir mon 17ème marathon et, ça ne se voit peut être pas, mais je suis totalement poutré. Pour parler crûment, quand j'essaie de marcher, toute la partie inférieure de mon corps grince et couine comme si je venais de subir les derniers outrages de la part d'un pachyderme particulièrement bien outillé par la nature. Serait-ce cet individu à l’œil chafouin et à l'aspect trompeur ?

 
Non, cet imposant animal sis en l'île de Nantes où se trouve le village marathon ne semble pas pourvu d'attributs propres à élargir le cercle de ses amis. Il est là pour balader les touristes, du moins ceux qui ne sont pas encore morts de froid. Nous sommes le 15 avril (notez bien la date) mais il souffle ici un fort nordet qui fait oublier que nous sommes bien ici au sud d'Oslo, à Nantes la capitale du Petit Beurre et du premier duc de Bretagne, Alain Barbetorte (910-952).

 
Nous sommes quatre alençonnais engagés sur le marathon : Marie, débutante dans cette discipline, Hervé le coiffeur le plus rapide d'Alençon, moi (encore en train de faire l'andouille) et Catherine qui va courir toute seule son quatrième marathon.
 
En ce qui me concerne, je n'ai rien laissé au hasard : trois mois d’entraînement sans rater une séance, une sévère diète de 24h sans bière et même une ceinture de gels achetés à prix d'or sur un site vanté par un célèbre marathonien sinistré capillaire originaire du Mans. Seule ma cure d’amaigrissement a été un échec partiel : je suis resté à 64 kg au lieu des 63 désirés. 
 
Mon objectif : 3h29', chrono raisonnable d'autant plus que le marathon est annoncé avec 150m de dénivelé, ce qui fait la moitié de celui de Cheverny où j'ai atteint le score inespéré de 3h25' en 2011.

 
Le départ est donné aux "Anneaux de Buren", site que j'identifierai plus tard. J'ai d’abord cru que ces artefacts étaient destinés à l'amarrage de diverses barcasses locales...
 
Le ciel bleu est trompeur car le froid est redoutable, le nordet s'insinuant partout, transformant les plus fiers attributs en pauvres macaronis racornis. J'ai moins souffert du froid en novembre lors de mes marathons de La Rochelle malgré des départs pris par deux degrés au-dessus de zéro.
 
Bien décidé à gérer sans errer, je me suis donné comme limite 12,5 km/h de moyenne et, pour une fois, je m'y tiens. Mon GPS réglé sur "vitesse moyenne" se stabilise bien vite sur 12,4 km/h pour y rester un bon moment.
 
Un tour de deux kilomètres et demi sur l'île, histoire de bien voir le public et de remanger du quai aux pavés puis nous montons vers la ville en passant un premier pont.
 
 
Le dénivelé est l'ennemi du marathonien et je me dis à ce moment que les quelques côtes qui nous sont infligées en ville sont sans doute les dernières vu ce qui était annoncé. Hélas, le compte n'y est pas et nous grimperons en tout 235m. 
 
Re-pont, re-île puis rive sud où nous grimpons un nouveau pont pour faire une boucle de quatre bornes qui va nous amener au 15ème kilomètre où on grimpe à nouveau le même pont toujours aussi cambré. Mais ils ne peuvent pas faire de ponts plats comme chez moi dans ce pays ! Eh bien, deux kilomètres plus loin, on se tape encore un pont pour aller faire un long périple sur la rive sud.
 
Je passe le semi-marathon à 12,4 de moyenne et je me félicite de ma modération car la partie n'est pas facile, le vent m'oblige à m'abriter derrière les plus grands berlauds mais ceux-ci, comme beaucoup de coureurs, ralentissent insensiblement et je dois passer de l'un à l'autre de mes pare-vent en essayant de garder une moyenne raisonnable.
 
J'aborde le 25ème kilomètre avec une moyenne de 12,3 km/h somme toute convenable mais il faut à nouveau franchir un... pont ! Et celui-ci est vraiment haut, me faisant penser aux gentilles vacheries concoctées par certains organisateurs de trails (mais en trail, ça fait partie du jeu).
 
Après un joli circuit parmi les échangeurs routiers et un passage le long d'un terrain peuplé de caravanes où de gentils enfants s'amusent à huer les coureurs le pouce baissé et la morve au nez, j'arrive au 30ème kilomètre sans mur mais aussi sans grande réserve énergétique malgré les merveilleux gels ingérés à chaque ravitaillement.
 
A partir de là, nous parcourons la ville et donc nous grimpons diverses petites côtes. Le public est clairsemé et n'a pas la chaleur des Rochelais. 
 
Une fois le ravitaillement du 35ème kilomètre passé, la machine se grippe soudain. J'ai un mal affreux à repartir et je mets plus de mille mètres pour revenir à 12 à l'heure. Mon GPS m'indique bientôt 12,2 de moyenne et je dois serrer les dents pour ne pas me traîner à 10km/h.
 
Nous arrivons enfin au pont menant à l'île où se trouve le village marathon. Ma Josette  accompagnée de la petite famille de Hervé et de la fille de Cathy m'acclame dans le virage et je regarde mon GPS : à peine 40 km alors que l'on jouxte l'arrivée.
 
Rien de tel pour vous plomber les jambes. Comme au marathon des Ecluses, l'on doit tourner deux bornes autour de l'arrivée, histoire de se manger à nouveau la section pavée des anneaux de Buren pour finir le vent en pleine face. 
 
C'est dans la douleur que j'aborde les derniers hectomètres, effectuant cependant les derniers mètres en prenant un air dégagé pour cause de présence des photographes.

 Photo organisation
 
3h31'25" de temps officiel pour 3h30'28" de temps perso. J'ai peine à marcher pour me rendre sous la tente où nous est distribué dans un certain chahut un joli T-shirt Odlo de bonne qualité et au design sobre.
 
Hervé est déjà arrivé avec un temps perso de 3h12' et Catherine ne tarde pas, faisant un chrono de 3h53' pour un temps officiel de 3h55'. Mes deux amis sont beaucoup plus frais que moi alors que c'est moi qui les ai entraînés. Ce doivent être les 12-14 ans de moins qui font la différence...
 
Marie arrive enfin en 4h30 et nous la félicitons comme il se doit pour son premier marathon effectué dans des conditions peu aisées.
 
Tout marathon doit se terminer par une bière belge...

 
... et si 75cl de Grimbergen allègent quelque peu mes douleurs aux jambes, cela a aussi pour effet de m'assommer, me rendant peu disert. Heureusement que Hervé connaît quelques histoires bien salées qui mettent l'ambiance dans le groupe des coureurs et supporters.
 
Toute la soirée, je me suis posé la question : pourquoi ai-je terminé si fatigué avec autant de douleurs aux jambes alors que je n'ai pas fait la moindre erreur de préparation ni de gestion, utilisant même des gels en course, ce que je ne faisais jamais ?
 
La réponse, je l'ai trouvée en regardant ma médaille distribuée à l'arrivée, je n'avais pas effectué, ce dimanche 15 avril 2012, un marathon en 3h30'28" mais un ultra-marathon de 27h30'28" !!!

 
 

21 commentaires

Commentaire de roudoudou posté le 18-04-2012 à 19:57:59

Félicitation à toi de ne pas avoir craqué... c'est vrai que l'erreur de date dur la médaille est un merveilleux loupé !!! Pourquoi le 4 n'est il pas incliné comme le reste de inscriptions ??? Ou alors est ce un montage ???

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 18-04-2012 à 20:04:37

Mais non, ce n'est pas un montage mais bien la vérité. Ne jetons cependant pas la pierre à l'organisation d'un jeune marathon qui se bonifiera avec l'âge s'il sait se mettre à l'écoute des coureurs.

Commentaire de bubulle posté le 18-04-2012 à 20:16:54

Jolie compte-rendu, plein de détachement et de second degré. Décidément, faut qu'on arrive à se croiser au détour d'une course, cher Lutin...:-). Faut juste trouver une course normande qui soit dans la "bonne" Normandie (le mienne est plutôt Haute, quand je ne suis pas parisien...:-)).

Tu ne veux pas aller faire un nouveau coucou au marathon de Caen, des fois?

Commentaire de Fredy posté le 18-04-2012 à 21:06:51

Bravo pour ce beau vhrono qui prouve bien que tu n'es pas encore totalement vermoulu.

Commentaire de JLW posté le 18-04-2012 à 21:21:42

Ben moi j'ai des douleurs aux jambes rien qu'en lisant ton récit, alors t'en fais pas. Bravo pour ce bô chrono pas très loin de la qualif France V2 ...

Commentaire de lapinouack posté le 18-04-2012 à 21:22:13

bravo :-))) j aime bien te lire :)

Commentaire de Free Wheelin' Nat posté le 18-04-2012 à 22:15:43

Bon,tu n'es pas loin de ton objectif, tu peux encore servir!
Pis le froid, les côtes, les ponts... ;-) Bravo le Lutin, Ecouves peut être fier de toi!

Commentaire de CROCS-MAN posté le 18-04-2012 à 22:41:54

Du bon du vrai récit ça Monsieur, avec des morceaux dedans comme je les aime. Ben c'est pas mal du tout ça mon Lutin !! Je l'avais au programme ce Nantes mais finalement et sans regret nous avons opté pour Annecy vu la tribu qu'il eut fallu bouger. Et un chrono fort honorable en plus. Tout bon, BRAVO Thierry

Commentaire de basketmax posté le 18-04-2012 à 22:51:34

En tant que spectateur du marathon, je confirme que le vent était glacial, j'étais frigorifié sur le bord de la route, alors ceux qui couraient...
Bravo le Lutin ! :)

Commentaire de domi81 posté le 19-04-2012 à 05:21:17

"De Nantes à Montaigu la digue la digue
De Nantes à Montaigu tu l'as eu (presque)dans le cul !"

bien joué petit bonhomme. ;)

Commentaire de Baobab posté le 19-04-2012 à 08:42:54

Un gars de ta trempe aurait pu faire mieux qu'un bête air dégagé pour la photo d'arrivée. Tu ne vois pas? Je vais t'aider : une roue, une démo de breakdance, une diphonie à la goire de la mythique Ecouve.
A part ça, le chrono est tout de même canon : 3h30 sur un parcours quelque peu heurté, ben c'est pas cochon.
Merci pour ce chouette récit.

Commentaire de Mustang posté le 19-04-2012 à 10:39:53

bravo pour ta perf!

Commentaire de fulgurex posté le 19-04-2012 à 11:18:00

28 secondes! je suis sur que tu as ralenti exprès pour te faire plaindre...

Commentaire de BENIBENI posté le 19-04-2012 à 12:11:00

Wahou ! Tu dois etre trés trés fort ! 3h30...Un vieux rève pour moi....

Commentaire de robin posté le 19-04-2012 à 14:13:12

Tu es encore frais pour une arrivée en 27h30. Perso : je n'avais pas vu le bug c'est ma femme qui me l'a fait remarquer.

J'ai essayé de te voir à l'arrivée mais le vent et le froid m'ont contraint à un repli.
Bonne récup

Commentaire de RogerRunner13 posté le 19-04-2012 à 16:35:01

Encore un bien sympathique récit. Un chrono plus qu'honorable pour notre valeureux Lutin. Bravo! Thierry.......

Commentaire de totoro posté le 20-04-2012 à 13:46:44

Fantastique lutin ! Tu empiles les perfs sur marathon l'air de rien ! Un grand bravo à toi :-) Tu fais la saintélyon cette année ? Dis oui !

Commentaire de Françoise 84 posté le 20-04-2012 à 17:00:23

Bon, il ne faisait pas plus chaud à Nantes qu'à Paris apparemment!! Tu t'en es super bien tiré malgré tout, bravo pour le résultat! Bises aux valeureux Normands!!

Commentaire de béné38 posté le 20-04-2012 à 18:33:15

Je crois que tous les marathons étaient au froid que ce soit Nantes, Paris ou Annecy. Bravo tout de même pour avoir tenu malgré le froid et la fatigue et merci pour ce récit. Et puis accompagné de la petite famille, ça a dû te porter pour finir dans ton objectif ! Encore bravo !

Commentaire de francois 91410 posté le 29-04-2012 à 11:23:20

Tout cela me fait penser que si la météo ne s'arrange pas d'ici 15jours, j'affronterai la même chose au MSM ...
Même poutré, la perf est là malgré les conditions et la dangerosité de la route de Nantes à Montaigu, ... ...

Commentaire de jerome_I posté le 03-05-2012 à 21:35:39

bravo pour ta course. Vous avez eu la méme météo que nos à Paris. L'important est de se proteger, mème si ca va moins vite, on doit s'économiser et ne jamais prendre le vent! Belle ceinture mexicaine pour les verres de "grappa" :-) Et superbes chaussettes roses!
On se voit quand sur une course? ;-)

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