Récit de la course : Trail des Citadelles - 73 km 2010, par Elcondor

L'auteur : Elcondor

La course : Trail des Citadelles - 73 km

Date : 4/4/2010

Lieu : Lavelanet (Ariège)

Affichage : 1045 vues

Distance : 73km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

102 autres récits :

Le récit

3h du mat
Je suis bien dans mon lit douillet, il fait froid dehors, il a plu toute la nuit et je m'arrache pour aller patauger 10h durant dans la fange ... drôles de mœurs ... ptit dej ...


4h
Cette fois je n'oublie rien à la maison, une heure de route, France inter, rediffusion de "CO2 mon amour", je ne vois pas le temps passer


5h
Parking à 200m de la ligne de départ, j'entre dans la grande salle des fêtes de Lavelanet, il fait chaud, buffet petit dej, retrait du dossard et retour à l'auto pour m'équiper, option chaussures Goretex + guêtres + bâtons


5h45 retour à la salle, du monde maintenant, je fais le tour de la salle, des têtes connues mais je ne connais personne en particulier, comme d'hab.

Sur la ligne de départ je me remémore ma "stratégie" de course, à 19jours de la 6666Occitane la sagesse m'impose une course sage, notamment dans les descentes, je suis monté fin (je parle des jambes), c'est mon point faible, il s'agit de les préparer, non de les pré-détruire, la 6666 s'en chargera ... habituellement je pars vite, je m'effondre au bout de 2/3h, passe toute la course à tenter de me refaire pour finalement finir comme un avion, donc c'est décidé je pars allure "rando sportive" ... on verra bien

C'est parti, première montée et première constatation c'est aussi gras que l'an passé, bon choix pour les shoes
J'ai fait l'option frontale minimaliste 20gr. = 20cm de portée, j'y vois que dalle et évidemment 15 minutes après le départ je me retrouve seul, impossible de profiter de celle des autres !

Ça tire dans les cuisses et j'ai le bide comme une baudruche, pointe de coté dans les 4 coins, pleins de bonnes raisons pour y aller tranquille !
Descente sur Belesta, premier bourbier de la journée, je suis au ralenti, pas envie de me baigner, ça double, j’ai l’habitude, un jour j’apprendrai à descendre


Belesta, 18km, premier ravito, j'entre, je suis seul, 2 verres coca, j'embarque 2 tranches de pain d'épices, je ressors seul sur la pointe des pieds pour ne pas salir le joli carrelage ...


La partie Belesta-Fougax est une succession de jolis "coups de culs", de pistes et de magnifiques forêts, j'adore
Je joue au yoyo avec un jeune coureur breton ( il a un grand drapeau dans le dos ! ) il est largement plus rapide que moi mais il n'arrête pas de s'arrêter pour tout un tas de raisons obscures ... Une heure après Bélesta nous apercevons une ville devant nous, quelqu'un nous renseigne, c'est ... Bélesta !

 

Descente vers la fontaine de Fontsorbes, glissante, donc on me double, on me double ... en bas à la route l'organisation m'annonce 48ème, Ben dis donc ça va être dur de refaire ma 29ème place de l'an passé ! Pour partir cool, je suis parti cool ! Tant pis je pense à la 6666, aujourd'hui sera une sortie choc, rien de plus, et puis qu'est-ce que c'est agréable d'enrouler calmement sans se soucier du chrono ... d'ailleurs à propos de chrono, j'ai fait l'option sans montre, pas d'heure, pas de GPS ... c'est génial ! rien d'autre à écouter que ses sensations et laisser l'esprit vagabonder à ses petites occupations mystérieuses ...


Long plat chiant jusqu'à Fougax 33km, ravito dans une salle cette année, les bénévoles se tiennent au chaud, je les comprends, scénario coca-pain d'épice pour moi, je ressors en moins d'une minute laissant sur place 4 ou 5 coureurs tout affairés à leurs sacs. J'ai fait personnellement le choix d'un seul remplissage de la poche à eau à Montferrier, ce qui s'avérera largement suffisant, au vu du climat frais et humide et de mon rythme cool


Allez on attaque la grosse difficulté de la journée, la montée à Montségur, raide et grasse à souhait, un pas en avant, deux en arrière, c'est là que j'avais commencé à coincer l'an passé, le douloureux passage sur les lipides... Ben cette année c'est le contraire, dès la première bosse je ramasse les gars, je n'ai pas l'impression d'aller plus vite, mais je suis vraiment bien, les douleurs ont disparues, alors continuons!


Nous récupérons le tracé commun au 3 courses, nous tombons sur l'arrière du peloton du 20km, ils sont à la queue leu leu, il faut se rendre à l'évidence il vont moins vite que nous, il faut tenter de dépasser sans se vautrer, sans se cramer, il y a des randonneur aussi


L'aller-retour au château sera épique, ça bouchonne grave, il a des touristes, des enfants, des descendeurs "de la muerte", le sentier est étroit, glissant, procédure habituelle dans ces cas là: rester calme, en profiter pour souffler, s'alimenter.

Donc je fais le contraire, double à qui mieux mieux, j'y laisse du jus... au passage du château, c'est la tempête de neige ... brrr, on ne s'attarde pas, en bas de la descente je croise mes compagnons d'avant Fougax, bon courage les gars!


Puis les circuits se séparent, tout redevient calme, moi aussi, mais je suis entamé


Montferrier km48, ravito sous tente, Nathalie et Lisa arrivent tout juste, génial, les petits bisous qui revigorent, je serais largement en avance sur l'horaire que je lui avait donné, bizarre, tant mieux !


C'est reparti, j'ai repris mon petit rythme de croisière, descente sur "Silence" toujours l'énorme bourbier, passage sous la route par une belle passerelle cette année, certains se seraient foutus à l'eau précédemment


La montée qui suit sera une des plus pénibles, à chaque pas le pied glisse, rester calme, chercher au mieux les meilleurs appuis


Roquefixade, cette année nous ne pratiquerons pas la jolie crête, dommage, mais bon "ça ira comme ça", la météo est plus clémente que l'an passé, je passe le château sous le soleil, mais le vent est fort, mes petites femmes pique-niquent bien à l'abris, Nathalie m'accompagne un moment. Ça se gâte, une grosse giboulée ( une de plus ) me glace, vite ...

 

Roquefort les cascades km62, c'est abrité du vent ici, giboulée, dernier ravito, coca et je repars en marchant en grignotant mon pain d'épices ... puis footing ... ça va le faire, reste 10 bornes


Passé les dernières vilaines bosses et la jolie mais technique crête . . . « Bonjour Philippe !! » je reconnais la voix de Joëlle qui en fini avec le 40km, bise à la volée, rendez-vous « au resto » puis j'aperçois la croix ... Yes ! ... une bonne descente Nutella et c'est l'arrivée, j'entends le speaker et la foule qui s'éclate de voir les coureurs se gameller dans le toboggan final ... c'est pire que l'an passé, quasi impossible de ne pas tomber, certains choisissent l'option "tout sur les fesses", d'autres se retiennent à la clôture, perso je vais faire des traversées-conversion et comme l'an passé je ferais une course zéro gamelle (merci les bâtons), non mais... ( certains sont repeints de la tête au pieds )


Excellente organisation qui a prévu des tuyaux d'arrosage pour laisser la boue là où on l'a pris et non dans l'auto et qui me permettra de me mouiller les pieds qui était restés secs, juré !
( chaussures Adidas riot version Goretex + mini-guêtres Raidlight = 100g. sup par pied, mais rien dedans, l'un dans l'autre ... par contre ces chaussures sont un peu raides, pas gênant dans la boue, mais ampoules à la clé…)

 

Retour à la case départ avec l’excellent et copieux repas d’après course, la bonne bière et les charmantes podologues qui vont s’occuper de mes petons . . . merci !

 

Un grand merci à tous les bénévoles, à l’organisation qui ont la gentillesse inverse à l’état des chemins !

 

Au final je fini 30ème, cette année nous étions plus nombreux à l’arrivée : 284 contre 177 l’an passé ( l’hécatombe ) et puis quel plateau cette année, les stars du trail débarquent aux Citadelles ! 7 Espagnols dans les 15 premiers, je gagne 1h12 sur l’an passé, mais le parcours faisait 2km et 3-400m déniv. de moins …

 

Conclusion, je viens (enfin) de trouver un rythme de course équilibré, qui devrait me permettre d’aller loin et 24h après, j’ai certes mal aux jambes mais aucune mauvaise douleur, à moins que des problèmes ne se révèlent dans les prochains jours, c’est feu vert pour le Caroux et ça c’est de loin l’essentiel !!!

 

4 commentaires

Commentaire de Francis31 posté le 06-04-2010 à 08:13:00

Bravo pour pour cette belle course bien gérée.

Commentaire de Kadoc-31 posté le 06-04-2010 à 13:50:00

Félicitation, bon 6666 !

Commentaire de Berty09 posté le 06-04-2010 à 19:47:00

Finalement, le secret c'est peut-être de ne pas partir trop vite...Encore bravo pour cette très belle course.

Commentaire de gdraid posté le 07-04-2010 à 09:50:00

Bravo Philippe pour cette belle perf en 9h23' dans le top 30, d'un trail embourbé redoutable, sur lequel il était déjà remarquable de terminer parmi les 284 Finishers, et pour certains courageux, dans la souffrance, en 14 heures ou plus ! ! !
JC

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.16 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !