Récit de la course : Trail des Citadelles - 71 km 2008, par Benoit_11

L'auteur : Benoit_11

La course : Trail des Citadelles - 71 km

Date : 23/3/2008

Lieu : Lavelanet (Ariège)

Affichage : 1961 vues

Distance : 71km

Objectif : Pas d'objectif

14 commentaires

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Le récit

Voila des mois que je rêve de cette épreuve. J’espérais y prendre part en 2007 mais mon genou droit en avait décidé autrement.

Cette année, aucun problème. J’ai pu me préparer de manière optimale, quasiment sans bobos ou contretemps.

 

Arrivé la veille, j’ai pu profiter du salon pour rêver à de nouvelles épreuves et retrouver quelques connaissances. Bien qu’inscrit à la pasta party, je n’y reste pas car je suis invité chez mon ami jpp5, ancien cycliste lui aussi, et devenu traileur. Merci Jean Philippe pour ton accueil.

 

Dimanche, réveil à 4 heures du matin car nous avons 45 minutes de route pour rejoindre Lavelanet. Une part de Gatosport Overstim’s parfum banane – pépites de chocolat (très bon et il passe bien) et c’est parti. Plus nous approchons, plus il pleut. Pas très rassurant mais le moral reste intact.

 

Le départ est retardé de 15 minutes. Pas grave, je suis très serein et même heureux d’avoir à affronter de la boue. Car la boue fait partie de l’histoire des Citadelles…

Michel (Mic31) donne le départ à 6 h 20 et c’est parti pour environ 70 km. Je décide de faire route avec Linda et Jérôme (Phyléa sur Kikourou). Nous partons sur un rythme très tranquille en alternant marche et course en fonction du profil. Dès les premiers kilomètres, la pluie se transforme en neige et ne nous abandonnera qu’à quelques courtes reprises. Au lever du jour, les décors sont féeriques, et c’est un régal pour les yeux. 

 

On attaque la montée sur les crêtes de Madoual. C’est assez raide, mais c’est surtout la boue qui complique la chose. Heureusement que j’ai pris les bâtons… Ceux qui n’en ont pas font du patinage… Un pas avant, un demi en arrière… A ce rythme, ils sont partis pour plus de 100 Km…

 

Vers le Col du Figuier, le parcours est vraiment intéressant (petits monotraces dans les bois, patites descentes…). Les sentiers sont très agréables et la neige rend le décor magique. Passé le col, nous attaquons une descente très boueuse, rendu plus technique par le passage d’engins agricoles. Avec Jérôme, on s’amuse comme des petits fous à dévaler la pente. Beaucoup de traileurs ont tendance à se mettre trop en arrière et perdent l’adhérence. Bien penchés en avant, nous pouvons prendre de la vitesse et dépasser pas mal de monde. Sur la fin de la descente, nous retrouvons Izard66 avec lequel nous discutons de la raclée infligée la veille au Stade Toulousain par le Stade Français.

 

Belesta. Déjà 17 km que l’on n’a pas vu passer. Le ravitaillement est parfait. Il y a de tout : soupe, boissons, saucisson, fromage, craquers, chocolat… Pour moi, c’est un verre de coca, un verre de soupe, une tranche de saucisson, un peu de fromage et un carré de chocolat. Je garderai ce « régime » tout au long de la course en complément des gels Energix et antioxydants de chez Overstim’s et de comprimés Sporténine.

 

Après Belesta, ça se complique avec la montée vers le Gelat. Toujours de la boue, mais grâce aux bâtons, on ne patine pas trop. Je prends un bon rythme et je commence à remonter des coureurs. Au bout de quelques minutes, je m’aperçois que mes compagnons ne sont plus la. J’attends quelques minutes, mais le froid me décide à repartir sans eux. J’apprendrai quelques kilomètres plus loin que Jérôme a fait une hypothermie. Je continu donc ma route seul et je poursuis ma remontée. C’est l’avantage de partir en dedans, et le fait de doubler motive énormément. On traverse la magnifique forêt royale de Belesta et j’en profite pour admirer la hauteur des arbres. Je ne connais pas leur age, mais cela doit ce compter en centaine d’années.

 

Après le Gélat, le parcours est à nouveau descendant et je m’en donne à cœur joie. Toujours avec ma technique, bien en avant, et avec l’appui des bâtons, c’est un régal. A la fin de la descente, on rejoint Fougax par une piste roulante qui permet d’adopter un bon petit rythme.

 

Au ravitaillement (toujours très bien pourvu en victuailles et en bénévoles chaleureux), je croise Sabine (Madame Mic31). On discute un peu et elle repart quelques minutes avant moi. Je la rattrape dans la montée du col des Balussous et on discute un bon moment. Le fait de discuter fait beaucoup de bien et je ne sens plus la fatigue des 40 premiers kilomètres. Après Serre Longue, j’accélère un peu et je poursuis ma remontée. Merci Sabine pour cette discussion très agréable.

 

J’atteins le Col du Tremblement sur un bon rythme et je profite d’une petite éclaircie pour admirer Montségur. Quel dommage de ne pas y monter, mais on ne rigole pas avec la sécurité. Au fil des kilomètres, les traileurs sont de plus en plus clairsemés. Jusqu’au Montferrier, dans la descente tranquille du sentier cathare, je ne croiserai personne à part un chien qui me suivra durant 4 kilomètres. Dès que je prends un peu d’avance, il sprint, me dépasse, et m’attends en inspectant les environs…

 

Montferrier, kilomètre 47. Petite pause au ravitaillement et c’est reparti. Izard66 « saute » le ravito et se retrouve quelques centaines de mètres devant moi. Je le garde en point de mire durant la montée suivante avant de le rattraper dans la descente. On discute un moment et on s’aperçoit que l’on est un peu seuls. Les balises sont toujours, donc pas de problèmes… Dans la vallée, la neige redouble d’intensité et le vent s’invite à la fête.

 

J’attaque sur un bon rythme de marche, la montée vers Roquefixade. Je continu à dépasser quelques coureurs et les jambes, bien qu’un peu fatiguées, répondent toujours bien. La vue sur la Citadelles de Roquefixade est magnifique. L’Ariège est vraiment une belle région.

 

J’attaque la descente sur Roquefort sur un bon rythme jusqu’à une zone particulièrement raide et boueuse. Je prends un peu trop de vitesse, et en voulant ralentir, je me mets en arrière. Erreur fatale et la gamelle est inévitable. Belle glissade sans bobos, mais j’ai le cuissard recouvert de boue… Je repars vers Roquefort ou Michel nous a réservé une pépite, les cascades de Roquefort. Je prends quelques secondes pour les admirer avant de rejoindre de ravito.

 

Alors que j’arrive au ravitaillement, je vois Izard66, que je l’ai dépassé il y a quelques kilomètres et qu’il ne m’a pas redoublé. « Tu t’es caché ?» me demande t’il. Ben non, et je suis sur d’avoir suivi le balisage… Lui aussi… Apparemment il y a eu un petit couac et certains ont pris l’itinéraire initial, un peu plus court, mais modifié en raison de la météo. Pas grave. On est pas la pour la place…

 

Petite pause et je repars pour les dix derniers kilomètres. Jusqu’au Péreille, le parcours est un peu monotone mais je me retrouve avec 3 coureurs et on discute bien. On ne se quittera plus jusqu’à l’arrivée. La dernière montée est vraiment balaise et nous sommes heureux lorsque nous atteignons le sommet ou un bénévole a fait un grand feu pour se réchauffer. Il nous encourage et nous faisons de même, car cela ne doit pas être marrant de passer des heures immobile dans le froid en regardant passer des fêlés…

 

Le chemin sur la crête du Cap de la Coume est assez technique et nous le prenons très cool. Je pense qu’il était possible de trottiner, mais je reste avec mes trois sympathiques compagnons et nous évoluons tranquillement.

 

Nous arrivons enfin à la dernière descente, bien raide et bien boueuse. Je descends prudemment d’autant plus qu’il y a plein de monde en bas et que je ne voudrais pas me vautrer comme quelques kilomètres plus tôt Encore quelques mètres et je franchis la ligne en 11 h 10 tout rond, 84e sur quelques 255 partants.

 

Au final, ce fut une très belle journée, malgré la météo, et je suis très satisfait de mes sensations. Je fini avec les jambes un peu lourdes, mais pas complètement cuit… et sans véritables coups de barre.

 

Pour finir, un grand merci à Michel pour avoir permis à cette épreuve de ne pas s’éteindre, à tous les bénévoles pour leurs encouragements et leur bonne humeur, et à ma famille qui m’a soutenu tout au long du parcours.

 

Vidéo : http://fr.youtube.com/watch?v=EX1xr7PbHkc

 

 

14 commentaires

Commentaire de jpp5 posté le 27-03-2008 à 23:43:00

encore bravo benoit pour ces 70 bornes dans de t'elle conditions.

Et n'oubli pas si tu reviens dans le coin tu es le bien venu chez moi.

Commentaire de philtraverses posté le 28-03-2008 à 07:26:00

bravo pour ton récit et tes belles images qui m'ont permis de revivre les bons moments de cette course ou j'ai regretté au moins 71 fois, une fois par kilometre, de n'avoir pas pris les bâtons. Peut être un jour nous verrons nous, puisqu'étant sur narbonne, notamment dans la clape. Idem pour phylea

Commentaire de jymm posté le 28-03-2008 à 08:05:00

bravo pour la vidéo qui m'a replongé dans l'ambiance de cette magnifique journée ...et bravo pour ta course !!!

Commentaire de Francis31 posté le 28-03-2008 à 08:17:00

Bravo pour ta course gérée d'une main de maitre et merci pour la vidéo qui nous rappelle toute la dureté de ce trail 2008
Francis

Commentaire de fabzh posté le 28-03-2008 à 10:03:00

Bravo Benoit

Beau récit et vidéo très sympa.Bonne récup.

"je ne croiserai personne à part un chien qui me suivra durant 4 kilomètres." cool, on a retrouvé le chien trailer de l'utmb qui accompagnait Agnès.

Commentaire de seapen posté le 28-03-2008 à 11:50:00

Génial ton récit et la vidéo, le top. une belle balade que tu m'offres là. Je n'ose à peine m'imaginer sur ce parcours d'enfer (d'enfer et d'enfer). Salutations sportives.

Commentaire de sabtls posté le 28-03-2008 à 12:26:00

Mille mercis Benoit pour ce récit qui nous fait revivre ces beaux et durs moments.
Encore merci pour ces instants de course que nous avons partagés; merci encore pour le test batons ... d' ailleurs depuis j' ai acheté ce qu'il faut en vue de l' ultra trans aubrac - comme tu peus le voir ce tyran de Michel ne m' épargne pas -
Grosses bises donc et à trés bientot .
Sabine

Commentaire de moumie posté le 28-03-2008 à 12:47:00

salut Benoît,

Un grand bravo pour ce trail magnifique.
Merci à ton papa de nous avoir permis de voir les conditions climatiques très difficiles

Il faudra que l'on mette au point le relai de la bière pour chtingricheux,

Moumie

Commentaire de EnTongues posté le 28-03-2008 à 13:02:00

Bravo Benoit,
Super Vidéo qui retranscrit bien cette belle aventure.

Commentaire de Marlène/Mô posté le 28-03-2008 à 15:11:00

Belle vidéo, Benoït, merci à ton papa et bravo à toi. Le froid n'a pas eu de prise sur toi.

Commentaire de cat2513 posté le 28-03-2008 à 15:53:00

En lisant ton récit et les bonnes sensations qui s'en échappent, on pourrait croire que le ciel était bleu et que le soleil brillait. bravo pour ce trail magnifique que tu as mené admirablement.
amicalement

Commentaire de Phylea posté le 28-03-2008 à 19:05:00

Trés sympas ton recit je parle méme pas de la vidéo ( au top ).
Bref vivement la prochaine.
Un seul regret pour moi, c'est de ne pas t'avoir accompagné plus longtemp.
A+

Commentaire de DJ Gombert posté le 29-03-2008 à 20:26:00

Que dire ... tout simplement magique.
La vidéo et la bande son m'ont fait voyagé dans une autre dimension, celle où l'on se mesure aux éléments, si ce n'est à l'Histoire, mais surtout à soi même.

Je me suis déjà repassé plusieures fois la vidéo, en me disant qu'un jour moi aussi j'affronterai les chateaux cathares.

Bravo pour ta course, et encore merci pour la vidéo.

Commentaire de ki3404 posté le 01-04-2008 à 15:11:00

La vidéo est géniale !
bravo pour ta course et merci pour ton CR
Sébastien

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