Récit de la course : Lyon Urban Trail - 36 km 2017, par Khioube

L'auteur : Khioube

La course : Lyon Urban Trail - 36 km

Date : 2/4/2017

Lieu : Lyon 01 (Rhône)

Affichage : 530 vues

Distance : 36km

Objectif : Pas d'objectif

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Bon, ben j'ai gravement LUTté...

M’offrant un répit salutaire entre deux paquets de copies (j’espère faire moins de fautes que mes chers étudiants), je profite d’un trajet de train pour faire le récit des deux courses qui, comme depuis cinq années maintenant, marquent le passage tant attendu de l’hiver au printemps : le trail des Cabornis et le Lyon Urban Trail. Il sera long, ennuyeux, mais j’aime me rappeler les émotions qu’une course m’a inspirées avant de remettre le couvert…

Comme les saisons précédentes, je n’ai pas eu le temps de me préparer convenablement – toujours ce maudit calendrier universitaire qui me noie sous le travail en février et mars avant de me laisser presque désœuvré (j’ai bien dit presque) pendant les semaines qui suivent. Il faut donc d’emblée renoncer à exploser le chronomètre et plutôt envisager ces deux rendez-vous incontournables des traileurs lyonnais comme des étapes sur la route qui me mènera à la Maxi-Race fin mai.

Je comptais initialement me frotter au grand format des Cabornis, convaincu après la Saintélyon d’avoir les jambes pour tenir la distance, mais j’ai changé d’avis quelques jours avant la course pour des raisons logistiques plutôt que sportives. Ayant dépassé de quelques poignées de secondes la barre mythique (au moins) des 2h30 en 2016, je m’étais fixé pour objectif de franchir ce modeste cap en 2017, et avait même acquis la conviction que je pouvais mettre moins de 2h15, au regard de la météo clémente, du parcours très roulant et des bonnes séances du jeudi soir concoctées par nos coaches Diego et Elsa. Finalement la course s’était passée à merveille, j’avais constaté avec bonheur que j’étais capable de tenir 23km sans trop avoir à marcher (soyons honnêtes, les montées n’étaient pas particulièrement raides, à quelques rares exceptions près) et j’avais franchi la ligne d’arrivée au bout de 1h58, tout heureux de ma prestation (et de ma modeste 85e place).

Début avril, j’aborde le LUT avec la même ambition de battre mon temps de l’année précédente, objectif d’autant plus légitime que le parcours semble avoir très peu changé. En termes de préparation, je ne suis pas plus avancé qu’en 2016, j’espère donc que les progrès à long terme suffiront. Il est d’ailleurs sage de ne pas compter sur la forme du moment, car le manque de sommeil (mademoiselle fait ses dents) vient s’ajouter au manque de kilomètres. La vie de jeune papa sportif, rien d’original mais je débute en la matière…

Pour mettre moins de 3h30, ce ne sont pas moins de 7 minutes qu’il faudra que je gagne par rapport à l’an dernier ; autant dire qu’il faudra être solide dans la deuxième partie de la course, d’autant plus que j’étais parti particulièrement vite. Le problème, c’est que je constate la veille du départ que je ressens une douleur assez vive dans le bas du dos à chaque choc. Or, le LUT et ses 6000 marches d’escaliers est légitimement réputé pour être une course traumatisante et je pressens que je l’overdose de bitume me guette.

En parcourant les quelques kilomètres qui séparent la maison de la place des Terreaux, je dois admettre que la crème chauffante et le réveil musculaire ne produisent pas l’effet escompté, la douleur est toujours aussi présente. Dire que je ne suis pas extrêmement motivé ce matin relève de l’euphémisme, d’autant plus que je me présente seul sur la ligne de départ (même si j’ai eu le plaisir de croiser quelques visages familiers), que je suis fatigué et qu’il fait désespérément moche. Et, pour couronner le tout, je me retrouve dans la deuxième vague et en tire la conclusion stupide que je ne pourrai pas battre mon record dans ces conditions.

Le compte à rebours est lancé, je range mon coupe-vent et m’élance vers la montée de la grande côte en tâchant de vite gagner la tête de la vague pour éviter autant que possible les bouchons dans la montée Nicolas de Lange. Cette première difficulté passe plutôt bien, je constate que je n’y perds pas de place (effet deuxième vague ou progrès, je ne le saurai jamais) et n’ai pas trop de peine à relancer la machine une fois arrivé à la tour métallique. Les premiers kilomètres n’offrent aucune nouveauté par rapport à 2016, j’essaie donc de ne pas trop regarder le chronomètre et de ne pas faire de plans sur la comète. Comme à mon habitude, je privilégie la marche dans les escaliers de Sainte-Foy et je tâche de ne pas trop traîner sur les portions plates – d’autant plus que les descentes roulantes sont douloureuses. J’arrive à l’esplanade Lichfield sur les mêmes bases chronométriques qu’en 2016 et, toujours comme en 2016, j’ai le plaisir d’y retrouver ce bon vieil Alan. La grosse différence par rapport à l’édition précédente, c’est que j’en ai déjà un peu marre (je remercie d’ailleurs Alan de m’avoir permis de pester un peu, cela fait toujours du bien !). Quelques mots échangés avec un coureur avignonnais venu découvrir Lyon (pas de bol) permettent de faire passer le temps. À Saint-Just, je rattrape une coureuse dont la foulée très dynamique me frappe et avec qui je ferai le yoyo pendant tout le reste de la course – une certaine Anaëlle, apparemment. De retour à la tour métallique, j’aperçois Laurent, qui n’est jamais le dernier lorsqu’il faut encourager les camarades. Je comprends grâce à lui que je suis précédé de Tidgi, que je n’ai pas encore eu le plaisir de croiser en chair et en os. Je crois me souvenir que je l’ai doublé dans la descente de la Sarra, que nous avons monté la piste ensemble et qu’il a disparu de mon radar lorsque je me suis arrêté (pourtant brièvement) au ravitaillement.

Comme l’an dernier, c’est lorsque le parcours me ramène sur les quais de Saône que je commence à être vraiment dans le dur. Un coup d’œil sur la montre, 2h01 : voilà donc le temps que j’ai dans les jambes à l’heure actuelle, guère plus – en tout cas, pas à ce rythme. Vient alors le temps de la morosité et de l’envie d’abandonner. Je renonce d’emblée à l’objectif chronométrique et me rend compte que j’ai presque plus honte de faire un mauvais temps que de jeter l’éponge. Si je m’accroche, c’est en partie parce que je suis à Caluire et que dans tous les cas il faudrait bien que je rentre à la maison à pied, sous la pluie. Autant finir dignement, dans ce cas ! Les montées sont pénibles, mais au moins j’avance aussi vite que les autres. Redescendre sur les quais, en revanche, est bien plus frustrant car je ne peux pas courir aussi vite que j’aimerais le faire et le terrain quelque peu glissant n’arrange vraiment pas les choses. Or, s’il est une chose qui m’insupporte, c’est me faire doubler en descente ! Je m’accroche à de petites choses : quelques mots échangés au sujet de la Maxi-Race, les encouragements de ma camarade d’entraînement Francine, la douceur d’une compote… tous les moyens sont bons !

Lorsque je consulte à nouveau ma montre, je constate que cela fait 2h45 que je cours. Moi qui ai l’art de regarder le chronomètre toutes les cinq minutes, a fortiori quand j’en ai marre, je suis assez surpris de voir que j’ai tenu trois quarts d’heure. Allez, ça commence quand-même doucement à sentir l’écurie ! Arrivé au Capot, à Caluire, j’ai une pensée pour mon relais de choc à la Saintélyon 2015 (les Capots ouverts). J’ai surtout une pensée pour moi, parce que je sais que le parcours nous offre un répit de quelques hectomètres (si toutefois on considère, comme moi, les portions plates comme un répit, ce qui se discute). J’avance encore convenablement, je ne me sens pas si mal que ça. Waouh, quel enthousiasme, on dirait Droopy…

Arrivé au ravitaillement, je prends le temps de boire un grand verre d’eau (difficile de s’hydrater convenablement par un temps aussi… hydraté) et de manger quelques Tucs avant de partir à l’assaut de la dernière portion. Plus que jamais, je maudis la Sœur Vially, que je n’ai jamais descendue aussi lentement, même si ce n’est pas catastrophique non plus. Une bonne relance sur les quais, on remonte, on s’apprête à traverser la montée de la boucle… et voilà que je me fais doubler par Anaëlle, la féminine que j’avais laissée derrière moi du côté des Génovéfains – soit il y a une petite éternité. Petite claque au moral ! Je constate d’ailleurs qu’elle grimpe plus vite que moi Joséphin Soulary, mais je recolle en haut. Allez, coureuse inconnue, tu seras mon lièvre ! Quelques minutes plus tard, un bénévole lui apprend que la féminine qui la précède est à 2mn30, ce à quoi elle répond en riant « ok, ben je m’en fous », ce qui entraîne quelques encouragements taquins autour d’elle. « Allez, y a plus qu’à ! », lui dis-je. Elle me rétorque « y a plus qu’à ne pas finir à dix minutes d’elle, surtout ! ». Et pour cause, elle commence à peiner – je m’en vite compte quand, arrivé au gros caillou, elle a une bonne cinquantaine de mètres de retard sur moi. Égoïstement, je m’en réjouirais presque, constatant que la fin du parcours n’est pas nécessairement synonyme de dégringolade au classement. Lorsque j’atteins enfin le plateau, je comprends que ce n’était pas une blague, on descend vraiment dans le parking souterrain du gros caillou. Comme tout le monde, je me demande bien pourquoi (WTF?!). Ce n’est pas agréable, il fait lourd et sombre, cela me rappelle le maudit tunnel sous la Croix-Rousse, mais ce n’est l’affaire que de deux minutes au plus. À partir de là, il faut lâcher les chevaux, surtout que je commence à comprendre que le temps de 2016 reste battable, contre toute attente. Je connais suffisamment bien la fin du parcours pour savoir que je peux envoyer, je double beaucoup, j’ai un petit coup de fouet supplémentaire avec les encouragements de ma douce et tendre. Et puis je m’aperçois qu’on ne rentre pas dans l’hôtel de ville, surprise ! Bon, cela ne change à peu près rien, mais j’ai un instant de doute – je suis un peu à fond et je n’avais pas tellement prévu de le rester plus de dix secondes encore. Heureusement l’arche apparaît dès que j’entre place des Terreaux et je peux arrêter le chronomètre après 3h36 et 57 secondes. Quel soulagement ! J’en ai presque la gorge serrée, cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti cela lors d’une course. Il faut dire qu’il a fallu aller la chercher, cette médaille !

Allez, une bonne petite récupération, un bon goûter l’après-midi (j’ai mangé comme quatre), encore quelques paquets de copies et il sera temps de se consacrer pleinement à la préparation de la Maxi-Race…

 

Quelques observations en vrac :

- Je pense avoir un peu progressé depuis 2016, notamment sur les dernières côtes que j’avais vraiment subies et qui sont passées assez facilement. Par contre, je marche toujours dans les portions où je marchais l’an dernier. Il y a du boulot.

- Je pense que le mal de dos vient d’un excès de féculents dans les jours qui précèdent la course et qui sème la zizanie dans mon système digestif. Je pense que je ne devrais rien changer et bien m’alimenter le matin puis pendant la course.

- Bordel, j’ai eu chaud alors que je n’avais qu’un tee-shirt à manches longues, retroussées pendant tout le parcours ? Tout le monde ou presque était emmitouflé, je suis surpris. Est-ce pour cela que je me sens si bien à la Saintélyon ? La prochaine fois, je pars en débardeur, si c’est ça !

- Il n’est pas facile de boire beaucoup quand il ne fait ni chaud ni beau, j’ai dû avaler moins de 60cl pendant 3h30. Pas génial… même si je n’ai pas eu de crampes ou quoi que ce soit. Il faudra être plus rigoureux à Annecy !

- Le mental est mon point faible, un petit diable est encore venu me susurrer des mots indécents à l’oreille mais j’ai réussi à ne pas l’écouter. À nouveau, ce sera beaucoup plus difficile quand l’effort sera au moins quatre fois plus long mais il faudra bien l’ignorer autant que possible !

14 commentaires

Commentaire de Trixou posté le 06-04-2017 à 14:23:39

Bravo Guillaume ! Ce chrono sans entrainement c'est fort !

Commentaire de Khioube posté le 06-04-2017 à 17:06:01

Merci, Gilles ! On s'est raté le jour de la course, j'avais pourtant bien vu que tu y serais... Bon, j'ai quand-même réussi à garder une ou deux sorties par semaine, ce n'est pas non plus le désert ! J'espère que tout s'est bien passé de ton côté !

Commentaire de robin posté le 06-04-2017 à 15:11:01

En effet on ne devait pas être si loin l'un de l'autre durant cette course ! bonne prépa pour la Maxi Race .

Commentaire de Khioube posté le 06-04-2017 à 17:06:30

Merci, c'est gentil !

Commentaire de Arclusaz posté le 06-04-2017 à 20:51:20

ouais,faut le trouver ce diable et lui faire la peau.
Si je puis me permettre un conseil (un eleçon à un prof !), pendant les courses, ne pense pas performance/chronomètre, pense simplement à ta chance d'être là et de pouvoir faire des conneries pareilles : tellement de gens aimeraient être à ta place ! tu n'as rien à prouver à personne même pas à toi.
Courir c'est du plaisir et pis c'est tout : on fait un beau sport !

Commentaire de Khioube posté le 06-04-2017 à 22:48:38

Merci pour le conseil, cher maître ! Tu as 100% raison. C'est d'autant plus idiot de penser au chrono quand on sait qu'on n'est pas au top de sa préparation... Profiter, c'est exactement ce que j'avais fait pendant la Saintélyon, du reste, et c'est pour cela que j'en garde un si bon souvenir !

Commentaire de Jean-Phi posté le 07-04-2017 à 08:45:38

Joli chrono pour quelqu'un de pas entraîné, qui a mal au dos et qui a eu des envies d'abandon. Dis-toi que j'ai mis quasiment le double de toi (ok j'ai une excuse !).
Les idées noire proviennent aussi parfois d'un début d'hypo. A la lecture de ce que tu as avalé, il y a une piste à creuser de ce côté là pour ton mental un peu friable (et je m'y connais en mental friable !)
Bonne prépa pour la maxirace !

Commentaire de Khioube posté le 07-04-2017 à 15:46:03

Merci, Jean-Phi ! Il y a effectivement une piste à creuser, je pense que je n'ai toujours pas trouvé la bonne recette sur le plan de l'alimentation et de l'hydratation. Les sorties longues des semaines à venir serviront à faire le point ! Et puis je suis soulagé de voir que je ne suis pas le seul à ne pas être un enragé au mental d'acier !

Commentaire de Mamanpat posté le 07-04-2017 à 09:03:11

Si je te file un peu de mental, si tu me donnes un peu de tes jambes ???
Bonne prépa !

Commentaire de Khioube posté le 07-04-2017 à 15:47:37

Oh, ce serait gagnant-gagnant ! Avec plaisir. J'espère quand-même qu'on pourra se croiser un midi avec les amis de la GHT ! Bon, le souci c'est que vous avez l'air de courir les mercredis et les vendredis, soit les jours où je ne peux pas me joindre à vous. Mais bon, on trouvera bien un créneau à l'occasion !

Commentaire de Arclusaz posté le 07-04-2017 à 17:35:59

mais non, on court tous les jours !!!!! bon, ce ne sont pas toujours les mêmes participants mais c'est bien rare si il n'y a personne (strava le prouve !). Quand tu as un créneau, dis le et on se donne RDV.

Commentaire de Khioube posté le 07-04-2017 à 18:02:34

Ok, c'est noté ! Dans ce cas, je vous dirai quand je suis libre, c'est toujours plus sympa ! Merci !

Commentaire de tidgi posté le 07-04-2017 à 10:45:36

C'était donc toi dans les escaliers ? J'étais plus concentré sur "ne pas se casser la g..." que taper la discute ;-)
Mais on aura l'occasion de se revoir en os et en chair :)

Commentaire de Khioube posté le 07-04-2017 à 16:10:11

Ce sera avec plaisir ! Étant d'un naturel discret, je n'ai pas voulu te déranger dans ta course, mais je suis certain que les occasions ne manqueront pas de se revoir et de faire un bout de chemin ensemble !

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