Récit de la course : Eco Trail de Paris Ile de France 2009, par poulo

L'auteur : poulo

La course : Eco Trail de Paris Ile de France

Date : 14/3/2009

Lieu : St Quentin En Yvelines (Yvelines)

Affichage : 1661 vues

Distance : 80km

Matos : Sac à dos Quechua Diosaz 10, Forerunner 405, manchon Booster

Objectif : Terminer

2 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

213 autres récits :

Eco Trail de Paris Ile de France 2009

Récit un peu tardif mais mieux vaut tard que jamais....

Après avoir un peu hésiter au vue de la distance kilométrique à effectuer et la charge d'entraînement à consacrer au détriment du vélo. Les récits de l'édition 2008 lu sur le Net me donne une formidable envie de devenir moi aussi finisher en arrivant au 1er étage de la Tour Eiffel où je ne suis par ailleurs jamais montée.
Je m'inscrit donc le 05 Novembre 2008, le quota des 1000 participants étant rempli fin Novembre !!
C'est le début de l'aventure...
Après une coupure forcée d'un mois (TFL genou droit survenue a la suite de la course des 4 Châteaux de St Rémy les Chevreuse) avec 1 séance de mésothérapie le 16 Décembre. Je reprends tout doucement le 26 Décembre 2008 par 30 min de footing, histoire de voir si ma gentille TFL est toujours là!! Ca passe ou ça casse, et ça passe, je peux donc commencer tout doucement le planning que je me suis fixer, à savoir: 2x 30min la semaine et 45min/1h le samedi, le dimanche étant consacré à ma sortie de vélo (min 3h30).
10 Janvier 2009, Reblessure,grrrr, cette fois c'est mon genou gauche qui souffre du syndrome TFL. Après une sortie euphorique (11 de moyenne sur 1h15 de course) sur des chemin enneigé mais sur sol gelé, mon corps m'a rappelé à l'ordre, mon médecin me dit arrête la CaP et continue le vélo!!. Grosse interrogation quant à la suite des événements, la préparation voir la participation à l'Ecotrail risque d'être compromise... Je décide quand même de continuer et de m'octroyer 10 jours de coupure totale. La reprise est cette fois plus raisonnable, les entraînement seront vraiment basés sur le rythme prévu pour l'Ecotrail (10km/h de moyenne), le but étant de ne plus se blesser et surtout de ne pas compromettre non plus ma saison de vélo. Les semaines s'égrènent et mes temps de course à pied ne dépassent pas 1h, l'appréhension psychologique de la blessure est toujours présente.
Le mercredi 18 Février, je me décide à faire une sortie test avec mes 2 collègues Bruno et Jean Pierre inscrits eux aussi à l'Ecotrail. (Plaisir-Les Béviaires / 24km / 2h20 de course) Les 2-3 derniers km ont été un peu dure mais le rythme assez soutenu, grosse satisfaction par contre, pas de douleurs aux genoux!! Je vais pouvoir donc attaquer sereinement la dernière moitié de préparation.
A part les périostites récurrente, les 4 dernières semaines se dérouleront de cette manière: 1 fois 1heure + 1fois 30min/45min la semaine, 2h à 2h30 le samedi et 4h mini de vélo le dimanche. 3x1h la semaine à 15 jours de l'objectif et puis plus rien le dernière semaine, histoire de me refaire les jambes à neuf et aussi me redonner l'envie! Un sentiment de lassitude s'étant installer depuis quelques jours. Il est temps que le jour J arrive...
Vendredi 13 Mars: Retrait des dossards sous la Tour Eiffel dans un chapiteaux monté pour l'occasion, après le contrôle de l'équipement, on reçoit un joli sac à dos du partenaire Mizuno.
De retour, à la maison la pression monte, préparation du sac et des affaires à prendre en plus de celles obligatoire (2 lampes dont 1 frontale + pile de rechange, genouillère pour éviter de mettre un corsaire, bonnet, gant, coupe vent, pansements, couverture de survie, abricots secs, dosettes Fenioux, Tuc bacon, strap, téléphone, IPod, poche de 2L avec Malto Fenioux) au final, pas loin de 3kg...et l'impression d'oublier des choses.
Samedi 14 Mars: c'est le jour J, temps sec avec 10/12°C d'annoncé, peut être un peu de soleil, le temps idéal!!
Dernier préparatif, maillot, cuissard, manchette, manchon Booster et forerunner 405, massage au Musclor tonifiant + pommade anti-frottement sur les pieds et scotchs aux tétons, je suis fin prêt à m'affronter!!
11h35: Virginie et les filles me dépose à la base de loisir, le parking est plein, des trailers dans tous les coins, ça s'agitent, une certaine euphorie plane...
Dans quelques heures, les visages seront sûrement différent. Je me dirige avec mon sac de change vers le départ et la tente prévue pour le ramassage de tout les sacs. Le mien est balancée en vrac sur le haut de la pile, je ne suis pas sûr de retrouver mes affaires à l'arrivée...On verra qu'au final l'organisation a été irréprochable, de mon point de vue en tout cas.
Une présentation du plateau est faite par le speaker, apparemment du beau monde à répondu présent pour cette 2éme édition, ça stimule!
On se place dans le sas de départ, dernier briefing de l'organisateur, je suis trop loin pour entendre, les chevaux s'élancent, c'est partis pour quelques heures de promenade...
Il faut sortir de l'aire de départ sans se mettre une cheville en vrac car c'est un vrai champs de patate! puis on récupère rapidement le sentier qui borde l'étang de St Quentin en Yvelines pour en faire le tour, un petit groupe s'est déjà détaché, et une ribambelle de trailers se répartissent déjà en un cordon de plusieurs centaines de mètres, c'est chouette!!
A la sortie de la base de loisir, on traverse Montigny le Bretonneux en enjambant au passage la voie ferrée via un pont piétonnier, les derniers 50 mètres sont rentrer en résonance sous le passage des coureurs, on a l'impression qu'on va se faire catapulter, limite flippant!!
Après un peu de bitume, on retrouve rapidement les chemins en descendant sur les étangs de la minière, le peloton s'effiloche de plus en plus, l'ambiance est bonne. Je croise un collègue, Nicolas qui remonte à contre sens, il prépare le marathon de Paris. D'après lui, une zone assez boueuse est en approche. Quelques petites montées et descentes plus loin, ces sentiers boueux sont moins pire que ce que je craignait, ceux ci pouvant être contournés.
Je suis déjà en vue du 21éme km et son 1er ravitaillement à Buc. Je n'ai pas vu passer cette première partie, une petite alerte d'ampoule a malgré tout fait son apparition au pied gauche, au bout d'un orteil. Je modifie mon appuie au sol pour éviter de "griffer" le sol dans les montées et limiter cette échauffement un peu prématuré à mon goût. Je m'efforce de garder l'appui de mon pied bien à plat lors des grimpettes, ce qui permet de plus de ne pas trop tirer sur les mollets. La route est encore longue, il vaut mieux prévenir!!
21éme Km: 1h57', 296éme
Je retrouve nos suiveurs, Régine, Patrick et Bertrand, je me désaltère un coup, mange 2/3 morceaux de chocolat, une madeleine.
Je ne fais pas l'appoint de mon camelback, je pense avoir suffisamment d'eau pour aller jusqu'au prochain ravitaillement. Je ne m'attarde donc pas trop et repars pour ce qui représente à mes yeux la portion la plus dangereuse!! Pendant 30km nous serons en autonomie, donc pas de droit à l'erreur possible concernant la gestion de l'alimentation qui sera primordiale pour arriver au bout. De plus, ce 21éme km sonne la fin de la partie de circuit que je connaissais donc maintenant, place à l'aventure!!!
Et ça commence bien avec un gros taquet pour remonter sur le haut du bois de Versailles, une alternance de single et de chemin forestier nous amène dans le bois de Vélizy après avoir traversé Versailles au niveau du Pont Colbert. C'est d'ailleurs à ce moment que je dépasse les 28kms de courses représentant mon maximum effectué durant les 8 dernières semaines.
Quelque part dans le bois de Meudon, alors que je suivais la file de coureurs remontant un long faux plat, j'entends siffler dans mon dos, je me retourne et aperçoit un trailer nous faisant signe. On s'est trompé!!! Les boules je viens de courir au moins 500mètres pour rien...Ni une ni deux, je reviens sur mes pas et m'aperçoit que jusqu'a cet instant je ne faisais que suivre les différents coureurs me précédent. Grave erreur!! Toujours chercher les balises, ça m'apprendra. Il ne me reste plus qu'a redoubler des grappes de coureurs, qui plus est, sur un single étroit...restons zen!! Je retrouve plusieurs fois Régine, Bertrand et Patrick sur le circuit, ce qui redonne toujours un peu de boost pour continuer, ils m'informent par la même occasion de la progression de mes compères Didier, Bruno et Jean Pierre, apparemment quelques signes de fatigue se font ressentir de leur côté.
Passage du 42éme km en 4h20, j'appelle Virginie pour lui donner mon état d'avancement et ma prévision d'arrivée sur Paris, elle doit venir me retrouver au 1er étage.
50éme Km: 5h09', 107éme
Le ravitaillement du 50éme niché sur une petite butte arrive à point nommé, les réserves commençaient à s'épuiser aussi bien en liquide qu'en solide.
D'un point de vue musculaire, ça commence à bien tirer aussi !!! Un Gentil Organisateur se propose de remplir mon camelback pendant que je m'alimente, c'est très appréciable à un moment où la lucidité n'est plus forcément de mise.
Je profite d'une chaise pour prendre "le temps" de boire une soupe, qui au passage à un peu le goût de cramé, pas grave ça revigore un peu, mais aussi de manger, surtout du salé, jambon de pays, saucisson, fromage pour ne pas saturer l'organisme en sucre....
Les coureurs arrive plus disséminés maintenant, beaucoup grimace et s'étirent dans tous les sens. Moi je suis bien, assis!! J'essai toutefois de ne pas trop m'attarder pour garder l'influx. Le fait de me relever me demande déjà un bel effort, et la remise en route est un peu branlante. Il me faudra bien 500 mètres pour retrouver une foulée convenable.
Petit passage urbain avec la traversée de Chaville, puis foret domaniale de Fausses Repose avant d'arriver sur les haras de Jardy.
63éme Km: 6h28', 82éme
La zone de ravitaillement est rejointe après avoir fait le tour du haras.
Je retrouve Bertrand avec qui j'échange un peu, ça fait du bien de parler un peu lorsqu'on est seul depuis un petit moment. Il m'aide à me ravitailler, essentiellement en sucré, pas de remplissage liquide, je décide aussi d'enfiler mon coupe vent avant de repartir car ça commence à se rafraîchir sérieusement.
Après avoir donné rendez vous à Bertrand à l'arrivée, je repars sur une bonne allure. Une certaine euphorie physique me permet d'accélérer, je ne sens plus mes jambes, c'est la fête. Je longe la propriété de Johnny assez conséquente de l'extérieur, vu du GPS c'est carrément un domaine...Puis c'est déjà le passage dans le Parc de Saint Cloud, je suis transcendé par la vue de deux coureurs en ligne de mire facilité par quelques ligne droite. Je les rattrape, les double et nous voici déjà au dernier ravitaillement.
Ces ravitaillements rapprochés sur la fin de parcours contribue à garder une bonne motivation.
70éme Km: 7h07', 74éme
Ce ravitaillement se situe sur l'esplanade du Parc de Saint Cloud dominant tout Paris, c'est magnifique, surtout que la nuit tombe et que Paris s'éclaire. Il est temps aussi d'enfiler ma frontale car on ne voit plus grand chose. Ce n'est pas le moment de se mettre une cheville en vrac. Je ne m'attarde pas trop car je me sens bien et prêt à en finir le plus rapidement possible. Je reprends donc la direction de Paris, qui s'effectue d'emblée par une descente en lacée, comme un col de montagne. Je m'aperçoit en bas que les 2 coureurs qui me suivent ont du faire une coupe franche, vu la vitesse qu'ils sont revenus dans mes pattes...Après quelques zigzag sur les trottoirs, les passages piétons, passage d'un pont en cherchant le balisage dans cette jungle urbaine subite, on se retrouve sur les quais. On longe les péniches, en faisant attention de ne pas se faire décapiter par des cordes traversant le sentier. Arrivée au pont d'Issy les moulineaux, on fait une incartade par l'Ile St Germain et là c'est le bonheur, on court sur un petit sentier recouvert de ce qui ressemble à de l'écorce de pin et qui fournit un super amorti.
Cela fait du bien car l'impact au sol commence à devenir douloureux.
La sortie de l'Ile St Germain marque le début de l'interminable finish sur les quais ou la Tour Eiffel semble ne jamais se rapprocher, je passe devant des péniches où des gens super sapé viennent passer la soirée, ils me regardent passer, y'a comme un petit décalage!!
Passage sur le quai André Citroën, et enfin j'aperçois les escaliers remontant "a la surface". Là c'est super tripant, on se retrouve d'un coup dans la foule, les gens nous encourage, on a l'impression d'être une star, on traverse le chapiteau par une estrade ou notre nom est donné par le speaker avant d'atteindre le pilier où des vigils me demandent d'ouvrir mon sac?? Un contrôle d'équipement inopiné? Non c'est juste le plan vigipirate!! Ouf car moi je suis pressé d'en finir, je récupère le ticket permettant d'accéder au 1er étage et c'est parti pour la dernière ligne droite ou plutôt dernière montée...La plus redoutée au départ car on passe d'une foulée à plat à une foulée verticale, je crains un peu les crampes mais finalement après avoir commencer à monter les marches 2 par 2, je finis en m'aidant de la balustrade. La succession des paliers est un peu pénible mais se fait relativement bien. Dernière série, j'aperçois mon beau père pour la photo finish, et c'est la délivrance, je franchis la ligne en 8h11' à la 75éme place.
Toute la pression retombe d'un coup, je suis déchiré, je ne peux plus me plier.
S'ensuit une longue, très longue attente au niveau de l'ascenseur, au milieu des touristes qui nous regarde comme des extra terrestre!!
Je rejoins le parvis au bout d'un bon 1/4 d'heure, 20 minutes afin d'aller me restaurer sous le chapiteau. Le buffet proposé est très correct, à condition d'avoir faim, ce qui n'est pas mon cas! Dommage les pâtisseries étaient séduisante...
C'est aussi un vrai chemin de croix pour aller jusqu'au gymnase qui n'est pourtant qu'a 300 mètres mais chaque pas est maintenant un vrai supplice!! J'ai les cuisses détruites!
Douche, massages...la journée s'achève sur de super souvenir, et une belle expérience.
Pour info, mon Forerunner 405 donné pour 6h d'autonomie max à tenue la totalité de l'épreuve !! avec un réglage à 15% de contraste et sans utiliser les différents écrans de visualisation.

Bilan global: Super ambiance, trés belle organisation, bénévoles super sympa, je vous la recommande surtout pour une 1ère expérience de l'ultra...

2 commentaires

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 22-04-2009 à 17:58:00

Belle perf ! On voit qu't'es jeune !
La prochaine fois, mets un Buff Kikouroù qu'on fasse connaissance.

Commentaire de seapen posté le 23-04-2009 à 11:17:00

Bonjour Poulo. Un bien beau récit. Du plaisir à le lire et très stimulant quant à me donner envie de m'élancer sur une telle distance. Salutations sportives.

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.18 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !