Récit de la course : Eco Trail de Paris Ile de France - 50 km 2010, par jpoggio

L'auteur : jpoggio

La course : Eco Trail de Paris Ile de France - 50 km

Date : 20/3/2010

Lieu : Versailles (Yvelines)

Affichage : 1340 vues

Distance : 49km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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La complainte du régional de l'étape

Tiens, je me suis planté dans mon habillement aujourd’hui. Bien au chaud dans mon appartement, je n’ai pas tenu compte du vent et avec la polaire, je me gèle, malgré le soleil de ce Dimanche après-midi.

A peine rentré dans le parc, deux rubalises se balancent au bout de branches sans feuilles, juste au niveau de la porte du parc, là ou précisément, il y a pas même 24 heures, j’avais le plus grand mal à ne pas abandonner cet Ecotrail (50km) particulièrement fastidieux. J’avais beaucoup compté sur ma connaissance du terrain, mais pas assez sur l’effet délétère d’être, du 26 au 39ème kilomètre, à moins d’un quart d’heure du confort douillet de mon chez moi.

Manifestement, ce coin du Parc de St Cloud n’a pas encore été débalisé. Je marche d’un bon pas jusqu’à la Lanterne : les tentes ont disparu mais une large trace marque le passage des coureurs vers le ravito, avec juste une bande d’herbe préservée là où se trouvaient les tapis de chronométrage. Marrant. Quelques barrières métalliques sont encore rangées sur le côté, mais à part ça, aucune trace de l’agitation de la veille.

Ah oui, c’est vrai que ce que je raconte n’est pas très intéressant. C’est la veille, samedi 20 mars, que ce courait donc l’Ecotrail, en ce qui me concerne « 50 km » 

Ah ah.

Cinquante vendus il y a quelques mois, 49 annoncés sur la feuille de route. C’est un peu comme dans es manifs, dix mille selon les organisateurs, cent cinquante selon la police…ici, la police, c’est la bande à Garmin, qui semble tenir un consensus autour de 46 km.

Retour à ce samedi matin, donc. En guise d’échauffement, gagner la gare de Sèvres (Rive Gauche) et se laisser déposer un quart d’heure plus tard à St Cyr. Quelques coureurs esseulés et une bannière triste m’indiquent que je ne me suis pas planté de train. Faute d’indication, nous mettrons un « certain temps » à descendre rejoindre les navettes, sur le parking en contrebas. Petit ravitaillement et rejointe d’un noyau de kikoureurs, sensiblement les mêmes qu’à l’Icetrail (Jay, jpouille, Lutin…) C’est bien plaisant de ne pas tourner en rond tout seul dans son coin. Hésitations : avec coupe vent, sans coupe vent ? Je l’enlève, le remets, et l’enlève finalement.

Hop, départ à l’heure pour plusieurs kilomètres de plat le long du Grand Canal. Je ne fais pas trop attention au décor, je le connais bien et surtout, je suis attentif à ne pas me laisser emporter dans un rythme trop élevé. Nous quittons le Parc du Château pour revenir derrière la pièce d’eau des Suisses et le Potager du Roy (c’est plus glam avec un ‘y’) et les première côtes pour gagner le plateau. Au revoir Versailles. Un peu de forêt, bien roulante, puis descente sur Buc (je venais souvent dans le coin en VTT à une époque). Quelques gouttes de pluie, pas gênantes. On rentre dans la logique du coin, de l’urbain avec de nouveu un peu de Versailles, de la forêt, un peu de boue aussi du côté de Viroflay, mais pas de quoi se désespérer. 16 km selon le GPS, je rattrape Jay, échange de « ça va/ouais », il n’a pas l’air enthousiaste, mais comme j’ai moi-même un petit coup de pompe, je ne casse pas mon rythme et continue, plus préoccupé par un doute : ne devrais-je par sortir les bâtons pour m’économiser un peu ?

Un peu plus, loin, un étang : trop petit pour être Ursine…(c’est l’étang aux Ecrevisses) je me fais flasher, pourtant, je n’allais pas si vite que ça ? on repart en montée. C’est le profil de mes sorties longues, je n’ai pas de mal, juste la fatigue qui s’installe doucement car le rythme me semble élevé…Arrive une zone ludique, au-dessus du Trou au Gants, un sentier étroit qui sillonne entre les arbres, les racines. Sur la fatigue, il est moins rigolo qu’il ne peut l’être en temps normal, et j’encaisse un peu en redescendant sur l’Etang d’Ursine, justement. Le ravito ne doit pas être loin. « ils » nous ont collé la grande côte raide qui monte vers la tour télécom, puis le GR sinueux et rigolo…mvouais…tiens, on le quitte ? ah. Une montée que j’ai déjà faire une fois ( elle est nulle, ni dure ni rigolote) nous mène vers une sono tapageuse. Ravito. Ravitaillons donc. Je repars en quelques minutes avec un complément de plein de la poche, deux coca dans l’estomac et un sandwich que je mange en marchant, puis en trottinant doucement jusqu’à la route des Gardes (qui en descendant devient la côte homonyme de Paris Versailles, mais dans l’autre sens…)

Traversée, petite côte marrante de l’autre côté (elle l’était moins en neige durcie le mois dernier…) et on descend sur Chaville. L’adducteur gauche fait mal, je récupère en jouant la technique, je passe ici deux ou trois fois par semaine, je commence à connaître tous les trous…). Le pont sur la voie ferrée, descente encore et remontée côté Fausses-Reposes. Ca tire vraiment à gauche, là.

La descente sur les étangs de Ville d’Avray est maladroite, je pause pour quelques étirements avant de relancer sur la digue, encore une bosse puis après traversée de la rue de Versailles, la montée sur le plateau de Jardy par l’un des chemins creux les plus honnis de votre serviteur. J’en suis à me donner des jalons de deux cent mètres en deux cent mètres. Traversée de Marnes la Coquette, puis la Brosse, la côte de 200m pour rejoindre le Rond de Chasse et on descend vers la Lanterne par la Broussaille. Là, c’est dur : je suis à cinq minutes de la maison…C’est là que le côté « régional de l’étape » fait de l’anti-jeu : les dix derniers kils m’éloignent du cocooning ! Deux coca, une poignée de Tuc et un peu de fromage, et je repars tout de suite en grignotant. Au moment de monter sur le Pont de Sèvres, un bus 171 s’arrête. Trois arrêts de la maison. Heureusement, l’effet ravito est là, et je descends les escaliers - comme chaque matin pour aller bosser - afin de récupérer la berge (au lieu du tram). Ca va être chiant, je m’attelle à un Cyrano qui tient jusqu’à l’Ile St Germain. D’accord, on voit la tour, d’accord, il n’y a même plus cinq bornes (ce qui ne colle pas avec le GPS qui est juste au Marathon…) mais je m’en fous, j’attends la fin. La fin d’Issy et l’entrée dans Paris font un peu terrain vague. C’est moche, chiant, et il y a plein de monde.

Le passage sur l’Allée des Cygnes est une plaisante distraction, mais on reprend le port après Bir-Hakeim, et je pars à fond, parce que j’en ai vraiment marre, mais alors marre. C’est tout juste si je songe à arrêter le chrono après la ligne d’arrivée, et je me retiens de flanquer ma casquette par terre.

Je me fraie tant bien que mal un chemin jusqu’au RER sans passer par la case ravito, au milieu des touristes de tout poil.

Comment ça, le prochain train est dans un quart d’heure ?

Et merde.

Cinq heures trente neuf.

Mvouais.

J’avais prévu 6h15 plus ou moins 15mn. Vu la galère sur les deux dernières heures, il y a incontestablement escroquerie sur la distance. En même temps, trois bornes de terrain vague de plus, j’aurais pas supporté ! Finalement, je ruse sur les trains, pour récupérer un métro…puis un bus 171 qui a la gentillesse de partir vite. Trois quart d’heure après l’arrivée, je suis à la maison : c’est le retour de l’avantage du « régional de l’étape ».

Quant à faire le 80km l’an prochain…c’est alors que je suis devant Kikourou à pousser fichier Polar et GPX qu’il se met à tomber des trombes d’eau. Ceux du « 80 » doivent déguster. Beurk.

Le lendemain matin, j’apprends que Jay a abandonné à Chaville dans un état suffisamment inquiétant pour que les secours l’envoient à l’hosto, et je décode - a postériori, c’est fastoche - les signes probables de fatigue qui auraient mérité que je ralentisse un peu pour lui tenir compagnie...

Quant à mon adducteur il n’a pas si mal que ça. Sans doute aurais-je du me servir des bâtons, même si le trail n’était pas très long et les pentes peu pentues. La morale de l'histoire, c'est que même si l’on est toujours en zone urbaine, c’est tout de même une course au-delà du Marathon avec du dénivelé, des creux, des bosses et des racines, et il convient de ne pas être désinvolte, quand, au royaume de l'ultra, on est vite tenté de prendre moins de cinquante bornes à la légère...

3 commentaires

Commentaire de Tamiou posté le 22-03-2010 à 19:09:00

Salut JP, j'aime beaucoup le petit flash back du début, nostalgie de revenir sur le champ de bataille silencieux et désert...

Belle course et très beau récit, merci

Commentaire de Jay posté le 22-03-2010 à 22:30:00

Salut Jp,

sympa le récit pour une course un peu mitigée semble-t-il ... bon , on n'a pas pu terminé ce coup-ci ensemble comme à l'icetrail mais ce n'est que partie remise et puis la fin ne parait pas aussi bien que ça :-D .. et t'inquiete pas pour mon passage à vide , j'avais encore toute ma lucidité pour prendre la bonne décision au ravito .

Bonne récupération,

Jay

Commentaire de caro.s91 posté le 23-03-2010 à 08:30:00

Bonjour JP,

La vue du régional de l'étape! :-) Merci pour ce récit où on sent tout le vécu et toute la connaissance du terrain.
Bon, on te voit donc sur le 80 l'année prochaine?

Caro

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