Récit de la course : Maratrail de Lans en Vercors 2010, par FloVertaco

L'auteur : FloVertaco

La course : Maratrail de Lans en Vercors

Date : 6/6/2010

Lieu : Lans En Vercors (Isère)

Affichage : 787 vues

Distance : 45.5km

Objectif : Terminer

3 commentaires

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Le récit

Allez, je me lance pour mon premier récit sur Kikouroù !

 

Tout a commencé au mois d’avril .. Ayant à peine franchi la ligne d’arrivée du Marathon de Paris en ayant atteint mon (modeste) objectif de 4h00, je me demande déjà quelle sera ma prochaine course. Depuis quelques temps, j’avais décidé de me réorienter plutôt vers le trail et ayant un pied à terre dans le Vercors, je suis tout de suite tombé sous le charme quand j’ai découvert le parcours de ce nouveau Maratrail, en rêvant déjà aux magnifiques endroits traversés et aux paysages à couper le souffle qui allaient s’offrir à nous. Bon, après coup, je dois dire qu'il n’y a pas que les paysages qui m’ont coupé le souffle

 

Je m’inscris donc rapidement en attendant impatiemment le 06 juin et le débarquement dans le Vercors. Etant donné ma maigre expérience en trail (la Traversée du Vercors 2009 étant ma seule course « longue » distance) et un entrainement hyper light, mon objectif sera simplement de finir dans les délais en me faisant plaisir avant tout.

 

Jour J. Arrivée au domaine de l’Aigle, que je connais bien pour y avoir pratiqué le parapente l’an dernier, et après quelques consignes de sécurité, la petite centaine de courageux part en marchant vers le départ de la course au centre de Lans. Soleil, température idéale pour courir : la météo est de la partie, c’est déjà ça !

 

Départ tranquille sur un large chemin plat pour les premiers kilomètres, puis arrivent les premières rampes. Déjà, un kikou (iade ?) n’a pas l’air bien du tout, en train de vomir sur le bord du chemin .. il y en a qui ont un peu forcé sur l’AAB L’aventure aura été de courte durée pour lui.

 

Quant à moi, j’essaye de m’économiser car je sais que le parcours est long et pentu et que le plus dur sera pour la fin. Je n’ai jamais parcouru une aussi longue distance et il n’est pas question de me griller d’entrée (en plus, Samontetro et Béné nous ont fait la surprise de rallonger encore le parcours de quelques km quelques jours avant la course).

 

Après une petite grimpette à l’ombre de la forêt, nous arrivons au Col de la Croix Perrin puis sur les crêtes de la Molière, où nous commençons à découvrir les somptueux paysages promis par Béné .. et la grosse difficulté qui nous attend l’après-midi, à savoir le Moucherotte. Bon, pas d’inquiétude pour le moment, je suis encore relativement frais, j’ai environ une heure d’avance sur la barrière horaire, et je me dis que je vais pouvoir profiter de la descente pour me relâcher un peu.

 

Après une petite pause au ravito de la Molière et quelques mots échangés avec les bénévoles présents sur place, c’est reparti pour la loooongue descente vers Engins avec, dans un premier temps, un sentier assez technique parsemé de lapiaz et autres obstacles mettant à rude épreuve mes talents d’équilibriste, puis une large piste bien pentue que j’avale assez rapidement en doublant quelques concurrents plus précautionneux. J'ai finalement bien apprécié le petit détour du côté de Sornin, un endroit que je ne connaissais pas du tout.

 

On arrive enfin au point le plus bas du tracé, le barrage d’Engins, et là .. je prends un peu peur quand j’aperçois la petite flèche orange indiquant le sentier très raide qui monte sur la droite de la route et qui va nous emmener au pas du Curé. Les premiers mètres sont extrêmement durs .. mes jambes m’indiquent qu’elles commencent à en avoir assez et qu’elles préféraient la descente. Je marche à peine aussi vite que les groupes de randonneurs que l’on rattrape ..

Une pause s’impose : je m’assieds 5 minutes sur un rocher au bord du sentier et je regarde passer les autres concurrents, dont le doyen de la course (pas loin de 70 ans) qui monte d’un bon pas .. Respect ! J’en profite aussi pour avaler une barre de céréales, qui a du mal à passer car j’ai la bouche complètement sèche ..

 

Je grimpe ensuite tant bien que mal jusqu’à St Nizier où le deuxième ravito nous attend. J’ai encore trois quarts d’heure de marge sur la barrière horaire donc je décide de m’arrêter une dizaine de minutes pour pouvoir repartir de plus belle !

Mais il commence à faire bien chaud et dès les premières rampes du sentier écologique, mes jambes redeviennent très lourdes, je suis complètement vidé,  et les autres concurrents me dépassent les uns après les autres .. ils ont l’air d’en baver aussi. Les encouragements des nombreux randonneurs que nous croisons font chaud au cœur, mais que c’est dur !! La montée semble interminable et la pente vertigineuse … Je jette sans arrêt des coups d’œil à mon altimètre : plus que 300 m D+, 250 m, 200 m ..

Au moment de quitter la piste pour un petit sentier raide sur la gauche, je commence à avoir des nausées. Je m’arrête 1 minute, puis je marche 5 minutes, je m’arrête 1 minute, etc … Grands moments de solitude ..

 

De plus en plus de monde me double, notamment françoise84, qui semble complètement à bout de souffle, mais qui ne s’arrête pas. Chapeau ! Pendant un instant, je me dit que le serre-file ne doit plus être très loin derrière et j’envisage de jeter l’éponge, d’abandonner .. mais je me dit aussi que je n’ai pas fait tout ça pour rien, que ça serait trop bête.

 

Après deux heures d’ascension depuis St Nizier, j’atteins enfin le sommet de ce redoutable Moucherotte (Samontetro nous avait prévenus au départ ..). Je passerais bien la nuit ici, mais l'hôtel n'est plus là, il va bien falloir redescendre ! Je contemple quelques instants la vue sur Grenoble et les orages qui commencent à gronder de l’autre côté de la vallée, et c’est avec beaucoup d’émotion que je bascule dans la descente vers Lans.

 

Le dénivelé négatif aidant, je retrouve un peu d’énergie et je fais toute la descente en courant, malgré des petites douleurs chroniques qui commencent à se faire sentir au tendon d’Achille droit.

 

J’avale la dernière bosse de Bois Sigu sans trop de difficultés et je franchis la ligne d’arrivée au bout de 8h23 d’effort (dernier classé) sous les acclamations des coureurs et organisateurs encore présents .. et avant les premières gouttes de pluie ! Et je confirme : la joie ressentie à l’arrivée est proportionnelle à la souffrance endurée sur le parcours

 

Je garderai un excellent souvenir de cette journée : du soleil, une organisation au top, une ambiance conviviale, des panoramas splendides .. que demander de plus ?

 

Merci aux organisateurs et aux (très) nombreux bénévoles qui ont permis la tenue de cet événement et à l’année prochaine ! C’est juste dommage que la course ait lieu le même jour que les Drayes du Vercors .. le choix entre les deux est cornélien

 

3 commentaires

Commentaire de millénium posté le 12-06-2010 à 22:29:00

BRAVO ! Beau récit , belle course....qui en appelle d'autres .
Manque plus que l'AAB et ce sera 20/20

Commentaire de béné38 posté le 12-06-2010 à 23:03:00

Bravo pour ta course, et pour être allé au bout !

Commentaire de samontetro posté le 14-06-2010 à 09:53:00

Chapeau, ton "combat" contre le Moucherotte est impressionant... et m'a rapelé de grands moments lors de certains de mes entrainements sur ce même passage!
Sais tu comment on a surnomé le fameux petit raidillon à gauche du chemin ? Le "coup de grace"!
Mérite bien son surnom hein ?
Bravo pour ta course, bravo d'avoir serré les dents quand c'était dur, le finish n'en est que plus beau!

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