Récit de la course : Marathon du Mont-Blanc 2013, par bubulle

L'auteur : bubulle

La course : Marathon du Mont-Blanc

Date : 30/6/2013

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 5786 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

22 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

157 autres récits :

Deux qui valent mieux qu'un demi



Vous saurez pourquoi à la fin...

Une première en montagne pour moi, ce marathon du Mont-Blanc où je me suis inscrit sur un coup de tête en décembre (en forçant un peu la main de ma chérie).

Et, qui plus est, je me retrouve inscrit en même temps que Sabine, que sa spectaculaire progression de l'année écoulée amène à des niveaux de performance proches des miens. Comme, en prime, nous nous entendons super bien, malgré une amicale rivalité au "jeu des 365h" (et des coup bas à base de vélotaf et de sorties VTT rallongées "par mégarde"), c'est en duo qu'il est prévu de faire la course.

Sabine, elle, prépare la CCC et vient chercher ici une référence en montagne, qu'elle n'a également jamais pratiquée en trail. Moi....je ne prépare rien du tout de bien spécifique et je reviens sur une vallée plein de souvenirs d'enfant et d'ado (oui, oui, le chalet de "4m sur 4m" de 75-76, maman...:-) ).

Nous avons déjà éprouvé le duo sur le trail du pays de Sully, deux semaines avant et cela s'était bien rodé : un bubulle au chrono et au roadbook, une Sab qui fournit les jambes d'acier trempé pour les côtes (et qui râle quand le cardio monte trop) et un objectif commun : faire des podiums féminines...:-)

Arrivé le vendredi sur place, j'ai déjà pu profiter de l'ambiance des courses de Chamonix: non seulement le marathon, mais d'abord le "cross du Mont-Blanc", un des plus anciens trails de France, depuis l'époque où on ne disait pas "trail", tout de même 24km et 1600D+, pas une paille, le 10km (et 350D+, qu'on appelerait allègrement "trail" chez nous les parigots), des courses enfants, le marathon/maratrail et, nouveauté de l'année, un 80km extrêmement sélectif et qui sera bientôt une référence sur les calendriers, je n'en doute pas.

Nous avons donc commencé, après un "live" kikourou d'anthologie, par suivre une partie de l'arrivée du 80km. Un grand moment de plaisir à rechercher les kikous engagés et, bien que je n'en connaisse aucun, partager avec eux un peu de leur fin de course. Mémorable moment que ces 400 derniers mètres avec olimori, à 9h du soir dans les rues de Chamonix.

Le lendemain, un samedi extrêmement pluvieux accueille le cross et je ne dirai pas assez tout mon respect pour ceux qui ont affronté ces 24 bornes d'anthologie par un temps dantesque. Il faut ensuite être passé sur la montée de la Flégère et la traversée vers Planpraz pour savoir ce que ça devait être sous une forte pluie. Respect, oui.

Vient enfin ce marathon tant attendu (ce n'est pas peu dire). Nous avons fait monter la pression avec notre duo Sabubulle et son objectif "annoncé mais en fait, non, c'est une sortie longue" de 6h30. Ce n'est que très peu de temps avant la course que je découvre que quelques amis kikoureurs ont réalisé des temps bien plus élevés alors que je les considère comme d'un niveau plus élevé que le mien (avec aussi quelques petites années de moins, mais c'est une mauvaise excuse).

Tant pis, le roadbook (merci Course Generator de notre ami kikou Pierre Delore, alias patrovite) est fait sur ces bases. Je connais le parcours pratiquement au millimètre. Je sais où nous pouvons cartonner...et je sais où sont les inconnues. Sabine aussi et, même si je la sens incrédule sur l'objectif, elle est prête comme quatre (même si elle aligne les sorties longues jusqu'à quasiment la fin, prépa quasi-militaire oblige).

Le duo se retrouve sans problèmes aux aurores au départ. Nous croisons aussi quelques autres kikous et c'est toujours un plaisir d'échanger quelques mots : Mitch91, O'bob et warthog (avec qui nous avons fait le off des Ponts de Paris voici moins de 2 semaines). L'attente, avec O'Bob et warthog est un peu longue car nous sommes bien en avance, mais l'avantage est de ne pas être trop mal placé (peut-être aurait-il fallu être un peu plus devant encore pour éviter bouchons et gêne sur les singles, difficile à dire).

Départ donné et  plaisir pour Sab et moi de voir, fidèles aux postes, nos deux chéri(e)s respectifs, qui vont nous accompagner tout au long de cette journée (et une grosse pensée pour les conjoints de coureurs, en passant).

Le tout commence par 1km de bitume dans les rues. Léger plat montant avalé environ à 11 à l'heure, entraînés par le peloton. C'était attendu et il va falloir bien veiller à ne pas se cramer trop vite. S'ensuivent 3km de chemins roulants jusqu'aux Bois, début des hostilités.

Nous sommes légèrement en retard (1'30), mais je ne m'en fais pas trop et je ne le dis même pas à Sabine. Marrant, en passant, quelques flaques d'eau que tout le monde évite précautionneusement et....devinez qui se fait un plaisir de passer droit dedans? Excuse toute trouvée : les détours, ça fatigue les vieilles jambes et de toute façon, nous serons tous sales ce soir, alors flûte.

Les Bois, donc. La côte, sur le profil, elle n'a l'air de rien. Sauf que ça nous fait bien 3 bonnes côtes de la vallée de Chevreuse enfilées les unes derrière les autres, avec 10-15% de pente. Donc, bon. Autour, ça fait encore les kakous à courir et, pendant ce temps, "les gestionnaires" ((c) Arclu) gèrent. Marcher (vite, très vite), boire, manger. Et on est sans trop de peine au Lavancher. Toc. Et à nouveau dans les temps (35'09" pour 34'49" prévus).

Un répit sur un peu de bitume et une redescente légère me permettent de faire un petit Sab'test. Accélération assez brutale, on rattrape à peu près tout ce qui nous a passé en côte...et Madame suit. Bon, elle  doit bien râler intérieurement mais elle est distraite par les tentatives d'Arnaud qui a cherché à nous rejoindre vers les Bois mais a trouvé....un parcours vide..:-). Donc, Sab téléphone (eh oui, jean-phi, j'ai eu aussi cela!) et ne voit pas qu'on trace.

Montée douce et régulière vers le ravito d'Argentières. Je crois me rappeler qu'on l'a zappé assez vite, mais je ne suis plus très sûr (une Pom'Pote, me semble-t-il). Bon, 1h14'32 au lieu de 1h12'35" (arrêtez de rigoler de la précision de ces chiffres), décidément j'avais été clairement trop optimiste sur les parties roulantes. Bon à savoir.

Je suis cela d'assez près mais je ne dis pas grand chose à Sab, à part des indications volontairement vagues sur le fait "qu'on est bien". De toute façon, il ne lui en faut pas beaucoup pour donner un coup de relance bien senti qui me met parfois à 10 mètres.

À Argentières, j'ai décidé (je suis le chef, je décide) qu'on allait commencer le Jeu des Filles. Objectif : compter les féminines que nous dépassons. Ça nous occupera et ça donne un but dans la course.

Bon, le jeu est assez lent à se mettre en place et, très franchement, dans la montée vers Le Planet, nous dépassons peu. Le rythme autour de nous est soutenu mais, comme au trail de Sully, je trouve que les coureurs/coureuses autour soufflent bien fort...et pas nous. Moi, déjà, j'essaie de suivre les grandes enjambées de Madame...:-)

Montée vers Le Planet. Là aussi, sur la carte, ça fait riquiqui, un truc de Mickey, une bossounette. Bin, disons que ça doit bien faire 5 côtes de parigot les unes derrière les autres. Donc, bon..:-). Le problème, surtout....c'est le bouchon en bas! Le passage brutal en single et le début de côte provoquent un bien gros bouchon que nous mettrons 5 bonnes minutes à passer.  Pas trop d'énervement général même si, honnêtement, j'en ai vu des qui carrotaient allègrement (dont une blonde que je repère et qui ne perd rien pour attendre).

Mais, bon, bonne humeur générale, on se dit que c'est comme  sur l'autoroute quand y'a des travaux et qu'ils auraient juste pu éviter de mettre des travaux un jour de grand départ de trailers..:-)

Le côte du Planet est bien sérieuse, en petits lacets et monotrace. Très difficile de dépasser (MAUDITS BATONS), faut prendre son mal en patience. Pourtant je sens les jambes Sabiennes qui bouillonnent.  Résultat, 6 minutes de retard en haut, mais je ne le dis même pas à Sab, elle doit bien s'en douter. Va falloir se refaire la cerise plus tard. D'un autre côté, nous ne nous commes pas épuisés, faut voir le positif.

Du Planet, une courte descente sur Montroc nous voit faire un numéro de voltige avec Sab.....au téléphone (oui, bon, encore....mais une maman ça répond à sa fille qui l'appelle, c'est normal)...et elle s'en sort plutôt bien.

D'une relance à l'autre, nous remontons doucettement des filles ça et là, le compte est à 6 à Montroc. La blonde n'est pas loin, je commence à ruminer la mine que je vais poser...et on accélère le pas.  

Grosse ambiance arrivés à la route du Col des Montets où nous trouvons enfin Arnaud qui peut faire des photos de sa Sabine et constater que je ne la malmène pas trop. Pourtant, on envoie bien sur le petit single qui longe la route et ça fait un petit moment que je ne vois plus grand monde passer. Du coup, passage aux Montets en 1h49 pour 1h44'30 prévus et ce, malgré l'optimisme du roadbook sur les parties roulantes. Yo.

Des Montets à Vallorcine, j'ai prévu un plan simple : taïaut, taïaut. Nous en sommes à +10 filles en haut, il m'en faut d'autres : on est sur mon terrain de rouleur, là. Le (vrai) marathonien se réveille en moi. Vrouuuuum, ça monte à 12 à l'heure. Ouuuuuups, freine, bubulle, y'a Sab qui doit se demander ce qu'il se passe et se retrouve 100m derrière. Pas faire le foufou. On part ensemble, on arrive ensemble! Par contre, notre blonde gît désormais probablement dans la bruyère, renversée par le Souffle Divin de la Vengeance Bubullienne. Faut pas énerver Raoul. (bon, eh, j'déconne....en plus elle aura sa revanche).

L'un dans l'autre et en contrôlant la vitesse que Sab accepte de suivre, on déroule allègrement jusqu'à Vallorcine. Nous ne sommes pas les seuls : on dépasse....mais on nous dépasse. Donc, en gros, tout le monde se lâche un peu avant le gros morceau des Posettes.

Ravito de Vallorcine : c'est un "gros", on prend un peu le temps (m'enfin, 3  minutes à tout casser, car les messieurs des ravitos sont toujours très empressés à remplir les bidons sur les bretelles avant du sac de Sab : étrange, non?). De mon côté, j'avais blindé la poche à eau avec 2,5l et j'en ai encore pour un moment. J'ai en fait (trop) peu bu et pas trop mangé mais bizarrement, tout va bien.

Et ça redécolle rapidement pour se diriger vers le pré dit du "dré dans l'pentu" où c'est ma chérie à moi qui nous accueille. J'en étais sûr. Nous étions venus ici hier et elle avait repéré que c'était un bon coin. Elle y a d'ailleurs vu passer la tête de course....et a attendu jusqu'aux derniers! Une heure de hurlements : ce soir, elle a mal à la gorge. Mais, du coup, on va avoir plein de chouettes photos, avec Sabine..:-)

Donc, voilà. Pied des Posettes. Objectif : 2h9'. Réel: 2h11'. Compte de filles: 21. Nous sommes dedans.

Je vous la fait court, pour changer : haut des Posettes. Objectif 3h10. Réel 3h08'. Compte de filles: 32. D'après le suivi live, nous avons gagné 150 places dans la montée. En fait, commencée sagement, au rythme de tout le monde, c'est dans la forêt que j'ai vu Sab commencer à poser mine sur mine, l'air de rien, avec une inimitable façon de déposer son homme en deux grandes enjambées...avec un bubulle qui fait ce qu'il peut pour suivre....et qui suit.

Là, franchement, du bas à la piste de 4x4, Sab m'a allègrement tiré et je ne serais pas monté aussi bien sans elle. C'est ça, un duo!




Sur la piste de 4x4, c'est moi qui prends le relais et qui enquille montées à grands pas en balançant les bras sur relances assassines à chaque fille dépassée...:-). Dès que ça remonte un peu plus fort, elle en remet une couche. Un vrai rythme d'enfer. Et au télécabine, nous retrouvons Arnaud, monté avec (le télécabine) et qui va nous accompagner jusqu'au col. Montée du col : 1 heure pile. Sur le 80, Caro74 y avait fait une ascension météoritique en 57 minutes...eh, on n'est pas si mauvais..:-)

(photo Arnaud Schabanel)


Ravito au col, photo devant le paysage fabuleux....nous oublions presque de passer sur le tapis. Et là, annonce : contrôle du matériel obligatoire. Or, Sabine a bêtement oublié le coupe-vent obligatoire, d'où mega-stress pour elle : le cardio a du monter plus haut que durant la montée. Au final, les deux messieurs du contrôle ne vont pas allez ennuyer une gentille dame (elle n'a jamais été aussi petite, Sabine, dans mes pas) et nous pouvons nous concentrer sur la montée à l'Aiguillette.

Plus délicate à gérer, cette montée. J'ai personnellement un énorme peps et je colle mine sur mine en sautant d'un caillou à l'autre. Mais, là, Sabine est moins à l'aise : les acrobaties, ce n'est pas trop son truc, donc j'ai tendance à la lâcher trop rapidement et faut que je me modère voire que je me fasse redépasser (et pourtant c'est pas facile de dépasser ces maudits utilisateurs de bâtons).

En haut, quand même, nous avons pris 6 minutes de retard sur l'objectif et, pourtant, nous avions le potentiel de mieux faire. Tant pis, ce sont les aléas et faut maintenant penser à la descente.

Je ne vais pas en faire des caisses : cette descente est un cauchemar pour la pauvre Sabine. Dejà, chez nous, elle n'aime pas ça, notamment les appuis instables. Mais là, c'est juste un enfer. Impressionnant (il y a quand même des endroits avec du vide et pas grand chose pour te retenir), glissant, acrobatique.

Nous prenons donc cher, très cher, et regardons les avions passer (y compris cette sacrée blonde). On a un peu l'impression de reperdre tout ce qu'on a gagné en montant. Et la pauvre Sab est toute désolée : je l'entends s'excuser auprès de presque tout le monde. Et je vais évidemment entendre au moins 20 fois "je te ralentis, tu devrais y aller". EH OH. En-sem-ble. C'est du début à la fin.

Et puis, après tout, je me dis qu'en fait, les minutes sont bien plus difficiles à prendre en descente qu'en montée et que les impressions d'avions que nous avons ne sont pas si vraies que cela. Donc, on prend son mal en patience....et, l'un dans l'autre, arrivés à la forêt, nous commençons à moins nous faire dépasser.

Et c'est avec une immense tape dans les mains que nous terminons la descente. On l'a fait, nous sommes restés ensemble, Sab a vaincu les Posettes....et y'a même Arnaud qui est là en bas, redescendu (tout aussi acrobatiquement, mais par un autre chemin) du col des Posettes en VTT.

Donc, YESSS. Maintenant, y'a plus que de la montée qu'on aime (enfin, presque, mais bon). Bilan des courses : 4h10 pour 3h59 d'objectif. On a perdu, mais en fait pas tant que ça. Je ne sais plus si je l'ai dit à Sabine à ce moment là, mais ce que je suis sûr de lui avoir dit, c'est qu'on allait se les rattraper, nos avions.

Le tracé descend encore un peu jusqu'à Montroc, mais sur des chemins plus faciles à gérer, donc nous assurons, sans trop traîner en route. Mais vivement la montée de la Flégère..:-)

D'abord, le ravito de Tré les Champs. Grosse ambiance mais arrêt relativement rapide pour remplir les bidons. Et, allez, c'est parti, le mors aux dents. 9 minutes de retard.

En fait de montée, le sentier après le passage de la route est un mono-trace qui monte peu où il serait assez facile de remonter fortement mais où...le passage est souvent bloqué. Et, autant, je suis personnellement assez "ferme" pour passer quand j'en ai besoin (je me mets dans ton pas, je respire bien fort pour que tu sentes que je suis là et à la première ouverture je passe d'un pas de coté)....autant Sabine est moins "agressive"....et je dois souvent l'attendre, non pas parce qu'elle rame, mais parce qu'elle est bloquée.Peut-être aurions nous du inverser et que je lui laisse ouvrir la route?

Il faut dire aussi que, ça et là, nous avons encore quelques descentes courtes mais acrobatiques où Sabine  lève le pied et voit parfois repasser ceux qu'elle a péniblement dépassé. Grrrr, et en plus ces foutus bâtons n'arrangent rien (il y a des fois où j'ai des envies de coups de pieds dedans, mais bon.....je vois franchement pas l'intérêt sur une côte à même pas 5%)..

Cela dit, notre partie de pacman avance quand même bien et le rythme est solide, très solide. En plus, les petites descentes disparaissent et c'est désormais une montée constante, sans relance. Nos préférées..-)

Bon, là, certes, je fais la trace. Sabine peut plus difficilement placer ses mines, mais en bonne soldate, elle suit le seul sac à dos affublé d'un Bob l'Éponge et moi, je gère la bonne vitesse pour avancer le plus vite possible sans casser notre duo. Et, là encore, c'est une grande géante partie de pacman. Encore plus géante sur l'horrible chemin caillouteux sous la Flégère, en plein cagnard. Dur, très dur, celui-là....mais il l'est pour tout le monde et je continue à pousser pousser pousser car je nous sens revenir dans les temps!

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le ravito de la Flégère est apprécié. Sabine refait le plein, je grapille deux bouts de chocolat (les saucissons sont désespérément restés dans le sac, désolé Arclu : j'étais tellement concentré que j'oubliais un peu de m'alimenter). On a quand même le temps d'échanger quelques mots sur les fabuleux paysages que nous voyons (toute la chaîne du Mont-Blanc est en majesté et je pourrais passer des heures assis là, à nommer tous les sommets)....et c'est parti pour les 5 derniers kilomètres.

On sait comme ils sont fichus, ceux-là : moins de dénivelée, plutôt du yoyo d'une combe à l'autre et un très gros coup de cul final, mais avec toute la foule qui pousse, façon Alpe d'Huez. Donc, je le sens bien et, à Sab qui me demande combien de temps on va mettre (pour renseigner Arnaud), je dis que je pense qu'il nous faudra une heure. Nous mettrons 58 minutes..:-). Par contre, je me refuse à regarder le roadbook pour savoir si nous sommes dans les temps, de toute façon, ça ne changera rien!

J'appréhende un peu cette partie, avec la combe de Charlanon : c'est accidenté, parfois descendant, parfois avec des traversées d'éboulis et, donc, Sabine va encore être peu à l'aise. Mais, bon, je gère en essayant de ne pas partir trop devant...et Sabine recolle du mieux qu'elle peut sur les parties plus roulantes (mais là encore, son manque d'autorité dans les dépassements la pénalise et elle se traîne parfois derrière des "coureurs" vraiment lents).

Dans l'affaire, nous retrouvons tout à coup Warthog qui reconnaît mon Bob l'Éponge (alors que moi, concentré à mort, je ne l'avais pas vu). Il est un peu en galère, étant probablement parti un peu vite et notre arrivée lui fait du bien et, en s'accrochant, il se refait un peu la cerise.

À un moment, nous avons également vu passer martinev (que je ne connaissais pas : c'est à l'arrivée que nous avons fait connaissance) dans un rythme d'enfer avec une vraie démo de ce qu'on peut faire avec des bâtons quand on sait s'en servir. Beaucoup auraient eu des leçons à prendre. Martine accompagnait Luca Papi, qui relevait le défi de courir le marathon, après avoir fait le cross la veille et le 80 ET le kilomètre vertical le vendredi! Quel rythme...

Les deniers passages à flanc nous ont fait rattraper un couple où Madame se trainait un peu (mais en prenant plein de place, Sab n'osait pas passer) et Monsieur était devant avec des "Allez chérie" à peu près toutes les 30 secondes. Je me suis trouvé obligé d'attendre vu que Sab n'arrivait pas à passer et il m'a sérieusement horripilé, monsieur "Allez Chérie". J'aurais été Chérie, je lui aurais claqué une baffe dans les 30 secondes. D'ailleurs, ce n'est pas dit que l'envie ne lui en manquait pas à Chérie.

Du coup, ça nous a motivé, avec Sab, et la dernière descente sur la piste de 4x4 s'est faite (presque) à fond. L'arrivée en face, l'énorme côte finale se profilait mais on y était, on allait le faire.

Cette côte finale, c'est et ça restera un souvenir énorme. Oh oui, j'en avais sous la semelle et, comme j'ai dit à Sab, je l'aurais montée entièrement à la course. Mais le but, ce n'était pas ça : une course en duo, c'est jusqu'au dernier centimètre que ça se fait. Et donc, sur toute cette côte, je vais m'efforcer de tirer litéralement Sabine qui va vraiment se sortir les tripes. La féminine qui est à 200m devant nous en bas de la côte est le prétexte, mais le vrai but c'est de ne rien regretter et de savoir qu'on a tout fait et tout donné.




Et on *a* tout donné. Sabine a tout donné. Après le dernier lacet, c'est tout simplement fabuleux, ça hurle de partout et....hurlant à peu près trois fois plus que toute la foule réunie, c'est ma chérie à moi qui est là : "Allez les Kikous! Allez les Kikous!".



La photo est géniale, nous sommes totalement à fond et évidemment nous allons finir main dans la main dans une émotion.....qui n'appartient qu'à nous. J'espère que Sabine me dira à combien est monté le cardio, mais en tout cas, Elisabeth m'a assuré qu'à la fin elle était un peu au bord des larmes. Moi, je n'ai pas vu parce que je kiffais juste le moment (pas au bord des larmes, nooooon, j'avais juste une poussière glissée derrière les lunettes) et le gros énorme bonheur d'avoir fini exactement ce que nous avions prévu et comme nous l'avions prévu.



Comme les Offs, quoi : on part ensemble, on finit ensemble. Et on profite ensemble. Allez, une autre :

(photo Arnaud Schabanel)

Et l'autre objectif, me direz-vous? Eh bien, ces 6h30 qui semblaient totalement folles....nous les avons quasiment : 6h34'23" (on prend mon temps, Sabine : le monsieur a juste scanné mon dossard avant le tien). Donc, Arclusaz est un mauvais pronostiqueur avec ses 6h42, toc..:-). Mais moi aussi car je n'y croyais franchement pas...:-)

(photo Arnaud Schabanel)

On est les plus beaux....et je suis le plus crado!




Comment conclure ? Je ne vous ai pas parlé des fabuleux paysages, pourtant ils étaient là en permanence par cette magnifique journée. Je ne vous ai pas parlé du fait que je suis virtuellement monté sur le podium V2F. Ou de "notre" place de 59ème féminine. J'ai sûrement oublié plein de choses encore (comme le cierge que nous devons tous deux à nos conjoints respectifs qui nous ont accompagnés dans ce superbe week-end), mais je suis sûr que je n'oublierai pas ce passage de ligne....et mon petit doigt me dit que Sabine non plus.

Je ne souhaite qu'une chose à vous tous, lecteurs : connaître la même chose. C'est pour ce genre de moments que nous courons.

PS : Au fait, pourquoi "deux qui valent mieux qu'un demi" ? Eh bin, notre duo, en 6h34 a fait bien mieux qu'un demi Kilian Jornet, qui a complété ce marathon dans le temps météoritique de 3h30 (le gredin a battu mon record sur marathon). C'est pas rien, non? Quand j'ai commencé la course à pied, j'étais tout fier de valoir juste un demi Kenyan sur marathon. Maintenant, je suis bien meilleur qu'un demi Kilian....mais c'est vrai que nous etions deux.

Et il est quand même mphotogénique, Kilian!

 



22 commentaires

Commentaire de Kirikou69 posté le 30-06-2013 à 22:34:28

Bravo à tous les 2 : les émotions partagées valent plus que tout.
Merci de nous avoir fait partager ce beau week-end de trail à Chamonix.

Commentaire de patfinisher posté le 30-06-2013 à 22:42:09

Superbe travail d'équipe, dans la joie et la bonne humeur ! sacrée perf partagée .....respect !superbe récit dans l'action ! à croire que tu as un cahier et un crayon avec toi ! Repos mérité et rêves assurés pendant quelques jours...... le plus dur certainement l'attérissage après ce type d'expérience ! BRAVO ! ;-)

Commentaire de TomTrailRunner posté le 30-06-2013 à 22:42:56

belle ballade en duo au milieu de la foule....bravo à tous les deux

Commentaire de sapi74 posté le 30-06-2013 à 22:47:51

bravo belle course pour une 1er en montagne tu va y prendre gout.

Commentaire de Jean-Phi posté le 30-06-2013 à 23:07:08

Bien jolie promenade pres du toit du monde et chouette cr. Bravo à tous les deux !

Commentaire de Jean-Phi posté le 30-06-2013 à 23:08:30

Enfin... toit de l'Europe ce sera suffisant ! Mais vous avez tutoyé les sommets tous les deux ! Bonne recup donc. ;-)

Commentaire de Jean-Phi posté le 30-06-2013 à 23:12:05

Enfin... toit de l'Europe ce sera suffisant ! Mais vous avez tutoyé les sommets tous les deux ! Bonne recup donc. ;-)

Commentaire de lalan posté le 30-06-2013 à 23:10:48

Quel bon Cr , et je n'arrive même pas à imaginer ce qu'il reste dans vos tête. Merci de nous avoir fait vivre un super week end de off à travers tes péripéties.
Bubulle c'est mieux que la télé !!!! Bravo et bonne récup

Commentaire de Benman posté le 30-06-2013 à 23:19:23

Bravo pour ce duo de choc et cette description toujours aussi précise. C'est ballot, j'ai raté Sabine à l'arrivèe... Faut dire que je n'etais pas ce qu'il y a de plus frais.
Merci de nous avoir fait revivre cette magnifique course.

Commentaire de Zoup posté le 30-06-2013 à 23:20:37

Quelle plume, bubulle, superbe cr.
Bravo à vous deux et bonne récup'

Commentaire de Arclusaz posté le 01-07-2013 à 00:04:57

c'est pénible, ces poussières qui se coincent dans les yeux..... ça pourrait faire croire que tu es humain alors que tu n'est qu'une machine, un métronome, une brute sans coeur comme tu l'as si bien démontré pendant tout ce WE.

Je ne sais pas si l'esprit trail existe mais l'esprit kikourou oui et tu l'incarnes à merveille.

Bravo au duo magique et bien content de m'être trompé (de 8 minutes seulement !) sur mon prono.

Commentaire de Sabzaina posté le 01-07-2013 à 06:34:51

Pas pu retenir mes larmes à l'arrivée et en lisant ce CR non plus. :)
Je vais essayer de faire un CR avant de redescendre...

Commentaire de millénium posté le 01-07-2013 à 07:25:17

Bravo à vous deux. Votre joie sur la ligne faisait plaisir à voir. Heureux d'avoir été là pour vivre ce moment !

Commentaire de Jay posté le 01-07-2013 à 08:00:52

merci pour ce fantastique récit , une superbe course de chacun d'entre vous et une belle course d'équipe .. merci pour ce très émouvant récit ..
De bien belles émotions qui m'ont rappelé les miennes sur les mêmes chemins il y a déjà 2 ans .. Surfez encore et encore et redescendez pas de votre petit nuage avant de longs jours ... Encore un bravo !!!!!
Jay

Commentaire de Warthog posté le 01-07-2013 à 09:36:12

Merci pour ton récit et à vous deux pour m'avoir remis dans le droit chemin au moment où il le fallait :)
Je confirme qu'il y avait beaucoup de poussières à l'arrivée :)

Commentaire de MiniFranck posté le 01-07-2013 à 17:17:49

BRAVO !!! Super récit pour une super course. Sacré duo de choc.
J'ai eu quelques pensées pour vous depuis le TGV.
Félicitations a vous 2

Commentaire de franck67-22 posté le 01-07-2013 à 17:49:30

bravo à vous !

J'y étais aussi course de reprise pour moi après une situation pro chargée .... ;o)
Au delà des perfs cette course (trail) est vraiment magique surement ce qui se fait de mieux en convivialité organisation paysages ..... etc

Franck

Commentaire de franck67-22 posté le 01-07-2013 à 18:52:02

bravo à vous !

J'y étais aussi course de reprise pour moi après une situation pro chargée .... ;o)
Au delà des perfs cette course (trail) est vraiment magique surement ce qui se fait de mieux en convivialité organisation paysages ..... etc

Franck

Commentaire de Tonton Traileur posté le 02-07-2013 à 11:38:07

Bravo pour votre remarquable course d'équipe ... et quelle émotion à l'arrivée !
LA MONTAGNE, CA VOUS GAGNE !!! ...
les Yvelines vont vous paraître un peu plate maintenant ... ;-)

Commentaire de Mamanpat posté le 02-07-2013 à 13:20:04

Bravo ! Et merci... On se rappelle pourquoi on court...

Commentaire de Rem posté le 02-07-2013 à 19:07:27

Un grand merci !
Je ne sais pas si je dois plus saluer la perf en duo ou ce CR ... les 2 sont magnifiques :)

Commentaire de LouPradou posté le 02-07-2013 à 22:34:49

Beau récit
ça c'est du trail !
bravo le duo

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.17 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !