Récit de la course : Marathon des Alpes Maritimes Nice - Cannes 2016, par marathon-Yann

L'auteur : marathon-Yann

La course : Marathon des Alpes Maritimes Nice - Cannes

Date : 13/11/2016

Lieu : Nice (Alpes-Maritimes)

Affichage : 1281 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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Yes we Cannes

Coincé entre le marathon de Tours en septembre et la Sainté-Lyon en décembre, j’avais envisagé ce Nice-Cannes comme une aimable sortie longue, une virée entre copains dans une ville que je ne connaissais pas. Mais je n’avais pas envisagé qu’après Tours, où j’avais approché mon record sur marathon (3h17 contre 3h15), j’allais me retrouver dans une forme rare, pulvérisant tous mes temps sur mes terrains de jeu. A tel point que je me retrouve face à un dilemme : tenter d’améliorer mon record, ou me préserver pour la Sainté-Lyon ? A l’approche de la course, je décide de ne rien décider, prévoyant de partir rapidement et laisser la course décider, levant le pied si mon temps de référence me semble inaccessible (tu parles).


Ne pas se laisse écraser par la pression


Je n’avais pas envisagé non plus que la ville de Nice me plairait autant. Tout me séduit, des ruelles aux restos - très italiens, du front de mer aux musées d’art, du ciel bleu à la grande bleue, des palmiers aux habitants, qui se révèlent particulièrement  sympas, à l’image de notre hôtelier nous courant après dans la rue pour me dire que bien sûr, il ne faut pas que j‘hésite à repasser après la course prendre ma douche, même après 15h. Comme nous sommes en bonne compagnie (ma femme, mon frère et ma belle-sœur, un copain triathlète et deux autres couples d’amis), ce weekend de novembre constitue vite une parenthèse enchantée dans notre automne parisien, avant même le départ de la course.

Bien sûr, se retrouver à Nice un 13 novembre pour un événement populaire a une résonnance particulière. Les mesures de sécurité sont visibles, au village départ et tout au long du parcours. Nous sommes nombreux à porter un brassard, dérisoire hommage aux victimes. Pour des raisons de sécurité, mais aussi de respect, le départ n’a pas lieu sur la promenade des Anglais, mais à l’Allianz Arena. Depuis que je sais que les navettes qui doivent nous y conduire circuleront entre 5h30 et 6h15, je ne cesse de me répéter les vers d’Hugo : « Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchi la campagne, je partirai.  (…) J’irai par la forêt, j’irai par la montagne… »

Et l’aube arrive. Il n’y a pas beaucoup d’humains en ville le dimanche, à 5h30 du matin : seulement une armée de zombies aux accoutrements bizarres, qui converge vers la gare. Nous nous entassons dans des bus, serrés comme dans le RER un lundi matin, et rejoignons l’Allianz Arena. Celle-ci nous attend, illuminée et majestueuse dans la nuit. J’aime cette ambiance, les visages concentrés ou détendus, endormis ou bien réveillés. Je reconnais Croc-Man en Brice de Nice à la planche de surf aux messages bien sentis (« J’ai doublé j’t’ai cassé ! The show must go on ») mais ne le dérange pas dans sa conversation. Le temps de retrouver mes amis coureurs, d’ajuster nos équipement, de déposer nos sacs et il nous faut déjà rejoindre le départ. Pour ma part, ce sera le sas 3h15, où je retrouve l’un de mes étudiants parisiens (le monde est petit). Grâce à mon tee-shirt kikourou, je suis salué par un inconnu «  Salut ! je suis sur kikourou, je m’appelle Yann ! » « Salut, moi aussi ».Et je fais ainsi la connaissance de bobsup. Puis, alors que le jour se lève sur les collines environnantes, nous rendons un hommage vibrant aux victimes des attentats, une minute d’applaudissements suivie d’une marseillaise émue. Comme à La Rochelle, il y a un an.


Photo : page Facebook du marathon

Le départ est donné, nous libérant de ces tristes pensées. Dans un premier temps, je cherche à rester avec le meneur d’allure 3h15, mais nous sommes décidément trop nombreux. Je passe devant et commence à courir à la sensation. Si je reste devant lui jusqu’au bout, j’aurai battu mon record ! Progressivement, je prends de l’avance. Après quelques kilomètres dans la banlieue niçoise, nous rejoignons le bord de mer. Celle-ci est magnifique, calme, reflétant le soleil encore bas, une incitation au voyage. Nous sommes déjà au niveau du premier relai, mon allure s’est stabilisée autour de 4’30/km, je la vérifie tous les 2 km. Après quelques boucles, nous arrivons au Km 14, déjà un tiers de la course. Un speaker déguisé en Cowboy et un autre en vache mettent l’ambiance : « les coureurs qui passent devant nous ont décidé de courir entre 3h et 3h15, c’est très rapide, encouragez-les ! ». Je me rends compte de l’ambition de mon objectif, mais mon allure étant toujours régulière, je poursuis. Nous arrivons à la Marina Baie des Anges, où nous courrons entre les yachts majestueux et les immeubles impressionnants. Puis nous empruntons une interminable ligne droite longeant la mer, qui nous emmène jusqu’à la mi-course. Le moment de faire le point : semi en 1h34, même si je m’attends à mettre plus de temps sur la deuxième partie, en raison du profil, pas question de se relever, le « sub 3h15 » est toujours possible. A condition de bien passer les bosses.




Quelques photos du parcours (page Facebook du marathon)

La première arrive à Fort Carré, mais ce qui me coupe le souffle, ce n’est pas la montée, mais la beauté du paysage. Entre les remparts de la vieille ville et la vue sur la baie de Nice, avec les Alpes en toile de fond, c’est extraordinaire. Et cet émerveillement va durer jusqu’au bout. A part quelques rares passages plus quelconques, les paysages les plus magnifiques vont se succéder : petites criques, larges plages, vieux murs ou immeubles récents, il y a de quoi s’occuper l’esprit. Après le cap d’Antibes, nous voyons la baie de Cannes sur notre gauche. Je demande à un coureur local (avec un maillot du club athlétique de Cannes) où est Cannes, il me répond « par là », en me montrant la route qui part à droite. Deux-trois cotes cassent le rythme et me perdent dans mes calculs : suis-je toujours sur la base de 3h12 ? Ou 3h17 ? faut-il se relever ? Non, tant que je suis devant le meneur d’allure, je poursuis. A Km 39, j’entends des encouragements « Vas-y Yann », c’est un de nos amis qui devait nous attendre à l’arrivée mais s’est avancé en trottinette. Ca sent bon l’écurie ! Km 40, un groupe de supporteurs mets l’ambiance avec ses pancartes rigolotes « tout ca pour une banane ! » « Yes we Cannes ». Km 41, je sais que je vais réussir et me surprends à serrer un poing vainqueur. J’en oublie presque de regarder les majestueux hôtels cannois. Km 42, je tape dans les mains de ma femme et nos supportrices. 50 m plus loin, un début de crampe me fait douter une dernière fois, mais passe rapidement. J’emprunte aux footballeurs toute une panoplie de célébrations plus ou moins ridicules : je fais l’avion, pointe le ciel, embrasse mon brassard, tout ca sur 20 m. C’est réussi, en 3h12h45.



Cinq mn après, dans le sas d’arrivée, j’ai toujours les bras levés. Il faut dire que cela faisait 10 fois que je voulais améliorer mon temps, établi à La Rochelle en 2013. Le temps de récupérer mes affaires, et je vois arriver Henry (3h54 pour son premier marathon, facile), suivi de mon frère Laurent (3h56, deux mois après un semi-Ironman) et de Stéphane, qui améliore de 30 min son record en 4h27. Yes we Cannes, nous l’avons fait !

 Les 4 fantastiques

6 commentaires

Commentaire de coco38 posté le 18-11-2016 à 20:43:33

Félicitations... quelle facilité pour ce record. Pour le cadre, la parenthèse ensoleillée et tellement agréable en plein mois de Novembre, j'ai vécu la même chose. C'est pour cela que je reviens à Nice le plus souvent possible. Pour la course... c'était un peu plus long pour moi ;)
A se voir à Sainté dans 2 semaines !

Commentaire de didscott69 posté le 18-11-2016 à 20:47:46

jolie récit et super chrono! faire un temps pareil dans un aussi jolie lieu doit te donner des ailes (et surtout de beaux souvenirs!)

Commentaire de laurent05 posté le 19-11-2016 à 11:05:50

bravo pour ta course en lisant ton récit je ressent le même plaisir que j'ai pris
pour ce marathon. bonne récup et bonne sainté

Commentaire de centori posté le 19-11-2016 à 18:07:34

un trés beau marathon que j'ai couru deux fois
bravo pour ta perf.

Commentaire de marathon-Yann posté le 21-11-2016 à 14:10:12

Merci à tous pour vos messages. Outre la satisfaction personnelle d'avoir battu mon record, c'était le plaisir et la beauté de cette course que je voulais partager, je suis heureux de voir que je ne suis pas le seul.

Coco, j'ai prévu de manger au Flore dans 2 semaines, je vais essayer de te saluer.

Commentaire de Japhy posté le 22-11-2016 à 19:45:30

Bah oui, c'est beau chez nous n'est-ce pas ? Et merci de nous dire qu'on est sympa, c'est pas souvent ! :D
Bravo pour ta course et ce record !

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