Récit de la course : Marathon des Alpes Maritimes Nice - Cannes 2008, par chjou2

L'auteur : chjou2

La course : Marathon des Alpes Maritimes Nice - Cannes

Date : 9/11/2008

Lieu : Nice (Alpes-Maritimes)

Affichage : 941 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

8 commentaires

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Marathon Nice-Cannes : une magnifique joie partagée...

Il y a plusieurs mois déjà, j’avais proposé à Greg, un collègue qui devait réaliser son premier marathon sur ce Nice-Cannes, de le faire avec lui et de lui mener l’allure pour faire – de 4 heures. Se rajoutèrent entre temps son frère Anthony, premier marathon également, et Christian avec qui j’avais déjà fait le marathon de Paris et de Londres (son record était à 4h05m)

A l’époque, je savais que ce marathon tomberait quinze jours après La Diagonale, mais en tournant sur la base de 4 heures, je pensais que cela était tout à fait réalisable pour moi malgré la fatigue engendrée par le grand raid. Je n’avais bien entendu pas imaginé d’être blessé et cette maudite tendinite m’a vraiment fait hésité jusqu’au dernier moment.

Jeudi, premier footing depuis La Diagonale : ça va pas terrible !!!! Après seulement quelques minutes de course, j’ai déjà mal. Supportable mais comment la tendinite va-t’elle évoluer au fil des kilomètres ? Ne vais-je pas l’aggraver et traîner cela pendant plusieurs mois ? Autant de questions qui me rendent négatif à trois jours de la course. Je préviens mes trois amis qu’à ce jour, il y a peu de chance que je prenne le départ : je vois bien, à leur voix au téléphone, qu’ils sont déçus car ils comptaient vraiment sur moi. Jusqu’à samedi matin, je pèse le pour et le contre et je change continuellement d’avis : j’y vais, j’y vais pas, j’y vais, j’y vais pas……

Une seule chose est sûre, je suis persuadé que cette aventure avec mes collègues peut être merveilleuse alors je décide d’aller faire un dernier essai. 30 minutes de footing qui se passeront relativement bien. Bien entendu, la douleur est toujours là mais elle n’augmente pas et est tout à fait supportable, allez ………. j’arrête de réfléchir, qui ne tente rien n’a rien, je participerai à ce premier marathon Nice-Cannes.

Notre plan de course sera le suivant : 5h32 au km ceci afin de permettre une petite pause d’environ 45 secondes-1 minute à chaque ravito (sauf le dernier du 40 eme).

Nous nous retrouvons donc à la gare de Cannes à 6h30 afin de prendre le train pour se rendre au départ à Nice. Dès nos premières discussions, je constate qu’Anthony est très tendu et relativement négatif sur le fait de pouvoir réaliser – de 4 heures.

 

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 N’ayant jamais couru avec lui, je le mets en garde de ne pas se mettre dans le rouge s’il n’arrive pas à suivre. Nous convenons d’un plan B avec son frère Greg, si c’est trop rapide pour lui, ils ralentiront et continueront tous les deux.

8h45 c’est le départ.

 

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 Il fait un temps magnifique et les conditions sont idéales. Il y a vraiment beaucoup de monde pour cette première édition et cela nous permet d’effectuer un départ très tranquille.

Premier km en 6’, en retard mais rien de grave, je l’avais prévu et nous le récupérerons en montant progressivement le rythme jusqu’au 5 eme km. Je n’arrête pas de surveiller Anthony et hésite pour l’instant à monter en régime afin de ne pas le « griller »

5 eme km : nous sommes en retard d’une minute (29 pour 28 prévus) mais je décide néanmoins de rester  pour l’instant sur le même tempo. Maintenant, c’est Christian qui mène la danse, il est bien, Greg aussi, facile, Anthony n’a pas l’air trop mal mais il a toujours des propos noirs : pas bon signe çà !!!!!!

10 eme km : 57 minutes (56 de prévus) toujours cette petite minute de retard, normal puisque nous avons gardé le même rythme. Je commence à augmenter un peu l’allure afin d’arriver au 15 eme dans les temps et là je vois bien de suite qu’Anthony a du mal et perd progressivement du terrain. Nous ferons chemin commun ainsi malgré tout jusqu’au ravitaillement du 15 eme et c’est là que nos chemins vont se séparer. Je continue avec Christian et Greg reste avec Anthony (ils finiront tous les deux en 4h30m, pour un premier, un grand bravo à eux deux !!!)

Nous sommes rejoins par Vincent, qui fera quelques kms avec nous : il fait un tabac avec son déguisement et les applaudissements et les « allez Vincent » pleuvent !!!!!

20 eme km : 1h53, à la seconde près en plein dans le temps prévu, nous sommes bien, courant de front tous les deux (Vince a préféré nous laisser et ralentir). Arrive le semi en 1h59m, hummm………..sachant, pour avoir étudié le parcours que la deuxième partie est beaucoup plus vallonnée, il ne va vraiment pas falloir fléchir.

22, 23, nous sommes toujours très bien et le tempo est nickel chrome, nous allons maintenant attaquer la partie la moins roulante du cap d’Antibes.

24 eme, ouppsss…….je m’aperçois que pour la première fois depuis un bon moment, Christian n’est plus à mes cotés mais légèrement en retrait, je ralentis un peu afin qu’il ne se démobilise pas mais je vois qu’il est moins bien. Il commence un peu à piocher….

25 eme km : 2h20 tout bon mais juste après le ravito, nous sommes doublés par le meneur d’allure 4 h ce qui confirme la tendance, nous sommes moins bien. De mon coté, c’est à ce moment là que je commence à ressentir ma tendinite et j’espère vraiment que la douleur va rester comme cela et va pas augmenter au fil des kilomètres. Bon, il ne faut pas que je pense à ça, car Christian est beaucoup moins bien : en plus le fait d’être doublé par le meneur d’allure lui a mis un gros coup au moral, « on y arrivera pas » me dit-il. J’essaye de le rassurer, lui disant, que si l’on garde le meneur d’allure en point de mire, on est bon, et que surtout dorénavant, nous ne ferions plus de pause au ravito ( ce qui nous permettra ainsi de gratter une minute à chaque ravito).

A partir du 27 eme km, cela va mieux, Christian est revenu à ma hauteur et je sens qu’il a repris du poil de la bête. Je réaccélère progressivement et petit à petit, nous grignotons notre retard et réapercevons le ballon 4 heures que nous avions perdu de vu.

30 eme km : bingo 2h50 pour 2h50 prévus, nous sommes bien revenus dans la course mais il ne va rien falloir « lâcher ». Pas d’arrêt à ce ravito, juste une seconde pour attraper les gobelets à la volée et nous repartons…………….devant le meneur d’allure. Je m’en sers pour motiver Christian et l’harangue « terminé, il nous revoit plus celui-là ». Ca marche, Christian est de nouveau très bien. Il me double même et il faut que je le calme sinon il va le payer sur la fin. Jusqu’au 35 eme, c’est le rêve, nous nous relayons et n’arrêtons pas de doubler. J’encourage Christian continuellement afin qu’il reste dans sa course et qu’il ne pense pas à la douleur.

35 eme km : 3h17 une minute d’avance sur les temps de passage, tout va bien.

Puis à partir du 36 eme,……….c’est la «  merde »……ça se gâte, je sens un début de crampes derrière la cuisse gauche, il faut que je ralentisse un peu. Je le dit à Christian et lui suggère de continuer seul s’il s’en sent capable. Mais lui aussi est moins bien et ne peux pas aller plus vite. Le 37 eme km est effectué en 5m30 quand même en plein dans la plaque. 38 eme en 5m41, 39 eme en 5m46 Pfffffffffffffffff…………ça sent pas bon mais je gère quand même la minute d’avance qu’on avait et à un chouilla près ça devrait le faire mais bon dieu………….on est dans le dur…..

Juste avant le ravito du 40 eme patatras………………….le meneur – 4h nous double et nous lâche irrémédiablement, j’essaye de relancer mais Christian a du mal et perd de suite quelques mètres. Je ralentis et me remet à sa hauteur, « allez Christian tant pis on finit tranquille et si on fait 4 heures et des brouettes, ce n’est pas grave ». En fait, je ne pense pas du tout ce que j’ai dit, je m’efforce de garder le ballon vert à égal distance et pour l’instant çà marche, nous ne perdons plus de terrain et il est à peine deux cent mètres devant nous.

La croisette, dernière ligne droite, j’ai les crocs, je sais qu’on peut toujours descendre sous les 4 heures mais en plus rien que pour le fun, j’ai envie de « me le faire ce meneur »

J’hurle à Christian « colle toi derrière moi et me lâche plus Kiki » et c’est parti : j’accélère brusquement et nous sommes parti pour deux derniers kilomètres dantesques. Ma seule crainte est que Christian ne suive pas, mais non tout va bien il ne me lâche pas les baskets…..nous n’arrêtons pas de doubler…..150 mètres, 100,50 …………..progressivement nous revenons sur le meneur d’allure………….là c’est carrément jouissif……………

 

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42 eme km : le meneur a toujours quelques mètres d’avance……………nous sommes au sprint……………100 mètres de la ligne d’arrivée « on va le chercher » dis-je à Christian qui revient tout simplement à ma hauteur pour finir comme des boulets de canon……………50 m ……….ça y est on le double, nous nous prenons la main, levons les bras au ciel, faisant des petits sauts de cabris tellement nous sommes heureux…….3h59m03s………….c’est le pied total………..un moment magique………….. , la ligne est franchie, on se tombe dans les bras pour une minute d’éternité…………..pffffffffffffffffffffff…………..trop bonnard………….

 

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Voilà, c’est exactement pour vivre un moment pareil que j’ai pris le risque de participer malgré ma blessure et franchement ça en valait vraiment la peine (même si, j’en suis sur, mon genou va me le faire payer dans les jours à venir).

Pour finir, je te tire un ENORME coup de chapeau Christian, tu t’es battu comme un lion et tu as réussi ton pari : t’es descendu sous les 4 heures, t’es un champion mec !!!!!!

8 commentaires

Commentaire de mysterjoe posté le 18-11-2008 à 18:58:00

géant.........pfiou quel récit et quelle course, m'en a tiré la larme de joie sur l'arrivée, c'est génial de vivre des choses pareilles, c'est pour cela que l'on y revient d'ailleurs, je comprends un peu mieux à quoi je deviens dépendant ;-).
félicitations à toi qui a su passer outre ta condition pour offrir ça à christian et merci pour ce récit si émouvant, bonne récupération

Commentaire de Shostag posté le 18-11-2008 à 19:15:00

Epique, quel combat contre soi-même et le chrono, finalement victorieux ! Félicitations à tous les deux.

Commentaire de calimero posté le 18-11-2008 à 20:02:00

Vraiment une immense joie de t'avoir revu!
Enchaîner ce Marathon si peu de temps après le GRR, il faut vraiment le faire!
A bientôt j'espère sincèrement!

Commentaire de Runner des Terres Froides posté le 19-11-2008 à 06:16:00

Bravo à toi et à ton pote, vous avez su vous surpasser pour atteindre vos objectifs, récit "haletant" et plein de suspense : "vont-ils y arriver ???" Bravo encore et bonne récup
Je t'envie pour la diag mais qui sait.... un jour peut être !

Runner des TF

Commentaire de laurent05 posté le 19-11-2008 à 09:07:00

bravo pour enchaîner le GRR avec un marathon
très sympa d'aider les copains à tenir leurs objectifs
a+
laurent

Commentaire de Monloup posté le 19-11-2008 à 11:06:00

Bravo les gars je n'ai pas eu autant de mordant pour rattrapper mon ballon qui m'a lâcher au 35è
Bravo pour ce courage

Commentaire de marioune posté le 20-11-2008 à 07:55:00

Bravo pour votre course et pour ce super récit, j'ai adoré. Bon, maintenant bonne récup, prendre soin de la gambette!!.......

Commentaire de hagendaz posté le 20-11-2008 à 18:20:00

domage que tu ne sois pas venu au rdv des kikous
pour la prochaine!
bravo pour ton marathon

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