Récit de la course : La Boffi Fifty 2018, par NRT421

L'auteur : NRT421

La course : La Boffi Fifty

Date : 20/10/2018

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 447 vues

Distance : 51km

Objectif : Se dépenser

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

247 autres récits :

Contemplations boffiennes

A - Quelques infos technico-logistiques

Pour ceux surtout intéressés par les aspects pratiques :


1- La Boffi propose un parcours typiquement Templiers avec une variété de terrains, de la pente bien marquée au plateau, des alternances terre, rocher, racines, du monotrace tracé à la serpette à la piste coupe-feu bien large. La distance n'étant pas importante et le sol essentiellement meuble, un amorti important n'est pas indispensable, mais il faut un peu d'adhérence et être bien tenu en cheville. Perso je suis parti en Peregrine 7 car j'aime mon petit confort, mais ça pourrait à mon sens très bien se faire en Peregrine 5 ou équivalent.

 

2 - La 1ère moitie jusqu'à Longuiers est plutôt roulante. La 2ème est plus technique. Il est à mon sens important de garder du quadri pour cette partie.

 

3 - Les ravito sont bien fournis et on peut voyager léger en nourriture. Attention par contre à vos calculs de ravitaillement en liquide. Les distances entre chaque point oscillent entre 14 et 16km avec plus de 1.000m D+ sur le segment Longuiers - Le Cade. Par journée ensoleillée et température limite chaude l'ap-midi alors qu'on court en adret à flanc de falaise, il ne faut pas compter trop juste sur le liquide, surtout sur ce segment.


4 - Départ et arrivée se font au village du trail. Normalement des sacs peuvent être laissés à la tente kiné qui jouxte immédiatement l'aire de départ.



B - Le récit, le récit !

Mais pourquoi donc la Boffi Fifty allume-t-elle en moi les synapses connectées à l'œuvre de V. Hugo, Les Contemplations ?

Le lecteur érudit (que je ne suis pas), ou celui que la musique de notre belle langue maniée par un de ses génies fait simplement planer (présent) se souviendra peut-être de la préface magistrale des Contemplations : "[...] c'est une âme qui se raconte dans ces deux volumes : Autrefois, Aujourd'hui. Un abîme les sépare, le tombeau. ". Avec la Boffi, point de tombeau évidemment, et je vous raconterai mon âme une autre fois. Mais c'est une course que j'ai effectivement vécue en deux temps distincts qu'une forme d’abîme sépare : la descente vers la Dourbie au Chaos du Caoussou.

20 octobre 2017. Je viens d'en terminer avec l'ET. Trois années viennent de s'écouler depuis ma 1ère expérience de ce même ET. Si j'ai à peine amélioré mon temps, je constate avec plaisir qu'en cette 6ème année de pratique du trail, ma carcasse pourtant vieillissante s'est aguerrie à l'exercice et j'arrive nettement moins entamé que la 1ère fois.

Pourtant une évidence s'impose : la préparation un peu limite que j'ai pu réaliser a été sanctionnée par une fin comateuse pour mes quadri. Une évolution récente de mes activités professionnelles a sérieusement entamé mon potentiel d'heures disponibles. Et le plaisir que j'ai à partager avec ma meilleure moitié les activités de notre progéniture pendant les fins de semaines fait que ce n'est certainement pas de ce côté-là que je vais rogner. N'anticipant pas de gros changement pour l'année à venir, je me résous à revoir mon programme annuel : ce ne sera plus deux mais une seule course, et pour celle-ci ce sera un format moins ambitieux. A trouver ma cible donc !

L'été étant la seule période où je puisse faire un poil de volume, une course de septembre ou octobre s'impose. Outre l'attrait massif qu'exercent sur moi les Causses, des raisons personnelles s'ajoutent au sujet calendaire pour pousser à un retour sur le Festival des Templiers.

Jusqu'alors j'ai toujours couru une des courses du vendredi : la 1ère édition de l'Intégrale en 2013, 2 ET, et les 2 sublimissimes mais à ce jour uniques éditions de feu la Solitaire (Gilles B., fais qq chose stp !!!). J'avais bien aimé l'Intégrale mais en dehors de la cote du Cade, j'en garde le souvenir d'un parcours un poil trop "civilisé". Ne me demandez pas d'être plus explicite, c'est juste la sensation qui m'en est restée. Au demeurant le parcours a changé depuis 2013 crois-je. Toujours est-il que la 1ère édition de la Boffi en 2017 avait engendré des commentaires plutôt positifs, et que la description du parcours sur le site des Templiers m'a bien "parlé" (bizarre cette expression, mais bon ...). Avantage supplémentaire, la course a lieu le samedi ce qui réduit l'impact sur mon agenda pro par rapport à une course le vendredi. Enfin, la promesse d'un nombre limité de coureur (586 inscrits in fine) finit de cocher les cases requises.

C'est ainsi que je me suis retrouve à cliquer sur la Boffi Fifty.

Les prédictions se sont vérifiées, et c'est donc fort (ou plutôt faible) une préparation réduite que je me retrouve à Millau. Heureusement, j'ai pu sauvegarder mon désormais traditionnel "WE choc" de fin d'été à Chamonix. Deux semaines avant la Boffi j'ai sur 3 jours enfin cumulé de la durée et surtout du dénivelé.  Pour le rat de bureau des plates contrées aux quadri de criquet sahélien, c'est le sujet sur lequel je ne peux pas faire d'impasse sous peine de finir sur les genoux au propre comme au figuré.

Autre première pour moi cette année : une course qui part de jour ! Alors que je rejoins l'aire de départ, tous les voyants sont au vert. La journée s'annonce belle voire limite chaude. L'effectif du départ est bien contenu avec 513 partants. Seul petit agacement, monchu que je suis, j'ai oublié de prendre ma poche à eau dans mes bagages, si si ! J'ai découvert cela en préparant mon sac pour la course. Trop tard pour foncer sur l'un des stands du village du trail et faire un achat de dernière minute. Heureusement, je suis en revanche doté de tout mon stock de flasques. J'aurai donc de quoi assurer mon hydratation entre les point de ravito. Il s'avèrera en fait que cet alea sera bénéfique ... mais n'anticipons pas.

La timidité que devrait m'inspirer mon manque de préparation est tamponnée par excès (au sens chimique du terme) par l'excitation que cette unique course annuelle et le dossard accroché sur moi engendrent. Me voilà donc innocemment installé dans le 1er quart du sas de départ, voire meme plus avancé. Bouffon ! Mais bon je sais qu'en ces occasions-là je suis incapables de me forcer à démarrer piano. Seul le suivi du cardio parviendra au bout de qqs centaines de mètres à me ramener à la raison. Alors carpe diem ou en tout cas minutem.

Un coup d'Era histoire de finir de se saturer en endorphine et hop c'est parti.

A l'instar de l'Endurance, les deux premiers kilomètres se courent en bord de Tarn sur du macadam. C'est pas jouissif mais ça permet d'étaler le peloton et de calmer l'énervé NRT avant d'aborder les 1ères pentes. 1er échauffement, la légère montée au Mas de Trauque. Elle se gère aisément. La trace est large et la pente aimable. On est maintenant sur un mix de chemins carrossables en macadam ou terre selon les moments qui nous conduit vers Carbassas. Tout le monde finit de caler son allure de début de course et, en l'absence de difficultés, ça discute ou ça admire le paysage maintenant que nous dominons le Tarn d'une centaine de mètres.

Ca montouille gentiment après Carbassas mais on redescend rapidement vers Paulhe où nous attend le 1er coup de rein de la journée. C'est parti pour 400m de D+ assez sec en monotrace. Cette année je demeure fidèle à ma religion : point de bâtons pour moi. A ma grande satisfaction, dans la partie de peloton où je me trouve, les batonneux(*) se comportent parfaitement et je ne trouve aucun motif à ronchonner ou pester.
(*)Note du rédacteur : ayant décidé d'être définitivement étanche à l'écriture dite « inclusive », mes pluriels sont aux masculins mais désignent tant les coureuses et coureurs que je respecte et admire de la même façon. Voilà, ça c'est dit.

Il a plu ces dernier temps, les zones terreuses sont donc légèrement grasses mais sans excès et de toute façon en pays caussenard, la pierre n'est jamais bien loin. Mes Peregrine 7 accrochent bien et je monte tranquillement. Malgré mon allure maîtrisée, je reste dans le rythme de mes camarades du moment, et c'est donc de fort bonne humeur que j'en fini de cette 1ère ascension pour rejoindre le Causse Noir.

Là c'est le plaisir de serpenter à bonne allure encoconnés d'une température idéale qui nous attend. Le parcours est boisé, mais situé en bord de Causse et parvenus à bonne hauteur désormais, notre regard porte loin. Le mien est notamment attiré par une construction assez massive construite sur une éminence 3 ou 4 km au Nord, de l’autre côté de la vallée du Tarn : le piédestal de Fontaneilles et sa sombre histoire de Vierge belge jamais livrée à un trio de prêtres locaux.

Apres le 11ème kilomètre, c'est la 1ère plongée du jour. Un joli monotrace en sous-bois, bien pentu, bien zigzagant. La descente est mon péché mignon. J'y gagne généralement pas mal de places. Je sais que cela se fait au prix d'un cramage accéléré de mes quadri mais crotte, c'est tellement bon. Je me retrouve avec un coureur calé sur la même allure et nous déroulons avec bonheur, aidés par les autres coureurs qui s'effacent très gentiment pour nous laisser progresser à notre cadence. Tels des James Dean aveyronnais, c'est cheveux au vent que nous entrons « en trombe » (tout est relatif … plus vite que si on allait plus lentement si vous préférez) dans la zone de ravito de La Cresse.

Je ne m'arrête que le temps de faire les pleins d'eau aidé par les fameux bénévoles des Templiers, toujours aux petits soins. Je n'honore pas le ravitaillement solide mais repart en marchant afin d'assurer tout de même mon premier grignotage avec les amandes, fromages et rondelles de saucisson stockés dans mon sac. Je prends bien mon temps dans ce ravin de Font Auzal. Je reprends mon allure de course alors que le chemin quitte le thalweg, redevenant monotrace confortable et prenant de l'angle pour nous remonter vers le Causse Noir.

J'entends alors derrière moi un bruit de soufflerie. Un coureur interpelle la source de cette ventilation forcée, une coureuse. Il s'inquiète de son rythme respiratoire. Elle répond que c'est la faute à la cigarette (sic)... Je me garde bien de m'inquiéter en écho car j'ai déjà vécu un épisode comparable sur un TAR. J'avais été doublé à l'aiguillette des Houches par une jeune coureuse ventilant comme un hamster tachycarde. J'avais mesquinement ricané in petto en me disant qu'on allait se retrouver bientôt. Et de fait, je l'avais reprise au ravito du Brévent. Pourtant, bien des heures après, elle avait de nouveau déboulé dans mes 9 heures en fin d'ascension de l'aiguillette des Possettes. Ventilant toujours à un rythme infernal, elle m'avait déposé sur place, et je ne l'avais jamais revue avant l'arrivée à Vallorcine.

Je vais périodiquement recroiser cette coureuse tabagique tout autant que sympathique, échangeant avec elle quelques mots à chaque fois. La dernière fois ce sera elle qui me doublera peu avant le Cade. Ne l'ayant pas revue avant ma propre arrivée, il est probable qu'elle ait fini dans le top 4 feminin, respect. A moins qu'elle se soit arrêtée en griller une à la ferme du Cade !!!

Du retour sur le causse, jusqu'à Longuiers c'est une belle balade en forêt clairsemée sur des pistes plutôt larges jalonnée d'une paire de montée-descente qui évitent la monotonie. Le risque est de se faire endormir par le charme tranquille du cheminement et que la course devienne promenade. Heureusement, même si le peloton est désormais bien étiré, on parvient toujours à se mettre un coureur en point de mire pour se motiver à dérouler à allure décente. Un chtio poutrage, ça fait toujours du plaisir !

Longuiers, 2ème ravitaillement dans un charmant hameau de pierre, encore servi par d'adorables bénévoles. Nettement plus fourni que le 1er je n'y fais pourtant encore que le plein de liquide. Il se confirme que la journée sera belle et chaude. Je connais ces cheminements à venir en rive Nord de la Dourbie et donc exposés Sud et à flanc de falaises calcaires réverbérant bien la chaleur. Ca va cuire à l'étouffée cet ap-midi. Celle ou celui qui n'aura pas suffisamment d'eau ne va pas vraiment profiter du moment. Tout en remplissant toutes mes flasques, je me maudis une fois encore d'avoir oublié ma poche à eau .

Je réitère la même approche qu'au Cresse : après le ravitaillement je marche, grignotant fromage, amandes et saucisson arrosés d'une compote. Je repars en même temps qu'une coureuse et un coureur. Le garçon est liant et nous conversons donc tous les trois. Il est du Nord et c'est sa première course de plus de 20km. Au bout de quelques minutes, il nous annonce que les fourmis le gagnent et il repart donc à allure de course. La jeune femme lui emboite le pas. Moi, je mange !

Bouche vidée, je relance enfin, rattrapant rapidement la coureuse, et plus loin le coureur qui me dit alors que je le passe : " je n'aurai pas dû repartir si vite". J'ai vérifié après coup : le gaillard a bouclé sa Boffi avec succès, il a donc su gérer ce nouvel effort pour lui. Bravo !

Juste doublé un petit groupe de coureurs, je me retrouve seul alors que la végétation s'éclaircit nettement et que le sentier gagne progressivement mais clairement en rusticité tout autant qu'en pente et devient monotrace petit format.

C'est là que l'horizon plonge et que débute la 2ème partie de cette Boffi : la vallée de la Dourbie s'offre à moi ainsi que les mégalithes du chaos de Caoussou qui marquent un vallon dans lequel s'embouque le chemin à suivre. L'instant est extatique, quel bonheur d'être là, libre, à courir.

La trace plonge maintenant vers la Dourbie et j'ai l'impression, ne serait-ce la température, d'être en hors-piste l'hiver à trouver ma voie entre les sapins, improvisant à chaque instant le petit changement de rythme, de direction, permettant de glisser dans la trace idéale. Hop, Hop.

Alors que l'heure pourrait inviter à une légère sieste, le trace est devenu tellement ludique que l'envie ne se manifeste absolument pas. On serpente maintenant à flanc de falaise. Ca monte, ça descend, ça zigue et ca zague, un régal. Parfois le monotrace passe au standard trace de lapin vaguement élargi à la serpette tels les bijoux que nous taillait la brigade verte pour la divine et regrettée Solitaire (je me répète, je sais …).

Vers le km32, une gâterie : nous devons passer sur une dalle de pierre à l'endroit même où la falaise en surplomb descend massivement. A ramper donc pour passer dans le verrou.

La séquence dans ce Valat de Langouyres s'achève par une remontée brève mais vraiment « dré dans l'pentu ». Dans le 1er tiers j'arrive sur un coureur assis sur le côté, regard perdu dans le vague. La pause qu'il s'accorde me parait effectivement s'imposer. Pourtant, parvenu à 2 mètres de lui, il jaillit soudainement tel le lapin Duracell sous ecstasy et tente un redémarrage actif. 5 mètres plus loin, la réalité s'impose, panne sèche. Il va falloir recharger un peu plus longtemps tes batteries, courage camarade.

Il faut dire que même si nous franchissons régulièrement des zones ombragées, la chaleur nous accompagne désormais. J'ai l'habitude de charger en eau douce ma poche de sac, réservant mes flasques à l'eau chargée en sucres. Le lecteur attentif se souviendra que « voilou » la poche à eau de NRT. Mon eau douce se trouve donc dans des flasques itou. C'est là que l'inconvénient devient avantage car je peux utiliser ces flasques pour me faire périodiquement des mini-douches. Je garderai cette idée pour d'autres course car clairement ces douches sont bienfaitrices et me permettent d'éviter les coups de mou que la chaleur aurait certainement provoqués, surtout vu mon déficit chronique de sommeil.

Vers le km37 nous parvenons sous le rocher de Boffi et ses voies d'escalade, et pénétrons dans le ravin du Monna. Au fond de celui-ci, vers le km40, l'organisation a installé un ravitaillement liquide non prévu. S'ils ont improvisé cela au vu de la météo, c'est bien vu. Perso, je ne m'arrête pas car j'estime avoir de quoi tenir jusqu'au Cade, mais je parie que plusieurs ont vraiment dû apprécier.

Avec la descente vers le Monna on retrouve l'ombre du sous-bois temporairement. De nouveau la descente est ludique à souhait et pour l'instant mes quadri sont tj impec. Je descends à bonne allure mais en souplesse  pour ne pas cramer trop de fibre en perspective de la remontée vers le Cade.

Celle-ci s'amorce vers le km42. C'est moins "méchant" que la classique remontée intégrale depuis Massebiau, mais un bon coup de rein nous attend tout de même avec à la fin du 1er tiers un segment de pente supérieur à 30%. De quoi s'occuper intelligemment !

On retrouve une fois encore le plateau du Causse Noir à la cote 800, rejoignant à cette occasion des coureurs d'autres courses du samedi. Je perds le plaisir de notre semi-solitude mais c'est sympa aussi de vivre ce début d'animation, car outre un certain flot de coureurs sur la piste désormais, pas mal de fans sont présents sur les bords pour encourager leurs champions du jour (cf ma note du rédacteur supra sur les masculin/feminin).

L'entrée dans la ferme du Cade me charme toujours autant. Le lieu, l'équipe de bénévoles, créent à chaque fois un instant de magie dont le seul inconvénient est de donner l'impression qu'on est arrivé et qu'il n'y a plus qu'à se servir une bonne soupe, s'asseoir au coin du feu et écouter l'accordéon. Ici, je prends le temps de tartines de roquefort, de pâté et de quelques échanges avec nos hôtes.

Je vais découvrir cette année le retour sur le Pouncho passant sous la grotte des faux-monayeurs avant de remonter "subtilement" vers le Pouncho. Après une descente raisonnablement marquée, je remonte plusieurs coureurs qui semblent commencer à trouver que bon, faudrait voir à voir. Désolé pour eux mais l'ultime remontée est encore bien pentue et j'y emploie sur qqs brefs segments tant les mains que les jambes. Je suis ravi car le plaisir est toujours là et je déguste sans modération, bien motivé à demeurer propulsif en permanence, à plat comme en montée.

Parvenus sous le Pouncho, on est d'abord en balcon. Visiblement on retrouve la tête du marathon car quelques bipèdes des deux sexes sans sac sur le dos déboulent à vive allure.

On amorce la dernière descente. Je suis encore bien en jambe et ouvre donc les gaz en grand. Bonheur ! Je passe vivement une coureuse qui m'avait déposé tout aussi vivement sur le baclon qqs minutes auparavant.  Mais parvenu sur les faux plats casse-cheville précédant l'arrivée, elle me repasse comme une flèche. Comme je tente de rester accroché, je double des wagons (OK, wagonnets … ) de coureurs des autres courses. Cool d'avoir ce lièvre qui me pousse à profiter de l'ivresse de cette arrivée bien speed avec des jambes qui répondent toujours bien.

C'en est fini, je franchis l'arche. Je sais déjà que mon temps est dans la tranche supérieure de ce que je visais. Mais le classement est lui bien au-delà tant en scratch que dans ma catégorie. Je suis vraiment content car le résultat ajoute ainsi à la plénitude d'une course vécue en permanence en mode engagé mais également plaisir. A quelques mètres, la féminine que j'ai filée sur la fin est interviewée et s'avère être la première du marathon. Pas étonnant qu'elle ait une vitesse sur plat assez remarquable.

Je suis donc in fine ravi d'avoir choisi la Boffi Fifty pour en faire ma course de l'année. Et vu que le temps dispo pour préparer ne semble pas vraiment promis à un quelconque accroissement, il n'est pas impossible que je resigne pour l’édition 2019, quitte à trouver un autre 50/60 et 3000 "de charme" à mettre sur ma liste style MH60 (en mode yolo pas préparé) ou Expe Trail de l'UTV.

Ecrit à Rodez les 10 et 11 novembre (c'est pas Guernesey, mais j'aime aussi :-) )

Aucun commentaire

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.18 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !