Récit de la course : Les Templiers 1997, par c2

L'auteur : c2

La course : Les Templiers

Date : 26/10/1997

Lieu : Nant (Aveyron)

Affichage : 3181 vues

Distance : 64km

Objectif : Pas d'objectif

1 commentaire

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TEMPLIERS 1997

La Grande Course des Templiers, 3ième édition, 64 kms Nant -

26/10/97



Il n’avait pas fallu que je réfléchisse bien longtemps pour occuper cette 5ième place encore libre qui se proposait à moi dans ce véhicule en partance pour le Sud.



Et même 15 jours après le marathon de Reims accueillant le championnat de France, que j’avais fait avec ma douce moitié qui revenait sur la distance, nous verrions bien ce que cela pouvait donner. Le but du jeu étant d’arriver, sans se mettre la pression et sans aucun objectif chronométrique.

La région ne m’est pas inconnue, il suffit de parler de 100 kms (de Millau) ou bien de fromage (de Roquefort) pour être déjà dans le coin.

C’est la 3ième édition et après Sainte Eulalie de Cernon, cette année le départ sera donné à Nant pour une unique grande boucle, sur un nouveau parcours tracé à travers le rebord est du Larzac et le versant sud du Cause Noir.

On nous promet un tracé encore plus beau et encore plus sauvage, de difficulté sensiblement constante ( 1500 m de dénivelé positif ) en semi autonomie ( 3 ravitaillements seulement ).

Le départ a lieu à 8 heures, il fait tout juste jour lorsque nous partons du gîte situé à une cinquantaine de kilomètres dans un endroit très reculé au calme absolu. Nous y allons tranquille. Nous avons déjà nos dossards, retirés la veille au soir après une ballade dans les parages sans avoir bien pu reconnaître le parcours puisqu’il n’empreinte pas de routes et ne fait qu’en traverser quelques unes. L’ambiance dans le véhicule est curieusement et inhabituellement très silencieuse, ce que je traduis par un mélange de non réveil, de concentration et d’inquiétude.

Il fait très frais, quelques degrés tout juste. Nant (485 m), dans le creux de la vallée de la Dourbie est dans le brouillard mais nous savons que la journée est annoncée belle et très chaude et que l’on peut déjà adapter la tenue en conséquence quitte à être un peu juste pendant quelques kilomètres. Pour moi cela sera débardeur très léger et porte bidon habituel pour ce genre d’épreuves.

La petite place du village si calme la veille au soir est le théâtre d’une agitation qui a mis déjà à cette heure matinale du dimanche pas mal d’habitants aux fenêtres.

Le sac poubelle de service me permet de maintenir la thermique en attendant le départ. J’ai déjà la casquette blanche sur la tête comme pour emprisonner dans mon esprit le détail du tracé que j’ai essayé de mémoriser en le décomposant en différents secteurs qui seront de toute façon différents.

J’ai décidé de partir très cool, en footing. Cela me permettra d’ailleurs de reprendre tranquillement un à un tous les copains et de finir devant.

Un superbe chevalier templier harangue la foule des coureurs.



On se croirait sur le tournage d’un film. Patricia Djaté, marraine de la course doit donner le départ.



C’est parti, au coup de fusil.

Dés la sortie de la ville à travers de petites rues étroites vers le sud une douce rampe sur route nous sort très rapidement de ce brouillard frisquet pour nous mentionner que le soleil est déjà là et qu’il sera d’ailleurs là toute la journée et même un peu trop présent en milieu de journée dans la pierraille blanche de petits chemins montants.



Très vite, après 4 kms, on met le clignotant pour quitter l’asphalte que l’on ne reverra plus de la journée si ce n’est pour traverser quelques routes. Direction La Couvertoirade en passant par Le Liquier dans un paysage assez lunaire mélange d’arbrisseaux, de buissons et de pierres apparentes. Deux, trois goulets ralentissent la troupe, mais qu’importe. Avec 1087 inscrits et 1027 partants, dés la 3ième édition cette course rentre dans le cercle très fermé des épreuves à plus de mille coureurs. C’est un signe. Il y a visiblement une demande pour ce type de course.



Le paysage est sublime. Ce n’est derrière nous, qu’une succession de collines. Nous flottons maintenant entre 800 et 900m. Il suffit de prendre le temps, de lever la tête et d’apercevoir dans ce décor aux couleurs dominantes vertes et marrons, un long serpent multicolore et bariolé qui ondule au grès du relief.

Brusquement, au détour d’un goulet, nous voici sur une ancienne voie de chemin de fer encaissée qui nous donne un peu d’ombre.



Nous atteignons La Couvertoirade point le plus au sud de notre parcours par un curieux passage sur une moquette d’herbe verte extrêmement reposante. Le village est très beau, dominé par une tour ronde. On sent ici l’odeur des siècles. Cap à l’ouest, maintenant pour arriver à la Salvetat et son premier ravitaillement. Nouveau changement de direction pour attaquer ensuite plein nord le côté ouest de cette grande boucle que nous effectuons dans le sens des aiguilles d’une montre. Le paysage change, un peu plus vert sur des chemins de traverse qui nous amènent à longer parfois une ferme isolée aux longs murs de pierre tout comme en Irlande. Après la Blaquererie ( 744m ) et quelques sous-bois nous attaquons une descente plus cassante de 200m environ, avec pierres, arbres et épingles qui demandent à mettre parfois les mains, pour arriver aux sources du Dourzon à 530m où un simple poste d’eau et des services médicaux permettent si besoin est de se refaire une petite santé. De plus, la fraîcheur des lieux est bien agréable . Après avoir enjambé les sources par un petit pont de pierres dominant une chute d’un mètre de haut environ, nous remontons doucement le Dourzon sur quelques kilomètres avant d’attaquer une montée fort longue qui nous propulse de nouveau à près de 900m sur la traversé d’une petite route qui nous conduirait si nous prenions sur notre droite en quelques kilomètres à Nant lieu d’arrivée . Nous avons donc terminé toute la partie sud de notre périple. Mais la partie la plus difficile en terme de dénivelé se trouve encore devant.

St Sauveur, ça monte fort, mais il y a le deuxième ravitaillement. Ouf !!

Puis on longe à flanc la vallée de la Dourbie. Et dire qu’il faut y descendre pour mieux remonter en face et atteindre Revens que l’on devine sur l'autre flanc de la vallée !!!!

Le passage de la rivière se fait sous l’œil narquois d’une grande tour sombre à côté de St Véran proche de la limite nord de notre périple.

La montée sur Revens est très dure avec un fort pourcentage. Le 3ième ravito, il se mérite. Mais nous savons tous que nous sommes déjà dans le dernier quart de ce trail.



Un peu plus loin, un passage un peu délicat est aménagé avec une corde. Nous glissons sous Cantobre, un des plus beau village de France pour attaquer la dernière montée. Et quelle montée. Une pente régulière dans les bois dont le profil s’émousse progressivement mais dont on ne voit pas le bout.

Interminable.

Mais où est-il ce roc Nantais qui nous permettra de surplomber visuellement Nant et de redonner un petit coup de fouet ?

Car après un passage vers 850m, il faut encore patienter quelques kilomètres pour y être et dominer la vallée du haut de ses 808m.

Il suffit ensuite de maîtriser la descente, pour éviter la blessure bête que l’on pourrait se faire sur ce petit sentier qui serpente.

Puis enfin, la traversée de la rivière par un magnifique et très ancien pont de pierre suivi d’un virage à droite nous amène à l’arrivée toute proche.

Les derniers arrivants rattrapés par la nuit seront aidés par l’organisation pour effectuer la dernière descente à la frontale.

L’année prochaine le parcours sera remanié à au moins 50% nous promet l’organisation et le départ avancé d’une heure pour profiter encore plus.

Une bonne raison pour revenir ???!!!!

Novembre 97
CHRISTIAN

1 commentaire

Commentaire de Gadou 42 posté le 02-01-2007 à 12:24:00

Quand j'ai commencé a lire je n'avais pas fait attention a la date ! ! ! !
mais apres m'etre un peu perdu entre Nant et la couvertoirade je m'apperçois que l'ambiance l'envie et la difficulté etaient deja d'actualité
Bravo ! et Merci ! de ce CR

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