Récit de la course : Les Templiers 2013, par godas

L'auteur : godas

La course : Les Templiers

Date : 27/10/2013

Lieu : Millau (Aveyron)

Affichage : 1123 vues

Distance : 71km

Objectif : Pas d'objectif

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Hypoglycémie mon amour

 

2ème tentative sur cette course mythique après une première réussite il y a deux ans un peu ternie par « déjà » une hypoglycémie.

 

En 2 ans, j'ai réalisé plusieurs trail long, avec plus ou moins de réussite. Je croyais surtout avoir compris que souvent mes problèmes digestifs qui ce transforme ensuite en hypoglycémie sont lié à une vitesse excessive. Je vais me rendre compte que ce n'est pas la seule cause...

Il va falloir impérativement que je résolve ces difficulté d'alimentation en course si je veux continuer à courir longtemps...

 

Revenons au départ

Préparation qui se passe bien, les sorties longues sont très bien acceptées, j'ai effectué pas mal de côte pour un habitant des plaines, et je pense donc que je vais pouvoir mieux gérer les côtes.

J'ai beau dire que je vais partir prudemment, que je ne me fixe pas de temps particulier, que l'important est de tenir la distance et que j'ai l’entraînement pour, à l'approche, la tension monte, je me sent tantôt bien, tantôt moins bien. Je ne peut pas m'empêcher de me fixer un objectif chronométrique, pour faire « mieux qu'il y a 2 ans »

Le départ - je suis bien situé - émotion maximum au son d'éra – je pars tranquillement – beaucoup me doublent sur le plat – moins dans la côte qui suit que j'essaye de monter à l'économie – le plateau ensuite passe assez vite, toujours en mode footing.

Arrive la descente sur Perleveau au levée du jour - descente magique - tout les coureurs se suivent à la queue leu-leu dans cette pente peu technique, ce qui fait qu'on va tous assez vite, c'est très sympa
1er ravito atteint en 2h01, 247ème. Jusqu'ici tout va bien, je suis partis bien moins vite qu'il y a 2 ans.

La montée suivante se fait également tranquillement, sans trop doubler, ne pas m'affoler, la course est encore longue. Saint Andrée de Vézine arrive ensuite également assez vite en 3h12 (188ème). Je prend le temps de bien me ravitailler, me mélange un peu les pinceaux dans le remplissage de mes bidons, ce qui me fait perdre un peu de temps, mais ce n'est pas grave, je suis encore très bien.

Je repars ensuite tranquillement, prenant pas mal de temps pour rattraper un certain nombre de coureur avec qui j'étais avant le ravitaillement. Je prend ensuite beaucoup de plaisir à envoyer un peu dans la descente technique avant la roque Sainte Marguerite, relançant à la moindre remontée, je double du monde et je suis même surpris de trouver que ceux que je double n'avancent pas. (En fait, je pense que c'est surtout moi qui devait aller un peu trop vite – nous sommes tout juste à mi-course)

Je calme donc le jeu ensuite dans la montée qui va sur Pierrefiche, je suis encore bien et j'arrive en haut en 4h58 (145ème)

Je n'ai pas encore mal au jambe, mais je me sens un peu limite au niveau digestif.

Je prend donc le temps de manger et repart tranquillement pour environ ...100m et là je vomi tout ce que je viens de manger !!

L'estomac est noué ! Que faire ? Je ne me sens pas encore trop mal alors je continue, en me disant que j'ai de quoi manger sur moi. J'essaye de grignoter un peu, mais ça ne passe pas, et puis, un peu plus loin, ce qui devait arriver arriva : panne sèche, hypoglycémie, arrêt obligatoire.

J'ai un souvenir plutôt diffus des 5 heures qui vont suivre et qui vont être un véritable calvaire.

Je me suis arrêté un nombre très important de fois, je m'assois, je me suis endormis plusieurs fois, et puis ça va un peu mieux, je repars tout doucement avant la nouvelle alerte. Au final, pendant ces 5 heures, je n'ai pratiquement rien mangé ni bu, rien ne passe. Au niveau mental, je ne suis plus très lucide, je passe un peu par toute les phases : déception - je vais faire un plus mauvais temps qu'il y a 2 ans - qu'est ce que je vous là ? - abandon - je ne suis vraiment pas fait pour des courses aussi longue, on ne m'y reprendra pas...
mais parfois aussi des moments décalé, étrange, où je suis un peu en rêverie, presque satisfait d'avoir ainsi été remis à ma place, juste bien d'être là, remettant un peu en cause mon esprit de compétition qui parfois se transforme en vanité mal placé. Mon but n'est plus de faire un temps, mais juste de terminer en bon état.

Au final : une vrai leçon d'humilité, ce qui n'est certainement pas totalement inutile...

Bref, je met 5h15 pour rejoindre le Cade, soit le double de ce que j'avais prévu !!!

Et je ne suis pas encore totalement remis. Je décide alors de prendre tout mon temps et de ne pas repartir avant d'avoir mangé, sans me préoccupé du chrono. Je vais mettre 30 mn avant de pouvoir manger quelque chose !!

Pendant cette pause au ravitaillement, mon cousin Nicolas arrive, il a l'air très frais, lui (même s'il dit avoir mal au jambe). Il s’occupe un peu de moi et mange car lui il y arrive sans problème. Son père arrive un peu après. Puis ils repartent sans moi, ensemble, car je n'ai toujours pas mangé.

J'arrive enfin à manger un peu, me sens mieux et repart seulement 3 mn après eux, après 10h44 de course (995ème).

La je me sens enfin bien, je sais que je vais pouvoir terminer la course, alors j'y vais. Je rattrape mon oncle et mon cousin dans la côte et décide de terminer la course avec eux. Nous doublons un peu de monde dans la descente et arrivons tout les 3 ensembles après 12 h 14 mn, (934ème). Arrivée assez émouvante, où je suis très partagé

  • content malgré tout de finir, en bon état,

  • Très sympa et émouvant de terminer ensemble avec Nicolas et Louis, 19 ans après que nous ayons commencer de courir avec Nicolas et entraîner ensuite nos parents. (surtout que ce n'était pas vraiment prévu que je finisse avec eux...)

  • mais frustré de ne avoir put vraiment m'exprimer sur cette distance, frustré de ne pas avoir plus mal au jambe, me demandant à quoi ont servis mes heures d’entraînement qui parfois empiète sur ma vie familiale...

 

Au passage, j'en profite pour tirer un grand coup de chapeau à Louis, mon oncle, qui réussit à 66 ans sa première course de cette longueur, avec très bonne gestion de course et une performance à la hauteur de son sérieux (5 VH3 sur 26 VH3 classé !)

Également bravo à Nicolas pour sa prudence et son état d'esprit dans cette course. Beaucoup moins centré sur lui même quoi moi, cela lui permet de profiter un maximum et au final d'assurer un bon résultat, en restant disponible pour aider les autres.

Et enfin bravo à Fred pour sa persévérance, ce qui lui a permis de finir un peu après nous, malgré des problèmes digestifs assez pénibles

 

 

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