Récit de la course : Les Templiers 2009, par Fredy

L'auteur : Fredy

La course : Les Templiers

Date : 25/10/2009

Lieu : Nant (Aveyron)

Affichage : 1351 vues

Distance : 72km

Objectif : Pas d'objectif

9 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

243 autres récits :

Les Templiers 2009

 

La course des Templiers, cela fait des mois que j’y pense. Des trails de préparation dans les montagnes auvergnates ,un programme de 8 semaines avec VMA, seuil, sortie longue, la lecture des récits, l’étude des temps de passage, la gestion des ravitos, plus préparé que moi tu meurs. Dans une suite beaucoup plus improvisée, je vais rapidement découvrir les aléas de la course.

profil.jpg

 

Samedi 24 octobre

Départ  de Pérignat sur Allier vers 10h00 avec toute ma tribu, direction la Cavalerie où nous allons passer la (courte) nuit. J’ai trouvé un coureur logeant au même hôtel qui pourra m’emmener au départ, laissant femme et enfants faire la grasse matinée. Nous arrivons à Nant vers midi. Il y a foule, c’est une véritable concentration de traileurs de tout poils. Après avoir récupéré mon dossard, nous partons visiter les remparts de la Cavalerie, où mes enfants pourrons jouer au chevalier toute l’après midi. En fin d’après midi nous retournons à l’hôtel pour faire les derniers préparatifs. La pression monte. Je fais mon sac, prépare ma boisson isotonique dans la poche à eau, relis le tableau des temps de passage et hop, au lit.  

Dimanche 25 octobre

 Vers 3h30, je me réveille avant la sonnerie, çà y est, c’est le grand jour. Les Tenardiers de l’hôtel ne font pas le petit déjeuner à cette heure, je boirais un café à Nant. Arrivé sur place, je retrouve Auvermarc avec quelques kikous. -          Alors Marco, tu n’as pas trop la pression ?

-          Non, la pression, nous on la boit .

 

depart1.jpg

  C’est la première fois que je m’engage dans une course pareille. J’ai bien fait la Saintélyon en distance, la Voie de l’Ecir en dénivelé mais jamais les deux cumulés. Je pars un peu dans l’inconnu avec l’objectif de finir. Je me positionne avec Auvermarc dans le sas de départ. Je suis impressionné par le nombre de spectateurs présent pour le départ. Gilles Bertrand fait son discours, interviewe les favorits. Le décompte commence, la musique, les feux de Bengale, il est 5h15, 2800 coureurs s’élancent sur la grande boucle des Templiers. Le départ est relativement lent, un bouchon se forme rapidement. Je suis Auvermarc, nous montons tranquillement. Je me retrouve rapidement enfermé dans la foule, pas moyen d’avancer. Je voulais partir tranquille, mais pas à ce point. Je regarde ma monte et me demande si la première barrière horaire ne va pas sonner le glas de mon périple. J’essaie de me faufiler à travers la foule et je perd Auvermarc de Vue. Je retrouve le Bagnard qui est aussi englué dans la masse.  Arrivé sur l’ancienne voie ferrée, je relance un peu l’allure, le jour se lève, j’éteins ma frontale en espérant ne pas avoir à la rallumer dans les derniers kilomètres du Roc Nantais. J’arrive à  Sauclières avec 20 minutes d’avance sur la barrière horaire. C’est une ambiance de folie, les spectateurs nous encouragent « Aller Fred », « Vas-y Fred, c’est bien ». C’est la première fois que j’ai mon nom sur un dossard. C’est stimulant de s’entendre appeler par son prénom par des inconnus.  Je fais le plein de mon bidon et repart rapidement car j’ai peur des barrières horaires que je trouve assez serrées pour mon modeste niveau. Je ne parviens pas à boire dans ma poche à eau. La boisson isotonique  que j’ai préparé la veille a du décanter et boucher le tuyau d’aspiration. Je réglerai le problème plus tard, dans une partie moins roulante. Je devrais finalement vider le fond de ma poche à eau après que le tuyau ait laché, vidant tout son  contenu dans mon dos   . 

Le jour qui se lève sur la campagne est magnifique. Je fais connaissance avec un coureur de Brive, nous ferons route ensemble jusquà Dourbies. Nous montons tranquillement jusqu’à Saint Guiral. Un kikou au loin, c’est Papillon. Le Saint Guiral approche, mais les bouchons me forcent à marquer le pas. Le soleil commence à taper fort pour un mois d’octobre, j’en profite pour enlever les manchettes.

moi2.gif

Mon partenaire d’un jour et moi relançons dans la descente jusqu’à Dourbie dans l’espoir de combler un peu du retard perdu dans les ralentissements. C’est une foule en liesse que accueille les coureurs au ravitaillement. Les encouragements me donnent du baume à cœur.Le pointage à Dourbie annonce 5h 15 de course, j’ai une heure d’avance sur la barrière horaire. J’en profite pour faire le plein de mon bidon, manger quelques bananes et je repars.La montée vers la crête de Suquet est rude, les bananes du ravito ont du mal à passer. Ce sera le seul aliment solide que j’aurais avalé, plus rien ne passera. Arrivé en haut de la crête, j’aperçois Steve qui a visiblement des problème d’estomac. Je l’encourage mais je ne sais pas s’il a compris ce que je lui disais. J’ai aussi perdu mon compagnon de jeu qui a du avoir un coup de moins bien dans la montée.  J’arrive à Trève à 12h10, la barrière horaire de 13h45 me laisse le temps de faire une courte pause pour m’hydrater. Je fais quelques étirements, une douleur au mollet gauche commence à se manifester. Je repars, la jambe un peu raide. « Allez, tu t’es refroidi, çà va passer ».Mon allure commence à baisser au fur et à mesure du parcours. Je commence à gamberger. Mon mollet joue la mouche du coche en me lançant des pics « Aie , c’est pas bon tout çà ».

templiers_202009_20022.jpg
Photo Cagouillard

 Le profil du parcours devient de plus en plus difficile, les descentes très techniques enchaînant avec des montées brutales. Je me fixe de petits objectifs : le sapin, le rocher, le sommet de la colline, le ravito de Cantobre. Je ne pense plus qu’à cela, arriver au ravito, m’allonger, me faire masser, peut-être un strap pour finir ?. La descente vers Cantobre sera un calvaire, je sautille presque à cloche pied. « Allez, encore un effort et tu pourra être aux petits soins. C’est idiot comme on s’accroche à peu de choses lorsque l’on est au fond du trou. Enfin le village, les encouragements des spectateurs. Je me fais soigner, de la bombe cryogénique et un strap. Le soigneur, qui diagnostique une tendinite, me déconseille de courir. Un bénévole me rassure en m’assurant qu’il ne reste que 1h45 jusqu’à l’arrivée si je ne fais que marcher. Il est 15h15. « Aller, c’est pas le moment de lâcher, tu vas te sortir les doigts et arriver au bout ».J’échange quelques mots avec Phil77 que je viens de trouver et je repars en marchant. Le moral reviens, la marche me permet d’admirer le paysage et de discuter avec les coureurs. Arrivé sur le plateau de Cantobre, je m’arrête de nouveau au poste de secours pour refaire mon bandage. Une petite pause et je repars clopin-clopant . Je croise Cagouillard et échange quelques mots. La descente du Roc Nantais sera un chemin de croix. J’entends le micro du speaker, l’arrivée ne doit pas être loin. Enfin le village, la route, la foule. Je me mets à courir sur les dernières longueur, mon fils me rejoint pour franchir la ligne d’arrivée en 11h46. Que d’émotion !. Je récupère le maillot finisher et part manger un bout avec toute ma famille retrouvée dans le sas d’arrivée.  Les Templiers, c’est un des plus beau trail que j’ai couru dans ma modeste carrière de coureur. Il faut néanmoins une solide préparation pour ne pas finir à la dérive, ce sera mon objectif en vue d’une prochaine participation. Ce fut un beau week-end, dommage que je n’ai pas pu passer plus de temps à converser avec les kikous croisés tout au long de cette journée.

9 commentaires

Commentaire de Francis31 posté le 29-10-2009 à 06:51:00

Belle course et effectivement on a du se croiser car tu finis juste devant.

Commentaire de akunamatata posté le 29-10-2009 à 07:46:00

Bravo Fred, les templiers c'est quelque chose !

Commentaire de auvermarc posté le 29-10-2009 à 07:53:00

Salut Fred,

Ca y est tu l'as fait, mais je n'en doutais pas. La prochaine fois, si tu veux finir plus tôt, ne part pas avec moi, rappelles toi ce que je t'ai dis après quelques centaines de mêtres : "Je pars tranquille, et je ralentis petit à petit".
Salut, bonne récup pour la STL, et peut - être à Aulnat.

Marco

Commentaire de CROCS-MAN posté le 29-10-2009 à 11:17:00

Salut Fred,
Bravo pour ta course, tu l'as fait Templier.
Merci pour ton récit et à bientôt.

Commentaire de Fimbur posté le 29-10-2009 à 18:15:00

Et bien chapeau, après le Sancy, voilà ton objectif atteint.
Bonne récup
Fimbur

Commentaire de galopa posté le 29-10-2009 à 19:36:00

Bravo fred,
c'est une belle leçon de courage pour ton premier templier.
On se croisera bientôt...

Commentaire de termite posté le 29-10-2009 à 20:02:00

Salut Fred,
Fo toujours un peu de temps pour plier cette course.
Plus ka y retourner sans convoquer la tendinite.
Pour ma part , j'hésite à la refaire une 3ème fois.
A bientôt sur un trailauvergnat .

Commentaire de termite posté le 29-10-2009 à 20:11:00

Salut Fred,
Fo toujours un peu de temps pour plier cette course.
Plus ka y retourner sans convoquer la tendinite.
Pour ma part , j'hésite à la refaire une 3ème fois.
A bientôt sur un trailauvergnat .

Commentaire de McFly posté le 31-10-2009 à 23:25:00

Merci pour ton récit, ce fut dur mais tu en as vu le bout au courage. Sûr que tu y reviendras. Ca me donne des idées...Bonne récup.

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.18 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !