Récit de la course : Les Templiers 2006, par vboys74

L'auteur : vboys74

La course : Les Templiers

Date : 29/10/2006

Lieu : Nant (Aveyron)

Affichage : 2657 vues

Distance : 67.42km

Matos : TNF Ultra103, sac Salomon, Mitaines, Tee-shirt zip TNF, Collant et socket Quechuuu, Tikka...

Objectif : Se défoncer

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La course des Templiers 2006 !

La course des Templiers 2006 !

J’arrive de Jausiers dans les Alpes de Haute-Provence en milieu d’après-midi. Je quitte l’autoroute au niveau de la Cavalerie et m’engage vers Nant, départ de la course.
La route qui m’y emmène surplombe le village et me permet de prendre la mesure de l’événement ! Des voitures de partout, les trois pénétrantes venant de Millau, la Cavalerie et le Vigan sont prises d’assaut. Vue du haut, on dirait une sympathique fourmilière dans laquelle on a envie de se plonger. Je descends aux abords du village et trouve une place. Je me dirige à pied vers le centre d’où vient la musique et le son du speaker.

En contre-bas de la place du village trône la tente d’arrivée dans laquelle se trouve le podium et le chronométrage. Une seconde tente servira pour le ravitaillement de demain…
Je cherche l’endroit ou percevoir mon dossard, mais il suffit de regarder d’où viennent les gens avec le même sac…de la gauche ! Je file à gauche et je tombe sur le chapiteau des dossards et le village des exposants. Un stand Puma et Gore Tex fait valoir la qualité de ses produits dès l’entrée. Comme d’habitude je vérifie mon numéro de dossard et cours (enfin pas encore…)le chercher.
Petit Buff signé aux couleurs des Templiers très sympa avec quelques prospectus et revue au fond d’un sac.

Se déroule depuis plusieurs dizaines de minutes la course des Templières et les dernières se présentent sur la ligne d’arrivée ! La Puma Trail attend le premier concurrent et je parts me mêler à la foule pour applaudir tous le monde. J’aperçois le visage de quelques futurs prétendants pour la course de demain. Il est vrai que le plateau est bien fourni et la lutte va être rude !

Je dois déjà repartir et trouver un lieu pour dormir confortablement : ce sera à la Cavalerie.
Repas du soir hyper glucidique, repos et réveil 1h30 avant le départ, petit déjeuner Gatosport, derniers préparatifs et en avant !

Nous voilà sur la ligne de départ, je me place à droite dans les 20 premiers mètres de la foule nombreuse et joyeuse d’être enfin là, prête à en découdre sec sur les 67.5km et 2950m de D+.
Le speaker donne les dernières consignes et rappelle le but humanitaire de la course.
Le départ est donné ; simultanément des feux de Bengale s’allument les premières centaines de mètres de la course : c’est magique, superbe ! La musique et les spectateurs venues nombreux à 5h30 du matin sont là pour nous poussez vers la nuit noir des Causses ! Doucement avait-il dit…

2km de plat sur la route goudronnée le temps de trouver sa place. Puis 5 km je crois de montée sur la même route puis sentier carrossable très roulant…ça part vite… La chenille s’étend, la vue des lumières des frontales est toujours aussi magique (Saintélyon)…il y a du monde , beaucoup de monde !
Les premiers lacets mènent sur un pentu qui casse le rythme. On se retrouve là sur un sentier monotrace qui conduit sur une descente vers 8.5km. Il fait encore nuit, il doit être 6h30. ! On retrouve rapidement la fameuse voie de chemin de fer en faux plat descendant, ce qui ne pousse pas à ralentir, mais à se laisser emporter. Passage de 2 tunnels et quelques viaducs vraiment super sympa comme idée. La chenille s’étale et il arrive déjà de courir seul dans la nuit qui commence à laisser place au jour. Il fait bon, la température est idéale et un vent rafraîchis encore les corps.

Sauclières, 1h25 de course, je suis sur un rythme de 8h20 alors que je vise simplement un moins de 9h00. Le jour est là, les gens aussi le long du parcours, acclamations qui ne tariront pas durant toute la course. 1er point de ravito mais seulement en eau, je fais le plein du camel…mais pas entièrement. Je prévoyais de consommer 3.8l de CamelBak en plus des ravito, mais se sera plus de 5l en Camel, un moment je me retrouverai un peu juste !

Je trottine toujours tant que c’est roulant. J’approche du Col de la Barrière et attaque la montée sur St Guiral pour atteindre 1366m d’altitude. La vue est excellente mais le terrain ne me plait guère : chemin carrossable roulant, puis cassage de pattes sur la crête et ainsi de suite. On croirait même qu’on vient de labourer une portion sur la crête pour s’assouplir les chevilles !

21èmes kilomètre, début de la fin pour moi. Tout allait bien, je me situais dans les 250 premiers (un monsieur nous donnait notre position), les jambes, la tête dans le bonheur. Mais c’était sans compter sur la survenue de crampes intestinales intenables ! Jamais sujet à des problèmes de digestion ou crampes abdominales, me voici aujourd’hui, le jour ou « c’est vraiment trop bien » dans un état second. Je suis bloqué du ventre plié en deux, la respiration en pause…aie ! A partir de ce moment, il me reste 46 km parcourir !!!

Je décide de me rabattre sur la méthode « Cyrano » sur les portions roulantes et la marche sur les montées. J’alterne donc plusieurs centaines de mètres de courses à bon rythme et une centaine en marchant…je double et on me redouble des dizaines de fois ! Le fait de marcher détend la pression abdominale dans mon cas. En montée, marche de quelques dizaines de mètres et arrêt plié en deux (le mal de ventre allait à chaque fois jusqu’à la crampe…impossible de respirer alors) . Je procéderais de cette façon jusqu’au kilomètre…65 !!!

Je m‘autoanalyse et heureusement ce n’est pas l’estomac, donc j’arrive à digérer en partie les aliments. Je passe d’une alimentation type solide Maxim toute les 45mn en alternance avec de la boisson toute les 15mn à une alimentation quasi liquide. Ca sera dure, très dure, mais dans ce type de course, chacun porte sa croix !

Le haut de Suquet arrive enfin, c’est un chemin single trace dans les pâturages et la forêt, cet endroit est magnifique. L’ombre est la bienvenue. Les rochers sont arrondis, le sol souvent souple.
La descente se présente de la même manière dans la forêt épaisse puis dans un pâturage parsemé de blocs de roches agréables pour l’œil. La Rouvière se profile devant nous au 34èmes kilomètres en 3h40 soit 20mn d’avance sur 9h00. Un coup de « cul » sur un chemin pastorale nous méne en haut d’une petite cote de 75m de D+ pour 800m de distance qui surplombe Dourbie et son premier ravitaillement. Chemin de cailloux rond emboîté méthodiquement afin de limiter le ravinement et qui a résisté au temps qui passe.

Descente sur le ravito à allure modéré, il m’est difficile de prolonger un effort même minime.
Le premier ravito est à 36km environ, il devient nécessaire de bien prendre en compte ce que veut dire le terme semi auto-suffisance alimentaire ! Il me paraît difficile de parcourir 36kil sans rien. Certains sont malin, 36km avec matos obligatoire puis abandon du matos à Dourbie et ils courent nues comme des vers de ravito en ravito….pas bien ça …enfin surtout pas le droit ! Mais bon ça me fait pas avancer plus vite !

Nouveau chemin vers le point 1300, soit 4.5km et 500m de D+ qui seront un calvaire. Descente de 6km et 750m de D-. J’arrive à Trêves au 46km en 5h40 en 310èmes position.
Comme tout les ravito, il est complet mais vraiment impressionnant !J’hésite à voir un Médecin, je suis Ko, mais contre un mal de bide, il me dira « faut arrêter » alors je passe mon chemin . Juste derrière, une grosse monté sur sentier pas technique mais suffisamment raid pour bien marcher. Le mal ne passe pas mais empire. J’arrive en haut flytoxé ! Le sommet de la montagne a peu près plat sur 3.5km n’en finis plus…mais je suis pas le seul à faible allure. La montagne est ronde et parsemé de quelques arbres. Le soleil tabasse dure et le vent a disparu. Les coureurs sont bien espacés à présent soit 50 à 100m entre chaque.

Merci à ceux qui m’encouragent en me voyant me plier en deux tous les 100m maintenant.
Le sentiment d’abandon m’a traversé l’esprit, mais seulement. Heureusement le paysage est somptueux, les arbres sont dorées, un lit de feuille recouvre le sol et le rend souple. Le chemin n’est plus trop technique, mais les écarts restent comme ils sont. On dirait une montagne russe sur lequel les wagonnets roulent au ralentis.
La descente du 54èmes km s’annonce. Elle est assez technique a travers les pierres et les racines, mais le sol n’est pas humide heureusement. Des cordes sont installées sur plusieurs dizaines de mètres et ont vraiment leurs utilités. Je les saisis à pleine main et laisse glisser rapidement…les mitaines limitent les échauffements et me permettent de me réceptionner sans trop de bobos en cas de chute. C’est raid, très raid, droit dans la pente dans de petits arbustes tous déformés par le sol rocailleux. Les chevilles travaillent, les genoux claquent, les pieds chauffes mais le ventre gronde encore et toujours. Je marque quelques pauses !
J’aperçois le ravitaillement légèrement dessous mais en face sur une plate forme. On entend les encouragements des gens ! Je descend avec un petit groupe jusqu’au fond du ruisseau, enjambe celui ci par un pont sans rambarde et remonte une cinquantaine de mètres pour passer sous la route où les spectateurs nous dominent.

Je me ravitaille un peu, surtout de l’eau + Maxim mais aussi un ou 2 toasts fromager, demande une soupe qui n’existe pas et repart de suite de St Sulpice. Dernier 10km mais au combien difficile. Il me restait 1h30 pour tenir les 9 heures. Ca devait être jouable 1h30 pour 10km…et ben non ! Un long chemin roulant nous mène sur 2 km 150m de D+ plus haut. Et encore et encore, alternance de marche et de course. Beaucoup m’encourage et me disent que ça va passer, mais je sais bien que ça va passer, mais quand ? Voilà 37 km que ça dure !
Mais a pas de fourmi je me rapproche de l’arrivée.

Kilomètre 60 et 8h00 de course. Les muscles sont toujours prêt à appuyer, mais pas le ventre et le manque d’alimentation. J’avalais de temps en temps 1/5 de barres énergétiques, mais beaucoup de boisson. J’avais diminué le dosage de Maxim dans l’eau en diluant avec une bouteille d’eau plate. Cependant le morale était là, toujours renforcé par les mots ou tapes amicales de certains…une cinquantaine au moins ! Une dernière descente équipé de cordes vraiment technique arrive sur le fond d’un thalweg, sorte d’ancien lit de torrent asséché.
Les rochers l’encombrent et sont légèrement humides. On se croirait dans la jungle avec toutes cette verdure et ces mousses épaisses. Les rochers sont hauts !

On crapahute sans pouvoir courir et ça me convient . Quelques personnes comme moi sont en difficultés : crampes aux cuisses, hypoglycémie, fractures de morale. On monte encore, rejoint une sente horizontale s’orientant sur un col à proximité du Roc Nantais que l’on imagine plus haut à droite. Je me remets à courir , mais comme une grenouille, par bond successif ! Ca va, ça va passer.

Enfin la délivrance…non pas la descente mais plus mal au ventre et la patate du feux de dieux. Je reprend le dessus, allonge le pas, double quelques concurrents qui m’avaient encouragé précédemment, passe la ligne de crête sur plusieurs centaines de mètres . Je slalome entres les racines, les cailloux et les branches, le soleil me devient agréable mais déjà 9h00 de course ! Tant pis j’ai souffert, trop souffert, alors simplement arrivé sera le bonheur. Je me lance dans la descente à tombereau ouvert : beaucoup de cailloux, mais vraiment beaucoup !
Ca y est je passe le pont de pierre, je remonte la cote du village ou les spectateurs applaudissent de partout…j’allonge un brin, j’ai plus mal, je passe la ligne les bras en l’air….ouahhhh. Bonheur tout simplement !

67.420km , 3000m de D+ , 9h19h30s, 405/2553 je crois et 15.8% du classement.



Points positifs :
- Organisation sophistiqué et parfaitement rodée reconnaissable à leur tee-shirt
- Nombreuses courses organisées
- Village réservé aux piétons
- Super Buff et magnifique Tee-shirt manche longue des Finishers
- Repas de bonne qualité (yaourts BIO –Vrai)
- Ravitaillements variés, complets, bien présentés
- Pichet d’eau et Maxim pour les Camel
- Et surtout Merci aux Jalonneurs, Bénévoles, à tous !!!
- Les douches chaudes !
- Pleins de +++

Points négatifs :
- Les douches trop chaudes…lol
- Les douches trop loin après 67,4km de course…lol
- Les sploshs des poches à eau de nombreux coureurs
- Les éternels jeteurs de déchets sur le parcours !

4 commentaires

Commentaire de akunamatata posté le 23-11-2006 à 23:38:00

ben alors ?
c'etait dû à quoi le mal de ventre finalement ?
trop de fructose avant la course ...
beau recit plein de courage et d'optimisme.
Akuna

Commentaire de amibugs posté le 24-11-2006 à 10:40:00

Salut Seb,
Ca m'a rappelé ma dernière Saintélyon. Ah là là, ce ventre ! On est tous passés par là... Une sorte de baptême du feu ;-))) Bravo d'avoir tenu jusqu'au bout pour un classement pas si mal que ça.
A la semaine prochaine à Saint-Etienne.
Stéphane

Commentaire de vboys74 posté le 25-11-2006 à 13:47:00

Merci Akuna, mais je pense après recul que j'avais déja mal au ventre 10j avant le départ.
Ca m'avait posé des problèmes lors de certains entrainements. Mais je ne pense pas que ce soit tel ou tel produit, mais plutôt une mauvaise alimentation générale.
Je médite tout ca et je test sur la Sainté avec Amibugs!Comme je disais Amibugs, je sais ce que c'est maintenant le mal au bide...lol
Seb

Commentaire de maï74 posté le 25-11-2006 à 17:22:00

Bravo pour ta ténacité face à ces terribles crampes intestinales, ton mental a fait le reste : chapeau !

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