Récit de la course : Les Templiers 2003, par SergeB

L'auteur : SergeB

La course : Les Templiers

Date : 26/10/2003

Lieu : Nant (Aveyron)

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Distance : 65km

Objectif : Objectif majeur

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Templiers 2003

Ma course des Templiers
Comme toutes les courses, celle des Templiers commence par une longue phase de préparation afin de prendre le départ dans les meilleures conditions.
En janvier dernier à l’Aubrac j’ai fait rencontré Sébastien Sxay (4ème aux Templiers 2002). Nous nous sommes revus lors du trail de Guerlédan, ce qui a été l’occasion d’un peu mieux se connaître. Après Guerlédan, je lui ai demandé s’il voulait me faire un plan pour les Templiers qui serait mon objectif automnal.
Il m’a fait une vraie préparation personnalisée se basant sur ce que j’avais fait précédemment, mes capacités et mon objectif avec un feed-back réciproque hebdomadaire.
Les séances de fractionné de la fin juillet et du mois d’août sous la canicule furent assez hard parfois éprouvantes. Comme je pars du principe, peut-être basic, que plus je travaille à l’entraînement et mieux ce sera en course, j’ai fait ces séances en pensant à ce qu’elles m’apporteraient durant la course.
Les conseils de Seb, un petit régime avant la course pour perdre 5kg et une volonté d’enfer pour faire mieux que l’an dernier, où j’avais mis 9h04’, m’ont fait arrivé à Nant dans les meilleures conditions.
Départ dans la nuit, mais surtout dans froid, à -3° ça pince un peu à une heure où je suis habituellement tranquille sous la couette. Début de course tranquille, il faut en garder pour la suite.
Le long cortège des lampes frontales s’étire doucement dans les lacets de la première montée offrant une vision nocturne des plus agréables.
Arrivé au sommet de Combe Redonde, j’admire la vue sur la vallée qui s’éveille avec le lever du jour. L’instant est magique, on aurait envie que tout s’arrête pour rester à contempler le paysage.
Bon, c’est sympa de regarder les autres et les paysages, mais je suis quand même venu pour courir !!!
Ca repart tranquille toujours. Ensuite c’est la traversé de prairies pour arriver à Sauclière, premier ravitaillement. Seb est là avec bidon et tubes de gel. Il me fait mes ravitos, j’ai un porteur d’eau Grand Luxe pour la course !!!! 1h26’ de course, ça fait 4’ d’avance sur mon plan de course, il ne faut pas que je sois trop optimiste en ce début qui je ne veux pas le payer par la suite.
Ensuite, c’est la montée sur le St Guiral. Toujours rester tranquille, ne pas chercher à gagner des minutes, ce ne serait que pur perte sur la fin. Tiens, je suis avec Ginette Moretto. Il y a un problème, soit c’est moi qui suit trop vite soit c’est elle qui n’a pas encore trouvé son rythme, car elle devrait être largement devant moi vu son palmarès !!!!
Le sol est recouvert d’une pellicule de neige tombée ces derniers jours. Mais au fur et à mesure que je monte, quelques flocons font leur apparition, on est pourtant pas à l’Aubrac !!!!
Arrivée au St Guiral, le ciel est légèrement nuageux, mais on peut voir la croix en haut du rocher. Il neige toujours.
2h57 au St Guiral, 3’ d’avance sur mon plan, je tiens mon rythme.
Maintenant, c’est la descente sur Dourbie. Il faut rester prudent et vigilent car ça glisse avec la neige. Je laisse passer les descendeurs qui débouchent à fond, car ce n’est pas un domaine où je suis très à l’aise, pas grave, chacun sa course.
Arrivée à Dourbie où Seb m’attend, ravito rapide, quelques mots d’encouragement et ça repart.
Les accompagnateurs sont hyper sympas. En attendant leur ami, mari, parent, ils n’arrêtent pas d’encourager tout le monde, ça fait du bien. Un groupe voyant arriver leur sportif préféré crie à tue-tête « Allez Jean-Marie», je leur dit « moi, c’est Serge », et ils se mettent alors à hurler « Allez Serge !! », ça aide !!!!
Bon, là les choses sérieuses commencent avec la montée du Suquet. Marche rapide jusqu’au sommet. Arrivée en 4h16, je suis toujours dans mes temps.
Ca se poursuit par une partie sur une crête. Il y a du vent et ça pèle un peu !!! Bon, je vais courir pour accélérer l’allure. Seb m’a conseillé de bien enrouler dans cette portion. Ensuite, c’est la descente sur Trèves.
L’an dernier, j’en avais gardé un mauvais souvenir car un bénévole avait annoncé 45’ de descente et j’avais mis plus d’une heure pour arriver en bas.
Arrivé à un moment, on surplombe complètement la vallée. L’instant est grandiose. On découvre la totalité de la vallée avec toutes les couleurs de l’automne qui s’étendent devant nous. Génial. Mais bon, il y a la descente, c’est parti…
Oh que c’est dur. Ca commence à tirer des les quadris…. Je suis décidément pas un grand descendeur. Mais comment ils font les autres ? J’ai l’impression que si j’essayais de les suivre, je me planterais dans les dix prochains mètres. Je la joue plus prudent, je descends à mon rythme. Une pluie fine commence à tomber.
Arrivée sur Trèves en 5h15’, j’ai toujours quelques minutes d’avance sur mes prévisions. Le ravito est au bout de la grande rue. Seb me voie arriver de loin et m’encourage. Il me passe bidon et gels pour la suite. En plus je me fais engueuler car il trouve que je n’ai pas assez bu depuis Dourbie !! Il n’oublie pas les conseils pour la suite : « montée en marche rapide et après la course commence ». Je me demande ce que je faisais depuis plus de 40 km !!!!!.
Au début de la montée, j’entends Seb qui m’encourage de loin.
Maintenant, ça monte. Arrivé sur le causse, je commence à être un peu dans le gaz. A ce moment, il n’y a personne devant moi, comme ça m’est arrivé à plusieurs reprises. Sans y prendre garde, je pars sur un sentier qui n’est pas le bon. Heureusement que les concurrents qui me suivent m’appellent, sinon je partais dans la mauvaise direction. J’essaie de recoller le groupe, mais je n’y arrive pas, pas grave, chacun sa course….
A ce moment, je suis moins bien que l’an dernier, j’ai de moins bonnes sensations. Je roule tranquille, trop tranquille.
Arrivée à la ferme de Layole en 6h05’, ça commence à être dur !!! Il faut trouver quelque chose pour aller jusqu’au bout. Comme les jambes fléchissent, c’est le mental qui doit reprendre le dessus. Je me grave un truc dans le crane, je ne pense qu’à ça et j’oublie mes douleurs et mes moments de doute et ça repart. Après Layole et jusqu’à la descente de Cantobre, je remonte quelques coureurs, ça stimule..
La descente de Cantobre, un grand moment de la course !! Mais comment font-ils pour trouver des trucs pareils, ce n’est pas possible. Remarque qu’il ne doit pas y en avoir beaucoup des comme celle-là car on y repasse tous les ans. Il faut être hyper vigilant car c’est hyper raide. J’arrive même à revenir sur un groupe de coureurs, comme quoi il y en a qui sont encore moins à l’aide que moi dans les descentes.
Arrivée au ravito de Cantobre en 7h03’. Il me reste 1h27 si je veux terminer en moins de 8h30. Seb est toujours fidèle au poste. Il me donne un tube de gel Maxim que je mange à moitié, il me force quasiment à le terminer en courant à mes cotés quelques temps, il me motive un max !!!
La suite du parcours change par-rapport à l'an dernier. On rejoint sur le Roc Nantais en remontant le cours d’un ancien ruisseau. C’est très humide et un peu glissant, il faut être extrêmement vigilant. C’est très escarpé, il y a sans arrêt des marches qui empêchent de courir vraiment. Après on rejoint un chemin plus plat et plus roulant. Là je me motive encore un max pour relancer avec les quelques forces qui me restent. Je commence à sentir les crampes venir. Je m'arrête pour faire quelques étirements, mais c’est pire, je repars donc. J’ai pourtant bu un max ces derniers jours, jusqu’à 4 litres d’eau par jour, mais bon, j’ai quand même forcé plus que d’habitude, ceci explique peut-être cela !!
J’arrive sur un groupe de bénévoles qui se réchauffent comme ils peuvent autour d’un feu de camp improvisé. La journées n’est pas agréable pour eux avec le froid et la pluie.
Il reste 3 km…..
Descente du Roc Nantais, un autre grand moment. Mais que c’est dur !!! mes quadris sont de plus en plus douloureux.
Je me fais passé par des furieux qui se lâchent dans la descente alors que je fais ce que je peux pour ne pas me planter. Les cordes sont d’un grand secours.
Le sentier est très un vrai pierrier. C’est très délicat, enfin pour moi, d’arriver à courir dans ces conditions.
Les rumeurs du village comment à monter. Ca sent l’écurie et ça donne envie de se lâcher Le dernier kilo est roulant. A ce moment je me lâche à fond. Seb m’attend et m’accompagne sur les derniers hectomètres, il me pousse et m’incite à revenir sur le concurrent devant moi, il à 20 mètres d’avance, mais il fait l’effort lui aussi et je ne peux le rattraper, pas grave.
J’arrive en 8h16, soit 228ème sur 2030 inscrits alors que j’avais fait 9h04 et 401ème sur 1850 inscrits l’an dernier.
Dire que je suis heureux est un doux euphémisme par–rapport à ce que je ressent à ce moment.
Seb vient me féliciter et je le remercie pour tout ce qu’il a fait pour moi.
Ce gain je ne le doit pas à un volume d'entraînement plus important que l'an dernier. Pour les deux éditions 2002 et 2003, j'ai fait le même nombre d'heures. La différence a été surtout sur la qualité des sorties, un nombre plus élevé de sorties plus courtes, mais mieux calibrées. Comme quoi les conseils de Maître Seb furent porteurs.
Pourtant la course fut dure, très dure La météo qui ne fut pas très clémente avec le froid (il a fait entre –3 le matin et 6 l’après midi), la pluie et le vent. Et encore, il ne faut pas que je me plaigne, car ceux qui sont arrivé après moi on eu une pluie beaucoup plus soutenue que la petite bruine que j’ai eu.
A l’arrivée, j’ai le plaisir de revoir Rémi, un ex de mon club expatrié dans l’Aveyron.
Maintenant c’est la douche et le repas d’après course où nous racontons tous notre périple.
Une coupe de champagne pour fêter l’anniversaire de Seb et il faut repartir, car demain il faut travailler.
Pour ma part, j’ai fait grass’mat’ lundi, ce qui m’a permis de faire cette petite bafouille.
Maintenant la page est tournée, il faut penser d’abord à la récup après on verra….

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