Récit de la course : Les Templiers 2007, par caroux

L'auteur : caroux

La course : Les Templiers

Date : 28/10/2007

Lieu : Nant (Aveyron)

Affichage : 2436 vues

Distance : 67km

Matos : Salomon "Walking comp",
sac Kalenji 10l,
bâtons Arpenaz 500,
frontale : un modèle à trois diode de chez Petzl mais INSUFFISANT.

Objectif : Terminer

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Mon premier trail : Les Templiers

Octobre 2006 : 15 jours avant les Templiers, je m'inscris au club local : Taill'aventure. Pour moi ce sont des extra-terrestres  qui courrent et pédalent sans arrêt .... mais le club a la réputation d'être sympa et d'accueillir tous les courreurs, même les débutants.

A vrais dire ça fait 2 ans que je courre seul, une à deux fois par semaine et c'est donc avec une certaine anxiété que je vais pour la première fois à l'entrainement du lundi soir. C'est la séance où il y a le plus de monde le RDV est au terreain de foot, l'ambiance est bonne enfant ; on se sent accueilli !

Le mercredi c'est différent, il n'y a que les trailleurs, c'est le jour "sortie montagne". Ils sont tous affûtés car ils participent soit à la grande course soit à la Puma Trail, mais ils jouent le jeux et m'attendent régulièrement (de toutes façons ils doivent "faire du jus"...). Je rentre claqué mais heureux, j'ai passé une super soirée et découvert un nouveau sentier, ça promet d'être sympa ...

Les mois et les entrainement s'écoulent, je progresse mais la saison pour moi commence (je suis accompagnateur en montagne) et je râte de plus en plus d'entrainement tandis que les uns et les autres participent à toutes sortes de courses et raids multi-activitées(le club en organise un début juin : le raid "Taill'aventure" qui jouiez d'une bonne réputation, je crois).

Périodiquement mes compagnons d'entrainement me proposent de participer à telle ou telle course mais je ne me sens pas prêt et j'ai de moins en moins de temps pour m'entrainer. Et puis un mercredi soir de juin, vers la fin d'un de ces entrainemens où on se sent capable de voler, je rétorque :"Non, il me faudrait une course à l'automne pour que je puisse m'entrainer sans compromettre ma saison". La réponse tombe : "Si fin octobre ça te va : il y a les Templiers !"  Le soir même je télécharge le buletin d'inscription en me disant que je me prepare à faire une grosse bétise mais on verra bien...

Pendant que j'y suis je commande le Guide Pratique du Trail, quitte à y aller, autant être préparé ! Pour tout vous dire ce bouquin sera mon livre de chevet pendant les 5 mois qui suivent.

La saison s'écoule, certe je marche en moyenne montagne tous les jours mais je n'arrive à courrir qu'une à deux fois par semaine, mais c'est toujours du foncier !

Août arrive, j'ai mon petit garçon avec moi et donc je travaille moins, du coup je courre plus et je m'applique : Je suis la préparation en 12 semaines sachant que les 3 premières semaines de septembre je suis en rando ! C'est donc parti : lundi : fractionné, mardi : endurance, mercredi seuil et côtes, jeudi : vélo, vendredi ou samedi : sortie longue.

Pendant les 3 semaines de rando en octobre j'essaie de courrir le soir ou le matin 2 à 3 fois par semaine, ça fais parfois des journées chargées mais les résultats sont là, quand je retourne à l'entrainement club, je sens que ce n'est plus pareil !!!

La semaine 40 et 41 je courre environ 80km/ semaine avec + de 2000m de dénivelé. Semaine 42 et 43, je ralenti et fini de paufiner mon équipement pour le jour "J". Je soigne mon alimentation et je bois et rebois encore...

Samedi 27 : Nous avons des représentants sur toutes les courses (kids compris) mais d'abords je récupère mon dossard, une petite visite au salon et je me rends au centre du village pour encourager tous ce qui courre.... J'adore l'ambiance c'est euphorisant. Je déambule à droite et à gauche avec ma bouteille à la mains : Faut boire !!!

C'est, sur-exité que je rentre le soir chez moi, finir mon sac et me gaver de pâtes. La nuit sera courte, réveil à 2h45, un petit dèj pas trop copieux et je me rends au rdv. Je suis le premier !!! Puis les autres arrivent et nous voila parti, l'ambiance n'est pas vraiment à l'euphorie et Aurore parait être encore plus stressée que moi, ce qui n'est pas peu dire... Nous arrivons à Nant vers 4h30, faut que je pisse !!!

On se prépare et direction vers le centre du village. Maintenant faut que j'aille aux toilettes, il ne manquait plus que ça !!! En plus on est à peu prêt 200 dans le même cas alors va falloir faire la queue...

Bon ça y est je parviens à rejoindre mes collègues dans l'aire de départ, mon pouls doit être à 130 ou 150.

Les consignes de course sont données avec la musique d'Era en fonds, on allume nos frontales et puis tout à coup ça y est c'est le départ : la musique est décuplée dans mes oreilles, la masse de courreurs s'ébranle au milieu des fumigènes et d'un public étonemant nombreux, vu l'heure. Je me laisse littéralement porter, c'est simplement jouissiffe !!! Je suis dans un nuage au sens propre comme au sens figuré (j'en ai la chair de poule, aujourd'hui encore quand j'en reparle...).

Nous quittons la route, le ruban de frontale s'étire encore jusqu'au village. Je commence à réaliser que la course est commencée et qu'il ne faut pas se griller dans les 1ers km, je ralenti. Je me suis préparé un planning de course en 9h40, bon OK si je fais un petit moins de 10h, ça sera déja formidable mais l'ojectif n° 1 : Arriver au bout !!!

Beaucoup de courreurs me doublent, faut dire que je m'étais glissé bien vers l'avant, dans le box de départ. Le premier raidillon se présente, tout de suite je marche, c'est ma technique, je sais que je peux marcher vite en m'économisant, j'en profite.

Nous voila sur le Larzac, décidement ma frontale est "limite" heureusement qu'il y a tout les autres... Juste avant l'entrée du tunel je rejoins mes pôtes de club "tiens, j'espérais pas vous revoir !" on continu ensemble... Puis c'est le tunnel et là tout à coup M. ralenti, je le passe en lui demandant si qlq chose ne va pas. A vrais dire je n'entends pas la réponse mais je ne suis pas inquiet pour lui, c'est probablement le meilleur d'entre nous. Je continu à mon allure, je me sens bien, pourvu que ça dûre...  Ne pas oublier de boire pour autant. Déja une heure de course, je prends un gel (c'est écrit partout : un gel/heure et 450 à 500ml de boisson énergétique, je m'exécute sagement !).

Tiens un hammeau, des lumières, du public, des bénévoles me tendent à boire : incroyable, c'est Sauclière !! j'ai 20' d'avance sur ma feuille de route. Je ne m'arrête pas car je suis parti avec suffisament de boisson. J'attrape une petite bouteille et je continu sur ma lancée. Comme prévu je m'enfile un gros gel énergétique et enfile la bouteille avec.

Ah ça y est les choses sérieuse commence : la montée au St Guiral. Je marche très souvent et je relance dès que c'est plat ou presque. Le jour se lève, je range ma frontale, la brume dans le sous-bois est du meilleur effet. Bon c'est bientot le sommet ou quoi ? Encore un raidillon puis un autre, nous sortons de la forêt et là c'est la claque : il y a une mer de nuage à perte de vue !!! Je m'arrête qlq secondes  pour jouir du spectacle.

Enfin le St guiral et la descente , ne pas aller trop vite : il reste du chemin. 

La rentrée dans Dourbie est un rêve un public incroyable est là, on secroirait aux sommets des cols du Tour de France. J'apperçois Rémi (il a courru la Puma Trail), il m'accompagne et m'encourage. Les 50 derniers mètres avant le ravitaillement sont hallucinants ; tout ce monde, tous ces encouragements et tous ces sourires... Quoiqu'il arrive dans les km qui suivent j'aurai vécu ça et ça vaut le coup !!!

Soupe, banane, pain d'épices, et c'est repartis. La montée au Suquet : comme pour le St Guiral, dès que c'est un peu raide : je marche. La technique me réussi assez bien car je double de plus en plus. Puis c'est le sommet et la crête puis la descente. 

Terrible passage dans une hêtraie dont le sol, couvert de feuilles, n'est constitué en fait que de cailloux plus pointus les uns que les autres. Enfin Trève, j'apperçois des tête connues qui m'annonce que je suis devant tous mes partenaires d'entrainement. C'est pas normal ! C'est sûre je suis parti trop vite et quand je vais payer, ça va être pour de bon !!! Pourtant je ne me sens pas si mal que ça !!!

Nouvelle montée, y'a des courreurs qui explosent de part et d'autre du chemin, pour moi ça va tant que je marche mais quand il s'agit de relancer y'a plus personne. Dans le VO2 de octobre, ils l'ont dit : la section de Trève à St Sulpice est décisive. Le plateau de la Roquarié est interminable.

Me voilà enfin dans la descente, le passage de corde et St Sulpice. J'ai les jambes en feux!!!

Je vois Nétou (notre futur président de club) au ravitaillement, il me fait le point sur les autres du clubs ; M. est pas loin derrière et tout les autres suivent dans la demi-heure, sauf Philippe qui s'est retrouvé sans eau pendant toute la montée au St Guiral (camal back percé) donc pas de posssibilité de manger non plus. Il a décider d'attendre Aurore à Dourbie et de finir avec elle. Dommage c'était un des mieux préparés du club et il était prêt à améliorer les 9h20 de l'année passée.

Je repars comme je peux en trotinant, impatient d'aborder la moindre côte pour pouvoir marcher. Voila enfin la fameuse "arche du sanglier" dont on nous a parlé ce matin (tout cela semble si loin...), chaque pas devient plus dur, surtout quand ça descend. Et de la descente il en reste encore une belle : celle du Roc Nantais, mais que c'est loin. Un gars me dis encore 1800m et c'est la descente.

15' plus tard c'est encore pas ça ! Je le retiens lui avec ces 1800m, il les as mesuré avec un élastique !!!

Tout à coup j'entends la musique et puis ça y est ça descend pour de bon je laisse passer qlq gars qui ont encore des jambes.

L'entrée dans Nant est comme un rêve, la musique, le public. C'est ENORME  tout à coup t'as plus envie que ça s'arrête pourtant, pourtant...

Ca y est j'y suis et en 9h00, j'ai les larmes aux yeux. On me donne le tee-shirt de finisher (celui-là j'avais promis de le ramener à mon fils, je vroudrais tellement qu'il soit là pour partager ça avec lui !). L'année prochaine c'est décidé, je reviens et on passera la ligne ensemble...

 Un grand merci à tous les organisateurs, à tous ces bénévoles, à tout ce public et à vous tous "vieux" traillers gràce à qui des courses comme celle-là existent

4 commentaires

Commentaire de calimero posté le 18-11-2007 à 20:43:00

Pour un 1er trail : tu as envoyè du gros!!

Bravo pour ta course et ton CR, t'as raison, finir un truc comme çà, çà doit être ENORME!!

RDV le 9/12 à l'hivernatrail!!

Commentaire de phil77 posté le 19-11-2007 à 10:09:00

Bravo pour une 1ere; c'est vraiment une réussite !
Merci pour ton CR et à l'année prochaine !


Commentaire de cedre posté le 14-12-2007 à 16:55:00

Putain Caroux
Ton CR m'avait échappé mais j'ai bien fait de me rattraper : il est TERRIBLE....
ça m'a filé une patate, il faut que j'aille courir ;-)
merci et bravo
a+

Commentaire de Eric Kikour Roux posté le 16-06-2008 à 09:52:00

Bravo "Caroux434"
J'avais pas encore lu ton CR, mais j'ai eu l'impression de revivre mon édition 2006, mises à part ta préparation (seul pour ma part) et ton inscription (Décision prise seul également).
Encore un petit commentaire: A l'arrivée (la mienne ... plus d'une heure après la tienne) tu étais très souriant, mais la veille, en parlant d'Aurore, tu portais toi-même un vilain masque de stress!
Cette course semble avoir été un révélateur: tu progresses toujours et M. reste régulièrement derrière.
Encore bravo.

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