Récit de la course : 100 km de Millau 2003, par alain141

L'auteur : alain141

La course : 100 km de Millau

Date : 27/9/2003

Lieu : Millau (Aveyron)

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Distance : 100km

Objectif : Pas d'objectif

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Le récit

Cette année, je suis venu en voiture de Montlignon dans le Val d'Oise avec mon ami Marcel. Bien nous en a pris car j'ai su après que les trains de nuit avaient été supprimés depuis le mois d'août.

C'est le mode de transport que j'utilisais habituellement. A l'arrivée, en descendant de ma couchette, j'avais l'habitude de prendre un café-croissant au buffet de la gare. C'est la que j'ai fait une année la connaissance de ce monsieur de 84 ans qui allait prendre le départ des 100km et que j'ai retrouvé au km 52, furieux après son médecin qui lui demandait de ne pas aller plus loin.

La voiture ouvre la route dans la nuit sur l'A71 puis les premières lueurs du jour apparaissent. Le spectacle commence !!! Les crêtes des volcans se dessinent sur un ciel apparemment sans nuages.
Les lumières de Clermont-Ferrand forment encore un grand tapis qui recouvre la campagne. Puis le soleil fait sa percée et illumine la partie gauche du paysage.

Nous traversons le Gévaudan dont la bête a hanté les lieux dès 1765 et je me rappelle les 24 km de Marvejols-Mende, qui se courent à travers la montagne dans le même esprit que les 100 bornes de Millau. J'ai fait cette course plusieurs fois, avec l'équipe d'athlétisme de la Caisse des Dépôts, et j'entends toujours la voix du chef de gare annonçant avec son accent de terroir: Marrrrvejols, Marrrvejols, cinqueu mi-nutes d'arrêt.

A la sortie de l'autoroute, nous apercevons le nouveau viaduc, puis c'est la longue descente vers Aguessac et l'arrivée au Mandarous.

Samedi 27 septembre, 8 heures 45. Après avoir contrôlé point par point tout mon équipement en m'aidant de ma check-list, je revêt lentement ma tenue de centbornard, tel un chevalier qui revêt son armure à l'approche d'une grande bataille.



Nous marchons jusqu'au parc de la Victoire où je retrouve Gérard de La Grande Motte qui n'a pu terminer l'an dernier, à cause de sa chimio, et Jean-Pierre de Pessac, toujours aussi vaillant et décidé, pour sa 32ème participation aux 100 bornes (il a fait et terminé toutes les éditions, y compris la première en 1972, il y a 31 ans).

J'accapare un instant le micro de l'animateur pour faire un peu de pub pour le forum de Millau-Clic. J'en profite pour dire à Benoît, un coureur-internaute qui a participé aux échanges sur les 100 km, que je voudrais lui dire bonjour. Je le retrouve quelques secondes plus tard, avec son ami Anthony et nous échangeons quelques mots, heureux de voir les visages qui se cachaient derrière les e-mails.

L'organisateur nous demande de nous rendre sur la ligne de départ et c'est ce moment que choisit mon ange gardien pour me rappeler que je ne me suis pas encore fait pointer par l'ordinateur. Un peu plus, je n'aurais pas été classé !!!

Nous descendons vers l'avenue Jean-Jaurès. Avant le passage à niveau, en passant devant le café où nous avons petit-déjeuné la veille, je dis bonjour à la dame qui nous a servi. Elle a eu la gentillesse d'aller jusqu'à la boulangerie nous chercher des croissants.

Sur la ligne de départ nous retrouvons la sympathique équipe de 4 coureurs avec qui nous avons dîné à la pasta-party. Les mines sont anxieuses et les visages inquiets pour la suite du programme. A 10 heures je m'apprête à déclencher mon chrono mais une manif bloque le départ et il faut encore attendre une dizaine de minutes.

Le départ est lancé. Plus de 1500 chevaux piaffants s'élancent pour l'aventure, entraînés par les rythmes de la fanfare.

Les premiers km se déroulent comme prévu et je me retrouve vite avec les marcheurs. Je contrôle avec attention mon souffle, ma foulée et mon cardiomètre car je sais que les premiers km sont essentiels et qu'ils décident de la suite des événements. Je franchis le premier kilomètre en 10 minutes et 6 secondes. Je suis bien réglé.

Je passe Aguessac, puis Pailhas où je prends une première photo avec l'appareil numérique miniature que mon fils m'a prêté. Deuxième ravitaillement à Rivière sur Tarn (2 rivières l'une sur l'autre). De l'autre côté du Tarn, perchée sur la colline, c'est La Cresse où nous passerons tout à l'heure. Puis viens Peyrelade et j'observe avec attention la fromagerie car elle avait apparemment arrêté son activité en 1995. Non, je ne rêve pas, elle est maintenant ouverte avec un grand panneau Meuh-Lait (non: Beu-let) et je vais pouvoir à nouveau déguster son bleu des Causses.

Le ravitaillement de Boyne, Km 15,8, logé dans le creux du virage


Après Boyne (km 15) et son pittoresque ravitaillement dans une vieille maison de pays, on commence à apercevoir le Capluc. Ce gros rocher pointe dans le ciel avec sa croix en direction des vautours fauves. « Chapeau de lumière » (ma propre traduction)est accompagné de cette falaise appelée à juste titre « L'Enclume ».

Au fond, le Capluc


Deux gendarmes me font signe de tourner sur la droite. Après avoir passé le Tarn, je pense trouver le ravitaillement près de l'église du Rozier, comme autrefois, mais il a du être déplacé et il faut encore attendre un peu.

Il se situe un peu plus loin après avoir traversé la Jonte, à peu près au milieu de la grimpette de Peyreleau. Pas idiot de l'avoir mis là, comme ça les petits malins qui prennent le raccourci par l'escalier doivent attendre encore 5 km pour le prochain ravito. (C'est bien sur une plaisanterie car jamais aucun centbornard n'a jamais pris cet escalier).

Un de mes amis de Montlignon m'a dit que le château de Peyreleau qui est un peu plus loin, sur la route de Montpellier le Vieux, était autrefois occupé par des bandits de grand chemin.

Je rencontre Jean Carré, 72 ans


Après Peyreleau, la route bifurque vers le sud-ouest. C 'est le retour vers Millau, sur l'autre rive du Tarn, avec sa succession de descentes et de montées toujours un peu éprouvante. Un peu après le km 30, c'est le ravitaillement de La Cresse avec sur la table de merveilleuses petites tartine au fromage et un accueil chaleureux, comme d'habitude. La dame a du aller chez sa fille pour chercher du pain car les stocks étaient épuisés. Pas étonnant !!!!

Km30, l'arrivée sur La Cresse, ravitaillement à 300 m


Km30.5 Le ravito de La Cressse avec les bénévoles sur le pied de guerre


au Km34, courons un peu, photo oblige !!!


Après la Cresse, dans un champ sur la droite, je repère un troupeau de vaches qui, à défaut de train, regardent les coureurs passer. Ce sont des bêtes magnifiques, à la robe couleur châtaigne, et je décide de prendre une photo.

Il me manque un premier plan. Mais non... Il y a là non pas Marguerite, mais Gisèle qui, arrêtée au bord de la route, est tombée en admiration devant un petit veau. Gisèle Huard, 78 ans, en est à sa 31ème participation aux 100 km. On peut dire qu'elle les a toutes faites.

Km34 La rencontre avec Gisèle Huard, 78 ans, 31 participations, qui s'arretera au Km42


Elle connaît tout le monde et me donne des nouvelles sur ceux et celles qui n'ont pas pu venir cette année. Elle m'avoue que cette année elle a choisi le marathon car si son moral est au beau fixe, ses jambes n'ont plus 20 ans.

Je lui ai envoyé sa photo à Tours où elle habite et, un peu avant d'écrire ces lignes, elle m'a téléphoné. Nous avons reparlé des vaches. Elle m'a raconté qu'à sa première édition des 100 km elle était tombée en admiration pendant la nuit devant un ver luisant qui montait le long d'un arbre.

C'est la première fois qu'elle en voyait un et elle a houspillé un coureur qui lui disait de ne pas s'attarder. Les plus petites choses sont une merveille, surtout si l'on prend le temps qu'il faut pour les observer.

Nous avons marché ensemble pendant une dizaine de km, parlant de chose et d'autre, avant que je continue sur Millau. Une averse se met à dégringoler et je me mets sous un arbre pour enfiler mon coupe-vent. Un peu après c'est l'entrée sur Millau avec un pictogramme « point d'eau » peint sur le bitume. Bizarre, bizarre.... Une table, des gobelets, et deux bénévoles qui s'abritent sous leurs parapluies. Merci encore à vous.

Seul dans Millau, après avoir passé le Tarn, je remonte vers le Mandarous en me faisant confirmer que je suis sur la bonne route. Il y a du monde dans la rue car il est 17 heures mais les gens semblent indifférents et les encouragements se font rares, contrairement à mon dernier passage en 1995. Il faut dire que les premiers sont passés depuis longtemps à cet endroit.

Je suis d'ailleurs dépassé par les 3 premiers après la place du Mandarous et lorsque je me fais pointer au parc de la Victoire, un peu après 17 h 40, les 3 premiers montent sur le podium et après avoir été interviewés, ils reçoivent les félicitations de Serge Cottereau.

Et moi, je repars vers Saint Affrique pour une longue nuit sans lune et sans étoiles.

Après Creissels, je commence à voir les piles du viaduc, immenses arbres qui semblent avoir poussé dans le ciel. Sur ma droite, vers le Nord, le ciel est d'un noir d'encre. Je compte les secondes entre éclairs et tonnerre. L'orage est à 2 km et la douche a du être actionnée sur Millau.

Petite descente, puis longue, longue montée vers le bas des piles du viaduc. La route a heureusement été interdite à la circulation depuis le giratoire au bas de la montée et c'est un grand soulagement car il n'y a pas d'odeurs de gaz d'échappement.

Il fait encore un peu jour dans la grande descente sur Saint Georges. C'est à cet endroit que je suis tombé dans le fossé gauche lors de mes 2 premières participations en 82 et 83. A cette heure, il faisait déjà bien noir car le départ était donné à 13 heures au lieu de 10. A ma 3ème participation, en 84, j'ai décidé qu'à cet endroit je marcherai à droite et non à gauche. Bien m'en a pris !!!

La nuit est tombée. Je croise coureurs et accompagnateurs à vélo, informes fantômes ayant déjà hanté Tiergues et Saint Affrique. J'admire les accompagnateurs à vélo. Ils accomplissent une véritable performance car ils doivent marcher dans les côtes et freiner dans les descentes, tâche horrible pour les pieds et les mains. Ils mériteraient eux aussi un diplôme.

Après Saint Georges (km 54), c'est le long faux-plat en montée, qui se fraye un chemin entre falaise et voie ferrée. Le bruit des trains a été remplacé par le hululement des chouettes qui perce le silence. A droite et à gauche c'est une procession ininterrompue de petites lumières blanches, jaunes et rouge clignotant.

Je me souviens qu'à cet endroit pour ma première participation en 1982 avec l'équipe d'athlétisme de la Caisse des Dépôts, j'ai du courir penché en avant à cause d'un vent violent soufflant en sens inverse. Michel, un jeune caissier de mon équipe, peu entraîné, courait juste derrière moi en s'abritant du vent.

Je guette chaque année dans le ciel les lumières qui annoncent Saint Rome de Cernon (km 60). Cette année, je les aperçois plus tôt. J'entends de la musique et j'applaudis cette innovation. Mais non, ce n'est pas Saint Rome mais la musique du Dourdou ( j'ai appris le nom après) et sa petite tente de ravitaillement bien sympathique. Un groupe de marcheurs et marcheuses me dépasse en chantant, semblant vivre l'événement avec une joie intense.

Je continue à mon allure de sénateur, sachant que bientôt il faudra gravir la longue et dure montée vers Tiergues. Voilà maintenant que les vraies lumières de Saint Rome surgissent dans la nuit. A l'entrée du village, je peux éteindre ma lampe et je m'avance jusqu'aux marches de la salle des fêtes.

Soudain, un coureur en sens inverse m'interpelle: Alain, Alain, c'est toi ??? C'est Benoît, qui repart sur Saint Georges avec Anthony. Quelle joie de voir qu'ils sont arrivés jusqu'ici pour leur 1ère participation. Je ne doute pas qu'ils vont terminer leur cent bornes.

On dit en effet que, passé Saint Affrique, les chances d'arriver au bout sont de 95 %. Mais il y a ce coureur dont on parle tant (mythe ou légende ??) qui a du abandonner au 99ème km, ne pouvant pas faire un cm de plus. Benoît me dit que c'est dur et je leur souhaite bonne chance avant de passer au ravitaillement.

A la sortie de Saint Rome, on tourne à droite pour emprunter la D3 vers Tiergues. Il ne faut pas se tromper dans le noir en continuant tout droit sur Saint Affrique. La montée vers le col de Tiergues me paraît cette année horriblement dure. Je marche lentement, sachant que c'est un moment difficile de la course et que l'organisme va réussir à récupérer.

Je compte les gros virages de la route. Il y en a 3 à passer avant le sommet. Voilà enfin le dernier et c'est la descente sur Saint Affrique. Deux km plus bas, j'arrive au ravitaillement, à la hauteur de l'embranchement vers le petit village de Tiergues.

Je me souviens qu'une année, en vacances dans la région avec ma femme, nous avons pris cette route vers Tiergues, pour admirer le magnifique dolmen que l'on trouve 3 km plus loin. Il y avait en premier plan un superbe champ de coquelicots et j'ai pris une photo splendide.

J'entre sous la tente du ravitaillement pour changer les 4 piles de ma lampe de poche qui, elle, est à bout de souffle. Je les change une à une en respectant bien la polarité et en déposant chaque pile usagée dans une assiette en carton où il reste quelques morceaux de sucre.

Je me fais alors vertement apostropher par un grand dégingandé qui, en me toisant de toute sa hauteur, me fait remarquer qu'il y a une poubelle. Le rouge me monte alors au nez. C'est la première fois que l'on me fait une telle réflexion depuis 21 ans que je fais les 100 bornes et ce sera le seul et unique mauvais souvenir de cette 32ème édition.

Si ce monsieur lit ces lignes, qu'il sache que je lui pardonne à cause de sa fatigue d'avoir vu passer tant de coureurs. Je lui dis, comme ce soir là à Tiergues, que je lui souhaite d'avoir ma condition physique quand il aura 70 ans. Non, rien de rien, il n'a encore rien compris à l'esprit des 100 bornes.

Je redescends sur Saint Affrique, la patrie de Serge Cottereau, en me demandant si j'arriverai à remonter les 270 m de dénivelé tout à l'heure. Il n'y a maintenant plus un chat (qui courre ou qui marche) sur la route. Je passe devant la station de pompage qui annonce l'entrée de la ville. Je ralentis l'allure car la déclivité est forte, plus de 10 % et c'est douloureux pour les jambes.

Je traverse le pont qui franchit la Siorgues et j'arrive à l'hôtel de ville, tout illuminé dans la nuit. On me fait signe de venir pour le pointage à côté de l'ordinateur. Catastrophe, le lecteur n'arrive pas à décoder le code barres de mon dossard et pour la 2ème fois, je vais risquer de ne pas être classé !!!

Après 3 essais infructueux, la machine assoupie se réveille et consent à lire 133, mon numéro fétiche (13 pour ma 13ème participation et 33 pour mon année de naissance). Je parle un peu avec les bénévoles dans la grande salle vide, bois tranquillement un verre d'eau et croque quelques morceaux de chocolat.

Un monsieur me demande si je ne faisais pas autrefois les 100 km avec Francis Rouxel. Il m'avait reconnu. Je lui dis que c'est dommage que Francis ne soit pas là et il me rappelle que chaque année à Saint Affrique, il mettait de côté les 2 bouteilles de bière que chaque fois Francis réclamait.

Je repars pour Tiergues, traverse la ville endormie, et, à la sortie du raidillon qui part de la route principale, une voiture s'arrête devant moi. C'est mon ami Marcel qui vient me retrouver après avoir couru son 100 bornes en 13 h 17, avec 30 minutes d'avance sur l'an dernier.

Quel courage d'avoir tenu sa promesse malgré la fatigue. Il m'accompagnera jusqu'au bout, m'attendant en haut des côtes et à chaque ravitaillement. Il me soulage de mon sac à dos et, plus léger, je peux sans problème mais toujours doucement, remonter vers Tiergues.

Au ravitaillement, j'ajuste mon coupe-vent car il commence à bien pleuvoir et je poursuis ma route avec une lampe de poche qui commence à donner des signes de fatigue. L'an prochain, il faudra que je prenne 8 piles de rechange au lieu de 4.

Un peu plus loin je vois une camionnette arrêtée, ses clignotants en marche avec quelques personnes autour, sans doute des organisateurs. Je la dépasse et à ce moment quelqu'un me crie: Monsieur, monsieur, vous vous trompez de route. Pour St Rome c'est l'autre route à droite. Çà y est, un peu plus j'allais rater l'arrivée.

Cela me rappelle qu'à mon premier 100 km de Belvès, il avait beaucoup plu avant la course. Les organisateurs n'avaient pas pu peindre le fléchage sur la route. Arrivé à un carrefour au 99ème km je ne savais plus quelle route prendre. Un vrai cauchemar. J'ai attendu 5 minutes qu'un concurrent avisé m'indique par où passer.

Je redescends par la bonne route et repasse les 3 virages. J'entends alors des pas derrière moi. C'est Philippe, de Fontenay sous bois, et nous sympathisons tout de suite. Nous ne nous quitterons plus jusqu'à l'arrivée.

Quelques minutes d'arrêt au ravitaillement de St Rome, le temps de demander à Marcel de me passer ma lampe de rechange. J'en prends maintenant toujours une ayant une année grillé l'ampoule en me retrouvant ainsi dans l'obscurité totale.

Nous repartons sur cette longue route qui n'en finit pas. La tente du Dourdou est fermée mais on entend maintenant le chant des coqs, bien matinaux dans cette région. Il pleut toujours quand nous arrivons à St Georges. Marcel est toujours là, toujours souriant. Il a un peu pu dormir dans la voiture en nous attendant. C'est un gars super. Il a même fait la compétition Paris Brest Paris en vélo il y a un mois !!!!

Le jour se lève et nous abordons la dernière difficulté, la grande côte jusqu'au viaduc. Encore 12 km. Marcel nous avait averti: ce n'est que lorsque vous passerez sous le viaduc que vous serez vraiment en haut de la côte.

La descente vers Millau se passe sans problème, avec toutefois beaucoup de voitures dans les 2 sens, mais toujours ralentissant et klaxonnant pour nous encourager. Quel plaisir !!! Merci à vous.

Nous passons enfin sur le pont du Tarn. Km 98. Plus que 2 bornes. Je montre à Philippe le vieux moulin à droite et lui dis qu'une année, il était sur la médaille distribuée aux arrivants. Et c'est la montée vers la place du Mandarous.

A mi-chemin, je montre à Philippe par où accéder au restaurant « La Terrasse » où j'ai dîné début juillet avec ma femme, après nos vacances dans l'Hérault. C'était le festival de jazz et il y avait plein d'orchestres dans les rues.

Je connaissais ce restaurant pour y avoir bien mangé les années passées. La personne qui nous servait m'a reconnu. Elle m'a demandé si je n'avais pas fait les 100 km. C'est elle qui tenait le restaurant en face de l'hôtel des voyageurs où nous nous retrouvions à chaque 100 km avec Francis, sa compagne Dany, Hubert et les autres.

Place du Mandarous, km 99, c'est bientôt l'arrivée. A droite, je montre à Philippe la rue où se trouve Capion et je lui dis de ne pas rater ce haut lieu de la gastronomie. Voilà le passage à niveau et la grille d'entrée. A droite, je vois Marcel, qui discute avec d'autres personnes.

Nous remontons la longue allée plantée d'arbres avec en ligne de mire le panneau arrivée. De part et d'autre les applaudissements fusent. Merci d'avoir été si nombreux à nous attendre si longtemps !!!!
Et c'est l'entrée dans la grande salle, le pointage final et les félicitations des organisateurs. Le chrono indique mon temps: 23 heures 19.



Quand on me tend le micro, je dis ma joie d'être arrivé et remercie tous les organisateurs et bénévoles. Je décerne les 3 fourchettes d'or au ravitaillement de La Cresse pour sa gentillesse et ses bonnes tartines au fromage et la godasse de platine à Gisèle Huard pour sa 31ème participation et son amour des vaches.

En redescendant l'allée du parc, nous nous joignons aux spectateurs pour applaudir Chantal et Bernard Thivillon, de Cailloux les Fontaines, au nord de Lyon. Ils ferment cette longue marche en 23 heures et 33 minutes.

Amis qui lisez ces lignes, ne croyez pas qu'il soit facile d'arriver au bout d'un 100 bornes. Le faire avec plaisir donne toutefois des ailes. En profitant de ces moments exceptionnels, le temps prend une tout autre dimension, avec ses bons moments et les amitiés qu'on a pu nouer, mais aussi avec la fatigue qu'il faut surmonter et les pieds qui font mal.

Il y a 7 ans, j'étais dans le 36ème dessous, affaibli par mon accident, sans aucun souffle et asthmatique, pensant que je m'en sortirai pas et profondément déçu de ne pas pouvoir faire mon 100 bornes à Millau comme tous les ans. Mais j'ai toujours voulu m'en sortir et, avec l'aide d'un psychologue, j'ai pas à pas remonté la pente, comme celle qui me conduisait à Tiergues en comptant tous les virages jusqu'en haut.

J'ai modifié mon alimentation pour perdre 13 kg en un an et, depuis le mois de juin, je fais tous les jours 2 heures et demi d'entraînement en endurance dans la forêt de Montmorency. Je me lève de bonne heure le matin, vers 5 h 30 et après 30 minutes de yoga et un frugal petit déjeuner, je pars à l'entraînement. La journée ne fait que commencer !!!

Chaque fois que je reviens à Millau, je ressens en moi un grand plaisir. J'ai l'impression de me retrouver chez moi. Un grand calme et un apaisement profond m'envahit corps et âme. J'ai l'impression de revivre. C'est sans doute l'orgasme du coureur de grand fond !!!!

Ce vendredi matin 3 octobre, je suis comme d'habitude parti trottiner en forêt, arborant avec fierté le maillot jaune qui atteste ma participation aux cent bornes. Mes pieds et mes jambes ont retrouvé leur vigueur d'il y a 8 jours et, le 14 octobre, je vais pouvoir fêter mes 70 balais avec une super-forme !!!!

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